Sciences et croyances

Le Pape François « n'a pas l'intention de canoniser » les théories scientifiques


Dans la même rubrique:
< >


Thomas D. Williams
Vendredi 3 Juillet 2015

Le Pape François « n'a pas l'intention de canoniser » les théories scientifiques

Breitbart, Thomas D. Williams, 30 juin 2015
 

    Lors d’une entrevue récente, Mgr Mario Toso, qui a corédigé la première ébauche de l'encyclique papale sur l'environnement, Laudato Si', a démenti que le pape Francis ait l'intention de « canoniser » les théories scientifiques sur le changement climatique, mais voulait juste affirmer son autorité sur le plan moral.
 

    Mgr Toso, qui était secrétaire du Conseil pontifical pour la justice et la paix au moment de la rédaction de l'encyclique, a déclaré que, par la lettre encyclique, le Pape cherchait à proposer des « réflexions sur les questions anthropologiques et éthiques » liés à la prévoyance envers la création, sans vouloir « imposer » les conclusions d’études scientifiques de quiconque, ni investir de son autorité morale des opinions scientifiques. Il a dit :

    De nos jours, chacun sait que de nombreuses opinions considérées « scientifiques » ne sont ni irréfutables, ni incontestable.

    L'Église n'a aucune compétence sur le plan technique et scientifique, mais plutôt sur le plan anthropologique et éthique se rapportant à la phénoménologie scientifique.
 

    Les commentaires de Mgr Toso arrivent au moment opportun, alors que beaucoup se demandent à voix haute jusqu’à quel point le Pape compte approuver les théories scientifiques sur l'environnement dans sa lettre.
 

    Par exemple, un prêtre de Londres, Père Ashley Beck, a récemment écrit un essai intitulé « Aucun Catholique ne doit avoir une opinion contraire à l'Enseignement de Laudato Si. » S’il est vrai tel qu’il est exprimé, ce genre d’énoncé peut facilement faire croire que les Catholiques doivent tout prendre au pied de la lettre dans l'encyclique, ce qui n'était pas l'intention du Pape en l'écrivant.
 

    Une grande partie de l'encyclique est une invitation au débat, plutôt qu’une définition de doctrine. Demandant un engagement actif afin de répondre à notre attente commune envers une gestion responsable de l'environnement, il adresse cette lettre non seulement aux Catholiques, mais au monde entier. Il présente un point de vue et demande s'il peut servir de stimulant au débat.
 

    Pour ne prendre qu'un exemple, quand le Pape affirme que les « terres du sud pauvres sont fertiles et surtout non polluées, » il ne formule aucune doctrine, ni ne demande aux Catholiques d’approuver. Un regard sur le bassin du Riachuelo dans l’ancien archidiocèse papal de Buenos Aires – l’un des endroits les plus pollués du globe – suffit pour se rendre compte qu’il y a beaucoup de nettoyage environnemental à faire dans les « terres du Sud pauvres. »
 

    La charge doctrinale du Vatican enseigne que le magistère pontifical intervient parfois « dans le débat sur des questions impliquant, en plus de solides principes, des éléments contingent et conjoncturels certains », et remarque qu'il devient souvent possible avec le temps passant « de faire la différence entre ce qui est nécessaire et ce qui est contingent. »
 

    Il a aussi noté qu’il faut « prendre en compte le caractère propre de chaque exercice du Magistère, compte tenu de la mesure dans laquelle son autorité est engagée. » En indiquant que le Pape ne compte pas engager son autorité morale relativement aux opinions scientifiques, Mgr Toso offre un point de référence utile pour la lecture de la lettre.
 

    En outre, le Pape François a dit précisément que sa lettre fait partie de l'enseignement social de l'Église. Le Compendium de la Doctrine sociale de l'Église propose ses propres règles d’interprétation des écrits papaux dans ce domaine. Plus précisément, il est dit que le « poids doctrinal des différents enseignements et l'assentiment requis sont déterminés par la nature des enseignements particuliers, par leur niveau d'indépendance d’éléments contingents et variables, et par la fréquence avec laquelle ils sont invoqués. » Il va sans dire que, quand « les éléments contingents et variables » sont eux-mêmes la chose en question, le pape ne cherche pas du tout à imposer sont autorité.
 

    En fait, François lui-même a dit sans ambages : « l'Église ne prétend ni régler les questions scientifiques, ni remplacer la politique. » C’est important pour ceux qui trouvent dérangeants les avis scientifiques présentés dans l'encyclique.
 

    Rien de tout cela ne vient de quelque part près de « dissidence » ou de la « cafétéria du catholicisme ». Réfuter l'enseignement de l'Église établi sur la foi et la morale est une chose ; remettre en question les interprétations scientifiques sur l'état de l'environnement ou ce qui pourrait lui arriver dans l'avenir, en est une autre.
 

    Chose qui devrait réconforter un peu les climato-sceptiques catholiques quand, d’une manière ou d’une autre, ils seront accusés d'être moins catholiques que le Pape : de par sa nature, le « changement climatique » ne pourra jamais intégrer la doctrine catholique.
  Original : www.breitbart.com/national-security/2015/06/30/encyclical-ghostwriter-pope-francis-did-not-intend-to-canonize-scientific-theories/
Traduction Petrus Lombard



Vendredi 3 Juillet 2015


Commentaires

1.Posté par Sergio le 03/07/2015 19:38 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Avec laudato si', les croyants sont invités à une conversion écologique, n°217, "A la lumière d'une spiritualité écologique" n°217, le pape invite à revisiter l'etre chrétien, l'agir chrétien et le mystère chrétien (chapitre 6) -lu sur église catholique de france- (?) pour faire court, la maison commune serait le Nouvel ordre mondial? Dieu créateur du Monde doit bien se marrer.

Nouveau commentaire :

Actualité en ligne | International | Analyse et décryptage | Opinion | Politique | Economie | Histoire et repères | Sciences et croyances


Publicité

Brèves



Commentaires