RELIGIONS ET CROYANCES

Le cheikh Mohamed el Karoui et "l’islamisme moderniste"


Dans la même rubrique:
< >

Lundi 18 Juin 2018 - 12:02 Maîtres chrétiens esclaves musulmans !


J’ai donné le 12 mars de cette année au siège des anciens élèves du collège Sadiki une conférence sur la vie et l’œuvre du cheikh Mohamed el Karoui (1847-1941) à partir d’un livre paru au début de l’année sous la forme d’un essai intitulé « Le Drogman » (1) et je me propose le 9 mai prochain de donner une autre conférence sur cet immense savant et réformateur tunisien. Cette conférence aura lieu le samedi 9 mai 2015 au centre culturel « Fadhel Ben Achour » (Ettanwir) à La Marsa.
Cette fois cependant, je vais davantage me focaliser sur le rapport des œuvres du cheikh el Karoui avec la voie musulmane moderne et en particulier la Tarîqa chedlia à laquelle il a adhéré durant sa vie.


Hatem Karoui, écrivain
Dimanche 3 Mai 2015

Le cheikh Mohamed el Karoui et "l’islamisme moderniste"
Dans le cadre de cet exposé il faut d’abord rappeler que le cheikh Mohamed el Karoui a vécu et évolué dans un milieu religieux appartenant à l’Islam achaârite sunnite malékite ou hanéfite modéré ouvert sur le progrès.
Ayant été un historiographe de la famille beylicale il a poursuivi ce travail de reconstitution de l’histoire tunisienne à la mort du cheikh Ahmed Ibn Abi Dhiaf à la mort de ce dernier en 1873. Il existe en effet de l’œuvre du cheikh Ben Dhiaf « Athaf ahl azzaman biakhbari Tounès wa ahd al aman » un exemplaire annoté par le cheikh Karoui et vendu par sa famille à la Bibliothèque Nationale dans les années 1960 (préfacée par le ministre de la Culture Yaâlaoui) (2).
La Tunisie a toujours combattu l’islam rigoriste des wahhabites induit par la convoitise économique des puissants de ce monde alors l’empire ottoman commençait à péricliter Hammouda Pacha qui l’a combattu par des fatwas avec l’assistance du cheikh islam hanéfite Bayram II et les muftis Malékites les cheikhs Amor Mahjoub, Ismaïl Temimi et Brahim Riahi (3).
La Tunisie comportait en plus du cadre religieux officiel et institutionnel de nombreux saints qui s’adonnaient dans des Zaouîas à l’ascétisme comme les cheikhs Belhassen Chedli, Mehrez ibn Khalaf, Ahmed Ben Arous, Abdelkader Jilani et Tijani. Leur lieu de résidence a varié le plus souvent entre le Maroc, l’Egypte et la Tunisie et entreprenaient des Tariqas qui attiraient les fidèles (fakirs) en pratiquant un islam ésotérique (soufisme) compatible avec l’ordre religieux classique (exotérique). Il y eut également une sainte tunisienne célèbre Saida Manoubia.
Le Cheikh Mohamed Karoui et ses enfants étaient adeptes de la Tarika chedlia (dhikr ward, fréquentation du mausolée et de la Khilwa (isoloir).
Sans entrer dans les détails le cheikh Mohamed Karoui a étudié à l’école militaire du bardo, première école tunisienne laïque. Au niveau professionnel, il a notamment été l’un des fondateurs de l’école des filles musulmanes de la rue du Pacha, le premier directeur de la Khaldounia, le premier directeur des Archives gouvernementales et le directeur du collège Sadiki (1885/1886).
Le milieu tunisien dans lequel il a évolué au niveau culturel et politique était moderniste : avec Général Rostom, Général Hassine, Mohamed Senoussi, Abdejelil Zaouche, Ali Bouchoucha (directeur du journal Al Hadhira au sein duquel il était rédacteur), Béchir Sfar, Mohamed Barket, Mohamed Lasram, Salem Bouhajeb, Abdelaziz Thaâlbi entre autres..
Il était notamment apparenté au général Mohamed Belkhodja, son futur historiographe et au cheikh Al Islam Mahmoud Belkhodja, grand père de sa bru, au cheikh al Islam Mohamed Salah Ben M’rad, père de sa bru, et à la princesse Nazli épouse Khalil Bouhajeb, elle-même alliée aux Egyptiens Mohamed Abdou, Jalal el dine el Afghani et Urabi Pacha, descendante de la dynastie de Mehmet Ali allié de l’empire ottoman contre les wahhabites et les Saoud.
