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Le dernier des Macédoniens.


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Le Grec fut le premier à comprendre la supercherie libérale. C'est qu'en vérité la Banque moderne n'est rien d'autre qu'un navire marchand maquillé pour les circonstances. Voilà, en effet, le deal anglo-saxon à l'origine des accords de Bretton-Woods. Aux Américains la liquidité, à savoir la monnaie, et aux Anglais le récipient, c'est-à-dire la Banque.


Cide
Lundi 6 Juillet 2015

Le dernier des Macédoniens.
Dans le Grec, c'est connu, il y a quelque chose de particulier. Quelque chose qui, sur plus de 3000 ans, a su imposer aux autres le respect délibéré et fortuit. Par sa culture, son savoir, son génie humain et surtout par son éternel entêtement à vivre comme bon lui semble. L'exclure alors de l'Europe ? Quelle bavure ! Et pour quoi ? Parce qu'il n'est pas assez économe. Et si déjà le Grec ne reconnaît pas cette discipline devenue l’alpha et l’oméga de notre monde contemporain : l’Économie.
Cette inconnue au Lycée aristotélicien et même à La République platonicienne n'est pas seulement l'une des rares « sciences » que le Grec n'a pas introduit dans ses hauts lieux du savoir, mais a tout fait, plus tard, pour dynamiter ses assises.
N'est-ce pas lui qui est à l'origine de ce terrible Cheval de Troie dans la citadelle libérale qu'est le pavillon de plaisance, utilisé jadis pour ses bateaux maritimes. Le Grec dans un élan ingénieux et bien inspiré fut en effet le premier à comprendre la supercherie libérale. C'est qu'en vérité la Banque moderne n'est rien d'autre qu'un navire marchand maquillé pour les circonstances.
Voilà, en effet, le deal anglo-saxon à l'origine des accords de Bretton-Woods. Aux Américains la liquidité, à savoir la monnaie, et aux Anglais le récipient, c'est-à-dire la Banque.
Mieux encore : les premiers, grands seigneurs, laissèrent aux derniers la possibilité de recycler leur flotte maritime désormais obsolète en la transformant dans ces ports de mouillage en Banques.
La Barbade, les Îles Vierges et d'autres Îles Normandes entreront ainsi dans la postérité comme des grands centres financiers pour la simple raison qu'ils furent à l’époque à forte concentration navale pour la Royal Navy. Rien de plus. Depuis les machines à planche américaines n'ont cessé d'imprimer les billets d'un dollar infiniment dévalué qu'aussitôt les banques anglaises leur donnent de la crédibilité et de l'assurance en les distribuant partout de par le monde. Vols pour les uns, en somme, recel pour les autres, reste cependant de trouver à qui fourguer la marchandise et c'est là que l'Europe fut. Un chantage à la puissance qu'un certain De Gaulle trouvera un jour le courage de nommer ironiquement «  le grand privilège de l’Amérique », voire, dit-on en privé : « le grand braquage ».
Dès lors la fuite de capitaux, cette grave maladie de la finance internationale, est tombée au point nommé pour divulguer ce secret bien gardé. Le pot aux roses se voit en effet clairement dans la parfaite analogie entre l'argent placé dans une banque secrète et le pavillon de plaisance qui cache la vraie identité d'un navire.
Bref la Grèce a un vieux contentieux avec la chose économique. Ce qui n’enlève rien au fait qu'elle est à l'Europe ce qu'est la rivière Niagara aux Chutes du même nom : son foyer d'origine. Autant dire aussi que tout ce qui est brillant en Europe, y prend source d'une façon ou d'une autre. L'opposer donc aujourd’hui au projet européen n'augure rien de bon dans la mesure que le Grec est plutôt réputé résistant.
Ce sont après tout ses ancêtres qui, jadis, ont mis fin à l'expansion militaire de l'empire greco-macédonien. En effet, à la veille d'une bataille décisive avec les troupes du prince Porus, Alexandre le Grand remarqua que ses soldats grecs sont réticents et nostalgiques. Il s'approcha alors de l'un d'eux, assis à l'ombre d'un arbre scrutant l'horizon avec ses yeux sombres et tente de lui dire tous les honneurs et les privilèges acquis de cette longue expédition militaire. Le soldat, lui rétorqua qu'il n'aspire désormais qu' à une seule chose : revoir, au moins une fois avant de mourir, la levée du soleil dans sa Grèce natale. En grand chef, Alexandre leva de sitôt le camps et ordonna le retour. Ce fut le point le plus culminant de sa conquête en Orient : Alexandrie d'Indus, aujourd’hui la ville pakistanaise Ech Cherif.
Plus tard, la légende veut que pour rencontrer les anciens soldats d'Alexandre, surnommés les Macédoniens, il suffit de se lever tôt dans une île grecque et aller au rivage pour voir ces hommes seuls, dos à la mer, souvent pauvres et malades mais qui, fleur à la main, contemplent avec beaucoup de bonheur et d'émerveillement la levée du jour. Aujourd’hui dans le sombre regard du jeune premier ministre grec, Alexis Tsipras, il y a beaucoup de ces hommes-là. C'est le dernier des Macédoniens, en somme.


Lundi 6 Juillet 2015


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