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Le califat imaginaire

Entretien avec l’historien Nabil Mouline


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Abou Bakr Al-Baghdadi, le chef de l’organisation de l’État islamique, s’est proclamé calife le 29 juin et a réclamé l’allégeance de tous les musulmans. Au centre de la cité islamique de l’âge classique, cette forme de gouvernement ancien est souvent associée à l’idée d’un âge d’or de l’islam, le paradis perdu de l’unité et de la puissance de la communauté des croyants dont l’organisation annoncerait ainsi le retour. Un messianisme emblématique de la crise qui traverse le monde arabo-musulman pour Nabil Mouline.


Mardi 30 Septembre 2014

Le califat imaginaire
L’historien et politiste Nabil Mouline est chargé de recherche au Centre national de la recherche scientifique à l’École des hautes études en sciences sociales (CNRS-EHESS) et à l’université de Stanford. Spécialiste du Maroc et de l’Arabie saoudite1, il propose un éclairage sur l’élaboration historique de l’institution califale, qui travaille toujours une partie de l’imaginaire arabo-musulman, ainsi que sur sa fonction, au croisement du politique et du religieux.
Cédric Baylocq. — La notion de califat se trouve-t-elle explicitée dans le Coran ou dans d’autres sources de la tradition islamique  ?
Nabil Mouline. — Le texte coranique ne parle jamais d’une institution politique. Le terme khalifa au singulier n’apparaît que deux fois dans le Coran, à propos d’Adam et de David. Des prophètes donc  ! Au pluriel, il apparaît cinq fois pour désigner des groupes (communautés, peuples, tribus, etc.) élus de Dieu. Et c’est dans le même sens qu’est utilisée la forme verbale istakhlafa (quatre fois). Si les passages coraniques où figurent les schèmes dérivés de la racine arabe khlf (18 occurrences seulement) sont laconiques et obscurs, ils renvoient pour la plupart à la notion de «  lieutenance  » de Dieu sur terre. C’est vraisemblablement la raison pour laquelle les premiers successeurs du Prophète de l’islam ont choisi d’adopter le titre de calife (khalifa), c’est-à-dire lieutenant.
Pour charger de sens et de puissance le terme calife et légitimer la fonction qui en découle, les souverains musulmans des premiers siècles — autant que leurs opposants — se sont efforcés de faire circuler un certain nombre de traditions attribuées au Prophète (hadiths), à ses compagnons (athars) et à des personnages bibliques (isra’iliyyat). Ces traditions, généralement contradictoires, explicitent, justifient ou viennent au contraire critiquer l’essence de la fonction califale, ses prérogatives et ses attributs. Par la suite, des juristes, des théologiens et des lettrés — officiels ou pas — ont essayé tant bien que mal de mettre en forme, de codifier et d’interpréter ces traditions pour créer un système rationnel cohérent. Ce travail, qui va dans plusieurs directions et qui s’étale sur cinq siècles environ, montre bien que l’institution califale est le résultat d’une élaboration humaine cherchant la meilleure manière de gérer les affaires spirituelles et temporelles de la communauté après la disparition, sans successeur, de son fondateur en 632.
C. B.Pourquoi est-elle toujours relativement attractive dans l’imaginaire islamique  ?
N. M.. — Au moins deux raisons principales peuvent être évoquées ici. Premièrement, une partie non négligeable des musulmans associe le califat à une période archétypale, une sorte d’âge d’or de l’islam. En effet, l’institution califale était au centre de la cité islamique classique. Cette image, qui n’est sans doute pas sans fondement, a été véhiculée, amplifiée, exagérée par des générations de théologiens et de lettrés et ce jusqu’à nos jours. Retrouver ce «  paradis perdu  » passerait donc nécessairement par la revivification de l’organe suprême de gouvernement de la communauté et symbole de son unité originelle : le califat. Deuxièmement, et en miroir de ce phénomène d’idéalisation, il y a dans le monde arabe une difficulté intellectuelle et politique à imaginer ou adapter des modèles alternatifs, notamment à l’époque contemporaine. Ce qui laisse le champ libre à des mouvements que l’on peut qualifier de «  messianiques  », qu’ils soient religieux ou sécularistes.
C. B.Quelle est la différence entre un calife et un sultan  ?
N. M.. — Le terme sultan désigne l’autorité et la souveraineté. De ce fait, il était un attribut et un titre officieux du calife durant les premiers siècles de l’islam. Avec le démembrement du califat à partir du IXe siècle, plusieurs entités politiques se partagent sa dépouille. Les chefs de ces nouvelles entités adoptent plusieurs titres. Celui de sultan finit par s’imposer. Le sultan jouit sur son territoire des mêmes prérogatives que le calife. Pour légitimer leur pouvoir, certains sultans (seldjoukides, ayyoubides, mamelouks, etc.), reconnaissent la prééminence symbolique du calife qui n’est désormais qu’une institution honoris causa. Ainsi, entre le IXe et le XVIe siècle, deux institutions supérieures de gouvernement coexistent. D’un côté, le califat sans pouvoir, à Bagdad puis au Caire, symbolise l’unité et la continuité de la communauté des croyants  ; de l’autre, le sultanat qui dispose de l’essentiel du pouvoir. Après la disparition du califat au XVIe siècle, plusieurs sultans essaient de se parer du titre pour asseoir leur pouvoir et satisfaire leurs ambitions. Les deux exemples les plus éloquents sont ceux des sultans ottomans et ceux du Maroc.
C. B.L’organisation de l’État islamique vous paraît-elle en mesure de mettre en place un tel type de califat  ?
N. M.. — À l’instar de plusieurs mouvements politico-religieux comparables qui ont émergé tout au long de l’histoire arabo-musulmane, l’organisation de l’État islamique prétend restaurer l’unité originelle de la communauté des croyants, vaincre tous les ennemis de l’islam (essentiellement d’autres musulmans) avant de conquérir le monde. Réaliser cette utopie passe nécessairement pour eux par la proclamation du califat : c’est ce que l’État islamique a fait le 29 juin 2014. Mais force est de constater le décalage profond entre la volonté de cette organisation et sa capacité à réaliser son projet de califat. Malgré sa «  réussite  » temporaire due au chaos qui règne dans la région, elle ne parviendra pas, selon toute vraisemblance, à ses fins, à cause de son essence messianique qui ne tient pas compte de contradictions structurelles endogènes et exogènes et encore moins du contexte régional et international. Cependant, par-delà la question de l’avenir de l’organisation de l’État islamique, ce genre de phénomène nous rappelle la crise de conscience profonde qui gangrène une grande partie du monde arabo-musulman.
 
