Sciences et croyances

Le jus donne la pêche



Stephen Smith
Samedi 29 Août 2015

Le jus donne la pêche

Cyclone Hilda.
Crédit : Jeff Schmaltz, LANCE/EOSDIS MODIS Rapid Response Team du NASA GSFC.
Agrandissement.

 

The Thunderbolts Project, Stephen Smith, 28 août 2105
 

    Les énormes phénomènes météorologiques sont électriques.
 

    Des articles antérieurs de cette chronique ont décrit la Terre comme un objet chargé électriquement : elle maintient à sa surface un champ électrique compris entre 50 et 200 volts par mètre. En d'autres termes, la tension s’accroît de cette valeur pour chaque mètre d'élévation. Sous les orages, le champ électromagnétique grimpe à 10.000 volts par mètre : Stockant l'énergie électrique de l'environnement, tempête et Terre se comportent comme les armatures d'un condensateur. Soufflant en direction de la tempête en formation, un « vent ionique » de particules chargées entraîne les molécules d'air avec lui, tout en créant de puissants courants ascendants capables de monter parfois dans la stratosphère. Dès que la charge accumulée atteint un seuil critique, elle se libère sous la forme d’un éclair.
 

    Lançant d’énormes décharges électriques vers le sol, ainsi que, de façon surprenante, vers l'espace, les orages sont une forme d'accélérateur de particules. Les projections ascendantes sont connues sous les noms de farfadets [red sprites] et jets bleus. Étant à haute altitude et ne durant que quelques millisecondes, aucun des deux n’est facile à voir.
 

    Début août 2015, selon un récent communiqué de presse, de « gigantesques jets » ont été détectés au-dessus du cyclone Hilda. Ces projections électriques sont semblables aux farfadets souvent mentionnées dans ces pages. Les farfadets sont d’énormes flashs lumineux que l’on voit au-dessus des zones d’activité orageuse. Coïncidant avec les coups de foudre ordinaires, ils peuvent se présenter sous la forme d’événements isolés ou multiples, avec des filaments lumineux montant souvent jusqu'à 100 kilomètres de hauteur. Couvrant des distances horizontales de 50 kilomètres, avec un volume de 10.000 kilomètres cubes, les plus grands farfadets renferment de nombreux petits farfadets distincts.
 

    Autre phénomène existant également associé aux orages : les jets bleus. Distincts des farfadets, les jets bleus se propagent vers le haut dans d’étroits cônes, à des altitudes approchant les 50 kilomètres. Leurs décharges électriques étant confinées dans un plus petit volume spatial, ils sont donc plus puissants. Les géophysiciens commencent à réaliser que les farfadets et les jets bleus font partie de chaque système orageux, modéré ou important, et sont une composante essentielle du circuit électrique de la Terre.
 

    Les décharges électriques émanant de l'œil de l'ouragan Hilda étaient bien plus puissantes que les farfadets ou les jets bleus. D’après les descriptions, c’était des « farfadets gonflés aux stéroïdes », estimés libérer plus de 30 coulombs de charge par seconde, soit 30 ampères sous environ 300.000 volts.
 

    Ces phénomènes sont vraisemblablement des manifestations de courants de Birkeland déversant de l'électricité dans des doubles couches de plasma. En accélérant les particules, les doubles couches se dissipent et émettent un rayonnement, de sorte qu'elles doivent être alimentées par des sources externes, comme les courants de Birkeland [pour se maintenir]. Puisque l’adaptabilité à toute échelle est l’une des propriétés émergentes du plasma, elle se révèle aussi bien par de grands événements électriques que des petits. Hannes Alfvén, lauréat du prix Nobel, soutenait que les doubles couches sont exceptionnelles, et que d’intenses sources d'énergie sur Terre et dans l'espace peuvent provenir de « courts-circuits » et explosions de doubles couches. Les doubles couches sont capables d’accélérer jusqu’à d’énormes énergies dans diverses fréquences les particules chargées sous la forme de « faisceaux de plasma ». Quand leur densité de charge devient excessive, drainant l'électricité du circuit entier, leur explosion décharge plus d'énergie que n’en contenait la double couche.
 

    Constatés par le Groupe de Recherche sur la Foudre en Espagne, ces gigantesques jets sont une autre manifestation du lien entretenu par la Terre avec son voisinage céleste. Puisqu’il a été démontré que la Terre et l'espace sont intimement liées par des circuits électriques, il faut espérer que le perfectionnement des équipements de détection entraînera davantage de découvertes. D’autres découvertes continueront à étayer une théorie de l'Univers électrique.
  Original : www.thunderbolts.info/wp/2015/08/28/juiced-up/
Traduction Petrus Lombard

 

Dernier article apparenté traduit

Mon R2, une autre nébuleuse électrique  : L’activité électrique se voit au foisonnement de filaments de courants de Birkeland.



Samedi 29 Août 2015


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