Histoire et repères

La lutte de la Princesse Nazli pour le respect des libertés publiques en Turquie


Par Hatem Karoui
Ecrivain et journaliste

Dans son article titré « Perception de l’Autre en Egypte et en Tunisie au XIXème siècle : l’émergence d’un nouveau paradigme » (1), l’historien Khalifa Chater passe en revue les rapports de force entre le monde islamique et les puissances occidentales au début du XIXème siècle et constate qu’ils sont désormais favorables à ces dernières. La Tunisie et l’Egypte s’étaient en effet lancées dans une politique de modernisation pour tenter de faire face en empruntant dans de nombreux domaines à l’Occident. On retrouve cette volonté politique dans les théories des réformateurs : chroniques, relations de voyages… tels Kheredinne, Ibn Dhiaf et al-Jabartî. La perception de l’autre ne doit pas en revanche donner lieu à l’aliénation de l’autre mais bien situer les domaines où l’autre peut être imité ou pris pour exemple et par ailleurs savoir détecter les manœuvres et les tentatives de domination coloniale.
De là il faut situer l’apport de la princesse Nazli au mouvement nationaliste tunisien à la fin 19ème siècle et au début du 20ème. Cette dernière a en effet été largement influencée avant son établissement en Tunisie par ses séjours en Europe et à Paris en particulier où elle a « importé » le modèle des salons parisiens pour en faire des copies au Caire et à Tunis. Pour son origine aristocratique et turque Nazli a été critiquée. On l’avait suspectée d’avoir noyauté les mouvements nationaux en Egypte et en Tunisie menés par des représentants du « crû ». Avait-elle appuyé le mouvement « Jeune Tunisien » personnalisé par sa première tendance incarnée par Béchir Sfar, ou favorisé sa seconde tendance personnalisée par Ali Bach Hamba ? La question est posée…
La Princesse Nazli avait été en outre très sensible à l’influence de Napoléon Ier en Egypte …Peut-être était-ce parmi les facteurs qui l’avait induite à entreprendre son périple et son projet de séjour en Tunisie ? Ses séjours préalables à Paris, mais aussi à Londres, à Rome et dans d’autres capitales européennes l’avaient en effet convaincue de la supériorité du modèle de développement occidental, notamment au niveau de l’exercice des libertés publiques et l’avaient profondément marquée et séduite.
La valorisation de l’occident des nombreux modèles transposables devait venir selon elle à travers la traduction, notamment à travers l’étude des nouvelles sciences et les réformes de l’enseignement pour l’éloigner de la pure analyse des préceptes religieux et grammaticaux…Pour elle il ne fallait surtout pas oublier que le monde musulman avait périclité le jour où il avait cru se couper du reste du monde, de se dispenser de son savoir et de ne pas profiter de ses connaissances, en fermant les portes de l’interprétation et celles de la traduction.
Le terrain où Nazli se distinguait par rapport l’occident, se situait probablement au niveau des préceptes moraux, facteurs d’enracinement de l’identité musulmane. Pourtant des contemporains lui avaient parfois attribué un comportement dévergondé, l’accusant d’organiser des orgies avec les officiers anglais tel Cromer et Kitchener. En fait elle avait fait la part des choses entre sociabilité, modernité d’un côté et relâchement moral de l’autre et l’historien tunisien Aboulkacem Kerrou, qui lui avait consacré une biographie l’avait réhabilitée. Il pensait qu’elle était un modèle de vertu en en donnant pour preuve qu’elle avait fait la distinction au cours de son séjour parisien entre les Tunisiens modérés dans leur vie et leur comportement et ses propres compatriotes qu’elle accusait de toutes les tares et de tous les défauts…et que plus tard elle avait épousé l’un des plus beau fleurons de la bourgeoisie tunisoise : Khalil Bouhajeb, fils du célèbre Cheikh Salem Bouhajeb ; qui était plus tard devenu Ministre, Cheikh Médina et Premier Ministre sous le règne de de deux Beys successifs (Mohamed Habib Bey et Ahmed Bey). D’où une illustration de la thèse que Nazli n’adhérait pas à toutes idées de l’occident et surtout pas à ses dérives.
Par contre, tirant en particulier les leçons de la démocratie exercée en Europe, c’est la notion de totalitarisme pratiqué par les Sultans Ottomans, dont Abdulaziz (2) qui avait évincé son père Mustapha Pacha pratiquement détrôné avant l’heure du Khédivat d’Egypte, que Nazli avait combattue. Elle avait poursuivi la défense de ses idées en luttant pour les imposer à son successeur Abdulhamid en Turquie.
En fin de compte, et dans le contexte de l’époque marqué par la montée des colonialismes et le déclin de l’empire ottoman Nazli a su se frayer un chemin pour essayer de déceler les tares qui accentuaient les dépendances du monde musulman par rapport à l’occident. Elle percevait bien que ce dernier n’était pas animé de vœux pieux et que sa « mission civilisatrice » cachait bien sûr des visées impérialistes mais en même temps elle n’exonérait pas le pouvoir musulman de ses torts et de sa responsabilité dans l’aboutissement à cette situation défavorable…
Nous reproduisons ci-après la traduction de l’Arabe d’un article révélateur de la lutte de Nazli pour le respect des libertés publiques en Turquie de Walieddine Yakin qui a notamment été Premier Ministre en Egypte Khédiviale. Ce dernier avait beaucoup côtoyé la Princesse Nazli. Il dit dans un passage de son livre, qu’il avait consacrée à la Princesse :


