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Les indignados préconisent des «audits populaires» de la dette espagnole


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Les indignados espagnols, dont l'action s'étend doucement aux autres pays européens, pensent également à l'économie et aux crises de la dette.
Ils estiment que ces questions présumées compliquées sont trop sérieuses pour être laissées aux experts et autres banquiers. Sur la Puerta del Sol, des idées inconvenantes et iconoclastes vue du «système» s'expriment ouvertement.


Aïcha Meriem
Mardi 26 Juillet 2011

Les indignados préconisent des «audits populaires» de la dette espagnole
Madrid 23 juillet, tard dans la nuit. La grande Marche Populaire des Indignados a atteint son but. Dans la marée humaine de la Puerta del Sol, il est encore possible de repérer l'un des 7 cortèges venus de toute l'Espagne, ceux de la Marche du Nord sortie le 23 juin de Bilbao, rejoints par quelques émissaires de l'internationalisation des Indignés et de la «Spanish Révolution» : Grecs, Italiens, Britanniques… Le 25 novembre, ils marcheront à nouveau ensemble sur Bruxelles. Armés de tous les arguments pour dénoncer la politique de la Banque centrale européenne et de l'Union européenne. Au terme de la démarche, ils comptent proposer à l'adhésion populaire un recours judiciaire pour la violation de l'Article 104 du Traité de Maastricht. Un article qui aurait dû, selon eux, empêcher les refinancements d'établissements financiers que les populations payent au prix fort comme c'est le cas dans le présumé «sauvetage» du Portugal, de la Grèce. «Que paient la crise ceux qui l'ont créée !»: sur la base de cet objectif, les Indignés explorent de grands axes de travail, dont les principaux outils de concrétisation seraient l'obligation de consultations populaires préalables et des référendums contraignant, tant sur les mesures dictées de l'extérieur (UE..), que sur celles débattues dans les Parlements et ne figurant pas dans les programmes électoraux des partis, ou encore celles consécutives à des initiatives populaires significatives.

Assemblée générale économique inter-quartiers

Le M 15 le sigle du mouvement des indignés - considère «ouvertes» toutes propositions de ses commissions, groupes de travail, et assemblées. Et elles le restent tant qu'elles n'ont pas acquis le statut d'action à mettre en œuvre par le Mouvement. Entre-temps, les propositions sont soumises à «Consensus» qui est une démarche fondamentale du M 15 pour construire la démocratie participative qu'il revendique. Les propositions ne manquent pas. Dont celles du Groupe de Travail Economie du «Camp de Sol» avec ses sous-groupes (Emploi, Entreprises, Logement, Politique économique, Systèmes financiers, Relations économiques globales). Le 22 juillet, sur une place mitoyenne de celle de Sol, s'est tenue la première Assemblée générale économique inter-quartiers de Madrid. Une des mesures préconisées a gagné en «consensus» : soumettre à la consultation populaire la question des possibles responsabilités civiles et pénales dans le surendettement des familles. La question est d'une grande sensibilité. Le collapsus de l'immobilier a provoqué l'expulsion de leurs logements de milliers de gens étranglés par les hypothèques. Du beau monde dans le viseur de cette possible action judiciaire des indignés : «les gestionnaires des banques, taxateurs, le président de la Banque d'Espagne, les agences de notation et les responsables politiques», tous concernés par la fabrication de ces «subprimes» à l'espagnole.

Une dette privée payée par les citoyens

Une seconde proposition a aussi fait quelques pas. Elle se base sur une approche de la dette en rupture avec le discours dominant. Pour le M. 15, l'Espagne n'a pas un problème de dette publique. Il y a une dette privée démesurée qui met en danger la solvabilité de l'économie espagnole. Assertion largement confirmée par les chiffres. Selon la Banque Internationale de Paiement, à la fin 2010, la dette contractée par l'Espagne auprès des banques allemandes, françaises, britanniques et nord- américaines principalement, tout en étant extrêmement élevée, était d'abord le fait du secteur privé non-bancaire. La dette de ce dernier est faramineuse et atteint, selon la manière espagnole de chiffrer, la bagatelle de 405300 millions de dollars (405,3 milliards de dollars). Les dettes des banques privées atteignent la somme de 269700 millions de dollars (269,7 milliards). Le secteur public est bien loin avec 123000 millions de dollars (123 milliards) de dettes. Pour le M.15, les mesures de «sauvetage» des banques et établissements financiers, décidées par le gouvernement sans «consultation de la citoyenneté», sont dépourvues de «légitimité». Le gouvernement utilise l'argent des citoyens pour convertir les dettes privées en dette publique «que les citoyens paieront». Le fait que la «dette publique» soit mise au premier plan correspondant aussi à une manipulation double, selon eux. La première est celle des agences de notation et des banques qui en tirent de superprofits spéculatifs. La seconde est celle du gouvernement - d'un «système politique qui a capitulé face au pouvoir de l'argent»- pour imposer des mesures d'austérité et le transfert des services publics aux financements privés et accès payants.

