Néolibéralisme et conséquences

La petite dette qui monte, qui monte ...


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ROBERT GIL
Vendredi 6 Septembre 2013

La  petite dette qui monte, qui monte ...
La dette publique de la France atteignait 91,7 % du PIB à la fin du premier trimestre 2013, selon l’INSEE. Elle s’élevait à 85,9 % fin 2011 et à 90,2 % fin 2012. Comment cela se fait-il ? Est-ce cela le sérieux budgétaire tant vanté par notre gouvernement ? Quelle est cette politique qui aboutit à ce résultat, le contraire de ce qui est escompté et annoncé ?

Lutter contre le déficit public est alors peine perdue. A quoi ça sert que le déficit baisse de 5,3 % en 2011 à 4,8 % en 2012 ? En 2013, le déficit public pourrait atteindre plus de 3,9 % du PIB contre les 3% initialement prévus. Mais la dette publique augmentera alors, de nouveau, de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Pourquoi ? Parce que la prévision de croissance de l’économie a été revue à la baisse et que les recettes fiscales et sociales sont moins importantes que prévues. Les causes de cette baisse de la croissance et de la récession dans laquelle est aujourd’hui plongée l’économie française n’ont rien de mystérieuses. La politique d’austérité budgétaire imposée par le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) pressure l’investissement public. La stagnation des salaires et des prestations sociales infligées par le Medef et la Commission européenne écrase la demande solvable des salariés.

C’est comme un commerçant dont la banque exige de payer des traites à marche forcée au détriment de l’approvisionnement de ses stocks. Son chiffre d’affaire baisse et sa dette augmente au fur et à mesure qu’il la rembourse. Il faut desserrer l’étau usurier des banques privés contre les dettes publiques de l’état, et investir tout de suite, de façon urgente, dans la relance, en un mot, il faut dépenser « plus » (et non pas « moins ») pour nous en sortir.

Pourquoi la gauche s’entête-t-elle dans cette voie ? Quels sont les remèdes proposés par notre gouvernement de gauche ? « Tenir les dépenses publiques » c’est-à-dire réduire de 9 milliards d’euros les investissements de l’Etat et des collectivités territoriales en 2014. Tout ça pour répondre à la « commission » de Bruxelles et aux marchés… (Nous l’avons maintes fois expliqué, c’est comme jeter des steaks aux requins, ça ne les éloigne pas, ils suivent le navire et alors on en arrive à enlever ces steaks de la bouche des passagers…)

L’annonce est de 20 milliards « d’effort structurel » en 2014 : dont 70 % (14 milliards) censés provenir d’économies en dépenses et 30 % d’augmentations de recettes (6 milliards). Le volet dépenses du projet de loi de finances permet de documenter 9 de ces 14 milliards, notamment grâce à une baisse de 1,5 milliard des dépenses de l’Etat, hors charge de la dette et pensions, selon le premier ministre, Jean-Marc Ayrault. On nous explique même que c’est un effort « sans précédent historique » : mais pourquoi s’entêter dans pareille voie si cela nous éloigne des objectifs fixés officiellement ?

Laminer toujours plus la demande solvable en refusant tout coup de pouce au Smic, en gelant la valeur du point dans la fonction publique, en augmentant la TVA le 1er janvier 2014, en n’opposant aucune défense sérieuse aux attaques du Medef contre nos retraites et notre protection sociale nourrit une spirale dégradée…

Tout le monde sonne le tocsin, mais personne ne semble l’entendre au gouvernement, muré dans une politique d’austérité de plus en plus prononcée, de plus en plus voyante et de plus en plus vaine. La priorité donnée au remboursement de la dette accroît non seulement la dette, mais aussi la fracture sociale. Avec son cortège de conséquences politiques, électorales… qui elles mêmes dégradent les rapports de force, lesquels étaient pourtant plus qu’excellents pour la gauche après la victoire complète de 2012.

Le résultat est couru d’avance : le chômage réel (hors stages-parking, emplois provisoires aidés, expulsions des listes) fera un bon en avant, la récession perdurera, les recettes fiscales et sociales diminueront, le déficit public et la dette publique augmenteront. Une nouvelle politique d’austérité sera alors mise en place… Pourtant tout cela, on le savait, a été dit et redit. On a vu les tristes effets de ce genre de politique en Europe du sud. Il faudrait savoir arrêter ici une stratégie qui perd avec une telle frénésie.

D'aprés G.FILOCHE

http://2ccr.unblog.fr/2013/09/05/la-dette-publique-augmente-augmente%E2%80%A6/

Voir également cette petite vidéo : A QUI PROFITE LA DETTE ?

http://2ccr.unblog.fr/2012/11/28/a-qui-profite-la-dette/


Vendredi 6 Septembre 2013


Commentaires

1.Posté par Depositaire le 07/09/2013 10:16 | Alerter
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L'article de M. Filoche est certes très pertinent pour décrire la problématique de la dette en France, comme ailleurs.

