RELIGIONS ET CROYANCES

Les convertis qui ont changé l’Église



Lundi 22 Juillet 2013

 Les convertis qui ont changé l’Église

L’évolution du catholicisme préfigure-t-elle celle de l’Islam en Europe?

Un des aspects intéressants de cet article est ce dont il ne parle pas : la position doctrinale du judaïsme vis-à-vis du christianisme, de Jésus en particulier..

A part ça, il nous donne peut-être une idée de ce qui attend la religion musulmane, en Europe au moins. Sauf que dans le cas de l’Islam, il faut moins s’attendre à l’influence de convertis qu’à celle de ministres de l’intérieur ou même d’ambassadeurs et d’officines qui leur sont liées.

On aura peut-être aussi les mêmes aberrations que le catholicisme avec ce prêtre Espagnol, Antonio Hortelano, qui admet fièrement avoir travaillé pour le Mossad. :

- J’ai même plus travaillé avec Israël qu’avec le Vatican.

 - Pourquoi avec les Juifs ?

 - Ca se voit sur ma figure : j’ai une ascendance juive.

 - Etre un espion juif va bien avec le sacerdoce catholique ?

 - Parfaitement. Jésus était juif de race et de religion. Et il n’est jamais sorti du judaïsme. On ne peut être chrétien sans être juif.

A comparer avec les thèses présentées dans l’article que je vous propose.

 

Les convertis qui ont changé l’Église

 

Les prêtres d’origine juive contribué à faire avancer les réformes de Vatican II

Par John Connelly, Forward , The Jewish Daily (USA) 30 juillet2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

 

Il y aura cinquante ans cet automne, les évêques catholiques se réunissaient à Rome pour un Concile qui devait mettre l’Eglise « en phase avec son temps » en la faisant parler plus directement au monde moderne. Après trois années de délibération, les évêques votèrent est acceptèrent des déclarations qui permettaient aux fidèles de suivre la messe dans leurs propres langues, encourageaient la lecture profane des écritures et exhortait les Catholiques à penser les autres religions en tant que sources de vérité et de grâce. Le Concile définissait l’Eglise en tant que « peuple de Dieu » et suggérait une organisation plus démocratique des relations entre les évêques et le Pape.. Il avait aussi adopté une déclaration sur les religions non chrétiennes, connue sous le nom latin Nostra Aetate («à notre époque»). La quatrième partie de ce texte, une déclaration sur les Juifs, s’était avérée des plus controversées, manquant à plusieurs reprises d’être écartée en raison de l’opposition d’évêques conservateurs.

Nostra Aetate confirmait que le Christ, sa mère et les apôtres étaient juifs, et que l’Eglise avait son origine dans l’Ancien Testament. Elle refusait que les Juifs qient tenus collectivement responsables de la mort de Jésus Christ, et fustigeait toutes les formes de haine, dont l’antisémitisme. Citant l’Epître de Saint Paul aux Romains, Nostra Aetate qualifiait les Juifs de «très chers» à Dieu. Ces paroles semblent relever du sens commun aujourd’hui, mais elles constituaient une révolution dans les enseignements du catholicisme.

Malgré l’opposition à l’intérieur de leurs rangs, les évêques savaient qu’ils ne pouvaient faire silence sur les Juifs. Quand le document se retrouva dans l’impasse en mai 1965, l’un d’entre eux expliqua pourquoi il fallait que les choses avancent : «Le contexte historique : 6 millions de morts Juifs. Si le Concile, qui intervenait 20 ans après ces faits, restait silencieux à leur sujet, il évoquerait alors inévitablement la réaction exprimée par Hochhuth dans ‘Le Vicaire.’ Cet évêque parlait du traitement par le dramaturge Allemand Rolf Hochhuth du silence de Pie XII devant l’holocauste. Ces évêques ne souhaitaient plus vivre dans cette Eglise là note de Djazaïri :au sujet du prétendu silence de Pie XII, voir [ci-après ].

Le problème était qu’ils ne disposaient pas d’un langage qui leur soit propre pour briser le silence. Plus que la plupart des autres disciplines académiques, la théologie est un maquis complexe dont chaque branche est gardée par une coterie d’experts sourcilleux. Ceux qui voulaient toucher à la complexité des relations de l’Eglise avec les Juifs devaient étudier l’eschatologie, la sotériologie [doctrine du salut], la patristique, l’Ancien et le Nouveau Testament, et l’histoire de l’Eglise dans toutes ses périodes. Les évêques en furent réduits à se reposer sur un tout petit groupe d’expertss qui s’était assez intéressé à cette question pour amasser les inhabituelles qualifications intellectuelles nécessaires pour cette tâche.

Comme je l’ai découvert en faisant des recherché pour mon livre publié récemment, «De l’ennemi au frère: la révolution dans l’enseignement catholique sur les Juifs, 1933-1965,» ces experts n’avaient pas commence leur travail dans les années 1960.

A partir d’avant-postes en Suisse et en Autriche, plusieurs d’entre eux avaient essayé de formuler une argumentation catholique contre l’antisémitisme, trente ans plus tôt, à l’ombre du nazisme. Ils étaient aussi peu représentatifs du catholicisme qu’on pouvait se l’imaginer. Non seulement étaient-ils, vivant en Europe centrale,  assez courageux pour se dresser face à Hitler avec leurs idées, mais ils n’étaient en majorité pas nés catholiques. Les catholiques qui ont aidé l’Eglise à aller vers la reconnaissance de la continuité de la sainteté du peuple juif étaient des convertis, issus pour beaucoup de familles juives.

