EUROPE

Le scandale: la Flandre veut plus de fonctionnaires issus de l’immigration


La Flandre se propose de mettre en place un système de discrimination positive et de montrer l'exemple dans le domaine public en faisant passer le nombre de personnes issues de l'immigration de 3% à 10% au sein de l'administration. Ou comment les Flamands, qui plus est ceux de la honnie NVA, viennent de donner une leçon cinglante aux francophones.


Firasa.be
Mercredi 29 Octobre 2014

Le scandale: la Flandre veut plus de fonctionnaires issus de l’immigration
Article La Libre Belgique du mardi 28 octobre 2014, intitulé "La Flandre veut plus de fonctionnaires issus de l'immigration".

Quand j'ai lu la nouvelle publiée encore et toujours par notre chère Libre Belgique ce mardi 28 octobre, je dois franchement avouer que j'en ai eu des palpitations.

C'est dire le choc, car il m'aura fallu quelques jours pour reprendre mes esprits et écrire cet article.

Déjà le titre de l'article en lui-même est clair et hautement explicite.

A sa lecture, je me suis arrêté un bref moment pour reprendre mon souffle tout en me m'agrippant solidement à la tablette de mon bureau, de crainte de m'évanouir.

Bien inspirer, puis expirer profondément. Inspirer puis expirer, le tout lentement et calmement. Respirer est la clé pour reprendre ses esprits en période de grande frayeur ou de grande joie.

J'ai immédiatement suspecté le coup fourré ou alors un article dont le titre et le contenu n'avaient rien avoir l'un avec l'autre.

Et ce n'est qu'après l'avoir lu du début à la fin que je me suis rendu compte que oui, les miracles pouvaient arriver dans ce bas monde.

A vrai dire, je ne sais dans quelle catégorie je dois ranger le contenu de cet article.

C'est une frayeur car ce serait une première en Belgique qu'on décide de mettre en place un système institutionnalisé de discrimination positive (ce qui est le cas, même si on n'aime décidément pas utiliser cette expression)... à l'attention de ceux qui dont les ascendants ne remontent pas à l'époque de Léopold Ier. C'est dire qu'ils sont nombreux, surtout ceux qui ne partagent pas sa religion.

C'est une joie car cela voudrait dire à terme qu'un certain nombre de pauvres bougres, qui ont été poussés sur le bas-côté de la route au cours des dernières années et dirais-je même des dernières décennies, et qu'on a laissés rouiller lentement mais sûrement comme de vieilles carcasses de voitures dans une casse, ont maintenant une petite chance de remettre le pied à l'étrier de la vie professionnelle.

Un système de discrimination positive, vous vous rendez compte de ce que cela veut dire ?

On entre dans un domaine inconnu, un peu à la manière de l'excellentissime série "La quatrième dimension" du milieu du 20ème siècle.

Cela veut donc dire qu'on se rend compte de la discrimination subie par les personnes issues d'autres horizons et qu'on prend des mesures, réelles et effectives, pour tenter d'y remédier.

On a décidé de ne plus raconter aux gens les salades habituelles de la méritocratie et de la perversité de tout système de discrimination positive, de ne plus nier cet état de fait pourtant indéniable aujourd'hui et de ne plus se cacher derrière son petit doigt tout en renvoyant le problème à des bureaux de réclamation officiels qui vont noter votre réclamation au crayon sur la semelle de leurs chaussures.

C'est le public qui se propose de prendre le leadership en la matière et c'est qui plus est une Flamande de la NVA qui veut introduire la mesure !

Scandale !

Je résume pour ceux qui ne suivraient pas: on veut introduire une discrimination positive pour les gens "issus de l'immigration", c'est le secteur public flamand qui se propose de mener la danser et c'est une mesure proposée par une ministre flamande NVA !

Inimaginable ! Impensable ! Inouï !

Citons le nom de la vaillante Flamande pour sa postérité sur ce blog: Liesbeth Homans, ministre flamande de l'Intégration et de la Fonction publique. Avec en prime la photo de celle par qui le scandale est arrivé (photo: La Libre Belgique).

Liesbeth Homans

Nous, pauvres francophones wallons ou bruxellois, nous sommes habitués à ce qu'on nous dépeigne les Flamands comme, je vais résumer sans langue de bois ce sera plus simple et plus rapide, de vilains nationalistes racistes qui veulent l'éclatement du pays en emportant le plus gros du morceau.

Et voilà que ceux-ci proposent une mesure d'une portée symbolique et pratique extrême en faisant monter le pourcentage de personnes d'origine immigrée dans l'administration flamande de 3% à 10% approximativement (probablement pour mieux correspondre à la répartition de souche/immigrés au sein de la population).

Il y a clairement quelque chose qui ne va pas dans cette histoire.

Soit les Flamands ne sont pas réellement ceux qu'on nous dépeint de ce côté-ci de la frontière linguistique.

