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La proposition de Rice, la réaction de Mottaki



Mercredi 26 Décembre 2007

La proposition de Rice, la réaction de Mottaki
C'est encore à un dialogue avec conditions que la Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice invite l'Iran. Il va de soi que Téhéran rejette une telle proposition, et même à supposer un dialogue sans préalable, la Maison Blanche devra montrer qu'elle s'est écartée de sa politique tendancieuse anti-iranienne. C'est en substance ce que le Ministre des Affaires étrangères, Manoutchehr Mottaki, a affirmé, en réaction aux propos de Condoleezza Rice, qui s'était déclarée prête, lors de sa dernière conférence de presse, en 2007, à rencontrer son homologue iranien, si l'Iran arrêtait d'enrichir l'uranium. La proposition de dialogue de Mme Rice n'est pas une première des autorités américaines, mais il s'agit toujours d'une proposition qui traîne à sa suite le terme lourd de sens de « préalable », vidant la proposition de sa substance. L'apparent accueil favorable des Américains à un règlement diplomatique de l'affaire du nucléaire iranien, ne serait-il pas plutôt un jeu, auquel ils se livreraient, pour se donner une image pacifiste et rejoindre le processus des négociations nucléaires irano-européennes. L'ironie veut que ce soit ce même establishment US, qui joue au grand jour la carte du dialogue, qui n'ait épargné aucun effort, ni pression politique, ni campagne médiatique, pour entraver les pourparlers de Téhéran avec l'Union européenne. Il a, en effet, fait passer au Conseil de sécurité des Nations-unies les résolutions anti-iraniennes 1.696, 1.737 et 1.747, saupoudrées de menaces militaires. Quoique Washington n'ait eu de cesse de faire monter les enchères, ses menaces n'ont eu aucun effet sur la ferme volonté du peuple et des responsables iraniens de suivre, résolus et déterminés, leur chemin. Et les propositions de négociations ne sont que des gestes démagogiques qui mettent en évidence le paradoxe qui est le trait caractéristique de la ligne de conduite de l'administration américaine. En effet, alors que ses autorités se lancent dans des diatribes aux accents pacifiques, elles agissent aux antipodes de leurs propres dires. En l'occurrence, citons le dernier geste pacifique de Mme Rice, qui appelle au dialogue, mais qui, en même temps, parle des efforts de son administration, pour lancer un nouveau projet de résolution censé durcir les sanctions anti-iraniennes. Comment donc expliquer un tel paradoxe dans les actes et le verbe des autorités US ? N'aurait-il pas pour origine les pressions mondiales sur l'administration belliciste de Bush, qui, soucieuse d'alléger ces pressions, a actionné une soupape, en se déclarant favorable à un règlement négocié de l'affaire du nucléaire iranien ! Peine perdue, lorsqu'on se souvient de son bilan !


Mercredi 26 Décembre 2007

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