Nous parlerons ici de quelque uns de ses ouvrages réalisés à la fin de sa vie concentrés sur l’approche dialectique et scientifique comme « Tohfatou al Ikhouan » abordant l’astronomie, les milieux sous marins » et la lettre sur « le secret caché dans les états de sommeil » où il s’adonne à une explication scientifique des phénomènes physiques et psychologique en n’excluant pas les miracles religieux tout en considérant les « pseudo-miracles » comme relevant de l’absence de connaissance ou de la faible connaissance pour lesquels il entrevoit des solutions dans l’avenir à mesure que la science progresse.
D’une façon indirecte il met en évidence la simplicité d’esprit populaire par son explication magique des phénomènes qui pourtant sont explicables scientifiquement. Dans ce contexte il reconnaît que l’immaculée conception, le bâton de Moïse se transformant en serpent ou la scission de la mer rouge sont des miracles mais fait allusion aux phénomènes nouveaux de la suggestion et de l’hypnose qui peuvent aboutir à tromper la perception des sens. De même il fait référence toujours de manière indirecte à la symbolique de « la baleine de Jonas » relatée par le Coran selon laquelle Younès a été avalé par une baleine. Il y voit plusieurs degrés de compréhension dont l’épreuve dans laquelle Dieu a voulu mettre à l’examen le prophète pour l’isoler en vue de le faire réfléchir à l’immensité de sa responsabilité et dans autre degré de compréhension devant permettre à l’homme de tirer les leçons des épreuves réelles qui se présentent à lui pour ne pas tomber une seconde fois dans une erreur qui serait fatale. En même temps le cheikh Karoui montre par un événement qu’il relate qu’il est théoriquement possible pour un être vivant de séjourner dans le ventre d’une baleine et de s’en sortit vivant.
Par cela il rejoint le courant soufi en général qui permet plusieurs niveaux d’interprétation du livre sacré. La compréhension simple s’adresse aux personnes au quotient intellectuel ordinaire et la compréhension complexe s’adresse aux personnes d’un niveau d’intelligence et de culture supérieures.
Dans le même sens de la multiple compréhension exégétique il faut savoir que selon le livre de cheikh Khaled Ben Tounès et de Bruno et Romana Solt «Le soufisme au cœur de l’islam » préface de Christian Delorme (Albin Michel), Rabia el Adawya la célèbre mystique soufie (née 713 après JC) a été aperçue vagabondant seule avec un bâton dans une main et une torche allumée dans l’autre. On lui a dit « Où vas-tu comme cela ? ». Elle répondit : « Je vais saccager les jardins du Paradis en y mettant du feu et éteindre les flammes de l’enfer en les étouffant pour que personne ne songe plus à y aller ou en échapper. L’enfer et le paradis se trouvent ici sur cette terre. ». En même temps les gens font du bien en attendant la récompense divine et ne font pas du mal en ayant peur des flammes de l enfer. Selon les soufis l homme n a pas besoin de cela dans ses motivations pou agir. Il devrait simplement rechercher l unicité avec Dieu et rejoindre l idéal divin.
Le cheikh Abdou qui a fait de nombreux déplacements à Tunis invité par la princesse Nazli dans son salon de La Marsa était considéré comme un soufi proche d’Ibn Arabi et a écrit un livre sur l’unicité de Dieu. Il a donné en 1903 une conférence à la Khaldounia et est mort 2 ans plus tard.
Paradoxalement Ibn Khaldoun dont le nom a été utilisé pour nommer l’institution éducative la Khaldounia a dénoncé à un certain moment les thèses soufies d’Ibn Arabi mais a écrit dans sa jeunesse un ouvrage célèbre décrivant le soufisme intitulé « La foi et la loi ».
En fait le soufisme était interprété par les écoles exotériques tunisiennes comme obéissant aux règles préconisées dans le Coran et ne dépassant pas son texte, sinon il serait une « bedaâ » ou une innovation.
Le prophète Mohamed avait dit lui-même « "Mourez avant de mourir" signifiant que le vrai musulman devrait s’habituer à l’état de la mort. Cet exercice est opéré généralement dans les khilwas telle de Sidi Belhassen mais dans un autre livre écrit par un spécialiste du soufisme, Eric Geoffroy, il est dit que le soufi compte tenu de l’évolution de la vie moderne doit s’habituer à la concentration ésotérique même dans un milieu peuplé.
