RELIGIONS ET CROYANCES

Le Qur’ān, Objectifs et Morale


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Dr Zeinab Abdelaziz
Vendredi 25 Mars 2016

Le Qur’ān, Objectifs et Morale
Le Qur’ān,
Objectifs et Morale
 
Le Qur’ān   est le Livre Céleste qui clôt les deux Révélations précédentes. Il renferme l’essentiel de ce qu’elles contenaient concernant la Foi, le Culte et le Style de comportement humain. On peut dire globalement, sans lui rendre tout son dû : C’est un symposium pour les savants, un lexique pour les linguistes, un maître enseignant de grammaire pour qui veut améliorer son style, une encyclopédie de connaissances, de lois et d’arrêts ; une Direction infaillible, claire et foncièrement logique, pour le commun des mortels ; un éternel miracle qui soutient le Message du Prophète Muhammad ( Bénédictions et Salut sur lui) ; une Constitution contenant tout ce qui concerne l’être humain, pour sa vie terrestre et pour la vie Future.
Une des caractéristiques du Qur’ān, est la clarté précise, d’un raisonnement convaincant, contenant tous les éléments de la rhétorique, de l’élaboration du discours, de la recherche et la disposition des arguments, et de l’élocution, d’une poétique inégalable. Pour ne rien dire des maximes, des sentences morales dont la profondeur et la portée demeurent d’une actualité indépassable.
La Révélation du Qur’ān s’étendit sur 23 ans, le long desquels les Versets étaient Révélés par intermittence, jusqu’au décès du Prophète, en 632 de notre ère.
Le Qur’ān renferme les paroles d’Allah.  Révélées au Prophète Muhammad, par une inspiration distincte, en langue arabe, par l’intermédiaire de l’Ange Gabriel. Elles furent transmises successivement, sans la moindre altération, par écrit et oralement. Il est composé de 114 Sūrah   (chapitres), classées selon un ordre décroissant. Les Suwar sont subdivisées en Versets, le nombre total est 6326 Versets. Il n’a point connu de problèmes scripturaires comme la Bible. Car de toutes les religions monothéistes, l’Islam est la seule dont les sources aient été fixées dès l’origine. Le Qur’ân étant le seul Livre qui jouit d’un privilège unique, parmi tous les Textes Révélés : il n’a subi aucune manipulation ou autre astuce. La fixation intégrale a été effectuée du temps du Prophète. C’est pourquoi il représente l’Eternel miracle de l’Islam par son caractère inimitable, convaincant et parfait à la fois. C’est un défi lancé à quiconque qui dénie sa Révélation.
Le mot Qur’ān comprend deux sens : l’un est linguistique, c’est le nom verbal du verbe qara’a, dans le sens de lecture, tel qu’il est dit dans un des Versets : « C’est à Nous qu’Incombe son assemblage et sa lecture. Quand Nous le Lisons, suis alors sa lecture » (75 : 17,18) ; l’autre, est le nom propre même de ce Livre, Saint, Sacré et Immaculé : al-Qur’ān, dans le sens de La lecture par excellence.
A part ce nom propre, le Qur’ān possède cinquante-cinq noms ou attributs, qui lui furent donnés le long des Versets. Il est appelé, entre autres :  Livre, Livre Evident, Noble Ecrit, Paroles d’Allah, Lumière, Lumière Evidente, Direction Infaillible, Direction et Miséricorde, Chemin de Rectitude, Tranchant, Nouvelle Grandiose, Révélation du Seigneur des Univers, Connaissance, Science, Annonciation et Avertissement... De même, dix des Attributs d’Allah lui sont accordés, tels : l’Invincible, le Précis, le Dominant, le Vrai, mais les noms les plus usités par les musulmans sont : al-Qur’ān (La Lecture), al-Kitāb (le Livre) et al-Furqān (le Critère).
Le Qur’ān fut Révélé en langue arabe, pure et évidente, car c’est la langue du peuple du Prophète Muhammad, parmi lequel il fut envoyé comme Messager. Il est écrit dans un des Versets : « Et Nous n’Envoyâmes de Messager, sinon dans la langue de son peuple, afin qu’il leur explicite » (14, 4). Ce qui prouve que l’Evangile, Révélé à Jésus, était en langue araméenne, la langue de son peuple, et la sienne, non en langue grecque ou latine, comme prétendent les manipulateurs !
A part la langue propre à chaque peuple, chaque prophète fut soutenu par des miracles qui appuient sa vocation. Les miracles de tous les Prophètes précédents se situent sur le plan concret, tel le bâton de Moïse, la Chamelle de Saleh, les guérisons qu’opérait Jésus, par le Vouloir d’Allah. Tous ces miracles prirent fin avec l’écoulement des époques au cours desquelles ils furent accomplis.  Seul, le miracle de Muhammad se situe sur le plan moral : C’est le Qur’ān, qui demeurera le long des temps et de l’espace, car c’est le seul Texte Révélé qui soit gardé intacte, sans la moindre manipulation, ne serait-ce d’une seule de ses lettres. Et quel que soit le progrès matériel réalisé, le Qur’ān, Invincible et Evident, révèle des preuves qui répriment tout dénégateur de vérité, dénégateur de sa Révélation. C’est ce que Maurice Bucaille a très bien exprimé dans son ouvrage intitulé : « La Bible, le Coran et la Science », en disant : « Lorsqu’on est à même de vérifier les énoncés des Ecritures à l’aide des données sûres, l’incompatibilité du récit biblique avec les acquisitions de la connaissance moderne est mise nettement en évidence. A l’opposé, le récit coranique s’avère exempt de tout élément qui suscite la critique objective. »
 