Le plus important était Johannes Oesterreicher, né en 1904 d’un père Juif vétérinaire et de son épouse Ida à Stadt-Liebau, une agglomération germanophone de Moravie du Nord [en Tchéquie]. Dans sa jeunesse,  il avait participé au scoutisme sioniste avait été élu représentant des élèves Juifs dans son lycée avant de, pour des raisons qui restent inexplicables (il dira plus tard être «tombé en amour pour le Christ»), Oesterreicher avait pris intérêt aux écritures chrétiennes (les écrits du Cardinal Newman, de Kierkegaard et les Evangiles eux-mêmes) et, sous l’influence d’un prêtre qui sera par la suite assassiné par les nazis (Max Joseph Metzger) il devint catholique puis prêtre. Au début des années 1930, il avait pris en charge l’initiative du Diocèse de Vienne pour convertir les Juifs, dans l’espoir d’amener sa famille et ses amis dans l’Eglise. Son succès fut limité. Là où il eut plus d’impact fut dans le rassemblement d’autres penseurs catholiques pour s’opposer au racisme nazi.
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Osterreicher fut choqué de constater la pénétration de ce racisme dans le travail d’éminents penseurs catholiques qui enseignaient que les Juifs étaient une race décadente [damaged] et étaient donc inaptes à recevoir la grâce du baptême. Par mi ses compagnons dans sa démarche, se trouvaient d’autres convertis comme le philosophe Dietrich von Hildebrand,  le théologien Karl Thiem et le philosophe de la politique Waldemar Gurian. En 1937, Gurian, Oesterreicher et Thieme rédigèrent une déclaration catholique sur les Juifs plaidant, à l’encontre des racistes, que les Juifs étaient porteurs d’une sainteté particulière. En dépit de sa conformité à l’enseignement catholique orthodoxe, pas un seul évêque (ne parlons même pas du Vatican) ne la signa.

Oesterreicher fuit l’Autriche à l’arrivée des Nazis en 1938 et continua son travail depuis Paris, diffusant par radio des sermons en langue allemande à destination du Reich, informant les Catholiques que Hitler était un «esprit immoral» aux «antipodes de la forme humaine»  et décrivant les crimes perpétrés par les Nazis contre les Juifs et les Polonais.

Au printemps 1940, il échappa de justesse à une équipe avancée d’agents de la Gestapo et, via Marseille et Lisbonne, il se rendit à New York pour rejoindre finalement la Seton hall University où il devint le principal expert de l’église catholique américaine en matière de relations avec les Juifs.

Oesterreicher abandonna progressivement son approche “missionnaire” des Juifs et définira de plus en plus son travail comme œcuménique. Lui et les Chrétiens qui partageaient ses idées essayaient de voir comment étayer leur croyance dans la vocation ininterrompue du peuple juif dans les écritures chrétiennes. Si la bataille d’avant guerre était menée contre les thèses superficielles du racisme nazi, celle de l’après-guerre avait pour objet les convictions profondément enracinées de l’anti-judaïsme chrétien. Dans un premier temps, les convertis soutenaient que, oui, les Juifs pouvaient être baptisés. Dans un second temps, même s’ils persistaient à penser que les Juifs devaient être baptisés afin d’échapper à la malédiction pour avoir rejeté le Christ, ces penseurs commencèrent  à réfléchir à la nature de cette supposée malédiction.

Si l’histoire était une série d’épreuves envoyées pour punir le people juif de ne pas avoir accepté le Christ, alors quelle était la signification d’Auschwitz? Les Nazis étaient-ils des instruments de la volonté divine dans le but d’amener les Juifs à se tourner enfin vers le Christ ? Répondre oui à cette question était obscène, mais ce fut la seule réponse que la théologie catholique donna en 1945. Dans les années qui suivirent, les convertis durent organiser une révolution dans une Eglise qui se posait comme immuable. Ils le firent en infléchissant la doctrine de l’Eglise dans le sens de l’Epître de Paul aux Romains, chapitres 9-11 où l’Apôtre, sans parler de baptême ou de conversion, proclame que les Juifs restent «chéris de Dieu» et que «tout Israël sera sauvé.»

Comme Oesterreicher, les penseurs qui firent le travail intellectuel qui a préparé cette révolution étaient en écrasante majorités des convertis. Juste après la guerre, Thieme s’associa à Gertrud Luckner, une survivante des camps de concentration, pour publier le Freiburger Rundbrief dans le sud-ouest de l’Allemagne où ils firent des avancées théologiques remarquables sur la voie d’une conciliation avec les Juifs. A Paris, le Révérend  Paul Démann, un Juif hongrois converti, commençait à publier la revue les Cahiers Sioniens et avec l’aide d’autres convertis, Geza Vermes et Renée Bloch, il réfuta l’anti-judaïsme du catéchisme des écoles catholiques.
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En 1961, Oesterreicher fut convoqué pour travailler dans la commission de Vatican II chargée de la «question juive,» qui devint le problème le plus ardu à être soumis aux évêques.

A un moment critique, en octobre 1964, les prêtres Gregory Baum et Bruno Hussar rejoignirent Oesterreicher pour assembler ce qui devint le texte final du décret du Concile sur les Juifs qui sera voté par les évêques l’année suivante. Comme Oesterreicher, Baum et Hussar étaient des convertis d’origine juive.

Ils étaient dans la continuité d’une tendance remontant au premier Concile du Vatican en 1870, quand les frères Lémann – des juifs devenus catholiques et prêtres – avaient présenté un projet de déclaration sur les relations entre l’Eglise et les Juifs qui affirmait que les Juifs « sont toujours chers à Dieu » à cause de leurs ancêtres et parce que le Christ était issu d’eux « par la chair.» Sans les convertis au catholicisme, il semble que l’Eglise catholique n’aurait « jamais su penser » la manière de relever les défis de l’antijudaïsme raciste.

Le pourcentage élevé de Juifs convertis comme Oesterreicher parmi les Catholiques qui étaient opposes à l’antisémitisme est logique: dans les années 1930, ils furent l’objet du racisme nazi et ils ne pouvait pas éviter le racisme qui avait pénétré dans l’Eglise. Dans leur opposition, ils ne faisaient que rappeler à l’Eglise sont propre universalisme [catholique = universel, NdT]. Mais en se tournant vers les passages longtemps négligés de la l’Epître de Saint Paul aux Romains, ils ouvraient aussi l’esprit de l’Eglise à une nouvelle approche du peuple juif.

Quelles furent les impulsions derrière leur engagement après la guerre ?

Dans un compte rendu critique très généreux de mon livre dans The New Republic, Peter Gordon suggère que la “volonté [des convertis] de plaider en faveur des autres dérivait d’une préoccupation pour leur Moi [self]. Ils avaient gardé un sentiment d’eux-mêmes en tant que Juifs même dans l’Eglise catholique. Gordon nous remet en mémoire le scepticisme de Sigmund Freud sur la possibilité de l’amour de l’autre. L’amour vrai, pensait Freud, «était toujours mêlé de narcissisme : ce n’est pas l’autre que j’aime, mais moi-même, ou du moins c’est seulement cette qualité chez l’autre qui me ressemble ou ressemble à la personne que je fus un jour.»

