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Le nouveau gouvernement tunisien : une matraque en velours.


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Un mois après le déclenchement du mouvement révolutionnaire en Tunisie suite à l'immolation de Mohamed Bouazizi, un nouveau gouvernement est constitué.Mais la révolution n'est pas finie car la chute de Ben Ali n'est qu'une première étape. Les tunisiens aspirent à la dissolution de tous les symboles de l'ancien régime car sans ce bouleversement, le mouvement perd sa qualité de révolution...


Samia Lamine.
Mercredi 19 Janvier 2011

Le nouveau gouvernement tunisien : une matraque en velours.
Le terme révolution désigne une évolution des opinions, des courants de pensée, des sciences; découvertes, inventions entraînant un bouleversement, une transformation profonde de l'ordre social, moral, économique, dans un temps relativement court.

Ceci dit, et étant donné que le nouveau gouvernement comprend une grande majorité de noms appartenant au parti au pouvoir du temps de Ben Ali RCD (nouveau ou reconduit), on peut en déduire que si Ghannouchi qui, aujourd’hui seulement a téléphoné à Ben Ali en Arabie Saoudite pour le tenir au courant des nouveautés ( ?), a réussi le coup de retournement de la situation à l’avantage de l’oligarchie qui entourait Ben ALI durant l’exercice de son pouvoir. Tel que composé ; ce nouveau n’apportera rien de nouveau au pays. Peut-être un nouveau souffle mais pas un grand changement ni de transformation profonde. Si tous les sacrifices faits si tout le sang qui a coulé donne 3 porte-feuilles, c’est que le RCD va réussir son mouvement de contre révolution.

Et ce mouvement n’est pas seulement intérieur mais aussi, extérieur. Ainsi,le colonel Gaddafi a adressé un discours à l'intention des tunisiens leur reprochant ce qu'ils ont fait à son ami et regrettant qu'ils ne l'aient pas supporter jusqu'à la fin de ses jours!!! Et n'oublions certains pays occidentaux et autres dont Ben Ali est un grand ami chargé de combattre le présumé terrorisme d'Al Qaida. Ces forces étrangères ou arabes ont tout intérêt à faire avorter cette révolution et excercent, donc, des pressions ou tout simplement essaye de jouer des cartes avec leurs amis de l'opposition ou du RCD.

Et l’essentiel à retenir dans tout cela, c’est que les tunisiens doivent tout faire pour réussir à récolter les fruits de leurs sacrifices car en fait, le mouvement révolutionnaire n’avait pas pour objectif la seule chute de Ben Ali mais aussi de tout le système qu’il avait engendré et les visages qui l’avaient servi de près ou de loin; Tout le RCD était impliqué dans la dictature. Et le moins qu’on puisse reprocher à ses partisans, c’est d’avoir soit abusé de leur pouvoir soit tiré profit de leur appartenance soit servi de simple pion. De plus, si la majorité des adhérents au parti de Ben Ali déclarent avoir été forcé à adhérer, ce sont surement ses agents qui ont exercé ce pouvoir d’intimidation.

Par conséquent, tous les destouriens (RCD) sont impliqués dans la corruption politique du bas de l’échelle à au plus haut.Donc, l’argument des mains propres sans sang n’est point convaincant. Aussi, jouer sur le sentiment patriotique des tunisiens en leur rappelant que l’intérêt de la patrie prime dans la situation actuelle n’est que prétexte pour sauver la face du RCD qui fait tout pour s'implanter. Le peuple tunisien a souffert pendant deux décennies. Il a souffert en donnant 75 martyrs et près de 100 blessés en un mois par la faute des tireurs de l’intérieur que le ministre de l’intérieur dans le nouveau gouvernement, monsieur Fria a innocenté hier dans son élocution adressée aux tunisiens.

Il serait dommage que soit donnée l’occasion à l’autre parti d’anéantir la révolution, d’en profiter et de rejaillir avec la matraque en velours. La lutte doit continuer, donc, jusqu’à la dissolution de ce parti. Depuis hier, 17 janvier, des forces populaires et beaucoup d’intellectuels manifestent déjà et agissent dans ce sens. La première étape est gagnée mais la marche est encore longue. Oui, "Ben Ali... c'est fini" mais pour une "Tunisie libre libre... RCD doit dégager".