Etapes du défi lancé par le Qur’ān :
Le défi que porte le Qur’ān aux dénégateurs fut lancé par étapes. Au début de leurs dénégations, il leur fut dit : « Qu’ils apportent donc un discours qui soit semblable, s’ils sont véridiques » (52 : 34). Lorsqu’ils furent incapables d’y répondre et prétendirent que c’est un discours controuvé, Allah leur demanda : « Ou bien disent-ils qu’il l’a controuvé ?!  Dis : « Apportez alors dix Suwar qui lui soient semblables, controuvées, et convoquez qui vous pourrez à l’exclusion d’Allah, si vous êtes véridiques » (11 : 13). Et lorsqu’ils furent incapables d’y répondre, Allah leur demanda d’apporter une seule Sūrah : « Si vous êtes dans le doute, de ce que Nous Avons Révélé à Notre Serviteur, apportez donc une Sūrah qui lui soit semblable et convoquez vos témoins à l’exclusion d’Allah, si vous êtes véridiques » (2 : 23). Puis vint le dernier défi, vu l’incapacité dans laquelle se trouvaient les dénégateurs : « Dis : « Même si le genre humain et les djinns se réunissaient pour faire l’analogue de ce Qur’ān, ils ne pourront faire son analogue, même s’ils s’assistaient les uns les autres » (17 : 88).
La preuve irréfutable du Prophète étant qu’Allah lui A Révélé ce Qur’ān, en langue arabe, une langue que les Arabes connaissent parfaitement et saisissent toutes ses nuances, mais ils furent incapables d’apporter un « discours »   qui lui soit semblable ou même une seule Sūrah, de trois Versets, comme la plus courte des Suwar !
 
