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La révolte tunisienne entre la rupture et la récupération


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DJERRAD Amar
Vendredi 4 Février 2011

La révolte tunisienne entre la rupture et la récupération
L’Occident s’efforce à faire croire que le soulèvement des tunisiens est
sur le point de s’achever alors que des signes évidents montrent bien qu’il
se prolonge pour éliminer le régime despotique de Ben Ali dans ces moindres
aspects y compris dans ces symboles pour l’instauration d’un autre plus
juste et réellement démocratique. ‘Révolution’ nous semble inapproprié
car ne visant pas de changer le système républicain. Il s’agit bien entendu
de la part de l’Occident d’une diversion visant à faire stopper un
processus qui lui échappe et qu’il craint tendre à contrarier leurs
objectifs et leurs intérêts. C’est bien ces remises en cause qu’il redoute
le plus et non le sort de Ben Ali. Rien de plus simple pour les américains, en
particulier, pour récupérer la situation que de s’engager avec la volonté
populaire en s’employant à la suivre tout en guidant sournoisement le
processus avec ses ‘think tank’ pour détourner les choses à leur
convenance. Ben Ali étant déchu, ils font tout pour l’acculer en concentrant
l’attention sur lui et en focalisant sur ce qui se rapporte aux questions
sociales, les libertés, la corruption, sa fortune personnelle et ce, pour
éviter tout débat sur l’essentiel à savoir l’avenir politique du pays et
surtout pour dissimuler l’origine du régime Ben Ali. Dans un long article
publié sur son site « voltairenet » Thierry Meyssan, analyste politique
français, dévoile l’ingérence américaine qui tente de dévier la révolte
des tunisiens afin de cacher des faits et de préserver des intérêts. On
apprend que l’installation de Ben Ali Président vient d’une volonté des
Etats-Unis et sa perpétuation dans ce poste est le fait des soutiens qu’il ne
cesse d’avoir de la part en particulier de la France, des Etats Unis, de
l’Italie et d’Israël. La dernière visite de Jeffrey Feltman entre dans le
cadre de cette tentative de diversion et de récupération. L’expression
«Révolution des Jasmins» sensée calmer les tunisiens est sortie des
stratèges américains de communication de l’«Albert Einstein Institution de
Gene Sharp» et qu’il s’agit de la même expression qu’avait utilisé la
CIA pour installer Ben Ali au pouvoir en 1987. On découvre que Ben Ali est
formé à la «Senior Intelligence School de Fort Holabird» organisme qui
dépend de la CIA et que dès sa prise de pouvoir, il met en place une
Commission militaire jointe avec le Pentagone tout en laissant l’armée faible
et sans rôle significatif. En revanche, il crée des forces spéciales qui
s’entraînent avec les militaires US. Il ouvre à l’OTAN les ports et
intègre la Tunisie dans le «Dialogue méditerranéen» de l’Alliance.
Constatant que Ben Ali ne maitrise plus la situation, Washington décide de le
lâcher en lui ordonnant - par l’intermédiaire du William Ward de l’Africom
qui contacte un général de l’armée tunisienne - de se retirer, avant que
les tunisiens ne contestent et ne s’attaque en profondeur au régime pour
découvrir et remettre en cause ce qu’ils ne souhaitent pas. C’est Jeffrey
Feltman, membre du Conseil de Sécurité Nationale, qui s’en charge en
particulier pour organiser sa succession en s’aidant des médias. On envoie
des ‘experts’ chargés de canaliser l’insurrection en tentant de jouer sur
les émotions collectives en imposants des slogans à leur convenance, en
‘hackant’ même les sites officiels tunisiens pour déposer les messages de
diversions et de subversions. Le «gouvernement de transition» de Mohammed
Ghannouchi, n’a pas échappé à cette volonté de reconduire le même
système au regard de la composition du gouvernement. L’ingérence américaine
consistait à placer des cadres issus ou ‘agréé’ par la NED (National
Endowment for Democracy ) cet organisme que finance le département d’Etat des
EU qui formerait des «cadres» à l’exercice de la démocratie mais que
beaucoup accusent de servir la CIA dans ses actions de déstabilisation dans le
monde.  
Mais les tunisiens constatant, dans la réalité, que le «benalisme»
persiste, au regard du choix des membres du gouvernement, ils prennent en charge
la situation en passant à la vitesse supérieure en chassant eux-mêmes tous
ceux qu’ils jugent collaborateurs, proches ou symbolisant le régime
népotique déchu. Ce n’est pas encore terminé, mais ce qui est sûr c’est
que les tunisiens sont dans une nouvelle ère; on ne les bernera plus jamais !


Vendredi 4 Février 2011


Commentaires

1.Posté par AS le 04/02/2011 11:51 | Alerter
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