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Le nouveau pacte de Bagdad.


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Nous assistons aujourd’hui au Moyen Orient à un remodelage du pacte de Bagdad. A ceci près que l'Arabie Saoudite et la Turquie y jouent les rôles de l’Égypte et la Syrie d'antan tandis que le futur État kurde tient lui celui d’Israël . Et ce pacte garantira les deux buts escomptés. L’affaiblissent de la Russie en éloignant d'elle la République islamique et son futur potentiel de nuisance. Puis l'encerclement des peuples arabes par une stratégie de contournement permanent visant à les priver de leur libre arbitre politique. Autant dire un tour géopolitique complet dans une région du monde où la fréquence de la roue de l'histoire est un demi-siècle.


Cide
Mercredi 27 Mai 2015

Le nouveau pacte de Bagdad.
A la bonne tradition western, le cow-boy américain convoie à la cravache F-16 tels des bovidés les soldats de l'Organisation de l’État islamique vers des zones particulières connues à l'avance selon ses intérêts stratégiques du moment.
Intérêts qui, du moins momentanément, semblent se focaliser sur Damas pour la Syrie et sur les régions arabes sunnites du centre de l'Irak.
Damas pour la Syrie, en effet, car une prise de Damas par l’État islamique lui assure une défaite temporaire de ses alliés sunnites de la région qui, avec l'intronisation du roi Salman, ont désormais la prétention de prendre leur destin en main en défendant eux mêmes leurs propres sphères d'influence loin de la chimère vassalité protectrice de l' Amérique.

Et, en plus de laver cet affront de lèse-majesté, c'est une volonté somme toute pragmatique d'éviter le très ingrat rôle du second que laissent souvent les maîtres du terrain à leur adversaire.

Or dans une capitale fraîchement occupée il n y a que deux places : la zone verte, protectrice et avantageuse, de laquelle le pays est commandé et vers elle tous les regards se tournent ou la place du mort qui, jadis, fut en effet périlleuse autant aux marines américains de Beyrouth (1) que récemment en Libye à l'Ambassadeur américain J. Christopher Stevens (2).

Quant aux zones sunnites en Irak, il est désormais établi que l’Amérique réétudie actuellement avec plus de minutie le probable éclatement de l'Irak en trois entités belligérantes, dépendantes d'elle en armes et en protection.

La première est Kurde dans un Kurdistan déjà autonome et qui, pour son indépendance finale, une pléthore des lobbys agissant à Washington et en Europe s'accorde dans une chaotique logique de convergence d'une multitude d'intérêts de tous ordres et de toutes natures.
La deuxième est sunnite dans le centre du pays, un réduit désertique marginalisé et en guerre totale avec tous condamné de ce fait à la misère et à la relégation.
Enfin la troisième, la part du lion qui, de Bagdad jusqu'à Bassorah, est promise aux chiites, en contre partie de la répudiation de Tahran pour Bachar el-Assad, l'encombrant amant devenu indésirable durant la nouvelle lune de miel.

Une dote de choix en effet pour les futures fiançailles avec l'Iran sur lequel l’administration Obama compte désormais pour reprendre son rôle du « chien méchant » d'avant la révolution islamique. Celui du « gendarme » du Moyen Orient, confié depuis à Israël qui, légèrement dégriffé par le Hamas et le Hezbollah et abhorré par le reste du monde, n'a plus les pattes nécessaires pour le tenir.

En fait ce à quoi nous assistons aujourd’hui au Moyen Orient n'est rien d'autre qu'un nouveau remodelage du fameux pacte de Bagdad. A ceci près que l'Arabie Saoudite et la Turquie y jouent les rôles de l’Égypte et la Syrie d'antan tandis que le futur État kurde tient lui celui d’Israël de l’époque.

Évidemment ce nouveau pacte garantira les deux buts escomptés qui ont motivé le premier. A savoir l’affaiblissent de la Russie en éloignant d'elle la République islamique et son futur potentiel de nuisance dans le Moyen Orient qui, non contenu, risque d’être fatal pour Israël en plus d’être hégémonique dans le Golfe arabo-persique.

Quant au second, et certainement le plus important, c'est toujours l'encerclement des peuples arabes par une stratégie de contournement permanent visant à les priver de leur libre arbitre politique et, en corollaire, de leurs sources énergétiques, matières premières de toute stratégie durable.


Ainsi la tactique d'exclusion des arabes de tout leadership de la région qui fut à l'origine du premier pacte de Bagdad se trouve encore renforcée par une seconde visant expressément l'islam sunnite vu la mutation idéologique des domaines de la lutte.


C'est en tout cas un tour géopolitique complet dans une région du monde où la fréquence de la roue de l'histoire est apparemment un demi-siècle. Un demi-siècle en arrière effectivement et nous nous retrouvons comme aujourd’hui devant une répression meurtrière contre les Frères musulmans en Égypte et en Syrie, une guerre civile fratricide au Yémen, un rapprochement entre l'Iran et l’Amérique, etc etc. Autant dire que dans le Moyen Orient tout a changé durant la dernière décennie pour que rien ne change au fond. Et comme toujours, tout repart de zéro, en somme.



(1)http://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/il-y-a-30-ans-l-attentat-contre-drakkar-a-beyrouth-5373
(2)http://www.rfi.fr/afrique/20120912-libye-est-derriere-attentats-benghazi-christopher-stevens-consulat/
 


Mercredi 27 Mai 2015


Commentaires

1.Posté par saladain le 28/05/2015 03:34 | Alerter
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Tout est faux.
1 Israel Usa tiennent à Bachar ou la minorité alaouite
2 L Iran n a jamais été une menace pour israel ni pour l amerique (irangate)
3 l EI rentrera a damas et bagdad .... :)
chich

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