Différents aspects de ce caractère inimitable :
Outre le côté linguistique, qui comporte toute une source de richesse inouïe de la langue arabe, ce qui désarma les Arabes à l’époque de la Révélation, et continu à le faire jusqu’à nos jours, sans le moindre changement dans l’impression qu’il évoque, nombreux sont les aspects qui révèlent et prouvent ce caractère inimitable, convaincant et parfait du Qur’ān, que personne n’a jamais pu imiter sa forme ou son contenu.
Dans le domaine de l’Occulte, personne ne peut prédire l’avenir avec une précision impeccable. Cependant, nombreux sont les événements prédits par le Qur’ān, tels l’histoire des Prophètes précédents et leurs peuples ; les données et les connaissances scientifiques, qui n’ont été connues qu’il y a un siècle ou quelques années, et qu’aucun progrès scientifique ne peut démentir, pour ne rien dire de ce que la science n’a pas encore prouvé. Il renferme des données sur le début de la création, sur les cycles passés, des nouvelles concernant les communautés passées et celles à venir, comme il renferme toutes sortes de manipulations commises, dans les Livres sacrés, des deux précédents Messages du monothéisme.
Dans le domaine du social, le Qur’ān contient la Direction infaillible pour guider les gens vers la rectitude, pour remédier aux défectuosités affectant les sociétés, sur le plan cultuel, moral et social. Il représente une source intarissable d’enseignements. Cependant, l’inébranlable prédiction demeure, en la certifiant, celle disant que l’Islam sera manifesté sur toutes les religions ! C’est une réalité que nous vivons tous, orientaux ou occidentaux, quelle que soit la différence d’optique ou de points de vue. Car, malgré tous les efforts déployés par le fanatisme ecclésial, malgré les milliards de dollars dépensés par les missions et les missionnaires, pour encercler l’Islam, depuis sa parution jusqu’à nos, l’Islam continue sa marche et son expansion ! Malgré ce fameux « Rouleau compresseur » avec lequel ils essayent, tous, de marcher sur l’Islam. Mais là, nous ne pouvons que répéter ce qui a été dit depuis plus de quatorze siècles dans le Qur’ān : « C’est Lui qui A Envoyé Son Messager avec la Direction infaillible et la Religion du Vrai, pour la faire manifester avec évidence, sur toutes les religions, serait-ce contre le gré des polythéistes » (9 : 33). C’est ce qui cause, hélas, cette panique, à l’occident, dans les milieux fanatiques modernes, voyant que quels que soient les efforts déployés pour faire manipuler les traductions du Qur’ān, pour étouffer les préceptes de l’Islam, pour empêcher son expansion, ou même pour évangéliser les peuples, usant de toutes sortes de subterfuges et de contraintes, l’Islam se propage solidement, avec évidence.
Nous ne pouvons, ici, qu’ajouter très objectivement : au lieu de toutes ces tentatives pour extirper l’Islam, ne serait-il pas plus logique, plus humain, et même plus civilisé, d’essayer de le comprendre sous son vrai jour ?! Car nul n’ignore, en fait, que le sourd labeur de sape, obstinément tenace, dirigé contre l’Islam et les musulmans, qui commença dès sa parution et son expansion, s’est accentué à un rythme effréné depuis Vatican II, au cours duquel il fut décidé quelques arrêts qui sont les directives de la politique actuelle, grâce à un commun accord entre les dirigeants des Etats Unis et ceux du Vatican :
1- Réhabiliter les juifs du meurtre déicide, (afin qu’ils puissent être officiellement seigneurs et maîtres de tout),
2- Extirper le communisme dans la décade des années quatre-vingt (afin qu’il n’y ait plus de régime politique et économique que le capitalisme judéo-américain),
3- Extirper l’Islam dans la décade des années quatre-vingt-dix (afin qu’il n’y demeure plus que le christianisme manipulé, qui finit par aboutir à un judéo-christianisme terroriste),
4-  Ré-évangéliser le monde (comme si le monde avait toujours été chrétien !) afin que le troisième millénaire commence après avoir christianisé la terre sous l’égide du catholicisme vaticanais !!
Tout ce qui se passe actuellement de par le monde le prouve, hélas, sans le moindre démenti.
 
La Révolution produite par le Qur’ān :
La révolution produite par le Qur’ān, lors de sa Révélation, touche nombre de domaines. Il commença par s’attaquer au polythéisme, fut-il celui des païens ou ce que les tenants de l’Eglise imposèrent, en déifiant Jésus, au Ier concile de Nicée (en l’année 325), comme il s’attaqua aux schismes sectaires, à l’intolérance et à l’étroitesse d’esprit imposées par l’obscurantisme, et à tout ce qui fit dérailler le monothéisme premier de son vrai chemin.
C’est une révolution qui libère la raison humaine, grâce à une morale basée sur l’argumentation logique, concluante, convaincante, pour que les gens changent de comportement, par leur propre choix, par l’entendement et la miséricorde, et non par la contrainte. Nombre d’arabes s’étaient convertis au judaïsme ou au christianisme avant la venue de l’Islam, et qui furent profondément   secoués par ses préceptes, par sa direction infaillible vers la rectitude de la voie, comprenant le spirituel et le social sans la moindre contradiction.
 