Nous voyons cependant chez Oesterreicher une solidarité indéfectible  avec la communauté qui fut la sienne, avec sa famille en premier lieu. En 1946, il avait médité sur le sort de son père qui était mort de pneumonie à Theresienstadt (sa mère sera assassinée ensuite à Auschwitz). Oesterreicher n’avait pas peru l’espérance pour son père. Nathan Oesterreicher avait été un homme bon qui “avait droit à la béatitude des hommes de paix.”

Si Oesterreicher fils avait été un vrai narcissique, il aurait pu se satisfaire de la conviction qu’il avait été sauvé par le baptême. Finalement, l’immense affection et la nostalgie de son père juif commencèrent à ouvrir l’esprit d’Oesterreicher à la possibilité que les Juifs puissent être connaître le salut en tant que Juifs.

Le cadeau le plus durable des convertis qui participèrent à la réécriture des enseignements catholiques sur les Juifs a été d’étendre jusqu’à nous leur sens de la solidarité familiale, aux Juifs et aux Chrétiens. En 1964, Oesterreicher rédigea personnellement cette partie de Nostra Aetate selon laquelle l’Eglise ne parle plus de sa mission à l’égard des Juifs, mais regarde vers le jour qui verra «tous les peuples s’adresser au Seigneur d’une seule voix ‘pour qu’ils invoquent tous le nom de l’Éternel pour le servir d’un seul coeur’.»  (la dernière partie de la phrase est tirée de Sophonie 3 :9). Avec cette nouvelle doctrine, l’Eglise a cessé de vouloir transformer l’autre en une partie d’elle-même, et depuis cette mise au point, les Catholiques qui participent au dialogue judéo-chrétien tendent à ne plus être des convertis. Ils vivent la nouvelle compréhension des juifs et des Chrétiens en tant que frères. Les convertis ont franchi une frontière vers l’autre tout en restant en un sens très profondément eux-mêmes. mais en reconnaissant la légitimité, en fait la bénédiction, de nos différences, ils ont contribué à faire tomber un mur qui sépare Juifs et Chrétiens

 

John Connelly est professeur d’histoire à Berkeley, Université de Californie, et il est l’auteur de “From Enemy to Brother: the Revolution in Catholic Teaching on the Jews, 1933-1965,” (Harvard University Press,2012).

http://mounadil.wordpress.com/



Lundi 22 Juillet 2013


Commentaires

1.Posté par yt le 25/07/2013 16:07 | Alerter
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ET SI JÉSUS N’ÉTAIT PAS JUIF ………. . !





Un peu d’histoire ………………………………………………………………. Au deuxième siècle av J.C., lors de la tentative d’Hellénisation de la Judée par Antiochus IV, Épiphane, il y a eu rupture i.e. schisme dans le Mosaïsme, entre ceux qui voulaient collaborer avec les grecs et ceux qui ne voulaient pas. Ceux-ci prirent le nom de Pharisiens i.e. séparés.
Ces Pharisiens, par la suite, tout en gardant scrupuleusement le Mosaïsme, ajoutèrent une deuxième loi (i.e. loi orale) à la loi écrite (i.e. la Thora) pour l’explication de celle-ci.
C’est cette deuxième loi orale qui porte à controverse p.c.q. dans cette tradition orale, les Pharisiens y inclurent 613 préceptes, qui, selon eux, se trouvent dans la Thora. Jésus disait que cette tradition était fausse et l’a vivement dénoncée.- il suffit de lire les évangiles pour nous en rendre compte.
Au temps de Jésus, ces Pharisiens avaient le contrôle aussi bien religieux que politique sur le peuple et sur le Temple. C’est pourquoi il y eut des frictions parfois violentes entre Jésus et les Pharisiens.

Dans les pages qui suivent, nous allons voir A) dans un premier temps, si Jésus était Juif, et si le mot Juif existait au temps de Jésus, B) dans un deuxième temps nous allons voir ce qu’est le Mosaïsme et le Judaïsme Rabbinique et C) dans un troisième temps, nous allons voir si Jésus ne pouvait pas être Juif par anticipation i,e, comme appartenant à la secte pharisienne qui a donné naissance au judaïsme. Car ce sont les descendants de ces pharisiens qui sont les juifs d’aujourd’hui.

Pour les chrétiens, le peuple hébreux fut élu par Dieu pour être dépositaire de la vraie religion,
dont la conservation lui fut confiée au sein des peuples idolâtres jusqu’à la venue du Messie
promis, par lequel s’accompliraient les prophéties de l’ancien testament.


















A- PREMIÈRE PARTIE :
Jésus était-il Juif ….………!

Jésus ne pouvait pas être Juif parce que ce mot n’existait tout simplement pas dans la langue
hébraïque, et dans aucune autre langue connue à cette époque là. Ce mot apparu au XVIIIième
siècle, et en anglais (5).
Non seulement le mot Juif n’existait pas, mais même les langues anglaise et française n’existaient
pas, de même que l’Angleterre et la France.
Clovis, le premier roi franc a été baptisé en 496 ap. J.C.. et saint Patrick a évangélisé l’Irlande
au cinquième siècle ap. J.C. .
Comment voulez-vous qu’un mot qui n’existe pas, dont la langue n’existe pas, dont le pays
où cette langue devrait être parlée n’existe pas soit utilisé par un scribe, dans une langue étrangère,
dans un pays situé à des milliers de kilomètres de l’origine du mot qui n’existe pas.