hatemelkaroui@gmail.com
Jeudi 8 Avril 2010

La lutte de la Princesse Nazli pour le respect des libertés publiques en Turquie
« Le cadre de mon livre ne permet pas de reproduire la biographie de la méritante princesse et nous ne voulons pas à travers elle illustrer les pages de ce dernier. Je ne voudrais pas non plus ici répéter la description de ses actions dont s’honorent les braves telle qu’elle a été diligentée par les autres écrivains. Mais je me rappelle d’une infime partie de ce qui lui est arrivé lors de d’une visite à l’Astana parce que je n’en étais pas éloigné. J’aurai voir faire imprimer sa photo au début de cet article mais les orientaux en général et les Ottomans en particulier n’y sont pas habitués. Il a aussi dans les cœurs un tel fanatisme que mon travail en rendu encore plus difficile et va m’attirer les foudres des critiques. En raison de cela j’ai renoncé à interpeller la princesse dans les domaines que j’aurai souhaité aborder. Que son image reste par conséquent sur son piédestal, qu’elle soit adulée dans le cœur des admirateurs de sa contribution et que les traces qu’elle a laissées s’expriment quand ses thuriféraires et zélateurs se taisent….

 Oui, la princesse a affronté délibérément la personnification distinguée l’oppression et sur sa tête la couronne de l’autorité suprême et dans le mouvement de ses lèvres la souffrance des hommes et leur joie. Mais ni sa magnificence ne l’a impressionnée et ni sa force et son pouvoir ne l’ont subjuguée. Elle lui est apparue dans sa belle image et dans son âme pure comme un miroir du soleil éclairant les vues sans que personne ne puisse le fixer.

C’était comme si l’âme de son père l’accompagnait chaque fois qu’elle était présentée aux prises du roi injuste et c’était comme si l’âme de son père l’instruisait sur ce qu’elle allait dire à l’ennemi de son père et l’ennemi des enfants libres.

 Je me rappelle à ce propos la traduction en Arabe d’un ouvrage en langue turque que la princesse a adressé à Abdulhamid : Il lui était laissé au travers de la gorge et l’avait fait suffoquer et allait rester une preuve contre lui dans la rédaction de son histoire jusqu’à la fin de l’humanité sur terre.

 Le livre a été envoyé à partir du Caire le 22 octobre 1896 quand elle avait entendu qu’Abdulhamid était furieux contre du fait qu’elle avait assisté à quelques réunions du congrès des jeunes Turcs qui s’était déroulé ces jours-ci à Paris. Les délations qui le montaient contre la princesse s’étaient alors succédé auprès d’Abdulhamid. La preuve en était pour les conspirateurs dans l’incrimination de Nazli qu’il ne convenait pas suivant les principes islamiques qu’ils voyageassent au pays des chrétiens et fréquentassent les ennemis du Calife. Si Dieu les avait doté du moindre degré de discernement et de justice qu’il prodiguait à ses créatures, les femmes qui l’ont précédée et suivie l’auraient glorifiée et auraient dit que celle qui a discouru devant les gens le jour du dromadaire, n’a pas été muselée et ceci avait entraîné que le sang avait coulé. Mais comment alors aurait été interdite de parole celle qui a assisté à un congrès dont le but était de libérer la patrie des mains de son tortionnaire ?
 