Les objectifs du Qur’ān :
Les objectifs du Qur’ān visent à l’évolution de l’humanité et à l’amélioration de la société. C’est un Livre d’éducation et d’enseignement, un Livre qui purifie et épure par la portée et la profondeur de ses valeurs logiques, car le Qur’ān ne renferme point de dogmatisme irrationnel. La Transcendance absolue d’Allah, la distinction nette et catégorique entre  Le Créateur et Sa créature, la foi en le Jour du Jugement dernier, en la Résurrection, pour la rémunération et la punition, ne sont que des principes de base. Démontrer ce que les gens ignorent de la prophétie, du Message monothéiste et des fonctions des Messagers qui furent envoyés aux différentes communautés ; réfuter ce que païens, juifs et chrétiens ont déformé du Message monothéiste, sous l’égide de Constantin ; rejet catégorique de la trinité, qui n’est qu’une forme incompréhensible et inconcevable de polythéisme ; prouver que l’intercession ne revient en totalité qu’à Allah, Seigneur des Univers.  Tous les Prophètes n’ont été envoyés, en fait, que pour répandre le même Message : l’Unicité d’Allah ; la foi en le Destin, en la Charia (la Loi), en les Signes d’Allah.
Religion de la saine disposition naturelle, de la raison et de la pensée, de la science et de la sagesse, du témoignage et de l’argumentation, de la conscience et du sentiment, de la liberté et de l’indépendance, l’Islam, qui ne professe aucune maîtrise sur l’âme de la personne ou sa raison, fait sortir les gens des Ténèbres de l’Obscurantisme imposé, vers la Lumière de la Raison.
La raison, qui n’est point mentionnée dans la Bible, représente un élément principal dans le Qur’ān. En fait, la raison et ses fonctions y sont mentionnées plus d’une centaine de fois, avec de nombreuses variantes : « les doués d’entendement », « les doués d’intelligence », « ceux qui raisonnent », « ceux qui pensent », « ceux qui méditent »  «  ceux qui observent » , ne sont que différentes appellations pour ceux qui font  usage de leur raisonnement . Les verbes qui incitent à penser, à raisonner, à réfléchir, à contempler, à méditer, à délibérer, à comprendre, à concevoir, à entendre (fig.), à discerner ou à observer, constituent un éventail d’une importante envergure. De même, la science, la sagesse, le savoir et leurs variantes, sont autant de mots cités des centaines de fois le long du Qur’ān. Même le cœur humain, en tant qu’organe de compréhension et de raisonnement, dans le Qur’ān, a été mentionné, à lui seul, cent trente-deux fois !  Pour ne rien dire des Versets concernant la science et l’étude. Ajoutons, en passant, que le cœur humain, en tant qu’organe de compréhension et de raisonnement, tel qu’il est décrit dans le Qur’ān, est une des données que la science n’a pas  encore  prouvé.
Outre le fait d’insister sur l’importance de la raison, de la science et du savoir, le Qur’ān élimine toute contrainte dans la religion, et vise à la réforme humanitaire, sociale, politique et nationale, grâce à l’union. Cette union, le Qur’ān la réalise en huit domaines : l’union de la Communauté et du genre humain ; de la religion ; de la législation basée sur l’équité ; de la fraternité entre les membres de la société ; de l’égalité du culte ; de la nationalité politique internationale ; de la justice ; et de la langue.
 
Edicter les qualités générales de l’Islam, en ce qui concerne les obligations personnelles des devoirs et des choses répréhensibles, représente un autre objectif. Ces qualités peuvent être décrites comme suit : la juste mesure en tout et pour tous ; réaliser le bonheur dans la vie terrestre et se préparer pour la vie Future, en faisant le meilleur. Réduire la différence sociale qui existe entre les gens, mieux se connaître en vue d’un rapprochement humain sans sectarisme. La miséricorde, même dans l’application des obligations, pour les malades ou les personnes âgées qui ne peuvent pas jeûner, par exemple, mais qui se font expier par quelques donations. L’empêchement de toute exagération dans le culte et dans l’application de ses prescriptions. Réduction de toute contrainte, car ces prescriptions légales sont réparties par degrés : ce qui est formel, est général, ce qui est surérogatoire, chacun s’y prend selon sa capacité. Par exemple : les prières prescrites sont cinq, mais les prières surérogatoires sont laissées à la volonté et la capacité de chaque personne.
Traiter les gens sans oppression ni despotisme, car personne n’a le droit de se porter juge selon les apparences, ni de se comporter en seigneur et maître en tout et pour tous ! De même, ne point porter atteinte à son prochain et ne point transgresser les lois, car cela tient de la juridiction.
Expliciter les dispositions de l’Islam en politique, ses modalités et ses règles générales représentent un autre objectif.  Le pouvoir, en Islam, revient à la Umma, à l’ensemble du peuple ou de la communauté. Sa forme est la consultation et non le despotisme ; son chef est l’Imam ou le Khalife, qui exécute la Charia (la Loi). C’est le peuple qui possède le droit de le nommer ou de le destituer. Ce pouvoir juridique et politique concédé au peuple, revient au fait que le Qur’ān s’adresse aux croyants dans leur ensemble, dans les Versets concernant le pouvoir et l’Etat, ainsi que dans les arrêts publics. L’équité absolue et l’égalité sont non seulement conseillées, mais sont tenues pour des critères, alors que l’injustice est strictement défendue. La vertu est foncièrement prise en considération dans tous les arrêts du Qur’ān, qui préconisent la justice dans tous les domaines.
 