La Vulgate, traduction de la bible en langue latine a été écrite fin quatrième, début cinquième
siècle ap. J.C. par Saint Jérôme.
Les premières Bibles en langue vernaculaire sont apparues au milieu du seizième siècle avec
Luther et Calvin etc. Ce n’est qu’après cela, que des mots en langue étrangère ont pu être
ajouté au texte primitif.
.
Selon le Dr. Benjamin Freedman (5) ce serait le dramaturge Richard B. SHERIDAN qui en 1775,
aurait été le premier à utilisé le mot ``JEW`` dans sa pièce : ``Les Rivaux`` , ( THE RIVALS``,
Act II, Scene 1: "She shall have a skin like a mummy, and the heard of a Jew. )

Très tôt, ce mot (Juif) a été accepté universellement , et partout dans la bible où le mot ``Judéen``
était présent, il a été remplacé par le mot ``Juif ``,(2) et (5).
De plus le sens du mot ``Juif `` s’est étendu jusqu’à englober la race, la religion, le pays ,
le peuple, la nation etc.
Pour Claude Tresmontant, dans son Évangile de Marc éd.1988 p.271-272, … `` la traduction que nous faisons du mot Yehudi (1) depuis plusieurs siècles ne convient pas. ….. il écrit : « En effet le
peuple hébreu est un ensemble, disons l’ensemble H. et cet ensemble H est constitué de
sous-ensembles : les douze tribus d’Israël. Après la mort du roi Salomon en 932 av, J.C. est
arrivé le schisme i.e. la division entre les 12 tribus : a) au sud, les tribus de Juda et de Benjamin
(royaume de Juda) et au nord, les dix autres tribus (le royaume d’Israël). En 721 av. J.C. chute de
Samarie et fin du royaume du Nord. En 587 av. J.C., sac de Jérusalem par Nabuchodonosor –
déportation, captivité à Babylone—édit de Cyrus, en 539. -Donc il ne restait plus que le royaume
du sud i.e. le royaume de Juda ( Iehoudah), et les habitants de ce royaume sont des Iehoudim i.e.
des Judéens. Puisque nous avons pris l’habitude d’appeler Judée le royaume ou le territoire de
Iehoudah, il convient d’appeler Judéens les hommes de ce pays, de même que nous appelons
Arméniens les hommes issus du pays qui est l’Arménie etc. »



Quant à l’inscription : `` IESUS NAZARENUS REX IUDEORUM `` Jean 19,19 il faut la traduire par
`` Jésus, le Nazaréen, roi ( chef, leader) des Judéens ``. Ici aucune (3) connotation religieuse,
du moins de la part de Pilate (4); En effet pour Pilate c’était une question politique tandis que pour
Jésus il était roi, mais non pas un roi terrestre, son royaume n’était pas de ce monde, et c’est par
dérision que Pilate a fait mettre cette inscription sur la Croix, p.c.q. Jésus s’était dit `` Roi``, et que
c’était Lui , Pilate, qui était le chef, le leader, des Judéens et non Jésus.

Si nous voulons savoir qui était Jésus il faut se reporter à l’époque
et à l’endroit où il vivait :
a) En Palestine les langues parlées, à cette époque, étaient : l’hébreu, l’araméen, le grec, et le latin
(la langue de l’occupant).
b) Il y avait en Palestine et en diaspora;
a) des Hébreux i.e des descendants d’Abraham (connotation raciale).
b) des Israëlites i.e des descendants de Jacob ( connotation raciale et aussi religieuse ).
c) Selon le territoire géographique de la Palestine, il y avait  1) des Judéens, habitants de la Judée
2) des Samaritains, habitants de la Samarie 3) des Galiléens, habitants de la Galilée.
Les Judéens se considéraient comme les purs p.c.q. il n’y avait pas eu mélange ou mixage de
population comme chez les Samaritains ou chez les Galiléens

Les Israëlites (connotation religieuse) étaient divisés en plusieurs sectes : 1) les Pharisiens,
2) les Sadducéens, 3) les Esséniens, 4) les Zélotes, 5) les Sicaires etc.



NOTES :

(1) Le mot hébreu ``YEHUDI ``signifiait littéralement ``Judéen`` et servait à désigner les ``Israëlites``
vivant en ``Judée``----- à opposer aux ``Israëlites`` vivant en ``Samarie`` et en ``Galilée``
qui étaient des ``Samaritains`` et des ``Galiléens``
Quant aux mots ``juif en français`` et ``jew en anglais`` : ils viendraient des multiples transformations qu’a subies le mot hébreu ``YEHUDI`` à travers les siècles.


(2) --La meilleure preuve de cela est l’apôtre Paul, qui selon nos critères d’aujourd’hui, serait
l’exemple parfait du Juif : Paul dit dans son épître au Philippiens 3, 5-6, `` … circoncis dès
le huitième jour, de la race d’Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu, fils d’Hébreux; pour la loi,
Pharisien, pour le zèle, persécuteur de l’Église; pour la justice de la loi, d’une conduite
irréprochable…..`` mais il ne dit jamais qu’il est Juif ou Judéen ; il ne le pouvait pas
p.c.q. il était de Tarse et non de Judée.


Par contre dans 1 thessaloniciens 2, 14 Paul dit :…`` Frères, vous avez, en effet, suivi l’exemple
des Églises de Dieu qui sont en Judée, des Églises de Jésus-Christ: vous avez enduré, de la part de
vos propres compatriotes, les mêmes souffrances qu’elles (i.e. des Églises de Dieu qui sont en Judée)
ont eu à subir de la part des Juifs (i.e. de la part de leurs compatriotes de Judée), ces Juifs (i.e. ces
gens qui ont persécuté leurs compatriotes i.e. les fidèles des Églises de Dieu qui sont en Judée)
qui ont mis à mort le Seigneur Jésus et les prophètes, …..``, ici au lieu de Juifs, nous devrions
avoir Judéens etc.
P.S. À lire la suite de 1 thessaloniciens 2,14….16. Si Paul a réellement écrit ``JUIFS``au lieu
``d’une partie des Judéens, …`` alors il a dit des paroles très très dures envers ses compatriotes….!

Dans les actes des Apôtres (écrit par Luc) 22,3… Paul dit ``….Je suis Juif (Judéen), né à
Tarse de Cilicie : j’ai été élevé dans cette ville-ci (i.e Jérusalem)et instruit aux pieds de Gamaliel…. ``
Pour Claude Tresmontant dans son Évangile de Luc éd 1987 p.357-358 ce ``Je suis Juif ``
devrait se traduire par `` Moi, je suis un homme de Iehoudah! Je suis né? J’ai été élevé dans cette
ville-ci = Jérusalem, aux pieds de Gamaliel….. ``. Pour Jérome : ( Church Fathers )``De viris Illustribus``,Chap 5 : Paulus s’appelait d’abord Schaoul. Il naquit dans une ville de Judée à Giscala.
Cette ville fut prise par les Romains. Alors Schaoul émigra à Tarse de Cilicie avec ses parents. Ceux-ci l’envoyèrent à l’école à Jérusalem. Puis il suivit les leçons de Rabbi Gamaliel.-------
. Pour Marcel Jousse, ``Judâhen, Judéen, Judaïste dans le Milieu ethnique palestinien``
, 1946, p.3-20-.—Faut-il traduire : J’ai été, j’ai vécu à Tarse? Ou bien : Je suis né à Tarse?……

Pour résumé : Paul dans ses ``Épitres`` n’emploie pas le mot Judéen ou Juif pour son pedigree, mais plutôt le mot Pharisien ou de la race d’ Israël ou Hébreux. Par contre, Luc dans les ``Actes des
Apôtres`` emploie le mot Juif ( Judéen? ) pour le pedigree de Paul, je ne sais pas pourquoi…… !
peut-être que les explications de Claude Tresmontant sont la solution….