Un autre soufi célèbre, Ibn Férid avait dit « Nous avons bu à la mémoire du Bien Aimé
un vin Qui nous a enivrés avant la création de la vigne » signifiant par cela qu’on ne peut être enivré uniquement dans compréhension populaire par l’alcool mais dans un sens plus noble par la parole de Dieu et par le rapprochement avec Dieu..
Par ailleurs Abu el Hassen Chedli disait : « La personne qui ne s’est pas imprégnée de la science des soufis durant sa vie est comparable à celle qui meurt sans s’être repentie de ses péchés majeurs ».
On peut dire que le cheikh el Karoui par la voie qu’il adopte dans ses œuvres dépasse la transformation du sens philosophique des termes des textes sacrés en les orientant bien souvent vers une explication scientifique.
Dans son article « Lettre sur le sommeil » que je présente dans « Le Drogman », essai que je lui ai consacré que « le Prophète Muhammad, a commencé sa prophétie par des visions sincères et non par des rêves confus. Elles lui avaient été révélées par Dieu à travers un message destiné au commun des mortels. Sa loi lui était alors parvenue à travers un ordre clair et conscient des rêves. Il ne nous a pas mis à l’épreuve au plan rationnel par souci de protection pour nous et pour ne pas nous fatiguer l’esprit de manière à ce que nous n’y attachions pas d’importance. Le Prophète a transmis à son tour le message divin à sa famille et à ses compagnons et les a empreints de sa religiosité. Il les a éclairés de ses sciences religieuses et de son incomparable connaissance divine dont le moindre des objectifs est de communiquer. Et il suffit de témoigner en cela par les recommandations du Siddiq à propos de la phrase qu’avait dite le Farouk lors de son sermon « Y a Sériât al jabal ». La transmission d’el Khattab à Sériât à l’instant même, avant l’existence de l’appareil téléphonique et de son inventeur Abraham Bell et aux saints appartenant à la nation musulmane qui ont hérité de ce songe. Leurs découvertes divines se sont alors succédé avec fréquence depuis une période supérieure à 1300 ans ».
Le cheikh el Karoui fait référence ici à une nouvelle science « La parapsychologie » dont nous ne sommes qu’aux balbutiements. Au-delà d’un message transmis dans un cadre de sainteté nous ne pouvons pas nous empêcher de réfléchir aux phénomènes télépathiques. Qui sait si un jour la science ouvre au cerveau de nouvelles capacités ignorées jusqu’à présent…C’est manifester en quelque sorte une foi et un pari sur la science et ses découvertes et se conformer par là même à l’objectif de l’homme de se fondre en Dieu par la voie soufie…Car Dieu ne peut permettre à l’homme d’obtenir que ce qu’il veut bien lui donner.
Sur la prévalence de l’application des cinq piliers de l’Islam sur les limites de l’interprétation ésotérique, il reste quelques exceptions mais dans le sens d’une interprétation plus large favorable à la piété musulmane.
Ainsi Eric Geoffroy rapporte dans son ouvrage sur le soufisme que l’un des plus proches compagnons du prophète Ali Ibn Abi Taleb a été un jour interrogé sur la proportion des biens cédés dans le cadre de la Zakat par rapport à l’ensemble des biens personnels ou de la fortune personnelle. Il avait répondu que pour un musulman ordinaire, s’il possédait par exemple un troupeau de chameaux, la part prélevée ne dépassait pas en général la valeur d’une brebis, mais pour lui en tant que garant de la propagation de l’Islam et en tant qu’étroit collaborateur du prophète, il devait donner en Zakat l’ensemble de ses biens. On lui dit alors : « Mais que te restera-t-il ? ». Il répondit : « l’évocation du non d’Allah et du prophète Mohamed qui sont les garants de ma pérennité sur Terre ».
Claude Addas qui a écrit un livre sur Ibn Arabi (appelé le cheikh el Akbar) intitulé « Ibn Arabi et le voyage sans retour » dit à propos de ce pieux soufi andalou décédé en 1240, que dès sa jeunesse ce dernier avait abandonné tous ses biens pour suivre la voie mahométane et l’exaltation.
