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Le Crif grogne : le Festival de Cannes déprogramme un film palestinien


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Vendredi 13 Mai 2016

Le Crif grogne : le Festival de Cannes déprogramme un film palestinien
Scandale. Vendredi 13 mai, Pierre Lescure, président du Festival de Cannes, a rencontré Roger Cukierman, patron du Crif, pour lui annoncer avoir accédé à sa requête : la censure d'un documentaire palestinien remettant en cause de la version officielle du "massacre de Munich".

Le 13.05.2016 à 20h19

Souvenez-vous : le lundi 9 mai, Panamza révélait une information édifiante qui fut largement relayée sur les réseaux sociaux et passée sous silence par la presse traditionnelle.

QUAND LE CRIF DEMANDE LA CENSURE EN FRANCE D'UN FILM PALESTINIEN.


Mardi 3 mai, Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France, a adressé un courrier à Pierre Lescure, président du Festival de Cannes, et Audrey Azoulay, ministre de la Culture.

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Le motif : faire connaître son indignation à propos de la diffusion -le 16 mai, durant le festival de Cannes et dans le cadre du Marché du Film de Dubaï- d'un documentaire palestinien qualifié de "révisionniste" en raison de sa remise en cause la version officielle relative à la prise d'otages israéliens lors des Jeux olympiques de Munich {http://panamza.com/bluhttp://panamza.com/blvhttp://panamza.com/blw}.

Dans sa lettre, Cukierman "invite" tacitement Lescure à faire annuler la projection du film -accusé de "légitimer la violence terroriste"- en lui demandant expressément d'être "vigilant" et de "prendre les mesures les plus appropriées".

Pour en savoir plus le Crif et sa dérive attentatoire à la liberté d'expression, consultez le dossier de Panamza {http://panamza.com/14515}.

Aujourd'hui, vendredi 13 mai, Roger Cukierman, président du Crif, a fait savoir -via son compte Twitter- qu'il s'est entretenu avec Pierre Lescure.

 

Thierry Frémaux (directeur général du Festival), Bernard Cazeneuve et Pierre Lescure, 09.05.16

 

Le résultat : son annonce tweetée aujourd'hui, vers midi.

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La veille, un site d'information ultra-sioniste dénommé Le Monde juif avait déjà obtenu la primeur de la nouvelle. 

Non pas auprès de Lescure mais d'"un responsable de la communauté juive cannoise".

Selon ce site, David Lisnard, maire LR de Cannes et co-responsable de la décision, a écrit à Gérard Bavard, président du Consistoire local, pour le rassurer: "La décision de la déprogrammation a été prise à l’issue d’une réunion avec le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui a effectué une revue du dispositif sécuritaire du Festival de Cannes".

Lisnard?

Mardi 10 mai, Panamza avait évoqué ce personnage qui revendique son "lien à Israël" : il est à l'origine du recrutement d'un criminel de guerre israélien pour "sécuriser" le Festival.

Aujourd'hui, après Cukierman, c'est au tour de Béatrice Strouf, employée de l'ambassade d'Israël en France, de fanfaronner en relayant -via son compte Linkedin- l'information du Monde juif : "Festival de Cannes : pas d'apologie du terrorisme !", écrit-elle.

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Yasser Arafat et Nasri Hajjaj

Rappelons ici que le documentaire "Munich : a palestinian story" de Nasri Hajjaj (né en 1951 dans un camp libanais de réfugiés palestiniens) ne figurait même pas dans la sélection officielle du Festival : il était simplement programmé lundi 16 mai dans le cadre du Marché du Film organisé à Cannes en vue du Festival de Dubaï, prévu en décembre.

Nasri Hajjaj, à l'âge de 12 ans

Quel est le fond de l'affaire?

Le documentaire désormais censuré constitue ce que de nombreux commentateurs français de la vie culturelle -de sensibilité sioniste comme propalestinienne- n'hésiteraient pas à qualifier, automatiquement et stupidement, de "complotiste".

D'une durée de 75 mn, le film d'Hajjaj, dont la réalisation a été entamée en 2012 (à l'occasion des 40 ans de la prise d'otages israéliens survenue aux Jeux Olympiques de 1972), se base sur les récits croisés de Jamal et Mohammed, les "deux seuls survivants" du commando palestinien qui fut ultérieurement décimé par le Mossad.

Dans la notice du film, Hajjaj explique avoir abordé ce sujet, non seulement parce que l'un des "feddayins" était son ami d'enfance mais aussi -et surtout- pour donner un point de vue palestinien sur cette affaire, jamais traitée par un réalisateur arabe.

Selon sa version des faits, les forces de sécurité allemandes seraient directement responsables de la mort de 5 des 8 preneurs d'otages palestiniens mais également de celle des 11 athlètes israéliens.

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L'atout d'Hajjaj, un réalisateur qui précise ne pas s'être privé dans son film -contrairement à ce que prétend Cukierman- de "critiquer l'opération" de Munich?

Avoir réussi à recueillir des documents et témoignages inédits qui vont à l'encontre de la version officielle faisant état d'Israéliens sommairement exécutés par des Palestiniens.

Est-ce la raison pour laquelle le Crif et diverses antennes du lobby sioniste ont lancé une campagne de dénigrement à l'encontre de ce film dit "négationniste"?

Rappel : comme l'avait rapporté Panamza, Roger Cukierman avait également exprimé son courroux à l'encontre de la directrice de l'UNESCO en raison d'une récente résolution relative au patrimoine culturel palestinien de Jérusalem. Irina Bokova, patronne de cette institution onusienne basée à Paris, lui avait aussitôt adressé une lettre pour montrer patte blanche.

Aujourd'hui, c'est Lescure, fondateur de la chaîne pseudo-insolente Canal+ et chroniqueur sourcilleux de l'émission C à vous de France 5, qui affiche sa soumis-sion.

Ironie du sort : un autre film sur le même thème avait déjà subi la bronca de la mouvance sioniste. Il s'agit de l'excellent "Munich", de Steven Spielberg. Vivement critiqué par Elie Barnavi, alors ambassadeur d'Israël en France, ce film n'était pas une ode à la gloire des services secrets israéliens mais plutôt un portrait sombre des hommes et des femmes censés servir l'Etat hébreu, quoiqu'il en coûte. Son co-scénariste, Tony Kushner, est d'ailleurs toujours considéré comme un "juif ayant la haine de soi" par plusieurs lobbies pro-israéliens aux Etats-Unis.

Reste dorénavant à savoir si l'information relative à la dernière manoeuvre d'intimidation efficacement opérée par le Crif et ses relais sera commentée sur la place publique ou étouffée, comme à l'accoutumée.

HICHAM HAMZA

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Vendredi 13 Mai 2016


Commentaires

1.Posté par Aldamir le 14/05/2016 12:02 | Alerter
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Cela se passe comme sur les plateaux des différentes émissions des chaines de télévision en France. Le public est invité à assister au spectacle et à applaudir à chaque signal ou injonction. Ils n’auront jamais le droit à la parole, car leur statut est celui de simples figurants et sont persuadés qu’ils ont été privilégiés . C’est ce que le Pouvoir Financier réussit petit à petit à mettre en place pour standardiser l’espèce et lui imposer une voie unique de regard et de pensée. L’effritement de tous les repères et valeurs ainsi que la perte d’identité, s’annoncent déjà pour bientôt malheureusement

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