1Il est l’auteur d’une Histoire de l’Arabie saoudite, à paraître chez Flammarion, qui a été précédée de Les clercs de l’islam. Autorité religieuse et pouvoir politique en Arabie Saoudite (XVIIIe-XXIe siècles), PUF, 2011, et, sur le Maroc, de Le califat imaginaire d’Ahmad al-Mansûr. Pouvoir et diplomatie au Maroc au XVIe siècle, PUF, 2009.


Mardi 30 Septembre 2014


Commentaires

1.Posté par Al Tayr le 30/09/2014 17:46 | Alerter
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Bla bla bla habituel des arabes de service laics occidentalistes pour in fine nous convaincre de se diluer sans résistance dans le monde occidental en adoptant leurs valeurs, lois et moeurs qui sont pour la plupart une pure rebellion assumée contre Dieu.
La religion Islamique est une spiritualité, un systeme de valeur et un mode de vie dont il est de demandé de defendre l'intégrité comme les nations peuvent defendent de maniere bien primitive l'integrité de leur frontieres, de leur sang ou de leur commerce.
L'Islam n'est certes pas une religion "politique" de prime abords mais est une religion qui appelle à la coherence et à la sincerité des Musulmans qui par consequent ne peuvent pas faire "allegence" à des hommes (et leurs lois) s'opposant au Createurs des Monde.