Concernant un autre pilier de l’Islam qui est le pèlerinage à la Mecque, Les soufis expliquent que la gravitation en cercle autour de la Kaâba est assimilable au cercle qui tourne autour de son point central qui est Dieu, donc cette gravitation tend à la recherche de l’unicité de Dieu. Certains courants soufis affirment par ailleurs que l’on peut effectuer ce pèlerinage par « l’intention » ou la force de la volonté sans effectuer le déplacement physique. Ce qui est une interprétation contestée. Elle montre cependant que les soufis ouvrent la voie à l’interprétation des textes sacrés jusqu’à provoquer chez les intégristes rigoristes comme les wahhabites des réactions violentes. Ainsi ces derniers se basent sur la réfutation des interprétations d’Ibn Arabi par Ibn Taimiyya pour l’assimiler à un apostat (« Kéfir »).
Quant à la prière, les ésotériques conviennent que le musulman peut prier dans n’importe quelle position et n’en pas d’en tenir à la génuflexion.
Ensuite le port du voile signifie aussi pour soi un état d’esprit. Une femme n’a pas besoin d’être une vraie musulmane en se voilant. Il suffit qu’elle le soit au fond de son cœur. Il suffit qu’elle porte une tenue décente pour ne pas attirer le regard masculin hors de situation (sauf peut-être pour se baigner) et ceux qui appartiennent à la gente masculine qui ont alors le regard baladeur ne se conforment pas à l’esprit de l’Islam ;
Par ailleurs il a été entendu par eux que le jeûne est surtout une attitude. Le fait de s’abstenir de manger ne va pas automatiquement de paire avec le fait d’être musulman. La piété dont on fait preuve durant le mois de Ramadan signifie surtout un état d’esprit contradictoire avec le fait d’être d’humeur irascible pour ne pas avoir fumé de cigarettes ou de provoquer les gens pour un oui ou pour un non sous prétexte que l’on jeûne.
Enfin les soufis expliquent l’existence du Diable comme les mauvaises tendances de l’homme. Ce dernier étant imparfait, il est partagé entre le bien et le mal. Par comme Dieu est enraciné en l’homme, le diable l’habite aussi et son choix de Dieu l’en libère. Le mauvais Djinn est aussi expliqué par les maladies mentales.
Dans sa lettre sur le sommeil, l’Emiralay Karoui rapporte l’histoire d’un aliéné attiré irrésistiblement par une voix qui l’appelle à son sommeil à tuer et à manger père et mère et il y procède finalement. Mais la prise en charge médicale et les progrès médicaux sont les moyens à utiliser pour guérir ou aider les malades mentaux et les faibles d’esprit et non la sorcellerie et autres subterfuges extravagants. Naturellement aujourd’hui on trouve de plus en plus de chemins de guérison pour les maladies mentales
Quand à l’exorcisation du diable elle fait appel à la discipline personnelle et à la maitrise de la connaissance scientifique, mais malheureusement les êtres faibles psychologiquement ont besoin d’une aide extérieure d’ordre médical et scientifique. C’est ce que le véritable islam dit.
Un autre domaine où l’interprétation du Coran est admissible a rapport à l’origine de l’humanité.
Le cheikh Mohamed el Karoui n’hésite pas dans sa lettre « Touhfatou al Ikhouan » a faire remonter l’origine des cétacés (baleine) à des millions d’années. Il y dit : « Si nous ne connaissons que cette espèce, nous ne nions pas qu’il en existe d’autres et nous ne pouvons pas démentir ce dont nous ne sommes pas informés. S’il se confirme qu’il n’existe pas d’autres espèces de baleines maintenant nous pouvons dire qu’autrefois il en existait d’autres dont l’espèce s’était éteinte. De grands squelettes d’espèces d’animaux qui avaient existé et ensuite disparu de la surface terrestre, ont été retrouvés enfouis sous terre ». (4).
Ainsi ce qu’il affirme n’est pas antinomique avec la théorie transformiste de Darwin. Dans ces conditions doit-on suivre l’interprétation exotérique du coran et des autres textes sacrés selon laquelle l’origine de l’homme remonterait uniquement à Adam et Eve ? Ou développer l’interprétation de l’origine humaine pour dire qu’au fond ne seraient pas uniquement musulmans les descendants d’Abraham mais que tous les êtres irresponsables au niveau du raisonnement pouvaient échapper selon la volonté divine aux flammes de l’enfer (au sens propre et figuré) ?
