RELIGIONS ET CROYANCES

La fraternité musulmane : fondements et obstacles



Vendredi 21 Mars 2014

La fraternité musulmane : fondements et obstacles

L’islam est venu construire la société saine, de même qu’il est venu construire l’individu sain. Or, la société saine que l’islam est venu construire est fondée tout d’abord sur la fraternité musulmane. Dieu dit : « Les croyants ne sont que des frères » (49 : 10). Ainsi, les croyants ne peuvent être que des frères les uns des autres. S’ils ne ressentent pas cette fraternité, s’ils ne la concrétisent pas entre eux, ils doivent remettre leur foi en question car leur foi est certainement défaillante, puisque le croyant est le frère du croyant, et le musulman est le frère du musulman.

Cette fraternité musulmane sur laquelle est fondée la société musulmane est fondée sur des éléments fondamentaux :

Premièrement : l’égalité :

L’islam est venu éradiquer tous les facteurs qui ont divisé les êtres humains. Il est venu proclamer cette vérité : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux » (49 : 13)

En effet, le Créateur est le même pour tous, la matière dont tout le monde est créé est la même : d’un mâle et d’une femelle. Pourquoi les uns manifestent-ils donc une quelconque supériorité sur les autres ? Point de distinction si ce n’est par la piété. Mais, la piété est relative au cœur. Elle honore le pieu uniquement auprès de Dieu. Il n’appartient à personne de dire : je suis pieu, honorez-moi pour ma piété. Et d’ailleurs, le pieu ne dit pas de lui-même qu’il est pieu, et le Messager de Dieu, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, dit : « la piété est ici » en indiquant sa poitrine.

Ce verset déclare que les distinctions sociales ne sont pas fondées sur l’origine ethnique mais sur l’utilité commune et les qualités humaines. Le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, dit : « Le meilleur des hommes, est le plus utile aux hommes » (rapporté par ad-Daraqotni).

Lors de son pèlerinage d’Adieu, en s’adressant à la masse des pèlerins, il dit : « Ô hommes ! Votre Seigneur est Un, et votre père est un. Nul préférence n’est accordée à l’arabe par rapport au non arabe, ni au non arabe par rapport à l’arabe, ni au noir par rapport au rouge, ni au rouge par rapport au noir, qu’en fonction de la piété » (rapporté par al-Bazzar).

Tous les humains s’associent dans la servitude à Dieu. Tous sont les enfants d’Adam, pourquoi certains se sentiraient supérieurs aux autres ? Nul ne pourrait revendiquer une quelconque supériorité à raison d’une filiation, d’une richesse, d’une ethnie ou d’une couleur.

Deuxièmement : l’amour :

Si je suis ton frère et si tu es mon frère, nous devons nous aimer les uns les autres. Je suis une partie de toi et tu es une partie de moi, ce qui te réjouit me réjouit et ce qui t’affecte m’affecte. Je me réjouis lorsque qu’un bien te touche, et je m’attriste lorsqu’une épine te pique. Telle est la fraternité. Tel est l’amour.

Le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, a exprimé ceci en disant : « L’un de vous ne serait véritablement croyant jusqu’à ce qu’il aime pour son frère ce qu’il aimerait pour lui-même » (rapporté par al-Boukhari et Mouslim). Par conséquent, le véritable croyant n’aime pas pour son frère ce qu’il n’aimerait pas pour lui-même. Ainsi, si tu aimes la richesse pour toi-même, aime-la pour ton frère. Si tu aimes le savoir pour toi-même, aime-le pour ton frère. Si tu aimes la discrétion pour toi-même, aime-la pour ton frère. De même, si tu n’aimes pas l’échec pour toi-même ni pour les tiens, ne l’aime pas pour ton frère ni pour les siens. Si tu n’aimes pas la médisance à ton encontre, ne l’aime pas à l’encontre de ton frère. Si tu n’aimes qu’on dévoile tes défauts, ne dévoile pas ceux de ton frère.

Le degré inférieur de la fraternité est le fait d’avoir un cœur sain vis-à-vis de ton frère ; un cœur pur de toute animosité, de toute jalousie et de toute rancœur.

Puis le musulman s’emploiera à développer cette fraternité et cet amour jusqu’au plus haut niveau de la fraternité qui est l’altruisme : faire passer ton frère avant ta propre personne, faire passer ses besoins avant tes propres besoins, lui offrir ce dont tu as besoin, veiller pour qu’il dorme, te fatiguer pour qu’il se repose, ainsi étaient les compagnons du Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui. C’est ainsi que Dieu a décrit les médinois : « qui les préfèrent à eux-mêmes, mêmes s’il y a pénurie chez eux » (59 : 9). On décrivait, d’ailleurs, les médinois en disant : « Ils étaient nombreux dans l’adversité, peu dans la convoitise ».