Malheureusement, lui comme beaucoup, (la majorité), d'autres ne pose le problème et sa solution qu'en termes d'économie de marché et de politique partisane. On peut assurer ce monsieur, que même en appliquant ses recettes, le problème restera, pour la bonne raison que sa cause fondamentale réside dans la nature même du système économique dans lequel nous sommes ainsi que le monde industrialisé.

Pour dire les choses directement et sans fioriture inutile, ce n'est pas en appliquant l'idéologie du capitalisme prédateur, ce qui est le vrai nom de 'l'économie de marché", selon Galbraith, que l'on résoudra le problème.

Prenons une métaphore : Supposons un renard qui vient manger la volaille des fermiers locaux de façon récurrente. Ces derniers vont le trouver et lui dire : voila M. le renard, nous ne souhaitons pas que nos volailles disparaissent à cause de votre voracité, alors nous vous proposons de ne manger qu'un pourcentage limité de façon à ce que nous puisions toujours disposer d'une quantité suffisante. Les négociations prennent du temps et pour finir un accord est trouvé. Tout le monde est content. sauf, que notre renard, fidèle à sa nature va continuer à manger de façon très conséquente ces volailles fort appétissantes et tant pis pour l'accord avec les fermiers qui n'engagent qu'eux-mêmes Quant à nos fermiers, n'osant pas contrarier le renard il sont forcés de laisser faire, et de plus en plus d'entre eux se retrouvent ruinés car le renard, qui n'est pas le seul avec ses congénères, aura dévoré toutes leurs volailles.

La solution n'est pas de passer un accord avec le ou les renards, mais tout simplement de les chasser de façon à ce qu'ils ne viennent plus jamais dévorer les volailles.

Dans l'économie, c'est pareil. Ce n'est pas en passant un "accord" avec les marchés, entendez par ce terme, les spéculateurs, qui "dévorent" l'économie réelle par leur spéculation effrénée, que l'on sauvera l'économie des pays endettés. Ca ne marchera jamais et d'ailleurs, ça n'a jamais marché. Ce qu'il faut c'est sortir radicalement du capitalisme prédateur et instaurer, élaborer, un autre système économique où ces spéculateurs n'auront aucune place. Ce qui implique d'interdire toute activité spéculative et de mettre hors d'état de nuire toute cette clique d'individus crapuleux et sans scrupules.

Quant à la fameuse "croissance" qui serait la solution si elle pouvait être relancée; encore une autre absurdité et non des moindres. Il y a de quoi rester stupéfait que de voir des gens pourtant intelligents continuer à promouvoir un système aussi manifestement absurde ! Comment peut-on une seconde prôner une croissance exponentielle dans un monde aux ressources limitées ? Un enfant de dix ans est capable de comprendre cela.

Comme je l'ai déjà maintes fois formulé, la question n'est jamais posée par ces tenants de la croissance à tous prix : de quoi vivront les générations futures lorsque toutes les ressources de la planète seront épuisées, la terre polluée et saccagée par les multinationales prédatrices ?

Si on me rétorque qu'un faible taux de croissance permettra à la fois une certaine prospérité, (pour qui ?), tout en limitant l'impact sur les ressources de la planète, je répondrai que ce n'est que de l'enfumage. En réalité, même un taux de croissance régulier de 3% annuel, devra être compris non pas comme un taux de 3%, mais sur dix ans, ce sera 30%, sur vingt ans, 60%, car 3% annuel signifie, 3% de plus par rapport à l'année précédente. Sinon, c'est 3% la première année et 0% les autres années. C'est le principe des pourcentages successifs. Et ceci, les tenants de la croissance à tout prix, se gardent bien de le dire. On ne sait jamais, les gens pourraient bien réfléchir et se poser des questions relatives à l'avenir de leurs enfants.

Quant à la problématique politique partisane, donc de partis, il n'est pas besoin d'une analyse très fine pour voir combien la solution ne peut venir de politiciens professionnels aussi corrompus qu'incompétents complétement asservis au capitalisme prédateur. Selon l'un d'entre eux qui dans un aveu particulièrement cynique, (Chirac), "les promesses n'engagent que ceux qui y croient". Que peut-on attendre de cette classe d'individus aussi crapuleux que corrompus ? Rien de bon. Donc, au final, c'est tout un projet de société qui est à élaborer et il y a urgence. Car avec leurs guerres prédatrices ces gens pourraient bien entrainer l'humanité dans une catastrophe qui risque de détruire toute vie sur Terre.

Voila l'essentiel de ce qu'il faut retenir de cet article et de ses implications.

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