Il faudrait que l'auteur noux explique comment un Musulman peut participer a la promotion de l'usure dans la société (en tant que preteur,emprunteur ou intermediaire peu importe) alors que l'usure est aussi grave pour Dieu qu'un acte incestueux . Seul un systeme politique et legal Islamique peut garantir cette la "coherence" avec la revelation, le nier releve de la betise ou de la malhonnêtété intellectuelle.
Et qui dit non soumission a l'ordre politique et moral des nations imperiales negatrices, dit forcement acte de resistance.
De plus, notre auteur a oublié de nous dire que tant qu'on était tant bien que mal unis politiquement, nous arrivions encore à forcer le respect des autres nations et cela pendant 14 siecles . Il fut même un temps où il suffisait de prononcer des mots comme "Sultan" ou "Janissaires" pour provoquer des épidémies d'incontinence en Europe. Sur quelle base peut-il dire que les Musulmans sous influence occidentale d'aujourdhui sont "superieurs" à leur ailleuls? Materiellement, Spirituellement, Politiquement, Militaitement etc etc etc? Parce qu'ils sont obeses d'une nourriture frelatee au nitrate et autres ogm? Parce qu'il singent les maitres du moment en adoptant leurs codes vestimentaires et moraux? Parce qu'ils vivent bien au chaud en occident avec ces memes maitres? Parce qu'ils ne savent que "consommer "(sans produire bien sur...) des biens manufacturés et autres babioles des multinationales etrangeres? Peut etre qu'ils sont tout content que les touristes occidentaux les flatent pour la douceur de vivre de leur pays alors que le sort miserable de 3/4 de leurs correlegionnaires les importe peu ? Ou peut être parce qu'ils sont tous content de brader, sur instruction bien sur, leur petrole et leur gaz?
Que l'auteur nous explique, personellement j'ai peu de mal a comprendre l'autisatisfaction de ce genre d'individus...

2.Posté par anticon le 01/10/2014 00:56 | Alerter
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la personne qui a écrit cette article nous dis que le Khailfa n est pas mentionné dans le Coran:((Nabil Mouline. — Le texte coranique ne parle jamais d’une institution politique))
ok,si on considére que l islam n est que le Coran (secte coranique).
alors question à ce monsieur qui a passé trop de temps à la CNRS,ma question est simple,la salat des musulmans et le haj est mentionné dans le coran :oui, et c est une obligation.
mais comment faire la salat, comment les musulmans ont appris à faire la salat, comment prier c est marqué dans le coran :NON???
la réponse est simple :la sunna du prophete mohamad sas.
alors écoute ce que dis le prophéte mohamad sas sur la khilafa :

Le Messager d'Allah (Saluts et Bénédictions d'Allah sur lui) a dit: "La Prophétie restera parmi vous tant qu'Allah souhaite qu'elle reste, puis Il la lèvera quand Il le voudra; puis il y aura le Khilafah (Califat) selon la méthode de la prophétie et il restera tant qu'Allah le désirera, puis Il le lèvera quand Il le voudra aussi. Puis il y aura le règne héréditaire qui durera tant qu'Allah voudra, puis Il le lèvera quand Il voudra. Puis, il y aura le règne tyrannique. Il durera tant qu'Allah le voudra, puis Il le lèvera quand Il le voudra. Puis il y aura (encore) le Khilafah selon la méthode de la prophétie qui gouvernera les gens par la Sounnah du Prophète, puis l'Islâm connaîtra une audace sur la terre et les habitants des cieux et de la terre en seront contents. Puis il pleuvra à verse, car Allah libérera toutes les eaux et la terre fera pousser (par la volonté d'Allah) toutes sa végétation et ses choses bénies"(rapporté par l'Imâm Ahmad, sahîh)

le prophete avec ce hadith a résumé l histoire de la ouma:
1- prophete : l age du prohete jusqu a sa mort
2-khilfa (abu bakr omar Othman ali)
3-reigne eriditaire :dinistie absside omayad ottoman....ect
4-regne de la tiranie (aujourd hui Sissi maliki karazai bachar kadafi,mobarak,ben ali..)
5- :) khilafa


