Lobbying et conséquences

Le paradoxe juif émergeant du maléfice du sionisme


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Alan Hart
Vendredi 8 Novembre 2013

Résistance politique: La solution au colonialisme en Palestine passe par la sécession de la diaspora avec le sionisme…

Le paradoxe juif émergeant du maléfice du sionisme
A lire Alan Hart, journaliste très expérimenté et documenté sur le sujet du conflit israélo-palestinein, on comprend pleinement la similitude avec le colonialisme occidental en Afrique, en Asie, en Océanie et bien sûr aux Amériques toujours colonisées (comme le sont également l’Australie, la Nouvelle-Zélande dans la pratique, car entités entrepreneuriales de la "couronne" britannique, alias la City de Londres…) et on se rend également compte que la solution est en fait la même: que les peuples colons (mais aussi idéologiquement colonisés…) réalisent le mal fait et toujours en cours, se démarque du crime et rejoignent les colonisés pour une solution dans la voie du milieu.
A ce titre, les similitudes entre les conditions d’existence des Indiens des Amériques, les aborigènes d’Australie, les Maoris de Nouvelle-Zélande et celles des Palestiniens sont stupéfiantes.
Nous sommes tous des colonisés! et à ce titre devons en sortir ensemble. Union, réflexion, désobéissance civile, boycott des institutions et des entités entrepreneuriales mondialistes pour enfin reprendre le pouvoir pour le diluer et ne plus jamais le laisser échapper à une quelconque oligarchie.
– Résistance 71 –
 
