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Les dessous du pillage des compétences marocaines


Au Maroc, la fuite des cerveaux inquiète

Alors que 600 ingénieurs quittent le royaume chaque année, les gouvernements français et marocain ont entamé un dialogue pour trouver des solutions.

1.- Le pillage des maigres ressources en compétences du sud est organisé avec la « collaboration » des autorités locales. Comme le souligne benoîtement l’article ci-dessous, c’est au Maroc que commencent les campagnes de recrutement.

Ce pillage est la partie apparente d’un pacte franco-marocain plus vaste et plus stratégique : les enjeux touchent à la pacification de l’Afrique et du Sahel où Américains et Français (en première ligne médiatique) luttent contre la volonté des pays africains de s’affranchir du néo-colonialisme et surtout contre une offensive chinoise et russe sur l’Afrique qui redevient (mais a-t-il vraiment cessé de l'être?) un nouveau théâtre de conflit que je serai tenté de qualifier d’« Est-ouest ».

Le deal franco-marocain masque les vrais acteurs américains et israéliens qui interviennent de manière plus discrète. C’est eux qui tirent les ficelles et qui agissent de manière décisive dans l’ombre. A noter la participation des pétromonarchies et Emirats, les larbins habituels, qui financent Maroc et Mauritanie en comblant leurs déficits.

2.- Les flux migratoires marocains vers la France et vers l’Europe (Espagne et Benelux) se sont au fil des ans et des décennies substitués aux flux venant d’Algérie.

Inutile de préciser que ces flux sont univoques et irréversibles.

3.- Dans certaines universités françaises, on trouve dans les amphis plus d’étudiants marocains ou africains que d’étudiants français « de souche ».

4.- Il n’y a pas de modèle. Nos voisins sont parfois en situation pire que la nôtre.

5.- L’herbe n’est pas plus verte ailleurs où la xénophobie n’épargne et n’épargnera plus personne. Pour une insertion réussie, combien d’échec.

Mais de cela l’article du Monde n’en dit mot.

C’est pourquoi je complète votre information par les documents joints plus bas.

Djeha, mardi 18 février 2020.


Djeha
Mercredi 19 Février 2020

Les dessous du pillage des compétences marocaines
Au Maroc, la fuite des cerveaux inquiète

Alors que 600 ingénieurs quittent le royaume chaque année, les gouvernements français et marocain ont entamé un dialogue pour trouver des solutions.

Par Théa Ollivier, Le Monde, L. 17 février 2020 à 19h00

Un visa et Zakaria, 28 ans, a dit au revoir au Maroc. En juillet 2018, cet ingénieur informatique, qui travaillait à Capgemini à Casablanca, est parti pour Paris et une banque française. « Salarié au Maroc, je payais 40% d’impôt pour toucher 7 000 dirhams net mensuels [665 euros]. En France, je suis payé 44 000 euros par an, mon pouvoir d’achat a nettement augmenté pour assurer le même travail », détaille-t-il.



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Depuis son arrivée en France, il a déjà été augmenté deux fois, a bénéficié de formations internes payées par son entreprise afin de devenir référent sur un logiciel spécifique. « Je n’aurai jamais eu accès à tout cela au Maroc », résume le jeune homme, dont les deux tiers de ses anciens collaborateurs sont aussi arrivés en France.

Missions plus qualifiées, meilleur management, accès à un meilleur service public en matière de santé et d’éducation ont été aussi des facteurs de départ de Zakaria comme pour bien d’autres. « Le contexte actuel, avec les peines d’emprisonnement pour avoir exprimé son opinion sur les réseaux sociaux, ne donne pas envie de revenir. Tout comme la corruption ou le fait qu’au Maroc, il faut venir du bon milieu pour avoir des postes intéressants. L’ascension sociale n’existe pas », estime le jeune ingénieur.

Lors d’une visite à Rabat, le vendredi 31 janvier, le ministre français de l’économie, Bruno Le Maire, a annoncé une nouvelle coopération franco-marocaine dans les nouvelles technologies pour « éviter la fuite des cerveaux ». L’annonce a été faite avec ses homologues marocains, alors que 600 ingénieurs quittent le royaume chaque année pour travailler à l’étranger. Beaucoup sont développeurs mobile, architectes système ou consultant en big data et partent principalement vers la France.

