Lobbying et conséquences

La médecine basée sur des preuves : un stratagème de marketing



Vendredi 19 Juillet 2013

La médecine basée sur des preuves : un stratagème de marketing
La médecine basée sur des preuves (Evidence-Based Medicine) est un peu plus qu’un stratagème de marketing. Tant JAMA (Journal de l’Association Médicale Américaine) que la Collaboration Cochrane (***)  sont d’accord pour reconnaître que peu de choses réalisées en médecine clinique ont quoi que ce soit à voir avec des preuves. On cache les études quand celles-ci ne donnent pas les résultats escomptés, et ce qui est publié a tendance à être sélectif. Le résultat est que les patients sont systématiquement traités sur base de ce que Big Pharma propose à la vente. 

 
Il y a environ deux ans « Gaia Health » avait prédit que les plans de JAMA et de la Collaboration Cochrane ne mèneraient nulle part… et c’est exactement ce qui semble s’être passé. Voici ce qui a été dit à l’époque :
 
Le prestigieux Journal de l’Association Médicale Américaine et la Collaboration Cochrane ont conjointement et officiellement conclu (quoique tacitement) que la médecine fondée sur les preuves n’existe pratiquement pas. Pour pallier à ces lacunes, Ils ont suggéré que des changements volontaires soient apportés dans la manière dont les études médicales sont rapportées
 
L’article de JAMA sur le sujet « Un modèle de diffusion et d’analyse indépendante des données de l’industrie », commence par cette phrase :
Chaque jour, des patients, ainsi que leurs médecins sont amenés à prendre des décisions pour des traitements alors qu’ils n’ont accès qu’à une fraction des données pertinentes de la recherche clinique.
 
La déclaration de Cochrane : «  La Collaboration Cochrane qui soutient l’accès gratuit à toutes les données de tous les essais cliniques » déclare : Souvent, il se produit une déclaration sélective des résultats (des essais)  qui conduisent à des conclusions exagérées des effets bénéfiques des interventions de soins de santé et à une sous-estimation de leurs méfaits. En conséquence, de nombreux patients sont traités, sans le savoir, au cours d’interventions qui ont peu ou pas d’effet et qui pourraient  inutilement nuire à leur santé. Cette situation est contraire à l’éthique. Il a été précisé qu’elle violait le contrat implicite entre les chercheurs en matière de santé et les patients. (Le but de la recherche étant essentiellement l’amélioration de la santé des futurs patients).
 
Gaia Health se félicite de cette reconnaissance par JAMA et Cochrane. Toutefois les deux journaux suggèrent des approches totalement différentes pour résoudre le problème. JAMA se contente de suggérer l’engagement volontaire de l’industrie, tandis que Cochrane propose des lois musclées. Pour Gaia Health, ni l’un ni l’autre ne vont assez loin.
 
Le vrai problème
 
Comme Gaia Health n’a cessé de le répéter, la soit disant médecine factuelle (Evidence-Based Medicine) ne correspond en rien à la réalité. Les études sur lesquelles se base ce concept ne sont souvent guère autre chose que des truquages destinés à produire les résultats souhaités par ces firmes. Souvent, les conclusions ne correspondent pas aux preuves apportées. Pourtant, tout ceci ne représente en fait que la pointe émergée de l’iceberg. Comme JAMA et Cochrane l’admettent, la plupart des données ne sont même pas fournies !
 
Néanmoins, nous sommes sensés accepter et croire les allégations de Big Pharma et des médecins au sujet de l’efficacité et de la sécurité de leurs traitements. Maintes et maintes fois, généralement après qu’un nombre incalculable de personnes aient vu leur santé endommagée ou soient décédées, nous finissons par constater que les allégations des firmes étaient complètement fausses. L’exemple le plus souvent cité est celui du Viox qui a tué des dizaines de milliers de personnes.
 
Cependant, le cas de la thérapie de substitution hormonale (THS-Traitement Hormonal Substitutif)  est beaucoup plus flagrant. Nous n’avons pas encore fini de compter les mutilations et les décès que cette « thérapie » a provoqués, alors que l’incidence des cancers invasifs du sein n’a cessé d’augmenter. Le traitement hormonal de substitution (THS)  a été lancé après qu’une étude frauduleuse ait prétendu qu’il réduisait les risques de nombreuses maladies, y compris les attaques cardiaques et le cancer. La prescription de la THS dans la réalité avec prescription d’oestrogènes et de progestérone à  des millions de femmes a pu montrer que ce traitement augmentait (entre autres) l’incidence de ces maladies.- La science frauduleuse de pacotille rapporte évidemment d’énormes dividendes.
 
 
Les solutions proposées
 
La solution de JAMA
 
La solution de JAMA propose une coopération volontaire de l’industrie médicale. En surface, cette proposition semble plutôt relever du spectacle. Plus important encore, cette proposition continue à maintenir les données elles-mêmes bien loin du public, tout en n’en permettant l’accès qu’à ceux qui répondent à des critères internes mis en place par un « organisme de coordination indépendant ». Comment pareil « organisme de coordination indépendant » serait mis en place et qui en ferait partie n’est évidemment pas divulgué. Il s’agit là d’une grave lacune.
 
La FDA (Food & Drug Administration) est censée être indépendante, ainsi que les NIH (National Institute of Health) et le CDC (Centres Américains de Contrôle et de Prévention des Maladies). On est cependant obligé de constater qu’il n’en est rien. Toutes ces institutions ont d’énormes liens financiers avec Big Pharma. Gaia Health ne croit vraiment pas que pareilles institutions puissent être indépendantes de Big Pharma. S’il faut ajouter à cela le fait que seules les personnes qui ont été nommées par ces organisations auraient accès aux données, ce serait en fait Big Pharma qui en tirerait un maximum de profits, tout en donnant l’apparence d’une parfaite légitimité à ses produits.
 