Soit les francophones ont une plus haute opinion d'eux-mêmes que des Flamands, qu'ils s’ingénient coûte que coûte à défendre dans les médias au mépris de la situation réelle sur le terrain.

Les personnes intelligentes sont celles qui sont parfaitement conscientes des réalités et qui tentent d'y faire face du mieux qu'elles peuvent, pour le mieux de tous et en laissant leur intelligence prendre le pas sur leur émotions, leurs instincts et leur ethnocentrisme.

Les personnes stupides quant à elles font exactement l'opération contraire: elles laissent leur cortex reptilien prendre le dessus, leurs émotions, leurs bas instincts et leur haine sont aux commandes dans une démarche extrêmement court-termiste et typiquement pavlovienne.

Force est de constater que les Flamands se révèlent, avec cette mesure, comme nettement plus intelligents dans le cas présent.

La barrière linguistique et un "état intellectuel qui ne laisse pas la possibilité d'apprendre le néerlandais" constituent de superbes leviers pour nos amis politiques francophones, et leurs alliés des médias, pour faire avaler n'importe quoi sur les Flamands.

Pourtant, ce sont ces mêmes Flamands qui viennent de prendre une décision historique, actant par la même occasion une réalité sur le terrain, alors que les francophones en sont toujours à la nier en bloc et à jouer la diversion, en partant si opportunément à la chasse aux propos racistes de Théo Francken ou aux comportements ambigus de Jan Jambon, alors qu'ils sont maintenant dans l'opposition.

Les Flamands, qui plus est ceux de la honnie NVA, viennent de donner une leçon cinglante aux francophones.

Alors que ces derniers s'acharnent à tenter de prouver que ce sont les Flamands les racistes en remuant ici et là de vieux propos ou de vieux éléments qui ne les ont pourtant pas choqués à l'époque, en lâchant comme dans une chasse à courre les meutes des immigrés de service de leurs partis respectifs, voilà que les Flamands démontrent tout le contraire.

Cela veut-il dire qu'il n'y a pas de racistes chez les Flamands ?

Bien sûr que non, et il ne faudrait pas me faire dire ce que je n'ai pas dit.

Les racistes existent des deux côtés de la barrière linguistique.

Mais la différence majeure entre les deux est, à mon humble opinion, un racisme plus ouvertement assumé en public, ce qui est peut-être nettement plus acceptable que celui des francophones qui est plus caché, plus insidieux car l'expression d'un déni de la réalité.

Un raciste flamand aura plus tendance à vous cracher sa haine directement au visage sans se cacher tandis qu'un raciste francophone le fera de manière plus détournée, plus anonyme, plus honteuse même, et donc aussi plus dangereuse.

La meilleure image qui me vient dans ce dernier cas est celui de la braise brûlante sous une montagne de cendres apparemment refroidies.

Alors que les francophones auront plus tendance à acheter la paix sociale avec les immigrés en les laissant mariner aussi longtemps que leurs finances le leur permettront dans le jus de l'exclusion à coût d'allocations diverses, en échange de la mise en berne de leurs revendications, les Flamands ont pris la direction inverse en leur proposant une place dans leur société en échange de leur travail.

Maintenant que les caisses sont vides, que les dettes deviennent insupportables et que les perspectives d'avenir s'assombrissent globalement pour tous, quelle sera la solution proposée par les francophones autre que le pourrissement de la situation et l'exclusion lente, progressive et sournoise de tout ce joli petit monde ?

Les extrémistes ne sont pas ceux que l'on pense ou encore ceux qu'on veut nous faire croire.

Il serait peut-être temps que les francophones s'inspirent des Flamands dans un certain nombre de domaines au lieu de les diaboliser systématiquement à tout prix, dans une logique du tout ou rien.

Il serait aussi peut-être temps qu'ils se décident enfin à sortir du déni et à faire preuve de courage pour prendre à bras-le-corps un certain de sujets sensibles, dont celui de la place à accorder aux non-Belges de souche, et pouvoir ensuite aborder l'avenir plus sereinement.

Vont-ils se saisir de cette mesure flamande comme prétexte pour envisager la même chose de ce côté-ci de la barrière linguistique ou vont-ils persister encore et encore dans leur déni de la réalité ?

J'ai bien mon opinion sur le sujet. Mais à l'instar de cet événement flamand inattendu, j'aimerais tellement avoir une bonne surprise en la matière.



Mercredi 29 Octobre 2014


Commentaires

1.Posté par Depositaire le 30/10/2014 09:53 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Bonne et excellente nouvelle pour la Belgique. C'est tout à l'honneur de la Flandres. Et il n'y a pas que les francophones belges qui devraient en prendre l'exemple. En France aussi il y aurait du ménage et du travail à faire.

Nouveau commentaire :

Actualité nationale | EUROPE | FRANCE | Proche et Moyen-Orient | Palestine occupée | RELIGIONS ET CROYANCES


Publicité

Brèves



Commentaires