« Je veux booster ma carrière »

« Notre voix a enfin été entendue », se réjouit Saloua Karkri-Belkeziz, présidente de la Fédération marocaine des technologies de l’information et des télécommunications (Apebi), qui lutte depuis 2017 pour garder les talents au Maroc. Pourtant, elle reste inquiète que « la fuite continue » et rappelle que « plusieurs entreprises ont annoncé un taux de rotation salariale de 30 % en 2019. Un chiffre qui a doublé en cinq ou six ans ».

En fait, les ingénieurs marocains sont directement recrutés à Casablanca lors de campagnes organisées dans les salles de conférence des grands hôtels de la capitale économique. Ce samedi, assis sur des chaises molletonnées, une vingtaine de jeunes femmes et hommes sont concentrés sur un test de français. La première épreuve d’une longue journée d’examens et d’entretiens. A la clé, un potentiel CDI dans une société de services et d’ingénierie en informatique en France.

Comme d’autres, la société Sintegra organise ces recrutements presque toutes les semaines au Maroc, mais aussi en Tunisie. Sa promesse : « Permettre à tous les ingénieurs maghrébins talentueux de pouvoir acquérir une expérience professionnelle solide en France. »

Abdelilah, ingénieur, s’est présenté à l’une de ces sessions de recrutement car il ne se sent pas assez valorisé au Maroc. « Je veux booster ma carrière avec des missions plus qualifiées », ambitionne le jeune Marocain, qui se voit déjà déménager de l’autre côté de la Méditerranée.

En fait, les sociétés françaises sont intéressées par les jeunes talents marocains qui ont une bonne connaissance de la langue et de la culture françaises. « Nos étudiants sont rapidement opérationnels en entreprise », se targue Amine Zniber, directeur de l’école Supinfo de Casablanca, dont plus de 60% des lauréats travaillent à l’étranger, et surtout en France. « Nos programmes sont en permanence réajustés en fonction des avancées technologiques », précise-t-il.

Développer de grands projets

Des profils qui attirent face au manque de compétences dans l’Hexagone. « Beaucoup de projets se développent avec la politique d’Emmanuel Macron dont le numérique est le cheval de bataille. Ces recrutements se sont aussi accélérés avec le visa French Tech qui permet d’avoir des papiers en très peu de temps », analyse Saloua Karkri-Belkeziz, de l’Apebi.

Pénurie de personnel qualifié en informatique, turnover important, perte de temps à recruter, à former… Au Maroc, les dommages collatéraux sont nombreux. Pourtant, les besoins des entreprises marocaines augmentent avec la volonté de numérisation de l’administration. « Des efforts doivent être faits. Il ne suffit pas de recruter les ingénieurs informaticiens. Il faut les garder, en étant plus attractif et en améliorant la gestion du capital humain », estime Amine Zniber, selon qui une prise de conscience est en marche.

Pour Saloua Karkri-Belkeziz, la solution réside dans la formation. « Nous travaillons sur un projet de reconversion des jeunes diplômés scientifique avec l’Anapec [Pôle emploi marocain], pour former 500 étudiants par région, soit 6 000 par an. Je pense que cela va déstresser le marché du travail, explique-t-elle, optimiste. Au niveau des universités, nous discutons avec le ministère pour former davantage, augmenter les filières dans le digital et orienter les jeunes dès le bac. » « L’Etat doit aussi retenir les jeunes talents avec le développement de grands projets comme l’intelligence artificielle », continue Saloua Karkri-Belkeziz. A voir si des projets seront concrétisés lors de la visite d’Etat d’Emmanuel Macron prévue au printemps.

Les faits racistes et xénophobes ont augmenté de 130%, selon le gouvernement
Une bonne partie de ces faits relèvent des menaces, précise le ministère.

Le Parisien avec AFP, Le D. 26 janvier 2020, 19h06, modifié le L. 27 janvier 2020, 06h21

Le nombre de faits racistes et xénophobes, pour une large partie des menaces, a très fortement augmenté en 2019 avec une hausse de plus de 130 %, selon un bilan du ministère de l'Intérieur rendu public dimanche. Après avoir enregistré un repli sur les deux dernières années, ils ont augmenté en 2019, avec 1 142 faits comptabilisés (contre 496 en 2018). « Pour l'essentiel, ces faits relèvent de la catégorie des menaces (977) », recense la place Beauvau.