La réforme financière est un des objectifs qui mettent fin à la tyrannie des fortunes et son empire ; aux attaques guerrières et leurs désastres ; à l’injustice imposée à la femme et son appropriation ; à l’injustice commise contre les faibles, les prisonniers et les esclaves. La richesse et les biens étant considérés comme une épreuve, une épreuve qui peut diriger vers le bien ou vers le mal. C’est pourquoi le Qur’ān prescrit plusieurs moyens qui indiquent comment donner de ses biens, comment apprendre à donner pour aider son prochain, et qui répriment l’avarice et l’ostentation. Apprendre à donner est, en fait, un pivot humain et moral d’une grande importance dans le Qur’ān, car nous ne sommes que dépositaires, le Vrai Possesseur de tout étant Allah.
On peut donc réduire la réforme financière du Qur’ān, en général, dans les points suivants : Il admet la propriété privée, à condition de ne pas priver ou de porter atteinte à autrui, et de ne pas frauder ; il interdit l’usure et les jeux de hasard ; permet de mettre les prodigues sous tutelle, pour  préserver leurs biens ;  impose la Zakat   dès le début de l’Islam ;  prescrit la subvention de l’épouse, en cas de divorce ; le soutient du nécessiteux et l’hospitalité due aux étrangers de passage ; les donations volontaires ; condamne l’exubérance, la prodigalité, l’avarice et la lésinerie.
 
La réforme du système de la guerre vise l’écartement de ses ravages, et le maintien de ce qui représente le bien du genre humain. Cette réforme peut être résumée comme suit : Combattre les agresseurs est la première des règles, tout en interdisant de commencer l’attaque, d’opprimer ou de traiter injustement. Le but de ce combat - après le fait d’avoir repoussé l’agression - est la défense de la religion, sans aucune contrainte. Préférer la paix à la guerre, car la paix est l’état essentiel dans lequel les gens doivent vivre. Être aux aguets, par précaution. User de miséricorde en temps de guerre et envers les prisonniers. C’est pourquoi le Qur’ān insiste sur l’honneur, sur la probité, et condamne louvoiement et discrimination, préconise la droiture, conseil de tenir promesse, d’être fidèle aux traités signés et interdit la traîtrise.
 
Le statut de la femme est un des grands apports de l’Islam qui, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, accorde des droits humanitaires, religieux et sociaux à cette « créature » tellement humiliée jusqu’alors. Dans les temps préislamiques comme dans toutes les communautés, y compris celles des gens du Livre (i-e. juifs et chrétiens), elle était réduite à un état inhumain, discriminatoire. C’est avec la venue de l’Islam que le Qur’ān lui accorde les mêmes droits qu’à l’homme, à part ce qui fait exception, de par sa nature, en lui préconisant honneur, miséricorde et cordialité.
Avant l’Islam, la femme faisait objet de vente et d’achat ; mariage ou prostitution lui étaient imposés ; elle était héritée en succession, et n’avait pas droit à l’héritage ; elle était même considérée comme objet souillé, profane, sans âme, par l’un des conciles de l’Eglise ! Son père avait droit de la vendre ou de l’enterrer vivante, à sa naissance. Alors que l’Islam lui accorda des droits de propriété, lui a permis d’hériter, et la combla de bienveillance, en rendant l’homme responsable de sa subvention, même si elle était riche ; lui accorda le droit de diriger ses propres biens,  lui permettant la vente et l’achat, les donations, la défense de ses biens et le droit de recourir aux procédures juridiques. Ce dont nombre d’occidentales ne connaissent presque pas encore !
Dans cet éventail d’actes d’honneur accordés à la femme, le Qur’ān abolit et interdit strictement la prostitution, l’adultère, et prescrit à leur égard de sévères sanctions : flagellation ou lapidation. De même, le nombre d’épouses, qui était illimité chez les juifs et les païens, le Qur’ān le limite à quatre, sous conditions, comme la maladie incurable ou la stérilité, en insistant foncièrement sur l’équité et la miséricorde : « Et si vous avez peur d’être inéquitables envers les orphelins, alors épousez d’entre les femmes qui vous plaisent, deux, trois ou quatre. Mais si vous avez peur d’être injustes, alors épousez une seule, ou bien ce que vous possédez d’esclaves. Cela est le moindre, pour éviter la partialité. » (4 : 3). Et un peu plus loin, dans la même Sūrah, il est dit : « Vous ne pourrez point être équitables entre les femmes, même si vous y tenez... » (4 :129). Donc, celui qui veut vraiment suivre les préceptes Divins, n’a qu’à s’en tenir à ce qui est l’essentiel, à savoir : l’équité. Le chemin à suivre et le choix à faire sont bien clairs.
 