3.Posté par Kim le 01/10/2014 08:39 | Alerter
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C'est à dire que l'allégeance des musulmanś ils va l'attendre très longtemps El blaguetasdit compte tenu du fait que le califat sera restauré par l'imam Mehdi qui rétablira la justice sur la terre entière après que l'injustice l'aura peuplé et préparer l'avènement et la gouvernance éclaire et de paix de Issa as ...et ce ne sera sûrement pas la marionnette des sionistes venu instaurer la tyrannie au moyen orient et tuer des innocents et surtout des musulmans ...CQFD

4.Posté par anticon le 01/10/2014 13:11 | Alerter
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et quand issa alayhi assalam viendra, les idiots utiles diront comme aujourd hui que c est une marionette sioniste CQFD.
et quand tu leur demande une preuve de leur accusation :rien wallo nada ou des photos trafiqué sur photo shop,mais rien de concret.
apparament ca paye bien la DGSE.

5.Posté par mohamed ayoub le 01/10/2014 13:44 | Alerter
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@kim
voila un texte ponctuè de hadith qui explique clairement les croyances sur le mahdi et le Khalifat
Le Mahdi et l'action en faveur du Khalifat

Beaucoup de musulmans, surtout pratiquants, pensent que le Khalifat (al-Khilâfah) sera un jour restauré selon la voie prophétique, c’est-à-dire qu’il sera bien-guidé (râchidah). Cependant, force est de constater que ces gens n’agissent guère pour le rétablissement de ce Khalifat. Lorsqu’on leur demande pourquoi ils sont inactifs, ils répondent que c’est l’Imâm Mahdi qui rétablira le Khalifat, lequel, à les entendre, ne pourra renaître tant que le Mahdi ne sera pas là. En conséquence, rien ne les incite à agir en faveur du Khalifat. La question est donc la suivante : est-ce que le Khalifat pourra un jour renaître, et, si oui, sera-t-il le fait du Mahdi ?
Pour ce qui est de la première partie de la question, il est vrai que le Khalifat sera un jour restauré, comme le prouvent de nombreux hadiths authentiques (sahîh) ou valides (hasan). Cependant, il n’existe pas à ce sujet de hadith abondamment concordant (moutawâtir). Le retour du Khalifat ne relève donc pas de la foi, [mais de la loi : c’est une prescription légale au même titre que la prière]. De ce fait, il est inexact de dire que les musulmans croient fermement au retour du Khalifat, car la foi ne peut reposer que sur un verset du Coran ou sur un hadith abondamment concordant. Or la restauration du Khalifat est évoquée dans des hadiths authentiques ou valides, mais jamais dans des hadiths abondamment concordants. Il s’ensuit qu’il n’est pas permis d’y croire avec certitude. Nous portons simplement crédit à cet évènement, mais sans certitude absolue et disons : le Khalifat sera un jour restauré avec la permission de Dieu.