La lettre adressée par la princesse à Abdulhamid d’après le journal Hizam qui était publié par mon frère Youssef Hamdi contient: 

 Le Caire, 22 octobre 1896
 Mon Roi,
 J’ai lu avec un grand regret dans les journaux européens parus cette semaine que votre Honorable Majesté était très furieuse contre moi. Et j’ai su que la raison de votre colère était ma présence au congrès (jeunes Turcs) tenu à Paris.  
 Pour cela, veuillez m’autoriser de vous donner le fond de mes pensées à ce sujet.
 Le courroux turc dont je suis l’objet n’est pas une affaire récente mais il se poursuit depuis quatre années et s’il faut distinguer parmi ceux sur qui cette ire se porte, il est facile de déterminer l’identité du groupe dont il faudra que je fasse nécessairement partie. Mais ma présence aux actes de ce congrès n’est pas pour moi axée sur la recherche de la notoriété. Il s’agit d’un ordre impérieux imposé par tout besoin inné.

 Que votre Majesté se souvienne avoir dit un jour au regretté Khalil Pacha Chérif (3) :« je suis adepte de la parole de vérité ». Le regretté m’avait fait un jour part de l’heureuse annonce royale et nous nous sommes tous promis depuis cela de ne pas laisser de côté la parole de vérité.
 J’ai lu ce que ce congrès a publié depuis longtemps et j’ai pris connaissance des motions élevées à l’attention royale. Et quand ces publications avaient utilisé la parole de vérité pour décrire l’image de destruction qu’avait laissé apparaître la monarchie j’ai cru utile d’assister à son déroulement quand j’ai séjourné à Paris.
 Et j’y ai perçu de la part de tous le bon accueil, la bienvenue et l’extrême égard à ma personne princière, à la Nation et au peuple et j’ai vu que tous pleuraient sur l’état de la patrie qui est au bord du précipice. Ceci m’a bouleversée et je me suis rappelé que votre Majesté était férue de la parole de vérité. Et j’ai pensé qu’hélas il avait été distrait de cette passion. Mais mon cœur s’est attaché à la promesse que j’avais donnée à Dieu et j’ai été convaincue que l’amour éphémère disparaissait mais que l’engagement persisterait par sa présence.
 Quand j’ai visité l’Astana il y a quatre ans, quelques favoris m’ont recommandé de présenter à Votre Majesté une requête où je reconnais mes torts. Mais comme je n’ai pas connaissance d’une faute que j’aurais déjà commise je n’y ai pas donné suite.
 La politique de votre Majesté avec les Anglais a changé et le soutien que j’ai pu obtenir grâce à l’intermédiation du regretté Sir Henry Layard
(4) a disparu et je jouis avec soulagement des bons offices des Anglais à mon endroit pour obtenir l’approbation de votre Majesté. Bien plus, je rends grâce à Dieu aujourd’hui de votre mécontentement à mon égard, et dans mon éloignement des bouleversements observés dans l’Astana, de la misère connue par le peuple, du sang des déshérités qui a coulé, qui ont été égorgés comme le sont les animaux sacrifiés et de la voix et des cris de ceux qui ont été dépouillés de leurs biens, je trouve un grand réconfort et je remercie Allah de m’avoir évité d’y être confrontée….Et je continuerai par conséquent à agir dans le sens du décret royal qui m’a été transmis par le gouvernement égyptien…tant que je serai en vie.
 Mais je ne me ferai pas un héraut appelant à la longue vie de sa Majesté et à la pérennité de son royaume ni ne me ferai un chantre priant pour que lui revienne son amour pour la parole de vérité. C’est le destin divin de mettre fin au malheur d’aujourd’hui comme on se réveille d’un cauchemar. Il redeviendra alors heureux et comblé et retrouvera son peuple dans le summum de l’union et de la liberté. Son peuple n’attend rien d’autre de lui que d’être un père affectueux. Peut-être que j’ai dépassé les limites et me suis mal exprimée. Je ne mesure pas l’effet de ce que j’ai l’honneur d’exposer. Que votre Majesté soit convaincue que les paroles de son esclave la plus fidèle ne seraient pas différentes des mots que ma plume écrit. Et que votre Majesté veuille bien croire que ma lettre n’a été rédigée qu’avec la foi la plus sincère et le dévouement le plus total.