---Dans Jean 1,47 `` Jésus, voyant Nathanaël venir à lui, dit : Voici un véritable Israélite, dans lequel
il n’y a point d’artifice``. Jésus ne pouvait pas dire de Nathanaël qu’il était Juif ou Judéen
p,c.q. Nathanaël était de Galilée.

(3)Les Romains ne s’immisçaient pas dans la religion que pratiquaient les sujets dans les pays
qu’ils avaient conquis.

(4)-Pilate était procurateur romain de la Judée.

(5) - In a book title`` FACTS ARE FACTS``, Dr. Benjamin Freedman, who had been advisor to eight Presidents, and was friends of top Jewish leaders
such as Bernard Baruch, wrote his book as a letter to another Jew, Dr. David Goldstein, LL.D.,
who had converted from Judaism and joined the Roman Catholic church.
……… ``It is an incontestable fact that the word JEW did not come into existence until the year
1775. Prior to this the word JEW did not exist in any language. It was introduced into the English
for the first time when Sheridan used it in his play :
``THE RIVALS``, Act II, Scene 1: "She shall have a skin like a mummy, and the heard of a Jew."



And Shakespeare never used the word JEW in any of his works. In his Merchant of Venice,
V.111. i.61, he wrote: "what is the reason? I am a IEWE, hath not an IEWE eyes?"
"The best known 18th century editions of the New Testament in English are the Rheims (Douai-Roman Catholic) Edition, and the King James Authorized Edition. The Rheims translation was first printed in English in 1582. The word JEW did not appear in it. The King James Authorized Version was begun in 1604 and published in 1611. The word JEW did not appear in it either." (UNQ.)
During the 18th century, under pressure, the word JEW began to appear in the English translations of the Bible.
B-Deuxième partie
CE QU’EST LE MOSAÏSME ET LE JUDAÏSME RABBINIQUE
Dans un premier temps nous avons vu que Jésus ne pouvait pas être Juif p.c.q. ce mot n’existait
pas à cette époque là. Dans un deuxième temps, nous allons voir ce qu’est (1) le Mosaïsme et
ce qu’est (2) le Judaïsme rabbinique.

1-LE MOSAÏSME :
: Jésus était venu pour accomplir la Loi et les Prophètes, non abolir (Matthieu 5, 17- )
`` Jésus adhérait pleinement au Mosaïsme.``

Alors voyons ce qu’est le Mosaïsme.
Le Mosaïsme est l’ensemble des institutions que le peuple d’Israël reçut de Dieu par l’intermédiaire
de Moïse. Il comprend, avec des doctrines théologiques, des prescriptions de diverse nature : les unes
durables comme la morale même dont elles sont l’expression, les autres passagères comme la nation
pour laquelle elles ont été faites et le but qui les a inspirées. On peut ramener l’ensemble à trois chefs;
en voici le résumé :
1--Dogme et Morale,-- Le dogme de l’unité de Dieu est le premier article et le fondement de
la foi d’Israël. Invisible et incorporel, Dieu est l’Être par excellence, éternel, et miséricordieux, créateur
du ciel et de la terre. Le premier homme, représentant à ses yeux toute l’humanité, a commis une
faute, dont tous ses descendants subissent la peine; mais le Messie, qui doit sortir du peuple de
Dieu, réconciliera l’humanité avec le Ciel. La Loi enseignait la distinction de l’âme et du corps
et supposait la croyance à la vie future, sans toutefois en faire un dogme précis. Les dix
commandements promulgués au Sinaï et connus sous le nom de Décalogue résument toute la
morale mosaïque;

2--Cultes et Lois cérémonielles.—les prescriptions liturgiques composent la plus grande partie de
la Loi. Leur but était de tenir le peuple israélite éloigné du contact des nations idolâtres. Dans le
désert, le centre de la religion mosaïque était le Tabernacle, qui contenait l’arche d’alliance et les
Tables de la Loi; plus tard, ce fut le Temple, dont Moïse avait prévu la construction. La tribu de
Lévi fournissait les ministres du culte : prêtres et simples lévites. Le grand prêtre avait l’adminis-
tration générale de tout ce qui se rapportait à la liturgie. Les simples Lévites portèrent et défendirent
le Tabernacle, tant qu’Israël resta au désert. Dans la suite, David les chargea de la musique et du
chant, Salomon les attacha au service du Temple, et remit entre leurs mains la gestion de ses revenus.
V. Lévi. Les sacrifices sanglants et non sanglants étaient, par excellence, les grandes actions
liturgiques. Dans les premiers, on immolait des animaux : mouton, chèvre, colombe, bœuf ou taureau.
Les sacrifices non sanglants consistaient en libations de vin et en offrandes de fleur de farine
mélangée d’huile, d’épis et de gâteaux. Tous les jours, matin et soir, un holocauste était offert au
nom du peuple. La loi consacrait au culte de Dieu le samedi, ou sabbat, de chaque semaine, la
néoménie, ou premier jour de chaque nouvelle lune, et, dans l’année, les fêtes de la Pâque, de la
Pentecôte ou des Prémices, des Tabernacles ou des Vendanges, de l’Expiation et des Trompettes.
Le jour du sabbat, on devait s’abstenir de toute œuvre servile.

3-Droit civil et criminel,--La loi attribuait au père une autorité presque illimitée sur ses enfants, tout
en lui refusant le droit de vie et de mort. Dans les héritages, l’aîné recevait double part. Les mariages
se réglaient entre les parents des deux fiancés ; ceux de la jeune fille recevaient du mari une certaine
somme nommée mohar (dot). La loi défendit les unions entre proches parents et avec les
Chananéennes. Elle maintint l’antique coutume du lévirat, d’après laquelle une veuve demeurée
sans enfants devait épouser son beau-frère : le premier fils né de ce mariage était considéré comme
l’enfant légal du défunt. La polygamie était tolérée, et aussi le divorce.