Examinons les hadiths en question :
(1) Thawbân rapporte : « L’Envoyé de Dieu (ASWS) dit : "Dieu a déployé la Terre devant mes yeux, si bien que j’en voyais les confins, de l’orient à l’occident ; ma Nation étendra son règne sur toute l’étendue qu’il m’a été donné de voir…" » (Mouslim, ’Ahmad, ’Aboû-Dâwoud et at-Tirmidhî). L’énoncé "ma Nation étendra son règne sur toute l’étendue qu’il m’a été donné de voir" ne s’est pas encore réalisé puisque le domaine de l’islam ne s’étend pas encore de l’orient à l’occident. Cela se passera donc dans le futur, et indique l’instauration d’un État islamique dans les temps à venir, État qui s’étendra de l’orient à l’occident.
(2) Ibn ‘Oumar rapporte : « L’Envoyé de Dieu (ASWS) dit : "Lorsque vous commercerez avec des ventes à terme, que vous vivrez comme des pasteurs, que vous vous contenterez des revenus tirés de la terre, délaissant le jihad dans la voie de Dieu, Dieu vous frappera d’humiliations qui ne pourront être levées que lorsque vous reviendrez à votre religion." » (’Aboû-Dâwoud). L’énoncé "que lorsque vous reviendrez à votre religion" signifie que les musulmans agiront de nouveau pour la foi et qu’ils prendront les principes islamiques comme règles de vie. C’est donc une annonce de la part du Prophète (ASWS) selon laquelle les musulmans reviendront à l’islam après l’avoir délaissé.
(3) ’Aboû-Qoubayl rapporte : « Nous nous trouvions chez ‘Abdoullah b. ‘Amr b. al-’Âs. On lui demanda laquelle de Rome ou de Constantinople sera conquise en premier par les musulmans. Il envoya alors chercher un coffre d’où il sortit un document. Il dit : tandis que nous étions assis autour de l’Envoyé de Dieu (ASWS) pour mettre le Coran par écrit, on l’interrogea sur laquelle de Rome ou de Constantinople sera conquise en premier. Le Prophète (ASWS) répondit : "Ce sera d’abord la ville d’Héraclius", c’est-à-dire Constantinople. » (’Ahmad) Ainsi, lorsqu’il fut interrogé sur la conquête de ces deux villes (sachant que Rome est la capitale de l’Italie), le Prophète (ASWS) n’a pas rejeté la conquête de Rome, mais il s’est contenté de dire que Constantinople sera conquise en premier. Cela indique que Rome le sera également par la suite. Mais comme cette ville n’est toujours pas entre les mains des musulmans, ce hadith annonce ainsi qu’ils la conquerront un jour. Or il n’est pas concevable que les musulmans puissent la conquérir avant le retour du Khalifat, qui relancera le jihad pour la cause de Dieu et la conquête de nouveaux territoires.
(4) an-Nou‘mân b. Bachîr rapporte d’après Houdhayfah : « L’Envoyé de Dieu (ASWS) dit : "La prophétie durera tant que Dieu le voudra, puis Il y mettra fin quand Il le voudra. Ensuite viendra un Khalifat conforme à la voie prophétique qui durera tant que Dieu le voudra, puis Il y mettra fin quand Il le voudra. Par la suite surviendra un pouvoir dynastique rigide qui durera tant que Dieu le voudra, puis Il y mettra fin quand Il le voudra. Plus tard ce sera un pouvoir dynastique tyrannique qui durera tant que Dieu le voudra, puis Il y mettra fin quand Il le voudra. Enfin viendra un Khalifat conforme à la voie prophétique", puis le Prophète (ASWS) se tut. » (Ahmad et at-Tabarânî). Ce hadith indique que le Khalifat sera restauré après les pouvoirs dynastiques rigide, puis tyrannique, et qu’il sera conforme à la voie prophétique, c’est-à-dire qu’il sera comparable à l’exercice du pouvoir en vigueur sous les Khalifes bien-guidés. Le Khalifat futur sera donc, si Dieu le veut, bien-guidé.