Lors de la bataille d’al-Yarmouk, un certain nombre de musulmans furent grièvement blessés. Al-Harith ibn Hichem demanda à boire. Lorsqu’on lui apporta de l’eau, il vit ‘Ikrima ibn Abou Jahl, il dit : « Donne-la à Ikrima ». Lorsque ‘Ikrima prit l’eau, il vit ‘Ayyash ibn Abi Rabi’a, il dit alors : « Donne-la à ‘Ayyash ». A son tour ‘Ayyash dit : « Donne-la à al-Harith ». Avant que l’eau ne parvienne à al-Harith, ce dernier mourut. ‘Ikrima mourut également avant que l’eau ne lui parviennent, de même que ‘Ayyash.

Telle est la fraternité. La fraternité est égalité, la fraternité est amour …

Troisièmement : l’unité :

La fraternité est également unité. L’islam est fondé sur la parole de l’unicité et sur l’unicité de la parole. Mon frère et moi, nous sommes qu’un. Il nous est interdit de nous diviser. Dieu dit : « Et cramponnez-vous ensemble au « habl » (câble) de Dieu et ne soyez pas divisés ; et rappelez-vous le bienfait de Dieu sur vous : lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères » (3 : 103), « et nous vous disputez pas, sinon vous fléchirez et perdrez votre force » (8 : 46)

L’unité est une exigence de la fraternité. Nous ne devons pas nous divisons, et l’unité exige d’oublier ce qui nous sépare et de se rappeler de ce qui nous unit.

Il n’y pas de mal à ce que nos avis divergent, mais nos cœurs doivent restés unis. Notre qibla est la même, notre Seigneur est le même, notre Prophète est le même, notre Livre est le même, nos actes d’adoration sont les mêmes, notre législation est la même : « Cette communauté, la vôtre, est une seule communauté, et Je suis votre Seigneur, craignez-Moi donc » (23 : 52).

Quatrièmement : L’entraide :

La fraternité implique l’entraide. Le frère doit aider son frère. Comment serais-je ton frère et serais-tu mon frère si l’un n’aide pas l’autre dans les moments difficiles ? Dieu dit : « Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété » (5 : 2).

Aide ton frère comme tu le peux si jamais il a besoin de ton aide matérielle ou morale. Ne fais pas économie de tes biens, de ta personne et de ton temps pour lui venir en aide. Tu es un soutien pour ton frère, de même qu’il est un soutien pour toi : « Le croyant est pour le croyant telle une construction dont les pierres se soutiennent les unes les autres » (rapporté par al-Boukhari et Mouslim)

Cinquièmement : L’assistance mutuelle :

La fraternité exige de porter assistance à ton frère lorsqu’il te la sollicite. Le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, dit : « Le musulman et le frère du musulman, il ne fait pas preuve d’injustice envers lui et ne l’abandonne pas » (rapporté par al-Boukhari) Le musulman ne commet pas d’injustice à l’encontre de son frère. L’injustice est prohibée, même à l’encontre d’un non-musulman. Il ne l’abandonne et ne le délaisse pas dans les moments critiques. « Les croyants sont à l’image d’un même corps. Si l’un de ses membres souffre, c’est tout le corps qui souffre » (rapporté par al-Boukhari et Mouslim). La fraternité implique donc une unité physique. Le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, dit : « Assiste ton frère, qu’il soit oppresseur ou opprimé » Les compagnons dirent : « Nous l’assistons certes s’il est opprimé, comment l’assister s’il est oppresseur ? » Etant donné les valeurs que l’islam leurs a inculqués, les compagnons s’étonnèrent des propos du Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui. Assister l’opprimé relève du bon sens, mais comment assister l’oppresseur ? Le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui : « En l’empêchant de commettre l’injustice, cela est pour lui une assistance » (rapporté par al-Boukhari). En effet, lorsque tu empêches ton frère de commettre une injustice, tu l’as aidé à combattre son âme incitatrice au mal, à lutter contre ses passions, contre son instinct et contre son démon.

Ton véritable frère est celui qui est constamment à tes côtés, qui nuit à sa propre personne pour ton bien, et qui lorsque les moments d’adversité te brisent, se disperse pour te rassembler.