L'Intérieur constate également une hausse des faits à caractère antisémite, 687 en 2019 contre 541 l'année précédente, soit une augmentation de 27%.
Les atteintes aux personnes en recul

Ces derniers faits se décomposent en 151 « actions », une catégorie qui regroupe les atteintes aux personnes et aux biens comme les dégradations, vols ou violences physiques, et 536 « menaces » à l'instar de propos ou gestes menaçants, inscriptions, tracts, courriers, détaille le ministère de l'Intérieur.

« La hausse des faits antisémites en 2019 s'explique exclusivement par l'augmentation des menaces, à hauteur de 50 % par rapport à 2018, les actions ayant quant à elles diminué de 15 %. Les faits les plus graves, les atteintes aux personnes, sont même en net recul, de 44 % », fait valoir le ministère.

Selon le bilan de la place Beauvau, le nombre de faits « antichrétiens » est toujours le plus important du total des actes et faits antireligieux mais il est « stable ». Les 1 052 faits recensés se décomposent en 996 actions et 56 menaces. « Les actions décomptées consistent essentiellement en atteintes aux biens à caractère religieux », commente l'Intérieur.
Les faits antimusulmans faibles mais en hausse

Les faits antimusulmans demeurent « relativement faibles » (154 faits, qui se décomposent en 63 actions et 91 menaces), mais ils sont en hausse par rapport à 2018 (100 faits). « Là encore, l'essentiel des actions concerne des atteintes aux biens religieux », souligne le ministère dans un communiqué.

« Alors que nous commémorons le 75e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz, la permanence de la haine antisémite, et plus généralement l'inquiétante banalisation des propos et comportements racistes et xénophobes, appellent un sursaut de conscience de notre société ainsi qu'une condamnation ferme et claire de l'ensemble des responsables politiques qui s'inscrivent dans le champ républicain », ont déclaré Christophe Castaner et son secrétaire d'Etat, Laurent Nuñez, dans le communiqué.

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Discrimination à l'embauche: sept entreprises épinglées, qui s'indignent



AFP, V. 07/02/2020 à 08:28



Le gouvernement a épinglé jeudi sept entreprises françaises - Air France, Accor, Altran, Arkéma, Renault, Rexel et Sopra Steria - pour "présomption de discrimination à l'embauche" à la faveur d'une campagne de testing qu'il avait commanditée.

Ces entreprises - à l'exception de Renault qui n'a pas encore réagi - se sont immédiatement déclarées "indignées" par les "faiblesses manifestes de la méthodologie utilisée qui aboutit à des conclusions erronées".

Une première version de cette étude avait été révélée par France Inter début janvier sur un plus grand échantillon (103 entreprises) et aucun nom d'entreprise n'était alors sorti. Les résultats dévoilés jeudi portent sur 40 grandes entreprises du SBF 120.

L'étude, conduite par des chercheurs de l'université de Paris-Est-Créteil entre octobre 2018 et janvier 2019, sera mise en ligne.

Selon les ministères du Travail, du Logement et le secrétariat aux Droit des femmes qui ont présenté ces résultats jeudi, il s'agit du "plus grand testing jamais réalisé en France sur l'emploi".

Emmanuel Macron avait promis une telle mesure en mai 2018 à l'occasion de l'annonce de mesures pour les banlieues.

En 2016, un précédent testing qui portait sur un envoi bien moins nombreux de candidatures avait épinglé AccorHotels et Courtepaille. La question du "name and shame" qui consiste à pointer du doigt telle ou telle entreprise fait débat.

"Sur l'ensemble des entreprises testées, il est estimé que le taux de succès du candidat dont le nom a une consonance maghrébine est de 9,3% contre 12,5% pour le candidat avec un nom à consonance européenne", ce qui représente "25% en moins de chance" d'avoir une réponse - de bonne réception ou donnant une information - indiquent les ministères.

"Ces tests correspondent à l'envoi de 10.349 candidatures fictives ou demandes d'information", candidatures spontanées ou répondant à une offre, précisent-ils.