Quant à la seconde partie de la question, elle revêt deux aspects : d’une part, les hadiths prophétiques, mêmes s’ils indiquaient que c’est le Mahdi qui établirait le Khalifat, ne prouveraient pas pour autant qu’il faille l’"attendre" afin qu’il rétablisse ce Khalifat pour nous. Ce qui est un devoir pour nous, c’est de participer à la restauration du Khalifat, car si cette obligation incombe au Mahdi, elle s’impose également à tous les musulmans. Par conséquent, ceux-ci n’ont aucune excuse pour leur inaction vis-à-vis de l’établissement du Khalifat. Car dire que le Mahdi sera l’acteur de la restauration du Khalifat ne constitue nullement une justification, [mais une dérobade]. Tous ceux qui ne s’acquittent pas de cette obligation sont donc dans le tort du fait de leur inaction : ils auront à en rendre compte à Dieu. D’autant plus que s’ils devaient mourir avant le rétablissement du Khalifat, ce serait à l’état de jâhiliyyah, [c’est-à-dire l’ignorance érigée en système], comme indiqué dans le hadith suivant, rapporté par Abdoullah b. ‘Oumar : « L’Envoyé de Dieu (ASWS) dit : "Celui qui se rend coupable de désobéissance envers une autorité [légitime] rencontrera Dieu au jour de la Résurrection sans la moindre excuse ; celui qui meurt sans être conscient de sa responsabilité en matière d’acte d’allégeance (bay‘ah) périt à l’état de jâhiliyyah." » (Mouslim). Seul celui qui œuvre à la restauration du Khalifat échappe à cette mort indigne. Que les musulmans prennent donc garde de ne pas mourir dans cet état !
D’autre part, malgré la multitude de sources relatives au Mahdi, les hadiths prophétiques n’affirment aucunement qu’il rétablira le Khalifat. La seule information que l’on peut tirer de ces hadiths déjà cités est qu’il sera un Khalife pieux qui gouvernera avec justice : il emplira la Terre d’équité et de justice après qu’elle fût emplie d’injustice et d’oppression. De quel texte tire-t-on donc cette croyance selon laquelle le Mahdi instaurera le Khalifat ? Bien au contraire, il existe un hadith qui réfute cette conception du Mahdi en tant que fondateur du Khalifat. En effet, il est précisé que le Mahdi deviendra Khalife à la mort d’un autre Khalife, ce qui signifie que le Khalifat existera déjà avant l’avènement du Mahdi. En conséquence, le Mahdi sera un Khalife précédé d’un autre au sein du Khalifat bien-guidé, qui verra le jour dans le futur, par la grâce de Dieu. Ainsi, le Mahdi ne sera pas le fondateur du Khalifat, ce qui réfute l’argument de ceux qui se complaisent dans l’inaction, attendant que le Mahdi établisse le Khalifat à leur place. En voici la preuve : ‘Oumm-Salamah, épouse du Prophète (ASWS), rapporte : « J’ai entendu l’envoyé de Dieu (ASWS) dire : "Il y aura une divergence à la suite de la mort d’un Khalife. Un homme appartenant à la tribu des Banoû-Hâchim se dirigera vers La Mecque, et les gens le forceront à sortir de chez lui. Ils lui donneront acte d’allégeance entre l’angle [de la Ka‘bah] et la station d’Ibrâhîm. Une armée en provenance de Grande-Syrie (ach-Châm) sera montée contre lui, mais elle sera anéantie en plein désert. Les troupes d’Irak et les Justes de Grande-Syrie se joindront à lui. Un homme originaire de Grande-Syrie dont les oncles maternels appartiennent à la tribu des Kalb se soulèvera. Il montera à son tour une armée contre lui, mais elle sera vaincue, par la grâce de Dieu […]. Le Mahdi fera sortir les trésors et distribuera les richesses. Il répandra l’islam partout et l’instituera. Il vivra sept ou neuf ans." » (’Aboû-Dâwoud, ’Ahmad, ’Aboû-Ya‘lâ, at-Tabarânî et Ibn ’Aboû-Chaybah d’après ’Oum-Salamah). Les rapporteurs et les commentateurs de ce hadith s’accordent à dire que le Khalife mentionné ici est le Mahdi. Or le hadith indique clairement que ce Khalife viendra à la suite d’un autre ; un différend éclatera après la mort de celui-ci, et c’est là que le Mahdi fera son apparition. Ce n’est donc pas le Mahdi qui rétablira le Khalifat. En conséquence, il n’y a d’autre choix pour le musulman qui craint de mourir en état de jâhiliyyah que d’œuvrer à la renaissance de ce Khalifat.

Extrait traduit de Masâ’il fiqhiyyah moukhtârah (Questions juridiques choisies), du Cheikh ’Aboû-‘Iyâs ‘Ouwaydah, 2008.

ceci dit je ne dit pas que ce qui ce passe en irak et en syrie est le vrais khalifat,mais que l instauration du khalifat est obligatoire,et il ya des regles pour l installer comme pour faire la priere c est la methode du prophete asws qu il faut suivre.

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