Proche et Moyen-Orient

Le gouvernement saoudien enlève discrètement les princes qui critiquent le régime à l’étranger


Au moins, trois dissidents d’importance, vivant en Europe, ouvertement critiques du système de gouvernement saoudien ont été enlevés par la monarchie saoudienne au cours des deux dernières années, selon un rapport de la BBC. Tous les trois étaient des membres de la famille royale et on pense qu’ils sont morts, ou sont détenus contre leur volonté en Arabie saoudite. Cependant le gouvernement refuse de se livrer à des commentaires sur leur sort.


Gilles Munier
Mardi 22 Août 2017

Mohammed bin Salman, dit "MBS", prince héritier de Saoudie
Mohammed bin Salman, dit "MBS", prince héritier de Saoudie
Selon la BBC World Service, l’un des dissidents est le prince Turki bin Bandar, ancien officier des forces de police du royaume. En 2010, le prince a eu des démêlés avec la famille royale à propos d’un héritage. Il a été arrêté et jeté en prison. Remis en liberté en 2012, il s’installa en France où il commença à critiquer le gouvernement de son pays par des vidéos et des messages sur les réseaux sociaux. Mais ses messages pour des réformes politiques, dont la fin de la corruption, cessèrent de paraître dès l’été 2013 quand, selon des amis, il disparut. L’un d’eux, le bloggeur Wael al-Khalaf déclara à la BBC que le prince Bandar visitait le Maroc, quand il fut détenu suite à une requête déposée par le gouvernement saoudien. On pense qu’il a été envoyé en Arabie saoudite où il y est toujours, certainement contre sa volonté.

Un autre prince, basé en Europe, le prince Saud bin Saif al-Nasr a disparu depuis 2015 après une campagne d’une année sur les réseaux sociaux dans laquelle il demandait des poursuites contre de hauts officiels saoudiens qui avaient soutenu le renversement du président élu, aujourd’hui déchu, Mohamed Morsi. En septembre 2015, peu avant sa disparition, il avait publiquement appuyé deux lettres ouvertes anonymes, supposées rédigées par un prince saoudien, demandant le renversement violent de la monarchie. Selon le média britannique, le prince Nasr a été le seul a publiquement et ouvertement soutenir ces documents. Il disparut peu après et est semble-t-il en Arabie saoudite.

Le troisième cas, celui du prince Khaled bin Farhan est plus complexe. Le prince vivait en Suisse et était une figure connue parmi les exilés saoudiens, réclamant des réformes politiques dans leur pays. En 2003, il s’envola pour Rome depuis Milan dans un jet privé qui, selon la BBC, lui avait été fourni par une compagnie russo-italienne désireuse de faire affaire avec lui. Mais le prince assure que le vol n’était qu’une ruse et que l’avion se dirigea vers l’Arabie saoudite où il fut emprisonné. Sept ans plus tard, le gouvernement saoudien lui permit de se rendre aux Etats-Unis pour un traitement médical. Dès son arrivée à Boston, il porta plainte immédiatement devant les tribunaux suisses contre ses abducteurs. Mais en 2016, le gouvernement saoudien le convainquit d’embarquer, depuis Paris où il résidait, sur un avion saoudien pour rendre visite à son père malade, en Egypte. Mais, comme il fallait s’y attendre, le vol l’emmena lui et les 18 membres de son entourage, dont des non-Saoudiens, à Ryad. Il fut « trainé hors de l’avion » par des gardes lourdement armés alors « qu’il criait à son équipe d’appeler l’ambassade US », selon deux membres de son entourage demeurant anonymes. Ces deux sources ont précisé à la BBC que leurs passeports furent saisis par les autorités saoudiennes, qu’ils furent enfermés dans un hôtel pendant trois jours sans pouvoir contacter ni leur ambassade ni leurs familles. Ils furent ensuite autorisés à se rendre dans un pays de leur choix, les frais étant déboursés par le gouvernement. La BBC a tenté d’obtenir des informations sur les trois princes disparus mais le gouvernement saoudien a décliné de répondre aux questions.

Nota (le plus d’AFI-Flash – 20/8/17) : Rumeurs de complot à Ryad

Selon l’agence iranienne Presstv (5/8/17), le prince héritier saoudien, Mohammed bin Salman, est sorti indemne il y a quelques jours d’une tentative d’assassinat fomentée par un membre de la famille royale lors de son séjour dans un palais familial dans la ville de Djeddah. L‘auteur de l’attentat, un prince, aurait été arrêté.

Le 8 août, l’agence saoudienne SPA a annoncé le décès du prince Salman bin Saad bin Abdullah bin Turki Al-Saoud âgé de 26 ans. Sputnik rapporte que ses parents ont déclaré qu’il serait mort d’une crise cardiaque.

Le 18 août, SPA a annoncé la mort du prince Bandar bin Fahd bin Saad bin Abdulrahman Al-Saoud sans préciser la cause du décès.

A Ryad et dans la presse arabe non-inféodée au régime saoudien les rumeurs de complot et d’exécutions vont bon train.

Source: Saudi government secretly abducting its critics from abroad, say dissidents
Traduction et Synthèse: Xavière Jardez



Lundi 21 Août 2017


Commentaires

1.Posté par Bina le 24/08/2017 15:08 | Alerter
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Tous les pions sont en place.......parce que.....les saoudistes, les khomeinistes, les poutinistes, les trumpistes, les moonistes, les macronistes, les duertenistes...etc...etc...c'est du kif-kif. Tous sur le même plateau...

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