Ces demandes d'information, concernant des postes d'hôtesses d'accueil et de techniciens de maintenance, sont envoyées par paires: une avec un nom à consonance européenne et une avec un nom à connaissance maghrébine.

- Discrimination "à l'envers"

Cette étude a "ses limites", a cependant reconnu jeudi le gouvernement, des limites mises en avant par les chercheurs eux-mêmes.

D'abord les candidatures ont été envoyées à des managers alors que certaines entreprises ont "recours à des bases centralisées par les directions RH (ressources humaines) et à des ATS (applicant tracking system), c'est-à-dire une application ou une solution web qui assiste les RH dans les étapes du recrutement".

Deuxièmement, ces emplois d'hôtesse d'accueil et de technicien de maintenance sont parfois sous-traités par les entreprises qui ont fait l'objet du testing.

Les sept entreprises épinglées, avec lesquelles le gouvernement dialogue depuis plusieurs semaines, ont déjà réfuté cette étude auprès des ministères impliqués.

Interrogée jeudi, Air France "conteste totalement la méthodologie et les conclusions du rapport" qui "ne reflètent absolument pas la culture, les valeurs et les pratiques de l'entreprise", d'autant qu'elles reposent sur des candidatures spontanées.

"Nous recrutons 4.000 personnes par an en France sur un marché d'ingénieurs ou règne la pénurie, nous ne pouvons pas nous permettre de faire de la discrimination", a réagi de son côté une porte-parole de l'entreprise Altran.

A noter que l'étude souligne le cas d'une entreprise, Air Liquide, pratiquant une discrimination "à l'envers" qui "avantage le candidat potentiellement discriminé".

Le gouvernement a indiqué jeudi qu'il relancerait "une nouvelle vague de testing avec un cahier des charges prenant en compte les marges de progrès identifiées sur la première étude".

Les représentants des trois ministères n'ont cependant pas précisé quand serait présentée une "stratégie gouvernementale" contre les discriminations à l'embauche, pourtant annoncée par la secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa.
Dans un communiqué, la fédération nationale des "maisons des potes" a regretté ce manque d'annonces et demandé au gouvernement "de rendre public les recommandations qu'il a prodigué aux 15 grandes entreprises épinglées par le testing gouvernemental et aux sept dont l'identité a été révélée".

Discrimination à l'embauche: Bardella (RN) juge "choquant" de dévoiler les noms d'entreprises

AFP, V. 07/02/2020 à 11:13

Le vice-président du Rassemblement national Jordan Bardella a jugé "assez choquant" que le gouvernement "jette sur la place publique" les entreprises épinglées pour discrimination, disant préférer des poursuites en justice lorsque ces pratiques sont avérées.

"Il y a des pratiques discriminatoires, c'est vrai, elles doivent être combattues, il faut poursuivre sur le terrain de la loi" et de "la justice", "mais je ne crois pas que jeter en pâture les entreprises qui le font soit une bonne solution", a-t-il dit sur LCI.

N'est-il pas scandaleux d'avoir davantage de difficultés à trouver un emploi en raison d'un nom maghrébin? "Oui bien sûr, mais pas que", a répondu M. Bardella, originaire de Seine-Saint-Denis, en soulignant que "parfois avoir le code postal 93 sur le CV n'aide pas forcément à avoir un emploi".

Affirmant que les "pratiques" telles que le CV anonyme "n'ont jamais fonctionné", car "on embauche quelqu'un sur des compétences", il a dit "croire dans la méritocratie républicaine", car "vous pouvez parfaitement être issu de quartiers difficiles, sensibles, de banlieues fortement communautarisées et également vous en sortir par le travail, l'effort et le mérite", a-t-il fait valoir.

Le gouvernement a épinglé jeudi sept entreprises françaises - Air France, Accor, Altran, Arkéma, Renault, Rexel et Sopra Steria - pour "présomption de discrimination à l'embauche" à la faveur d'une campagne de testing qu'il avait commanditée.

Ces entreprises - à l'exception de Renault qui n'a pas encore réagi - se sont immédiatement déclarées "indignées" par les "faiblesses manifestes de la méthodologie utilisée qui aboutit à des conclusions erronées".




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Mardi 18 Février 2020


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