L’idolâtrie, le blasphème, la violation du sabbat et l’adultère entraînaient la peine de la
lapidation. Quiconque avait mutilé son prochain était condamné à subir, dans son propre
corps, une mutilation analogue (peine du talion). La flagellation et l’amende punissaient
les fautes moins graves, comme le vol, la diffamation, et le faux témoignage.
Admirablement adaptée au caractère aussi bien qu’au rôle religieux du peuple auquel elle était
destinée, la législation mosaïque lui donna cette cohésion et cette force de résistance qui lui ont
permis de traverser toutes les fortunes sans se dissoudre, et de porter jusqu’au christianisme
l’héritage des traditions primitives : la croyance en un Dieu unique et l’espérance au Rédempteur.
( Larousse du XXe siècle en six volumes 1931---- 4ième vol. p. 1000 ).

2 -LE JUDAÏSME RABBINIQUE :

Le terme ``RABBIN``dérive de l’araméen rabbi (« mon maître ») et désigne essentiellement le
responsable religieux, le guide spirituel dans les communautés juives. Les rabbins ne sont pas des
prêtres; ce sont des spécialistes de la Loi religieuse y compris de la Loi orale ou l’on trouve une
série de commandements, non inclus dans la loi écrite.

Le judaïsme rabbinique (en hébreu-Yahadout Rabbanit) est issu du judaïsme pharisien après la
destruction du second Temple en 70 a.p. J.C. Il s'est structuré du IIe au VIe siècle de l'ère chrétienne
, date à partir de laquelle il fut reconnu comme la norme du judaïsme.
Selon le judaïsme rabbinique, c’est d’après le verset de l’Exode 24,12 ``L’Éternel dit à Moïse :
monte vers moi sur la montagne, et reste là ; Je te donnerai des tables de pierre, la Torah et la
Mitsva que J’ai écrites pour leur instruction.``, que Dieu donna à Moïse deux Lois :
1) une Loi écrite i.e la Thora
2) une Loi orale ou seconde loi, la deutérose en grec et mishna en hébreu. ou tradition.
D’après les rabbins la loi écrite ne peut-être expliqué que par la loi orale, et cette Loi orale s’est
transmise oralement de sage en sage jusqu’à l’époque du second Temple de Jérusalem.
Un exemple d’explication de la loi écrite par la loi orale est montré dans les querelles épiques entre
les sadducéens et les pharisiens au sujet de la résurrection des morts, les sadducéens n’y croyant
pas p.c.q. non inscrite dans la Torah tandis que les pharisiens y croyaient.

De plus, selon la tradition des Pharisiens, la Torah contiendrait 613 préceptes (248 positifs et
365 négatifs); Ces préceptes concernent le sabbat, le jeûne, le lavement des mains etc. que tout bon
juif devait suivre pour être sauvé. C’est contre cette fausse tradition des Pharisiens que Jésus s’est
élevée. ----Dans Marc 7, 6-7, Jésus dit : « Isaïe a joliment bien prophétisé de vous, hypocrites,
lorsqu’il écrit :``ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est bien loin de moi. Vain est le
culte qu’ils me rendent, puisqu’ils enseignent pour doctrines des préceptes humains! Laissant de
côté le commandement de Dieu, vous êtes fidèles à la Tradition des hommes. »
Dans Luc 11.39, Jésus dit : ! « …… Vous voilà bien, vous, les Pharisiens! Vous purifiez l’extérieur
de la coupe et du plat, et votre intérieur à vous est plein de rapine et le perversité ».


….
Historique; du rabbinisme et du pharisaïsme :
L’hébraïsme du « Premier Temple » (Xe-VIe siècles av J.C.) était centré sur les prêtres du Temple de Jérusalem, pas mention de rabbins à cette époque.
Mais à partir du « second Temple » (VIe-av J.C.- premier siècle ap J.C.), l’existence des rabbins est
certaine. Les instances religieuses dirigeantes restent cependant centrées sur les prêtes
Après la destruction du Temple en 586 av J.C. et l’exil à Babylone, les Judéens n’ayant plus d’endroit
pour prier se réunissaient dans des maisons dites des maisons de prières et d’enseignement appelées synagogues, sous la direction de docteurs spécialistes de la loi.
Après le retour en Judée vers 539 av J.C., et la reconstruction du deuxième Temple, Esdras –le prince
des Tannïtes- a restauré la nationalité hébraïque et est considéré par les rabbins comme le fondateur
de la grande Synagogue.
Très tôt les rabbins prirent la direction des synagogues.
Au deuxième siècle av J.C., lors de la tentative d’Hellénisation de la Judée par Antiochus IV,
Épiphane, il y eut schisme entre ceux qui voulaient collaborés avec les grecs et ceux qui ne
voulaient pas. Ceux-ci prirent le nom de Pharisiens i.e. séparés; « le respect sourcilleux de la loi
juive forçait en effet, les juifs pieux à se séparer de la majorité assimilée au monde gréco-latin
pour des raisons rituelles ».
Le judaïsme rabbinique est l’héritier de l’école de pensée des pharisiens.

Sous la monarchie des Hasmonéens, il y avait divergences entre Sadducéens et Pharisiens au sujet
de la loi orale. Les Sadducéens contestaient cette loi orale, et ne la considéraient que comme un
ensemble de traditions populaires sans valeur normative.

En 70 ap J.C., les Romains détruisent le second Temple de Jérusalem;
Les pharisiens étant mieux structurés, furent seuls capable de survivre à la destruction
du Temple de Jérusalem et devint le courant dominant du Judaïsme. Les Sadducéens
et les Esséniens disparurent, il ne restait plus que les Pharisiens en lice et leur
vision du judaïsme est devenue la norme.
N.B. Certains croient que les Esséniens sont allés dans les rangs de la nouvelle secte
des disciples de Jésus.

Le rabbin Johanan ben Zakkai parvint à s’échapper de Jérusalem avant la
Chute de la ville et obtint de l’empereur Vespasien, l’autorisation de fonder
un centre spirituel à Yavné, et c’est, de là, qu’il commença à restaurer le
nationalisme juif gravement atteint par la défaite contre les Romains.
Étant donné qu’ils n’avaient pas reconnu Jésus Christ comme Messie, les disciples de Johanan ben Zakkai se forgèrent un Messie pour eux ``le peuple élue`` (qu’ils
attendent toujours d’ailleurs). Ce Messie devait leur apporter le bien être matériel et le contrôle du monde. Pour maintenir la cohésion, il isola le peuple des communautés païennes (genre de ghetto) .



