RELIGIONS ET CROYANCES

Le lien organique entre l’arabité et l’islam


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Nayef Abboush
Jeudi 25 Avril 2013

Le lien organique entre l’arabité et l’islam
Il ne fait aucun doute qu’Allâh Tout-Puissant a honoré les Arabes en choisissant un Prophète arabe, Mohammad ibn Abdallâh (BSDL), pour transmettre le message divin aux Hommes. Allâh a dit au sujet de ce choix : « Certes, un Messager pris parmi vous, est venu à vous, auquel pèsent lourd les difficultés que vous subissez, qui est plein de sollicitude pour vous, qui est compatissant et miséricordieux envers les croyants » (1).

Selon notre compréhension de la volonté d’Allâh et de Sa sagesse dans ce choix, il nous parait évident qu’à travers cette élection divine, Allâh a répondu à la supplication du Prophète Ibrahim (paix sur lui) : envoyer aux Arabes un Prophète qui soit issu de leur peuple. Dans le Saint Coran, Allâh rapporte l’invocation du père des Prophètes, Ibrahim : « Notre Seigneur ! Envoie l’un des leurs comme messager parmi eux, pour leur réciter Tes versets, leur enseigner le Livre et la Sagesse, et les purifier » (2).

Les Arabes furent le point de départ de la transmission du message divin. Ils furent spécifiquement visés par le discours divin : « Et avertis les gens qui te sont les plus proches » (3). Par cet immense honneur, Allâh fit don aux Arabes de Sa grande sagesse afin qu’ils soient au cœur du projet de guidance divine sur Terre. Les Arabes répondirent à cette élection divine, assumèrent le poids de la responsabilité de la transmission du message de l’islam et accomplirent les obligations liées à cet honneur de la meilleure des manières. En raison de cela, Allâh les loua dans le Saint Coran : « Allâh les a agréés et eux L’ont agréé » (4).

Le Prophète Mohammad (BSDL) clarifia le secret de la faveur de cette position élevée dont Allâh honora les Arabes en choisissant un Prophète parmi eux : « Allâh a choisi Ismaïl de la progéniture d'Ibrahim et de la progéniture d'Ismaïl, Il a choisi les Banû Kinâna. Des Banû Kinâna, Il a choisi Quraysh et de Quraysh, Il a choisi les Banû Hâshim. Enfin, Il m'a choisi parmi les Banû Hâshim ». La sélection divine résultait d’un choix fait à partir d’une décision qui faisait à son tour partie d’un autre choix. Lors de la bataille de Badr, le Prophète Mohammad (BSDL) affirma ce choix lorsqu’il lança son fameux appel : « Je suis véritablement le Messager d’Allâh… Je suis le fils de Abd al-Muttalib ».

Tout comme Il a élu Mohammad (BSDL) au sein de la oumma des Arabes afin qu’il soit le sceau des Prophètes, Allâh a choisi la langue arabe pour être la langue de la révélation, c’est-à-dire la langue du discours divin de la nouvelle religion. Allâh Tout-Puissant annonça : « Nous l’avons fait descendre, un Coran en [langue] arabe, afin que vous raisonniez » (5).

Le choix de cette langue est un autre honneur accordé aux Arabes. Allâh a ainsi accru leurs responsabilités religieuses en leur confiant le dépôt du message divin. Les Arabes sont les protecteurs humains de l’islam. Étant donné que le message divin fut transmis dans leur langue, les Arabes devraient être mieux à même de comprendre les volontés d’Allâh. Ils devraient être les plus aptes à répondre à Ses exigences.

Le Prophète (BSDL) désapprouva la mauvaise compréhension d’un homme des volontés divines. Cet homme interrogea le Prophète (BSDL) à propos d’un verset coranique : « Que penses tu des paroles d’Allâh : « Vous serez, vous et ceux que vous adoriez en dehors d’Allâh, le combustible de l’Enfer » (6) ? ». Le Prophète Mohammad (BSDL) lui aurait répondu : « Comme tu es ignorant de la langue de ton peuple ! ». Il n’y a rien d’étonnant dans ces propos. Le Prophète (BSDL) était le plus éloquent et le plus clair parmi ceux qui parlaient l’arabe. Ce fut l’une des raisons pour lesquelles il reçut la parole divine.

Si la langue des Arabes, avec ses styles bien connus, est la substance du discours divin pour l’ensemble de l’univers à travers le Saint Coran, il n’est donc pas surprenant que le Saint Coran joue un rôle fondamental dans la protection de cette langue et dans sa propagation parmi les Hommes. Cette fonction permet à l’arabe d’être une langue mondiale dont les concepts et les règles sont clairement définis. Le Coran a protégé la langue arabe. Il l’a préservée des « barbarismes » et autres fautes de langage. Au fil des siècles, le Coran est devenu une référence essentielle pour la grammaire et les sciences propres à la langue arabe. Allâh s’est chargé de protéger la langue arabe : « Le faux ne l'atteint [d'aucune part], ni par devant ni par derrière» (7).