On ne saurait parler des principaux objectifs du Qur’ān sans aborder celui de la liberté et de l’affranchissement des esclaves ou le traitement des prisonniers. Il est vrai que le droit du plus fort a toujours été en usage, dans toutes les anciennes sociétés, et même de nos jours, à ne citer que l’insurpassable arrogance de la politique américaine actuelle, et son vagabondage déchaîné de par la terre ! Toutes les anciennes civilisations ont maltraité les esclaves et leur imposaient les plus rudes des travaux, injustice et discrimination étant la règle. Cet état de choses fut maintenu dans le judaïsme et le Christianisme. L’esclavage resta en vigueur en Europe et aux Etats Unis jusqu’à la fin du dix-huitième siècle. Il ne fut aboli, en Angleterre, que vers la fin du dix-neuvième. Il ne serait même pas trop de dire que ces pays n’entreprirent ce genre de mesures que pour leurs propres intérêts coloniaux et impérialistes. D’ailleurs nul n’ignore à quel point la couleur de la peau continue à influencer dans ces sociétés. Alors qu’avec la venue de l’Islam, au septième siècle, le Qur’ân prescrit l’affranchissement de l’esclave, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, tout en tenant compte de l’intérêt du propriétaire, et de la miséricorde envers l’affranchi.
 
La Morale du Qur’ān :
Tel était, en ses grandes lignes, l’aperçu général sur les objectifs du Qur’ân. Reste à présenter la morale, à travers les obligations, la responsabilité, les sanctions, l’intention, l’effort, qui sont tous des concepts associés au système éducatif du Qur’ān, et représentent les principaux piliers sur lesquels s’élève cet enseignement. Enseignement le long duquel la distinction entre ce qui est prescrit, ce qui est permis et ce qui est interdit ou défendu y est nettement précisée. D’un autre côté, la morale du Qur’ān s’affirme comme une loi, comme une règle générale, constante, et revendique son application sur l’ensemble de l’humanité. Car chaque principe énoncé par le Qur’ân peut être invariablement appliqué à soi-même ou à autrui, aux riches comme aux pauvres.
Cependant, il est étonnant de voir comment les orientalistes, qui fouillèrent le Qur’ān à la loupe, pour l’attaquer, gardèrent un silence absolu, pour ne pas dire un silence de morts, sur la morale qur’anique qui est d’une valeur frappante, inestimable, ainsi que sur les principes éthiques généraux, dont les éléments essentiels traitent de la connaissance et de la conduite. L’ensemble des Versets, relatifs à ces deux domaines, constitue un enseignement pour le comportement humain dans la vie quotidienne, et mènent vers la tranquillité d’esprit par rapport à la vie Future. C’est une législation d’une double perfection, comme le dit Cheikh Draz : une douceur dans la fermeté, un progrès dans la stabilité, une nuance dans l’unité. Ce qui permet à l’âme humaine de s’assurer un double bonheur difficilement conciliable : une sorte de soumission dans la liberté, une aisance dans la lutte, une initiative dans la continuité. Malheureusement, nombre d’occidentaux n’ont pas saisi la portée de cette sagesse ni sa profondeur. Car le Qur’ān appelle au bon sens, incite à la réflexion et à la méditation. La conscience à laquelle s’adresse le Qur’ān est éclairée par un enseignement positif, où les devoirs sont définis et hiérarchisés, font face à une réalité vivante. Etait-ce tellement difficile à saisir ?! Pourtant, le caractère universel de la loi morale y est d’une évidence incontestable. L’ensemble de ses commandements s’adresse à l’humanité entière, la même règle, comme on vient de le voir à l’instant, peut être appliquée à soi-même ou à autrui, à ses proches ou aux étrangers, aux pauvres comme aux riches, à l’intérieur de la communauté comme à l’extérieur. Chaque arrêt de cette loi est tenu pour principe universalisable, pouvant être appliqué aux cas analogues. A préciser, que l’obligation morale dans le Qur’ān est doublement conditionnée : l’action qu’elle porte préconise qu’elle doit être accessible à la nature humaine et praticable en même temps, loin de toute tyrannie dans la réalité concrète de la vie.
De l’obligation, telle qu’elle est présentée dans le Qur’ān, découlent deux corollaires : la responsabilité et la sanction. La responsabilité morale et religieuse étant personnelle, elle ne permet aucun transfert ni la moindre confusion. Chaque personne porte la responsabilité entière de ses propres actions. Nul ne portera la charge d’autrui. Les sanctions civiles dépendent des procédures juridiques, les sanctions relatives à l’intention, à la conscience, tiennent du Créateur.
La doctrine du Qur’ān est une synthèse, une synthèse des synthèses, si l’on peut dire, tellement la forme et le contenu sont intimement liés, en un style aussi compact que précis. Elle répond à toutes les exigences légitimes, morales, sociales et religieuses de l’être humain. Le tout de cet ensemble est pénétré d’un esprit conciliateur, qui fait que cette doctrine soit libérale et disciplinaire, rationaliste et mystique, souple et ferme, conservatrice et progressiste à la fois. C’est une structure organique où tous ces éléments chantent à l’unisson pour se tenir solidaires, sans la moindre contradiction. Ce n’est point une juxtaposition de contraires, mais une complémentarité positive, qui maintient l’ordre et permet le progrès humanitaire, universel.
Ces notions se réfèrent l’une à l’autre : la raison, mène à la foi, et la foi se réfère à la raison. L’individu, en assumant ses obligations et sa responsabilité, veille au bon fonctionnement de la moralité commune. La piété, en toutes lettres majuscules, est le concept de base qui réunit le respect de l’idéal et la recherche du meilleur.
Une vue à vol d’oiseau donnerait peut-être une idée un peu plus concrète de ce qui vient d’être dit. Nous nous référons à la thèse du docteur Draz   pour faire une sorte de classement subjectif des Versets traitant de la morale individuelle, familiale, sociale, ainsi que de la morale de l’Etat, et la morale religieuse.
 