De plus l’école de Yavné s’attaqua à définir le canon de la bible hébraïque et plus
tard les Massorètes du VIe au IXe ajoutèrent les voyelles au texte consonantique et
assurèrent la fixation définitive des écrits sacrés en langue hébraïque ou araméenne .
Le texte ainsi défini et transmis fut appelé et s’appelle encore « texte massorétique », (T.M.).
Le rabbin Johanan ben Zakkai et ses disciples réussirent tellement bien à redonner
espoir et confiance aux juifs, que 60 ans plus tard, une nouvelle rébellion éclata contre
les romains (132 à 135 ap J.C.), sous la direction de Bar Kochba (fils de l’étoile).
Cette nouvelle rébellion a été réprimer très sévèrement par l’empereur Hadrien; la ville
a été complètement détruite, les juifs ont été chassés de la Judée avec ordre de ne plus jamais revenir, L’école de Yavné situé en Judée se transporta à Usha en Galilée. La ville de Jérusalem changea de nom pour s’appeler Aelia Capitolina en l’honneur de Jupiter.




À la fin du 2e siècle ap J.C., le rabbin Juda Hanassi décida de mettre par écrit la tradition orale de peur qu’elle ne se perde. Il rédigea la Mishna, sur laquelle
s’élabora la Tossefta, puis la Guemara. Du IVe au VIe ap J.C. furent rédigés
les deux versions du Talmud : le Talmud de Jérusalem et le Talmud de
Babylone, qui synthétisent la Mishna, la Guemara et leurs commentaires. Le Talmud de Babylone est celui qui a autorité.

Enfin, dans les siècles qui suivirent, une énorme (*) littérature rabbinique a été écrite autour
du Talmud; commentaires, questions et réponses, interprétations, etc.
( ex. Le shulhan arukh de Joseph Caro- genre de petit catéchisme, le Guide des Égarés de Moïse
Maïmonide etc.) Cet ensemble gigantesque constitue la base doctrinale du judaïsme rabbinique.

Le judaïsme désigne la tradition et la culture religieuse des juifs. Le judaïsme comporte des éléments
religieux, mais aussi un code de conduite, une législation, des rites et des coutumes non spécifiquement religieuses.
À cela il faut ajouter la Kabbale (de Kabbala, tradition) qui est l’aspect ésotérique du judaïsme.
La Kabbale cherche essentiellement à réinterpréter les données de la révélation en vue d’atteindre les
réalités supérieures. L’idée centrale de la Kabbale est que Dieu ne peut être connu que par ses
attributs, les dix séphirots, ou élément de la création.

Depuis le 13e siècle le symbole du judaïsme est l’étoile de David, qui selon la tradition était
l’emblème du roi David. Le plus ancien symbole du judaïsme est la Ménorah, chandelier à
sept branches, qui se trouvait dans le temple de Jérusalem.
Au fronton des synagogues sont également figurées les Tables de la Loi.

(*) La littérature juive est généralement divisée en :
1)littérature biblique i.e. le canon juif des Écritures le TaNaKH ( Torah,- Neviim ou prophètes,
Kethouvim ou écrits). La cantillation de la Torah a été fixée par les Massorètes
2)littérature talmudique i.e. de l’époque Talmudique, ne se limitant pas au Talmud
3)littérature rabbinique des sages post-talmudiques jusqu’à nos jours

Judaïsme rabbinique - Wikipédia
Le Judaïsme rabbinique (en hébreu: יהדות רבנית - Yahadout Rabbanit) est issu du judaïsme pharisien après la destruction du second Temple en 70 EC. ...
fr.wikipedia.org/wiki/Judaïsme_rabbinique -

La chute du Temple de Jérusalem : Naissance du judaïsme rabbinique
La chute du Temple de Jérusalem : Naissance du judaïsme rabbinique ... du Temple tandis que les pharisiens inventèrent le judaïsme rabbinique pour pallier ...
cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=15582202 -

Pharisaïsme - Wikipédia
Le mot pharisien vient du terme hébreu péroushim (פרושים) qui signifie séparés. Le respect sourcilleux de la Loi Juive forçait en effet les Juifs pieux à se ...
fr.wikipedia.org/wiki/Pharisaïsme - 55k

Johanan ben Zakkai
- [ Traduire cette page ]
Johanan ben Zakkai - Johanan ben Zakkai was notable in the leadership of the peace party. Born some years before Jesus, Johanan ben Zakkai survived.
latter-rain.com/ltrain/jahan.htm - 8k

JOHANAN BEN ZAKKAI - Encyclopédie Universalis
Chef spirituel de la période du second Temple, Johanan ben Zakkai est le fondateur de l'école de Javné, qui fut le centre intellectuel du judaïsme après la ...
www.universalis.fr/encyclopedie/T304475/ZAKKAI_J_ben.htm


C- TROISIÈME PARTIE
Est-ce que Jésus pouvait être Juif par anticipation i.e. appartenir à la secte des Pharisiens……………!
1-ce que les Pharisiens reprochaient à Jésus :

a- de s’être dit le Fils de Dieu, ce qui est un blasphème contre le Monothéisme , Dieu n’a pas de
Fils : Jean 10, 33 `` Ce n’est pas pour une belle œuvre que nous voulons te lapider, mais pour
blasphème , et parce que étant homme , tu te prétends Dieu.``
Matthieu 26, 63-64.. .. je t’adjure, de par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils
de Dieu. « Tu l’as dit, lui répond Jésus . Oui, je vous le déclare, désormais vous verrez le Fils
de l’homme siéger à la droite de la Puissance et venir sur les nuées du ciel. ». Luc 22,69
 « Tu es donc le Fils de Dieu! Jésus leur déclara : Vous dites bien, je le suis » etc.
b-de remettre les péchés, privilège réservé à Dieu seul. Luc 5,20-21… «  Mon ami, tes péchés
te sont remis » Les scribes et les Pharisiens se mirent à penser :Qui est-il celui-là, qui profère
des blasphèmes? Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul?
c-Violation du sabbat--- guérison le jour du sabbat et cela à plusieurs reprises…..