J’ai été inspiré (peut-être devrais-je dire provoqué) à écrire cet article par quelque chose que le vice-président américain Joe Biden a dit dans son récent discours du J Street National Conference de Washington D.C. Il se rappelait avoir visité, alors qu’il était encore un jeune sénateur, la premier ministre israélienne Golda Meir. Ses mots de départ lorsqu’il prit congé furent: “Nous, les juifs avons une arme secrète dans notre conflit avec les Arabes: nous n’avons nulle part où aller.” Prendre ce que disait Golda pour sûr n’était pas de mise car il y avait alors et toujours aujourd’hui, beaucoup de pays où les juifs israéliens pourraient recommencer une nouvelle vie s’ils le voulaient. Du million qui sont partis de l’état sioniste (et non pas juif) pour une meilleure vie ailleurs, les Etats-Unis demeurent le premier choix, mais aujourd’hui l’Allemagne devient très populaire.
Alors quel était vraiment le message par implication de Golda Meir à Biden ?
De manière feutrée, Maman Israël donnait sa voix à la raison d’être (NdT: en français dans le texte original) du sionisme dont la logique peut-être résumée ainsi.
Le monde a toujours été antisémite (voulant dire anti-juif ici car les Arabes sont aussi des sémites) et le sera toujours. Ainsi le sionisme anticipe le fait qu’un Holocauste no2 est en préparation, un autre grand tumulte contre les juifs est inévitable. Israël existe pour être un refuge de dernière instance, une police d’assurance pour tous les juifs du monde lorsque ce jour viendra. C’est pourquoi Israël a une faim insatiable de toujours plus de terres palestiniennes et une soif inextinguible pour l’eau palestinienne ainsi qu’un désir profond pour le pétrole qui vient d’être découvert en Palestine maintenant Israël.
(Voir: http://m.aljazeera.com/story/201311114571416794 )
C’est pour cela que les leaders du sionisme en Israël, assistés de leur lobby, associés et alliés en Amérique, ne s’arrêteront devant rien pour faire avancer leur cause ; une cause qui requiert entre autres choses, la consolidation de l’occupation du sionisme en Cisjordanie occupée sans écarter un nettoyage ethnique final de l’endroit et la création d’un prétexte pour entrer de nouveau en guerre avec le Liban pour prendre possession et conserver le sud du pays jusqu’à la rivière Litani. Dans un de ses récents articles Franklin Lamb a fait référence à un document israélien qui contient le texte d’un discours prononcé en 1941 par David Ben-Gourion, le père fondateur d’Israël et son premier ministre initial. Une phrase en particulier était entourée: “Nous devons nous rappeler que pour que l’état juif puisse survivre, il doit avoir dans ses frontières les rivières Jourdain et Litani.
Soit dit en passant, un des meilleurs promoteurs de la peur juive d’une nouvelle résurgence de l’antisémitisme est Abe Foxman, le directeur national de la Ligue Anti-Diffamation (ADL) aux Etats-Unis, bien qu’un vocable plus approprié serait la Diffamation des Critiques d’Israël... Il y a 10 ans, dans son adresse annuelle à cette 90ème édition de la réunion de l’ADL à New York il a dit: “Nous faisons actuellement face à une grande menace pour la sécurité du peuple juif comme celle à laquelle nous avons été confrontés dans les années 1930, si pas plus grande…”
En plus de ses agents traîtres élus au congrès des Etats-Unis, les associés du lobby sioniste et ses alliés incluent les néo-conservateurs non juifs des divers départements et ministères d’état et des services de sécurité, une horde de think tanks et les médias de masse ainsi que les leaders des quelques dizaines de millions de fondus du missel fondamentalistes chrétiens. Ce fondamentalisme est historiquement antisémite mais soutient Israël quoi qu’il en soit, parce qu’il perçoit l’état sioniste comme un instrument pour parvenir à l’Armaggedon. De leur côté les leaders de la droite israélienne et leur lobby ont fricoté avec et accepté le fondamentalisme chrétien parce que l’alliance que cela leur apporte leur donne une influence maximum à Washington D.C.
Comme je le souligne dans mon livre “Sionisme: Le véritable ennemi des juifs”, la réponse à la question sur ce que ferait le sionisme dans l’éventualité d’un échec de sa mission m’a été donnée par Golda Meir lorsque je l’ai interviewé lorsque j’animais l’émission phare de la BBC, “Panorama”. Elle m’a dit que lors d’une situation apocalyptique, Israël “serait préparé à détruire avec lui la région entière et le monde.”
Le paradoxe juif en arrive à ceci. Israël a été créé par le sionisme pour garantir le bien-être et l’existence des juifs. Mais ce bien-être et peut-être même cette existence sont le plus sérieusement menacés par les politiques et les actions du sionisme lui-même.
Comment cela est-il possible ?
Ce dont nous sommes les témoins aujourd’hui est une montée, une marée mondiale d’anti-israélisme. Ceci N’EST PAS une manifestation d’antisémitisme, ce qui veut dire que cela n’est pas dirigé en tant que préjudice racial ou haine des juifs simplement parce qu’ils sont juifs ; l’anti-israélisme est provoqué par l’arrogance du pouvoir d’Israël, sa suffisance maladive et son mépris total de la loi internationale et des droits des Palestiniens en particulier.
Le danger pour les juifs partout est que cet anti-israélisme puisse être transformé en un antisémistisme rampant. La mise en garde la plus explicite que ceci pourrait bien arriver, a été donnée par Yehoshafat Harbaki, le plus long directeur du renseignement militaire israélien. Dans son livre: “Israel’s Fateful Hour”, publié en anglais en 1988, il écrivit ceci:
Israël est le critère par lequel tous les juifs seront jugés. Israël en tant qu’état juif, est un exemple du caractère juif, qui trouve son expression libre et concentrée en son propre sein. L’antisémitisme a des racines profondes et historiques. Quoi qu’il en soit, toute faute dans la conduite israélienne, qui est initialement citée comme anti-israélisme, pourrait être transformée en preuve empirique de la validité de l’antisémitisme. Ce serait une tragique ironie que de voir l’état juif, qui fut créé pour résoudre le problème de l’antisémitisme, devenir un facteur d’une nouvelle montée d’antisémitisme. Les Israéliens doivent prendre conscience qu’ils paient eux-mêmes  le prix de leur mauvaise conduite, mais aussi tous les juifs à travers le monde.”
Harkabi nota aussi qu’Israël est le pire ennemi de sa propre rectitude. S’il était encore en vie aujourd’hui, je lui suggérerais à titre de commentaire que si “l’ennemi” peut-être défini comme une force qui a la capacité et l’intention réelle de détruire Israël par des moyens militaires, la rectitude est le SEUL ennemi de l’état juif.
Harkabi n’a pas été le premier juif à prévenir du danger pour Israël de devenir un facteur de montée d’antisémitisme, et il fut en très bonne compagnie. Avant l’holocauste perpétré par les nazis, la plupart des juifs dans le monde étaient opposés au sionisme et à son entreprise coloniale. Ils pensaient que c’était immoral (ce qui bien sûr l’était) et mènerait à un conflit sans fin avec les Arabes et le monde musulman au sens large, Mais plus que tout, ils craignaient que si le sionisme était autorisé à faire ce qu’il entendait par les grandes puissances, que cela ne provoque un jour plus d’antisémitisme.
Alors que j’écris ces lignes, je me demande si des historiens honnêtes du futur concluront qu’une des plus grandes ironies de toute l’histoire humaine, peut-être même la plus grande, est dans le fait que le sionisme voulait et avait besoin de l’antisémitisme afin de pouvoir justifier de ses politiques criminelles et des actions des juifs partout et de profiter des gentils mal informés et donc naïfs en Amérique et en Europe.
On m’a donné à l’école ce que je pense toujours être la meilleure définition d’un paradoxe: “La vérité se tenant sur la tête pour attirer l’attention”. Une vérité est ceci. Il n’y a pas de “problème de la Palestine”. Il n’y a qu’un problème juif au sujet et dans la Palestine qui est devenue Israël.
La manchette d’un article de Bradley Burton dans le quotidien Ha’aretz au jour de l’an était celle-ci: “2013 sera t’elle l’année où les juifs américains feront sécession d’Israël ?”
Les juifs américains veulent savoir ce qui est fait en leur nom. Au nom du Judaïsme et s’ils pensent que cela est auto-destructeur, oppressif, borné et mal, alors il y a toute les raisons pour qu’ils désirent que cela s’arrête.
Le gentil que je suis a un problème avec cette expression d’espoir.
La preuve est que si un nombre croissant, bien que toujours petit, de juifs américains sont publiquement critiques d’Israël, de ses politiques et ses actions, beaucoup, la majorité, demeurent silencieux et ne veulent pas vraiment savoir ce que le sionisme fait en leur nom ; et si cela demeure le cas, il n’y a pas de raison suffisante dans l’esprit juif pour changer le cours de l’histoire.
On ne peut que mentionner comment cela pourrait changer si la raison était assistée pour prévaloir. Si une majorité de juifs américains et européens étaient prêts à accepter et reconnaître ouvertement le mal fait aux Palestineins au nom du sionisme pour ensuite insister que le mal soit corrigé en termes acceptables pour les Palestiniens, tout gouvernement israélien devrait changer sa politique et être vraiment sérieux au sujet de la paix en des termes que les Palestineins pourraient accepter.
Ce que je veux dire c’est qu’alors qu’il est parfaitement possible que les leaders sionistes d’Israël puissent dire à un président américain et à tout le monde non-juif d’aller se faire voir, il ne serait pas assez stupide pour dire la même chose au monde juif, spécifiquement du reste aux juifs américians et européens…
Sensé non ?…
Dans des plateformes de discussion publiques (comme dans mon livres), je ne me fatigue jamais d’exprimer ma pensée sur ce fait de l’énorme récompense à portée de main pour les juifs du monde et les Israéliens spécifiquement s’ils autorisaient l’existence d’une raison motivée par la justice de prévaloir. De manière générale, ils constituent l’élite intellectuelle de l’occident et les Palestiniens sont l’élite intellectuelle du monde arabe. Ensemble, en paix et en partenariat, dans un état avec des droits identiques et une sécurité pour tous, ils pourraient changer l’avenir de la région pour le mieux et ainsi redonner tant d’espoir au monde entier. Pour le dire autrement, juifs et palestiniens en paix et associés pourraient devenir la lumière des nations.
Continue de rêver Alan…
FOOTNOTE
Une bonne indication que Netanyahou est alarmé de la possibilité qu’une majorité de juifs américains demandent ou même requierent qu’Israël devienne sérieux au sujet de la paix avec les Palestineins en des termes acceptables pour eux est celle-ci.
L’Israeli American Council a récemment commissionné la distribution de tracts à des milliers de juifs américains leur demandant où serait leur allégeance dans l’éventualité d’une véritable crise entre Israël et les Etats-Unis. Les tracts étaient à l’origine endorsés par des représentants du ministère israélien des affaires étrangères. Lorsque Netanyahou a appris cela, il a instruit le ministère de se désassocier du questionnaire.
Je pense qu’il est raisonnable d’assumer qu’il était préoccupé par la perspective que ce sondage indique que dans l’éventualité d’un duel entre lui-même et le président Obama, une majorité de juifs américains se sentitaient plus américains qu’israéliens ou supporteurs d’Israël.
 
Alan Hart
 
url de l’article original: http://www.alanhart.net/the-jewish-paradox-arising-from-the-curse-of-zionism/
 
~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~
 
 
 


Vendredi 8 Novembre 2013


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