1- Morale individuelle :
Elle comprend quatre groupes d’enseignements :
a- Les commandements, comprennent : des instructions générales ; des instructions morales ; des incitations à l’effort moral, préconisant la pureté de l’âme ; la droiture ; la chasteté ; la décence ; la continence des regards ; la domination des penchants ; l’abstention périodique de la nourriture et du sexe ; la maîtrise de la colère ; la sincérité ; la douceur et la modestie ; la circonspection dans les jugements ; l’abstention dans le doute ; la constance et l’endurance ; la conformité aux bons exemples ; le maintien du juste milieu ; faire le meilleur ; rivaliser pour le meilleur ; savoir écouter et choisir le plus beau conseil ; la pureté des intentions.
b- Les interdictions, comprennent : le suicide ; la mutilation et la défiguration de son propre corps ; le mensonge ; l’hypocrisie ; les actes qui contredisent les paroles ; l’avarice ; la prodigalité ; l’ostentation ; la conduite hautaine ; l’orgueil ; la vanité ; la vantardise ; la fierté tirée de sa puissance ou de sa science ; l’attachement à ce bas monde ; la jalousie et la convoitise ; le regret inutile ou la réjouissance outrée ; la débauche ; l’usage des boissons alcoolisées et les choses impures ; toutes souillures (morale ou physique) ; l’usage d’un bien mal acquis ; ainsi que  la mauvaise gérance.
c- Les permissions, comprennent : l’usage modéré des bonnes choses.
d- La dérogation : elle  est permise par nécessité de force majeure.
 
2 - Morale familiale :

Comprend quatre groupes d’enseignements : 
A- Les devoirs envers les ascendants et les descendants, comprennent : la bienfaisance ; l’humilité ; l’obéissance aux père et mère ; le respect de la vie des enfants ; l’éducation morale des enfants et de la famille en général.
B- Les devoirs entre époux, comprennent : 1- La constitution du ménage : alliances prohibées et alliances autorisées ; les qualités requises ou préconisées ; le consentement libre et réciproque ; la dot ; les conditions de la polygamie. 2- La vie conjugale : les liens sacrés et respectés, la paix intérieure ; l’affection et la compassion ; la propagation de l’espèce ; l’égalité des droits et des devoirs ; la délibération et le consentement commun ; les entretiens humains ; vivre en bon ménage, même en cas d’antipathie ; la réconciliation, même en cas de conflit ; l’arbitrage. 3- le divorce : la séparation est un pis-aller ; la période d’attente ; le logement et le traitement honnêtes, dans l’espoir d’une réconciliation ; pas d’attente obligatoire pour une femme divorcée avant la cohabitation ; après l’attente : ou retour bien intentionné, ou séparation donnant droit à un autre mariage ; ne rien extorquer sur la femme divorcée ; le divorce n’est définitif qu’à la troisième fois ; indemnité pour les divorcées non dotées ; indemnité pour les divorcées en général.
C- Les devoirs envers les proches, comprennent : partager notre bonheur ; le testament.
D- L’héritage, comprend : les droits réservés aux mâles, ni aux aînés ni aux seuls enfants ; règles de la répartition.
 