Pour ces griefs, Jésus méritait la peine de mort..…. Jean 19, 7 « … Nous avons une Loi, et
d’après cette loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. »……………………
Alors, ils livrèrent Jésus aux Romains pour être crucifier. ……………………………. Donc exclusion brutale de Jésus de la Synagogue Pharisienne.

2- Ce que Jésus reprochait aux Pharisiens ….. leur fausse tradition….. C’est contre cette
fausse tradition des Pharisiens que Jésus s’est élevée.
--Dans Marc 7, 6-7, Jésus dit : « Isaïe a joliment bien prophétisé de vous, hypocrites, lorsqu’il écrit :
``ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est bien loin de moi. Vain est le culte qu’ils me
rendent, puisqu’ils enseignent pour doctrines des préceptes humains! Laissant de côté le
commandement de Dieu, vous êtes fidèles à la Tradition des hommes. »
Dans Luc 11.39, Jésus dit : ! « …… Vous voilà bien, vous, les Pharisiens! Vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, et votre intérieur à vous est plein de rapine et le perversité ». Voir aussi dans Matthieu 23, 1---36 ----le Jugement de Jésus sur les scribes et les Pharisiens……..
………. « Les scribes et les Pharisiens ont occupé la chaire de Moïse :3- faites donc et observez tout ce qu’ils pourront vous dire, mais ne vous réglez pas sur leurs actes; ils disent et ne font pas. 4- Ils lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des gens, alors qu’eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt. 5-« Toutes leurs actions, ils les font pour se donner en spectacle.
Ils élargissent leurs phylactères et allongent leurs franges. 6- Ils aiment le premier divan dans les festins,, et les premiers sièges dans les synagogues, 7- les salutations sur les places publiques et à s’entendre appeler Rabbi par les gens………………………………..
13-« Malheur à vous, scribes et Pharisiens, hypocrites, parce que vous fermez aux hommes le Royaume des Cieux; vous et ceux qui le voudraient, vous ne les laissez pas entrer!……………… ….lire la suite……………………………………..etc




Comme on le voit il y a anathème des deux côtés i.e. exclusion. les Pharisiens ne pouvaient
accepter ou tolérer Jésus dans leur secte et Jésus ne pouvait pas adhérer à cette secte des
Pharisiens.

Donc Jésus ne pouvait pas être Juif par anticipation, car il ne pouvait pas appartenir à la secte des Pharisiens qui est à l’origine du judaïsme et ce sont les descendants de ces Pharisiens qui sont les Juifs d’aujourd’hui.

En résumé : Jésus était 1- Sémite i.e. descendant de Sem 2- Hébreu selon la race, 3- Israélite selon la religion, 4-Judahite ou Judaïte p.c.q. appartenant à la tribu de Juda, 5- Judéen de par sa naissance, (Bethléem, ville de David) 6-Galiléen selon son lieu de résidence (Nazareth) et 7- probablement Essénien (du moins partiellement) selon la secte religieuse à laquelle devaient appartenir ses parents ??. Mais il n’était pas PHARISIEN, et pas JUIF.



Conclusion

Le Judaïsme est issu de la secte pharisienne* ,… secte qui est apparu au milieu du IIe siècle av J.C.
à la suite d’un schisme d’avec le Mosaïsme …… À l’époque de Jésus, les Pharisiens contrôlaient
la vie religieuse et aussi politique des Israélites, le Temple et même le Sanhédrin.
Bien que Jésus adhérait à plusieurs valeurs du Pharisaïsme , (valeurs qui appartenaient aussi au Mosaïsme), on ne peut pas dire qu’il était de cette secte, ( la simple lecture des évangiles le prouve).



Cela peut se comparer avec les sectes protestantes* qui sont apparues au XVIe siècle ap J.C, à la
suite d’un schisme d’avec le Catholicisme ….. Ces sectes ont même contrôlée la vie religieuse de
plusieurs pays ( dont l’Angleterre.), et de violents heurts entre catholiques et protestants se sont
produits.
On peut dire, sans se tromper, que les papes catholiques ( i.e. les représentants de Jésus sur terre ) du XVIe siècle et tous les papes par la suite, bien que partageant plusieurs valeurs du protestantisme, (valeurs qui appartiennent aussi au Catholicisme et au Christianisme) n’étaient pas et ne sont pas pour autant Protestants.

Il est donc tout aussi aberrant et peut-être même plus de dire que Jésus était Pharisien ou Juif
que de dire que les papes du XVIe siècle et tous les autres par la suite, étaient ou sont
Protestants.

Donc JÉSUS n’était pas et ne pouvait pas être JUIF ** :
1er parce ce que le mot JUIF n’existait PAS et
2ème parce ce qu’ il n’appartenait pas à la secte des Pharisiens qui donna naissance au
judaïsme et que ce sont les descendants des Pharisiens qui sont les Juifs d’aujourd’hui.

Je crois que les exégètes et les biblistes du XVIIIe ,XIXe et XXe siècles, au lieu de changer
le mot Judéen par Juif aurait dû garder le mot Judéen mais remplacer le mot Pharisien
par Juif, cela aurait été plus conforme à la vérité.

La mission de Jésus, est une mission universelle et spirituelle, sans égard à la race, et au peuple
à laquelle il appartenait. Comme le dit Saint Paul dans son Épître aux Colossiens 3, 11 ``Là il n’est plus question de Grec ou de Juif ( Judéen?), de circoncision ou d’incirconcision, de barbare, de Scythe, d’esclave, d’homme libre; il n’y a que le Christ qui est tout et en tout.``

Notes :
le pharisien du temps de Jésus appartenait à l’une des douze tribus d’Israël ( St Paul était de la
tribu de Benjamin) et était, selon son lieu géographique, soit de la Judée, de la Samarie, de la Galilée ou
de la diaspora, ( St Paul était de Tarse en Cilicie).
* Il est à noter que le pharisaïsme est une des nombreuses sectes issues du Mosaïsme, tout comme
le protestantisme est une des nombreuses sectes issues du Catholicisme.
Le juif d’aujourd’hui est un descendant des pharisiens du temps de Jésus et non des autres sectes qui disparurent après la destruction du Temple

N.B. l'obstacle majeur entre les chrétiens et les juifs c'est JÉSUS.
Mais à la lecture de votre article, il semble que certains même à l'intérieur de l'Église veulent relativiser ce JÉSUS.

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