 La fille du regretté Mustapha Pacha l’Egyptien  Votre serviteur  Nazli 

C’est une princesse qui a hérité des qualités de son père comme elle a hérité de sa gloire, dont les semblables résident à l’ombre des palais, démunies des attributs princiers et dans une totale dépendance, qui vole de ses propres ailes dans le haut du ciel au dessus de sa patrie et l’irradie de lumière !!! C’est vraiment la première d’orient et la première des dames voilées (5). 

 La lettre de la princesse est parvenue aux mains de Abdulhamid et combien de lettres a-t-il reçues n’a provoqué en lui aucune réaction et auxquelles il n’a accordé aucun intérêt ! Dieu l’a dotée (Nazli) d’une âme qui ne saurait être du sang d’Abdulmajid (6). Elle ne peut être que d’une âme étrangère à la porte, c’est l’âme d’une étrangère à la grandeur, aveuglée par la vérité et brûlée par chimères. Il s’agit d’un diable animant un corps qui ne bénéficie de nulle grâce accordée par Dieu. Quand il a lu l’écrit il a été atteint par une grande fureur, son visage s’est rembruni et il a acquis les caractéristiques d’un cannibale. Si la Princesse était auprès de lui au moment où ses paroles avaient résonné dans ses oreilles, il aurait enfoncé en elle ses ongles et ses canines, mais au lieu de cela l’instrument sa vengeance s’est résumée à celui accordé par Dieu aux impuissants parmi les couards. Il a eu envers elle un sentiment de haine incommensurable que le temps ne peut enlever de son cœur. Néanmoins il ne cesse de lui adresser des invitations chaleureuses à venir à l’Astana lui promettant tout le bien jusqu’à ce qu’elle y eut accédé en 1898 environ.

 La Princesse s’est présentée à l’Astana et y a élu domicile chez le Général Ahmed Jaleleddine. Le Sultan l’a ensuite invitée à Yoldoz et lui a accordé une hospitalité conforme à l’affection qu’il semblait lui vouer.

Et quand elle était retournée en Egypte il avait pensé qu’elle lui était désormais acquise et que s’il le voulait l’utiliserait pour combattre ses ennemis, ceux qui appelaient à la liberté…  Il a cependant été déçu de constater que ses prévisions avaient été contredites et a regretté de l’avoir laissée lui échapper après avoir pensé qu’elle était à sa merci…mais c’était trop tard. La nouvelle de la fureur d’Abdulhamid envers la princesse a atteint un tel point que ses hommes ont eu peur de la nommer au Palais chaque fois qu’elle était citée dans l’un des journaux européens.

 J’ai failli passer de vie à trépas le jour où j’ai écrit à la Princesse une missive que je lui ai fait parvenir à partir de l’Astana après son départ. Je ne sais pas comment les espions ont en eu connaissance et en ont fait part à Abdulhamid. Heureusement il n’y avait rien de politique : Et il m’a causé d’être alors interrogé sur les raisons qui me poussaient à écrire à la Princesse. J’ai dit quand on m’avait posé la question que nous étions très apparentés et très proches ; elle était le tronc et j’étais la branche. Notre lien avec son regretté père a duré tout le temps où ont vécu mon père et mes oncles et nous restons fidèles à cette amitié selon la volonté de Dieu.

 Ce qui est par ailleurs surprenant dans la politique de Abdulhamid, c’est que les auxiliaires de ce dernier eux-mêmes avaient envers lui une attitude hypocrite pour lui subtiliser des offrandes et des dons. Leur grande majorité lui mentait dans les informations qu’elle lui rapportait. Elle prétendait qu’elle disposait des nouvelles de la Princesse et que cette dernière était épiée pour leur permettre de lui communiquer ses secrets et Abdulhamid le croyait.

 Et sans une adresse et une subtilité dont disposait la fille de Mustapha Fadhel, et sans une amitié sincère du Général Ahmed Jalel Eddine, les doigts crochus de l’injustice aurait saisi ce cœur généreux, l’auraient atteint et auraient eu raison de lui…Mais elle a conjuré chaque menace et bravé chaque défi et est venue en laissant Abdulhamid se morfondre dans son échec de ne pas être parvenu à la vaincre (7) ».