3 - Morale sociale : 
Comprend trois groupes d’enseignements :
a- Les interdictions, comprennent : l’homicide ; le vol ; la fraude ; le prêt à intérêt ; toutes sortes de spoliations ; toutes sortes d’appropriation illégale ; le détournement des biens, de l’orphelin en particulier ; la trahison et l’abus de confiance ; l’offense injustifiée ; l’iniquité ; la complicité ; la défense des injustes ; l’infidélité aux engagements ; la perfidie et la tromperie ; tromper ou corrompre les juges ; le faux témoignage ; la dissimulation ; l’injure ; maltraiter le pauvre et l’orphelin ; la raillerie ; les gestes dédaigneux ; l’espionnage ; la médisance et la calomnie ; les rapports malveillants et la crédulité complice ; la diffamation ; l’intervention nuisible ; l’indifférence au mal public.
b- Les commandements, comprennent : rendre le dépôt ; légaliser les transactions pour écarter les doutes ; observer ses engagements et ses promesses ; rendre un témoignage juste ; établir la paix entre les hommes ; l’intercession : non-acceptée en faveur des criminels ; l’humilité et la compassion réciproque ; la bienfaisance, surtout envers les faibles ; fructifier les biens des orphelins ; libérer les esclaves ou faciliter leur liberté ; pardonner, et en tous cas ne pas dépasser l’offense ; rendre le bien pour le mal ; exhorter au bien et détourner du mal ; répandre la science ; l’amitié et l’hospitalité ; l’amour universel ; la justice et la charité, conjointement. A part cela, on y trouve trois attitudes plus ou moins légitimes : Tenir à user de ses droits, générosité dans l’aisance, altruisme héroïque. Le devoir strict tient le milieu. Donner est un devoir universel. Les conditions requises dans l’exercice de la charité : Sa destination, son intention, qualité du don, manière de donner (plutôt en secret, ne pas humilier le bénéficier). Exhortation à la libéralité ; condamnation de la thésaurisation.
c- Le code de la politesse, comprend : Demander permission d’entrer chez autrui ; baisser la voix et ne pas appeler les grands du dehors ; saluer en entrant ; répondre au salut par un meilleur ; se ranger ; choisir pour les entretiens des sujets honnêtes ; employer les propos les plus doux ; demander permission de quitter l’assemblée.
 
4 - Morale de l’Etat:
Comprend deux groupes d’enseignements:
A - Le rapport du Chef et du Peuple, comprend deux côtés : I- Devoir des chefs : Consulter le peuple ; appliquer énergiquement la décision prise, selon la règle de la justice ; établir l’ordre ; sauvegarder, ne pas subtiliser, les biens communs ; ne pas en faire bénéficier les riches ; laisser aux confessions locales leur liberté juridique. II- Devoir du peuple : Discipline ; obéissance conditionnée ; union autour de l’idéal ; délibérations dans les affaires communes ; éviter perturbation et vandalisme ; préparer la défense commune ; censure morale ; éviter connivence et alliance avec l’ennemi.
B - Les relations extérieures : comprennent deux côtés : I- Dans les circonstances normales : souci du salut universel ; prêcher la doctrine du salut, sans contrainte, ni provocation de haine ; ne pas chercher hégémonie ou trouble ; ne pas entamer la sécurité des neutres ; bon voisinage, justice et bonté. II- En cas d’hostilité : Ne pas craindre l’initiative des armes ; ne pas combattre pendant les mois sacrés, ni dans les régions sacrées. Deux cas de guerre légitime : 1-Défense de soi. 2- Secours des faibles sans défense. Combattre les seuls combattants ; ne pas fuir devant l’agresseur ; fermeté et union ; patience et espérance ; ne pas craindre la mort, elle vient à son temps ; craindre plutôt les épreuves et les tentations des infidèles ; ne pas capituler, mais accepter la paix et ne pas poursuivre l’ennemi qui capitule ; fidélité aux traités conclus ; ne pas répondre à la perfidie par la pareille ; loyauté aux clauses, même désavantageuses. Sus à l’ambition ! Fraternité humaine : lieu sacré, au-dessus du préjugé de races et de sexes. Critérium du mérite.
 
5 - Morale religieuse :
Comprend les devoirs envers Allah : Croire en Lui et aux vérités qu’Il Décrète ; Lui obéir, inconditionnellement ; méditer sur Ses paroles, et sur Ses œuvres ; reconnaître Ses bienfaits et Lui rendre grâce ; supporter Ses épreuves avec résignation ; se fier à Lui ; ne pas désespérer de  Sa grâce, ni être trop rassuré contre Ses desseins ; subordonner toute décision future à Sa volonté ; remplir les voeux et promesses faites à Allah ; ne pas provoquer des propos irrévérencieux à son sujet ; éviter toute complicité de propos impies ; ne pas jurer souvent par Son nom ; respecter le sermon une fois prêté ; se souvenir constamment d’Allah ; Le sanctifier et le glorifier ; Lui rendre le culte quotidien ; visiter la Ka’ba (au moins une fois dans la vie) ; se passer de l’univers ; invoquer Allah fréquemment avec crainte et espoir ; revenir à Lui et implorer son pardon ; L’aimer, et L’aimer par dessus tout.


Vendredi 25 Mars 2016


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