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Le Tchad en pleine ébullition‎



Lundi 4 Février 2008

Le Tchad en pleine ébullition‎
L'alternance de combats et d'accalmie rythme depuis ‎quelques jours le quotidien de N'Djamena. Le pays ‎sombre-t-il dans les abysses d'une guerre civile ? In situ, ‎les combats battent leur plein entre l'armée et la rébellion ‎de la capitale, au cœur de la capitale, tandis que l'issue de ‎l'affrontement demeure très incertaine. Aucun bilan officiel ‎n'a été diffusé dimanche. Mais ces affrontements ont fait ‎plusieurs centaines de blessés, surtout des civils touchés par ‎des « balles perdues ». Diplomatiquement parlant, les ‎instances internationales notamment l'Union africaine ont ‎rapidement réagi à cette nouvelle poche de crise sur la terre ‎d'Afrique. Le dossier du Tchad s'est imposé en urgence au ‎Sommet de l'Union africaine à Addis Abeba, bouleversant ‎un agenda déjà bien chargé par la crise kenyane, qui avait ‎son lot de débats et de préoccupations pour les 53 Etats ‎membres. Le Sommet a chargé d'une mission de médiation ‎le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et le président du ‎Congo Brazzaville Denis Sassou Nguesso. La rébellion ‎réunit trois groupes qui ont pactisé pour le renversement du ‎président tchadien Idris Deby, reconduit à son poste à ‎l'issue du scrutin de 2006. Arrivé au pouvoir en 1990, par ‎un putsch militaire, Idris Deby a remanié en 2005 la ‎Constitution pour briguer un troisième mandat et dès lors il ‎perdit le soutien très déterminant de l'armée. Echafaudé sur ‎le coup d'Etat, imbibé de corruption, privilégiant la tribu ‎Zaghawa, le gouvernement Deby, qui reposait sur le ‎soutien français, a suscité le mécontentement général ‎amenant les rebelles de traverser le pays rien qu'en cinq ‎jours, de l'Est à l'Ouest pour déverrouiller la capitale. Une ‎rébellion qui avait déjà arrivé en 2006 aux portes de ‎N'Djamena, mais l'intervention de Paris avait sauvé Idris ‎Deby. Or, cette fois-ci le Quai d'Orsay agit avec plus de ‎réserve, craignant peut-être pour les forces de l'Eurofor, ‎déployées sur les frontières du Tchad avec la République ‎centrafricaine. Avec le départ de Jacques Chirac de ‎l'Elysée, une nouvelle page a tourné dans la diplomatie ‎africaine de Paris, qui a choisi une nouvelle rhétorique dans ‎son dialogue avec l'Afrique, pulvérisant la diplomatie ‎traditionnelle et rigide française sur le continent noir


Lundi 4 Février 2008

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