«Ce n'est pas une crise, c'est le système»

Les «propositions ouvertes» sur la dette extérieure - tant celle contractée auprès de l'Espagne par des pays tiers que la dette publique de l'Etat espagnol - sont formulées dans les mêmes termes : «moratoire sur le paiement, jusqu'à ce que soit réalisé un audit intégral, prenant en compte les aspects économiques, sociaux et environnementaux, avec la participation d'agents sociaux et d'experts indépendants qui puissent évaluer sa légitimité. En cas de dette illégitime, son paiement sera annulé et il sera exigé des responsabilités civiles et pénales, tant aux débiteurs qu'aux créditeurs». Cette première Assemblée générale «Economie» avec participation des Groupes Economies d'une partie des 120 Assemblées Populaires de quartier de Madrid, a aussi préconisé la systématisation des «audits populaires» à la dette privée et aux banques. Sur ces thèmes compliqués, monopolisés longtemps par experts et autres ésotérismes, les Assemblées Populaires présentes réclament ateliers, conférences pour faciliter réflexions et cheminements des consensus. Il faudra du temps… Mais le temps, est sûrement une notion relative. Sinon comment comprendre qu'en moins de trois mois, les perceptions du M 15 ont évoluées à ce point ? Pour la 3ème marche du mouvement, celle du 23 juillet, un mot d'ordre, qui n'est plus de l'ordre des remèdes à la crise, a été «consensualisé». Simple et net: «Ce n'est pas une crise. C'est le système». (A.M Le Quotidien d'Oran)

Le prix nobel Joseph Stiglitz chez les Indignés à Madrid

Joseph Stiglitz, prix Nobel d’Economie, a accepté hier lundi 25 juillet, l’invitation des « Indignados » à participé au Premier Forum Social organisé par leur mouvement, le M 15. Prenant la parole dans la parque du Retiro de Madrid où se tenait l’événement, Stiglitz a déclaré : « La crise économique montre les problèmes actuels du capitalisme sans régulation des marchés. L’expérience de ces 30 dernières années prouve qu’il est nécessaire que les gouvernement jouent un rôle important dans leur régulation ». A propos du M 15, le prix Nobel d’économie a fait le commentaire suivant : « j’y vois, depuis l’extérieur, une énergie réconfortante et espère que vous l’utiliserez de manière constructive. Les mauvaises idées ne peuvent être remplacées par l’absence d’idées mais par de bonnes. Parvenir à ce qu’elles intègrent le débat public requiert organisation et direction du mouvement (leadership) .Cela va être une lutte difficile parce que ces mauvaises idées sont enracinées dans le discours économique dominant. Mais nous avons à présent une grande opportunité pour unir la science économique avec l’engagement et la justice sociale et parvenir ainsi à une nouvelle économie. Je vous souhaite bonne chance».
http://www.maghrebemergent.info/actualite/maghrebine/4316?tmpl=component&print=1





Mardi 26 Juillet 2011


Commentaires

1.Posté par MOSSINGUE_MOUTSINGA le 26/07/2011 18:17 | Alerter
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Il faut une organisation encore plus structurée, capable de proposer une solution alternative crédible au peuple.

2.Posté par le_tout_puissant le 27/07/2011 11:19 | Alerter
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Si Alterinfo commence a censurer certains commentaires qui n'ont rien d'illégaux dans leur contenu mais juste parce que le modo n'est pas d'accord avec les propos tenus...on est mal barré! J'espère qu'il s'agissait d'une erreur "technique"...

Voyons si celui-ci passera:

Donc je disais que l'invitation de Joseph Stiglitz est la preuve irréfutable et définitive que ce mouvement est sous contrôle de l'oligarchie mondialiste. Ce type de mouvements aux accents mièvres du type "révolution colorée rose bonbon" "made in Soros" servent de contre-feux afin d'éviter des incendies véritablement révolutionnaires. Ce genre de militantisme bon enfant où de jeunes bobos squattent le cul assis des places publiques, jouent du djembé, chantonnent en arborant des faciès hilares...ne mènent nulle part. Manifester que cela soit pacifiquement ou violemment en occupant l'espace publique n'a jamais permis d'obtenir la moindre victoire significative. Cela fait près d'un demi-siècle qu'en Occident, notamment en France et en Grande-Bretagne, les gens manifestent régulièrement parfois avec une grande violence (rappelons nous les émeutes colossales sous Thatcher) sans que cela ait entravé le moindre du monde l'avancée du nouvel ordre mondial.
Bien entendu ces "indignados" afin de leur faire gagner un chouïa de crédibilité et faire croire aux gogos que la populace a son mot à dire obtiendront des victoires. Mais les concessions obtenues seront du même type que celles gagnée par les différents mouvement sociaux de ces quarante dernières années, En d'autres termes se seront des "acquis" qui en fin de compte ne remettront en rien en cause les fondements du système. Le totalitarisme financier et marchand continuera son petit bonhomme de chemin comme si de rien n'était.

Un militantisme authentiquement efficace ne perd pas son temps à pousser des gueulantes dans la rue mais s'attache à éduquer, informer les gens pour ensuite leur apprendre à adopter au quotidien un mode de vie révolutionnaire qui sans être violent mènera le système à la destruction. A titre d'exemple le simple fait de faire son jardin ou de cultiver quelques légumes sur son balcon, de boycotter coca et Macdo, de refuser de prendre un crédit pour s'acheter une voiture...inscrit un individu dans une véritable démarche révolutionnaire. A l'inverse, pousser des gueulantes en défilant dans les rues avec une paire de Nike au pied pour ensuite en fin de journée s’asseoir à la terrasse d'un mcdo à siroter un coca et ingurgiter un cheeseburger ne menace en rien le système...

Modération : vous avez un communiqué d'alterinfo en page de brèves.

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