Néolibéralisme et conséquences

Le Makhzen, El Qods, le pédophile et la parabole du lupanar


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La justification de la grâce royale marocaine accordée au pédophile espagnol nous éclaire violemment sur les aliénations partagées entre les dirigeants impérialistes et leurs partenaires proclamés et assumés au pouvoir dans les pays dominés.


Mohamed Bouhamidi
Dimanche 11 Août 2013

Le Makhzen, El Qods, le pédophile et la parabole du lupanar
Car la première réaction officielle du Makhzen a été de justifier la grâce par « les intérêts nationaux » de deux nations espagnole et marocaine. Cette réaction, première et spontanée, est la réaction sincère par son caractère spontané de réflexe, qui consiste, pour le Makhzen, à s’expliquer sans se dédire. Réaction à la Moubarak, qui n’hésitait jamais à se justifier par sa connaissance du rapport de forces face à Israël. Lui, il « comprenait » face à nos indignations qui nous poussaient à affronter l’Etat sioniste, la redoutable et invincible hyper-puissance. Chacun peut se souvenir ou retrouver son discours à la réunion de Paris des chefs d’Etat convoquée par Sarkozy pour la création de l’Union pour la Méditerranée et de son empressement comme celui du roi à quémander des postes d’influence dans le bazar sarkozyste. Chacun peut se souvenir de ses arguments opposés aux pays qui ont rejeté ou émis des réserves sur le projet : Libye, Syrie, Algérie. Ces trois pays n’avaient rien compris à la volonté puissante de ses promoteurs. Pour le Makhzen, c’est le même type de logique : le peuple de gueux et d’illuminés n’a rien compris du prix qu’il faut payer pour le Sahara. Le roi, lui, sait y faire pour trouver de puissants et influents alliés.

L’ampleur de la réaction de cette « rue arabe », dans sa version marocaine, en voie de se structurer et de dépasser son stade protéiforme, va obliger le même Makhzen à avancer la thèse de l’ignorance du roi et de la culpabilité d’un fusible bien commode. Il en faudra plus pour rouler cette « rue arabe » décidée à refuser l’indignité dans laquelle nous plongent les dirigeants hallucinés par l’Occident. Alors retenons le premier aveu : la grâce visait à obtenir de l’Espagne des positions politiques conformes aux intérêts nationaux des deux nations, comprendre que la grâce assure au Maroc un soutien politique international. Le sexe a toujours constitué un centre de gravité, un enjeu et un accomplissement de l’acte colonial et de l’imaginaire qui l’accompagne. La grâce incompréhensible déjà accordée en 2005 à Hervé Le Gloannec, tête d’un réseau de diffusion de photos et images pédophiles, les confidences d’un ministre français sur ses « ravissements » pédophiles marocains, la réputation faite de permissivité au pays ne laissent aucun doute que le roi joue de ces fantasmes sexuels néocoloniaux pour confirmer sa disponibilité à accepter le statut que veulent bien lui accorder les puissances dominantes. Le peuple marocain a refusé que ses intérêts nationaux se payent de la prostitution de ses enfants et la transformation de son pays en destination sexuelle, après avoir été transformé en terre cosmopolite offerte à qui se peut payer un ryad. Le peuple espagnol acceptera que ses intérêts nationaux se confondent avec le destin d’un criminel pédophile ?

A quelques jours de la « Journée El Qods », le roi avait décoré l’ancien grand rabbin sépharade d’Israël, Shlomo Amar, et Malcolm Hoenlein, vice-président de l’Aipac, tous deux fervents défenseurs du nettoyage ethnique de la Palestine et de la colonisation de toute la ville d’El Qods. On peut relever le secret de cet empressement royal sur le site sioniste JSS News qui reprend à son compte l’analyse du site Yabiladi : « Le soutien de l’Aipac… envers le Maroc sur la question du Sahara occidental est, sans aucun doute, à l’origine de la distinction de Malcom Hoenlein. » Le silence des Frères musulmans qui dirigent le gouvernement n’ont pipé mot, approuvant l’échange d’un site sacré aux yeux des musulmans contre les ressources du Sahara. Décorer deux sionistes de choc pouvait passer, et passe, aux yeux d’une certaine opinion publique, pour de la haute politique. La proximité de la grâce du pédophile avec cette opération « Sahara » dévoile son caractère de prostitution politique.

Le même motif a conduit à la même conduite de sacrifier quelque chose de précieux et de proche du sacré : l’intégrité des enfants ou celle de la ville d’El Qods contre une protection. On passe juste du décorum du lupanar de luxe pour acteurs consentants à la violence des pulsions exercée sur des victimes désarmées. L’aliénation partagée est celle du dominant qui se conduit en « protecteur » de sa prostituée menacée. Il faut juste qu’elle « paye ». Le roi d’Espagne pouvait rentrer avec l’auréole d’un homme si puissant qu’il est capable de tirer ses sujets des prisons étrangères et de les soustraire à la loi. La parabole du lupanar serait plus appropriée que l’image de paradis sexuel. Voilà la condition dans laquelle s’est mis le Makhzen. La réaction admirable et exemplaire du peuple marocain montre qu’il n’entend ni ne se résout à être le peuple d’un lupanar.



Dimanche 11 Août 2013


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