Concernant les mérites réciproques de l’arabité et de l’islam, relevons l’influence bénéfique de l’islam sur les Arabes qui permit l’unification de leur oumma et leur passage du lien de la ‘assabiyya tribale au lien de la doctrine islamique. Ce changement se fit en suivant le principe coranique : « Dis : "Si vous aimez vraiment Allâh, suivez-moi, Allâh vous aimera" » (8). Allâh sortit les Arabes de l’erreur et du bédouinisme. Il les fit passer du polythéisme à une humanité paisible et à une civilisation éclairée et unifiée.

Si l’islam est une religion divine et une révélation céleste, il n’évolue pas en dehors du temps, de l’espace ou de l’environnement social dans lequel il fut révélé. L’islam est apparu sur la terre des Arabes car Allâh a transmis sa révélation par l’intermédiaire d’un Messager issu de leur peuple. Le premier acte d’adoration de ce Messager fut effectué dans la grotte de Hira à la Mecque. Cette grotte a été le premier lieu dans lequel fut révélé le message divin. En ce lieu fut révélé le premier verset coranique : « Lis au nom de ton Seigneur qui a créé » (9). Cette révélation céleste se fit ainsi afin qu’elle se répande sur Terre et en premier lieu sur la terre des Arabes qui devait devenir, grâce à l’islam, un centre de rayonnement mondial ; le point de départ et la source de la guidance divine pour l’ensemble de l’univers. La révélation forme une extension culturelle de la personnalité arabe et de ses nobles valeurs.

L’islam est la plus importante composante de l’histoire des Arabes. Il est l’énergie morale fondamentale, l’élément essentiel de la culture et du patrimoine civilisationnel des Arabes.

Toutes les tentatives malveillantes visant à séparer l’islam des Arabes, ou à séparer les Arabes de l’islam, sont des manœuvres dangereuses servant uniquement des intérêts étrangers. Ces tentatives ont pour principal objectif d’affaiblir les Arabes et de les éloigner de leur mission divine et civilisationnelle. La séparation de l’islam et des Arabes ouvrirait une voie aux idées de la shu‘ubiyya qui scinderaient l’entité arabo-islamique. La shu‘ubiyya ouvrirait la voie à un assaut malveillant venant du sein même de cette entité afin de l’attaquer et de la détruire de l’intérieur. La règle selon laquelle « si les Arabes sont humiliés, alors l’islam l’est aussi » (10) comporte de nombreuses significations lorsqu’elle est placée dans un contexte d’analyse logique. En réalité, la relation entre l’arabité et l’islam est dialectique. L’arabité est un corps dont l’âme est l’islam et sans lequel elle serait un cadavre sans vie.

Pour le musulman, l’islam représente une religion et une doctrine. Pour un Arabe non-musulman, il représente son patrimoine et la substance de sa culture. Au cours de l’histoire, l’islam a permis aux Gens du Livre et aux autres peuples, de vivre sous sa tutelle en toute liberté. L’islam a protégé leurs sanctuaires et leurs temples. Il a fait de la citoyenneté, entre les non-musulmans et les musulmans, un lien collectif particulièrement solide, ne tolérant aucune violation. Ce lien respectait la célèbre règle affirmant : « Depuis quand vous attribuez-vous le droit de réduire en esclavage les Hommes, alors que leur mère les a engendrés libres ? » (11). Cette règle était la base de la liberté à laquelle le monde contemporain n’a commencé à prêter attention que dans sa Déclaration universelle des droits de l’Homme, dans la seconde moitié du siècle passé.

Le modèle arabo-islamique, qui a jailli sur la terre arabe, il y a plus de quatorze siècles, fut le point focal permettant le rayonnement de la oumma arabe grâce à son message divin transmis à l’ensemble de l’univers. Ce message divin s’est répandu dans toute l’humanité. Par le monothéisme, il libéra les peuples des idoles païennes.

Actuellement, cette belle représentation s’oppose à une campagne de déformations et de falsifications. Cette campagne malveillante vise à porter atteinte aux Arabes et à les léser dans leur droit historique à détenir l’autorité. Des visées internationales se cachent derrière cette campagne qui est complice des shu‘ubiyyât locales, régionales ou nationales dans leurs tentatives fébriles et abjectes. Ces stratégies visent à séparer les Arabes de l’islam et à fabriquer des puissances fortuites. Elles souhaitent également bafouer l’islam, déformer sa pureté, falsifier ses concepts et rétrécir ses horizons de pensée. La connivence shu‘ubite – locale ou régionale – avec l’armée étasunienne occupant l’Iraq et avec l’OTAN détruisant la Lybie est flagrante alors que les vents du chaos détruisent la Syrie, le Yémen, l’Égypte et la Tunisie. Cette stratégie s’attache à détruire la condition arabe et à imposer le plan du « nouveau Moyen-Orient ». L’objectif fondamental de cette stratégie est le remodelage de la carte de la région selon les agendas occidentalo-sionistes.


Notes de lecture :
(1) Coran 9 : 128
(2) Coran 2 : 129
(3) Coran 26 : 214
(4) Coran 5 : 119
(5) Coran 12 : 2
(6) Coran 21 : 98
(7) Coran 41 : 42
(8) Coran 3 : 31
(9) Coran 96 : 1
(10) NDT: Hadîth du Prophète Mohammad (BSDL).
(11) NDT : Propos attribués au second calife, Omar ibn al-Khattâb (634-644).

 

Source : http://iwffo.org/

Traduction : Souad Khaldi

ISM



Jeudi 25 Avril 2013


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