L’Emiralay dans une conférence donnée lors de l’inauguration de la Khaldounia dont il était devenu président avait dit que l’être humain était dans un stade intermédiaire entre l’ange et la bête.
Ainsi, l’être vivant a accédé au statut d’humain dès qu’il n’était plus au stade de l’évolution des bêtes, autrement dit ne disposant pas d’un niveau de conscience suffisant pour comprendre les enjeux de son environnement et de mesurer l’impact du miracle de la création divine. Selon les paléoanthropologues l’homme scientifiquement existe depuis 200000 ans alors que la Terre existe depuis plus de 4,5 milliards d’années. L’univers de son côté (avec la voie lactée) se serait formé il a 13,8 milliards d’années (Big Bang ?). Les scientifiques ne savent pas quelle est la taille de l'univers dans sa globalité, et celle-ci n'est de toute manière pas fixe puisque l'univers serait en expansion. En revanche, on sait que l'Univers observable (celui que l'on peut voir avec nos télescopes) est une bulle d'environ 94 milliards d'années-lumière de diamètre, soit 900 000 milliards de milliards de kilomètres. En effet, la lumière des étoiles situées plus loin n'a pas eu le temps de nous parvenir depuis la création de l'univers. L'univers étant vieux de 13,8 milliards d'années, on pourrait croire qu'on ne peut voir plus loin qu'à 13,8 milliards d'années lumière. Mais il faut prendre en compte le fait que les étoiles s'éloignent également de nous du fait de l'expansion de l'univers et on ne sait pas à quoi cela aboutirait !
Dans sa lettre « Touhfatou al Ikhouan » le cheikh Karoui fait état de ses connaissances dans l’astronomie et évoque certains aspects physiques dans le cosmos comme la circulation de la lumière. Il vulgarise des notions qui rapprochent davantage l’humain de la puissance de Dieu. Le Bey Ahmed II a eu diverses discussions avec lui à ce sujet dans son palais du Bardo et avait alors pour chef du protocole le général Ksouri, mais comme je l’explique dans le livre ces entrevues n’avaient pas été du goût des autorités françaises du protectorat.
Par ailleurs depuis quand l’homme a-t-il accédé au langage et est devenu sociable ? A marcher debout ? L’homme de Cro-Magnon, un représentant des premiers Homo sapiens en Europe existe depuis 35 000 ans. Comment le faire remonter alors à Noé ou à Abraham dont historiquement l’existence ne dépasse pas 5000 ans ? D’où l’importance de l’interprétation ésotérique des textes sacrés. Dans la doctrine soufie l’essentiel est de reconnaitre que Mohamed que le salut de Dieu soit sur lui est le dernier des prophètes, tous les autres qui sont arrivés avant lui, qu’ils soient prophètes (Messagers) ou Nabis (porteurs de nouveautés), sont reconnus par la religion musulmane si leurs adeptes s’en tiennent à cette condition. Même ceux appartenant aux autres religions (bouddhiste, chamaniste, hindouiste) sont inclus car leur message prône le bien et rejette le mal. La croyance en Mohamed comme dernier prophète élimine de surcroît la confusion dans les esprits, c’est le dernier et le seul susceptible de conduire l’homme à la fusion et à l’unification avec Dieu. Il n’y en aura pas d’autre sauf lors du retour du Messie à la fin du monde.
In fine, qui a intérêt aujourd’hui qu’une bagarre se déclenche entre soufis et salafistes ? Entre exotéristes et ésotéristes du coran ? Qui a intérêt à déclencher cette Fitna et pourquoi ? Il semble que les plus qualifiés parmi les experts en ontologie, en hagiologie, en prophétologie en eschatologie, en exégèse et en Fikh, en réflexion spéculative discuteront encore longtemps de cette question mais le temps presse….
En tous cas des livres comme « le Drogman » peuvent contribuer à une véritable connaissance des idées modernistes –et non toujours apparentes- de l’Islam.
HK