Tels étaient les slogans décriés par les jeunes. Depuis le 17 décembre jusqu'au 18 janvier lors des manifestations qui ont eu lieu à Tunis, Sousse, Sfax, Kairouan et dans tout le pays. Quand la matraque disparaitra, on aura à nous couvrir de velours. Mais pour le moment, il reste encore à faire. SAMIA LAMINE. (Tunisie, le18 janvier 2010)

Source de l'article: http://samialamin.overblog.fr


Mercredi 19 Janvier 2011


Commentaires

1.Posté par winflunch le 19/01/2011 14:26 | Alerter
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je suis pour que rien de l'ancien gouvernement reste en place !!!!

la france de vichy, quand les usa ont récupéré l'algérie, ont gardé le commandement Vichyste !!
cela a foncierment deplus (c'est loin de le dire) à De Gaulle
ici, c'est pareil, c'est une trahison !!!

2.Posté par claudio le 19/01/2011 17:05 | Alerter
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Il y a des choses qui s'annoncent mal en Tunisie.
En effet, comment envisager politiquement et socialement, qu'une « révolution » puisse aboutir seulement à la chute d'un dictateur, sans revisiter l'ensemble des institutions républicaines ? Car, malgré tout, le mal être du peuple tunisien est la conséquence de tout un système, certes symbolisé par Ben Ali, mais il n'en était que l'affiche visible. Se limiter à l'arrachage de cette affiche n'est nullement suffisant pour instaurer un régime juste.
L'histoire nous enseigne sur les hécatombes causées par des révolutions « incomplètes » ou mal exploitées par leurs instigateurs.
La clé de voute d'un système démocratique reste incontestablement la Loi Fondamentale, c'est à dire la Constitution. En fonction de ses concepteurs et rédacteurs, elle peut influer considérablement en bien ou en mal, sur l'ensemble de l'arsenal législatif et règlementaire d'un pays, ainsi que sur ses institutions légales.
Or, le message que nous avons perçu de la part du Peuple Tunisien, ne laisse aucun doute sur la défaillance de toutes les composantes du régime à savoir : le Parlement, le Gouvernement, le ou les partis politiques au pouvoir, les services de sécurité et les organisation non gouvernementales. Le constat est dramatique et la situation exige une refonte totale de la République et je n'ai pas l'impression qu'on se dirige vers cette exigence.
Le Chef de l'État par intérim, pilier de la clique Ben Ali, s'est précipité pour former un gouvernement de « transition » avec comme pivot central des « fidèles » du dictateur déchu. Le maintien du Premier Ministre qui continue à « rendre des comptes » à l'exilé d'Arabie Saoudite est significatif d'une volonté de prendre de vitesse le peuple, de le placer devant le fait accompli, afin de faire perdurer les acquis d'une caste qui rechigne à avouer sa défaite. Ce n'est pas une faute politique commise par le Chef de l'État provisoire, c'est une stratégie délibérée, bien connue de la part des avides du pouvoir et de ses privilèges.
Il y a là, incontestablement, une manœuvre criminelle qu'il faut impérativement rejeter avec détermination.
Qu'aurait-il fallu faire ?
Puisque le Peuple Tunisien a fait entendre sa voix pour exprimer sa volonté d'en finir avec le passé, l'impératif premier aurait été de dissoudre le Parlement. Les élus ont failli en laissant pourrir le régime et ils doivent être chassés et déclarés inéligibles pour une durée à déterminer et qui ne saurait être inférieure à au moins cinq législatures.
A la place, organiser dans les plus brefs délais, des élections pour désigner une assemblée qui se décrètera Constituante. Sa mission sera de rédiger une nouvelle Constitution, de désigner un Premier Ministre ( Pas besoin d'un Président ) de transition issu de ses rang. Ce Premier Ministre formera un gouvernement restreint dont les membres seront choisis au sein de la Constituante, et dont la seule prérogative sera de préparer et de soumettre par référendum la nouvelle Constitution à la Nation.
Une fois la Constitution adoptée, suivront l'élection présidentielle et les élections législatives.
Dans cet espace, le gouvernement restreint, expédiera les affaires courantes.
Ce n'est qu'en agissant ainsi que les revendications légitimes du Peuple Tunisien seront satisfaites et que l'ancien régime mafieux rejoindra les poubelles de l'Histoire.






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