 Notes
 1)    Cahiers de la Méditerranée [En ligne], vol. 66 | 2003, mis en ligne le 21
juillet 2005. URL : http://cdlm.revues.org/index105.html  
 2)    Le Sultan Abdulaziz a été retrouvé mort (Assassinat ou suicide?) en
1876. Murad V lui a succédé. Le règne de ce dernier fut le plus court de l'histoire ottomane. Il fut remplacé puis emprisonné par son frère Abdülhamid II à la suite d'une crise de folie qui ne se révéla que passagère. Il vécut donc en prisonnier jusqu'à sa mort, soit durant environ
28 ans, dans le palais de Çiragan. La romancière et journaliste française Kenizé Mourad (Kenizé de Kotwara-Mourad) descend de lui par sa mère Selma Sultane, princesse turque, membre de la Dynastie ottomane petite-fille du sultan Mourad V, mariée à un rajah indien. (Voir "De la part de la princesse
morte")
 3)    Le premier époux de Nazli. Leur mariage intervient en 1873. En juin 1876,
un an après la mort de son père, son mari est nommé par Abdulhamid II, Ministre de la justice de l’Empire Ottoman, peu de temps après l’abdication du Sultan Abdulaziz (et sa mort la même année). En 1877 il est encore nommé par le Sultan Abdulhamid Ambassadeur à Paris
 4)    Ambassadeur d’Angleterre à Constantinople (1877-1880)  
 5)    Une autre image pour désigner les femmes orientales  
 6)    L’un des Sultans réformateurs et fondateurs de l’Empire Ottoman dont
sa dynastie s’enorgueillissait  
 7)    Extrait du livre « Al Maâloum Wal Majhoul » (Le su et le non su) P.
155-160 Impression 1909
 
 Hatem Karoui



Jeudi 8 Avril 2010


Commentaires

1.Posté par Ulysse le 08/04/2010 22:53 | Alerter
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Aller voir dans ce contexte le mardi 13 avril 2010 à partir de 19h00 à l'espace Sophonisbe Carthage la rencontre animée par Hatem Bourial intitulée "Istanbul dans la littérature"

2.Posté par Nostradamus le 08/04/2010 23:44 | Alerter
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Je viens de voir récemmet la présentation par Nelly Amri à la Librairie Art Libris d'un livre (en arabe) sur le mouvement Soufi. Je sais que Nazli s'intéressait aussi au Soufisme et aux Saints tunisiens tels que Sidi Ben Arous, Sidi Belhassen et Sidi Brahim Riahi. Dans quelle mesure concilie-elle le religieux pur avec l'exercice de ce dernier? Fait-elle une séparation entre le politique et le religieux? Son séjour en Tunisie a été ponctué par la visite des sanctuaires des Saints et des Marabouts, mais l'important est de savoir comment elle les jugeait...Une femme qui parait aussi engagée politiquement ne peut que leur donner une configuration culturelle participant au renforcement de l'identité sans plus...

3.Posté par Vidocq le 14/04/2010 04:41 | Alerter
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Il faut se rappeler toutefois qu’Istanbul et la Turquie ont constitué à travers l’histoire un sanctuaire pour les réformateurs et les nationalistes tunisiens. Ainsi le Général Kheireddine a-t-il été nommé en 1878/1879 Grand Vizir de l’empire Ottoman et a ce titre a peut-être contribué à la chute du Khédive Ismaïl d’Egypte en conseillant le Sultan Abdulhamid II et en le poussant à l’écarter. A cet égard Nazli bien que critiquant le Sultan a peut-être été rétablie indirectement dans ses droits après l’évincement de son père Mustapha Pacha du pouvoir par son frère qui y a fait changer avec la complicité du Sultan par firman royal l’ordre de succession du trône d’Egypte.
Plus tard lorsque Ali Bach Hamba a été condamné à l’exil en 1912 après les remous qu’il a occasionné à l’ordre colonial établi et sur l’instigation du Résident Général Alapetite il a également été accueilli à bras ouverts par la Capitale Turque et par le mouvement Jeunes Turcs dont il s’était déjà inspiré pour créer le mouvement « Jeune Tunisien » en Tunisie.

4.Posté par Alex le 20/04/2010 15:13 | Alerter
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Je vous conseille vivement la lecture du superbe ouvrage de Nazli Hafsia (éd. Sagittaire) intitulé : "La Princesse Nazli Fadhel en Tunisie, une figure moderniste". Ouvrage paru en avril 2010 à Tunis. Un régal !

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