«
(1) Pour ceux que cela intéresse d’acquérir ce livre il est vendu chez la majorité des librairies Tunisiennes (« Al Kitab Tunis e Marsa, « Millefeuilles » Marsa , débit de tabac « L’Ouhichi » Marsa, Carrefour Soukra, débit de tabac Carrefour Soukra , Clairefontaine Tunis, « Le Culturel » Zéphyr Marsa , Le Culturel Sousse…404 pages illustré par des photos Imprimerie Artypo. Janvier 2015
(2) « Athaf ahl azzam bi akhbari moulouk Tounès wa Ahd al Aman » Ahmed Ibn Abi Dhiaf Maison Arabe du Livre 2001.
(3) Voir mon ouvrage sur le front opposé par Hanmmouda Pacha aux Wahhabites « L’émissaire barbaresque au Nouveau Monde», roman historique, Editions Edilivre, 2014
(4) L'étude des fossiles montre que les prédécesseurs des Cétacés étaient des Ongulés terrestres carnivores charognards (les Mésonychidés). Des transformations successives du squelette au cours du temps témoignent d'une adaptation progressive à la vie aquatique. C'est seulement à l'Éocène (55 millions d'années) que les premiers Cétacés apparaissent (les Archéocètes). Voir: http://www.museum.toulouse.fr/-/la-baleine-a-des-ancetres-surprenants



 


Dimanche 3 Mai 2015


Commentaires

1.Posté par Hatem Karoui le 05/05/2015 23:51 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Le début de la conférence est retardé (16h00 au lieu de 14h30) le même jour (samedi 09 mai) et le même lieu Espace Fadhel Ben Achour La Marsa Tunisie. Bienvenue!

Nouveau commentaire :

Actualité nationale | EUROPE | FRANCE | Proche et Moyen-Orient | Palestine occupée | RELIGIONS ET CROYANCES


Publicité

Brèves



Commentaires