La Solution Cochrane
 
La Collaboration Cochrane  propose une solution plus acceptable. Ils demandent que les données de toutes les études soient accessibles à tout le monde, sans frais, y compris sous format électronique. Ils suggèrent également que les gouvernements votent des lois qui exigent la libération de ces données dans l’année qui suit la fin d’une étude randomisée. Bien que la proposition semble excellente, elle ne va pas assez loin. :
 
  • Cette proposition ne concerne que les essais randomisés qui ne représentent en fait pas la totalité des essais cliniques. Cette proposition permet à un nombre significatif d’études et de tests de passer par les mailles du filet. Gaia Health peut facilement imaginer l’émergence d’un nouveau paradigme pour contrer cette proposition : il serait, par exemple, possible d’imaginer que l’on décrète que la meilleure source d’éléments de preuves soit, en fait, tout autre chose que des essais randomisés.
  • En second lieu, il s’agit d’attendre la fin de la phase randomisée des essais. Or, Il arrive que cette phase dure plusieurs années, alors que les premiers rapports sont souvent publiés à partir d’études incomplètes. Par conséquent,  une méthode simple de contourner cette loi consisterait à  ne jamais terminer officiellement une étude.
  • En troisième lieu, le fait d’attendre une année pour fournir les données réelles permettrait à de moins bons produits d’être commercialisés avant qu’ils n’aient été correctement étudiés….
 
Cochrane ne fait aucune suggestion que Gaia Health accepterait sans réserve. Ils suggèrent cependant que des sanctions soient prises à l’égard de ceux qui ne fourniraient pas les données requises.
 
La partie la plus importante et la plus digne d’intérêt des suggestions de Cochrane est le fait de permettre un libre accès aux données pour tout un chacun. Ces suggestions impliquent également, même si elles ne le spécifient pas explicitement que les études dont les résultats seraient contraires à ceux qui seraient attendus soient divulgués, de même que toutes les données y ayant trait.
 
Qui l’emportera : JAMA ou Cocherane ?
 
 Dans l’ensemble, en prenant cependant en compte les exceptions reprises ci-dessus, Gaia Health se réjouit des suggestions faites par la Collaboration Cochrane.
Pareille ouverture ne pourrait que bénéficier au public et peut-être commencer à mettre fin à ce fléau d’une science de pacotille. Malheureusement la Collaboration Cochrane ne va pas assez loin pour en finir car, ses propositions ne suppriment nullement la possibilité que Big Pharma récupère la situation par des voies détournées. La simple astuce permettant de redéfinir ou d’attribuer d’autres noms à des études randomisées risquerait de réduire à peu de chose l’approche de Cochrane.
 
Est-ce que les propositions de Cochrane seront acceptées ? La chose est peu probable tant que c’est l’argent de Big Pharma qui risque de faire emporter la décision.
 
Mais, du fait que la corruption  dans le monde de la science médicale devient de plus en plus évidente, l’industrie va se trouver dans l’obligation de se remuer pour donner l’impression  qu’elle fait quelque chose.
 
S’ils peuvent s’en tirer avec une approche marketing du problème, ils ne rateront pas l’occasion. Mais selon toute vraisemblance, nous verrons apparaître un système volontaire qui continuera de permettre que des données soient camouflées et que seules les études qu’ils auront choisies  pourront être soumises à une analyse pseudo indépendante . Un tel système serait sûrement accueilli avec fanfare et grand spectacle pour donner l’impression que tout va pour le mieux. En peu de temps cependant, la merveilleuse solution ne pourrait finalement s’avérer qu’être une nouvelle tentacule de Big Pharma.
 
http://gaia-health.com/gaia-blog/2013-07-17/evidence-based-medicine-a-marketing-ploy/

(***) La Collaboration Cochrane est une organisation à but non lucratif indépendante qui regroupe plus de 28 000 volontaires dans plus de 100 pays. Cette collaboration s'est formée à la suite d'un besoin d'organiser de manière systématique les informations concernant la recherche médicale. De telles informations consistent en des preuves scientifiques pour la prise de décision médicale, fondées sur des essais cliniques bien menés. La collaboration a pour but de regrouper des données scientifiquement validées de manière accessible et résumée. Elle conduit des revues systématiques (méta-analyses) d'essais randomisés contrôlés d'interventions en santé .[] Ces travaux sont publiés dans la bibliothèque Cochrane. La collaboration a gagné des relations officielles avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en janvier 2011 en tant qu'organisation non gouvernementale.


Vendredi 19 Juillet 2013


Commentaires

1.Posté par Olivier CHAILLOT le 22/07/2013 13:39 | Alerter
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Que dirait on si l'on décidait que les loups présidaient à la fixation des règles régissant la chasse aux brebis ? ou que les banquiers en faisait de même pour réguler le monde de la finance ? ... Notre monde aurait il perdu le sens du contrôle démocratique de l'action publique ? Vous plaisantez ?
Une piste de solution pourrait être de "tirer" les citoyens vers le haut ? mais là, il y a du travail ! tant que les guetteurs en charge d'avertir d'un dysfonctionnement sont muet, ou s'adresse à ceux qu'ils sont censés avertir dans une langue étrangère ...
Comment développer l'esprit critique collectif ? comment intéresser ceux qui ne se sentent pas concernés ou impuissant ? comment redonner envie de comprendre pour agir ?
Cordialement

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