Sixièmement : L’indulgence :

L’indulgence est l’un des éléments constitutifs de la fraternité sur laquelle l’islam a fondé la société musulmane. Pardonne à ton frère, maintenir les liens avec ceux qui les ont rompus, donne à celui qui a refusé de te donner, offre à celui qui t’a privé, pardonne à celui qui fait preuve d’injustice vis-à-vis de toi, fais du bien à celui qui t’a fait du mal, fais preuve d’indulgence à l’égard de l’insolent. N’agis avec les gens avec réciprocité. Ne réponds à la mauvaise action par une mauvaise action. Sois indulgent avec tes frères à l’instar du verset : « Repousse le mal par ce qui est meilleur ; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux » (41 :34). On interrogea Anas ibn Malik, que Dieu l’agrée, au sujet de ce verset : que signifie-t-il ? Il dit : « C’est un homme qui lorsque son frère l’insulte dit : « Si tu dis vrai, que Dieu me pardonne, et si tu mens, que Dieu te pardonne ».

Les obstacles de la fraternité :

Il y a des obstacles qui altèrent la fraternité ; des obstacles internes, psychologiques et des obstacles externes.

Les obstacles internes de la fraternité :

Premièrement : l’égoïsme :

L’égoïsme est la pire des choses qui puisse toucher l’être humain. Le Moi. Le fait dire : Moi, et que périsse le monde.

Sache que tu es une partie d’un tout. Tu es un membre d’un corps, tu n’as de vie que par la vie du groupe. Tu es faible par toi-même, fort par tes frères. Tu dois donc fondre dans la société telle une bougie qui fond pour illuminer autour d’elle. Il n’y a pas de place à l’égoïsme en islam. Le musulman n’est pas égoïste.

Deuxièmement : le chauvinisme :

Faire preuve de chauvinisme pour sa famille, sa tribu, son quartier, sa ville, son pays, son courant de pensée … ce chauvinisme ne fait pas partie de l’islam. Le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, dit : « Ne fait pas partie de nous, celui qui appelle à un chauvinisme. Ne fait pas partie de nous, celui combat par chauvinisme. Ne fait pas partie de nous, celui qui meurt pour un chauvinisme » (rapporté par Abou Daoud)

Troisièmement : L’arrogance :

Le fait que l’être se considère supérieur aux autres. Avoir une extrême considération de soi et mépriser les autres. Accorder une excessive importance pour son action tout en méprisant l’action des autres. L’arrogant est tel un homme qui se tient au sommet d’une montagne : il voit les gens petits, mais les gens le voient également petit. Le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, dit : « Il suffit à quelqu’un pour être mauvais de mépriser son frère musulman » (rapporté par Mouslim).

Quatrièmement : la conjecture et la suspicion :

Parmi les fléaux qui ont touché la société figure la conjecture et la suspicion alors que Dieu dit : « Ô vous qui avez cru ! Evitez de trop conjecturer sur autrui car une partie des conjectures est péché » (49 : 12). Ne pense que le plus grand bien de ton frère. Interprète ce qu’il fait de la meilleure des façons. Interprète ce qu’il dit de la meilleure des façons. Pourquoi l’accuser de ce que tu ne ferais pas ? Pourquoi supposer que sa foi est plus faible que la tienne ? Lorsque ‘Aïsha fut calomniée, L’épouse d’Abou Ayyoub al-Ansari dit à son mari : « As-tu entendu ce qu’on dit sur ‘Aïsha ? » Il dit : « Oui, et c’est du mensonge, le ferais-tu, ô Oum Ayyoub ? » « Non, par Dieu, répondit-elle, je ne pourrais pas le faire » Il dit alors : « ‘Aïsha est meilleure que toi ! » Si chacun pensait vraiment que son frère n’est pas moins pieux ni scrupuleux que lui, cela mettrait certainement fin à la conjecture et à la suspicion.

Les obstacles externes de la fraternité :

Il existe des obstacles externes qui déchirent la fraternité et qui anéantissent tout rapport fraternel entre les musulmans. Il s’agit de facteurs qui divisent la communauté que certains suscitent de temps à autre. Dans chaque société, dans chaque pays on crée des facteurs de division sur des bases religieuses : musulmans et chrétiens. S’il n’y a pas de facteurs religieux, on suscitera des causes raciales : Arabes et Kurdes, Arabes et berbères, des causes géopolitiques : le Nord et le Sud, comme au Soudan, ou des causes idéologiques : celui-là est un Frère Musulman, celui-ci est salafi, l’autre est tabligh, l’autre est soufi, l’autre est ash’arite, l’autre wahhabite …

Malheureusement, nous les musulmans, nous sommes très réceptifs à ces facteurs destructeurs et si nous sommes divisés, c’est parce que nous sommes divisibles.

Cette division est inacceptable. Nous partageons tous la même religion, la même foi. Notre objectif à tous est Dieu, notre modèle est le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, et notre voie est la voie de notre Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui. Nous sommes tous des frères en dépit de nos divergences. Travaillons ensemble dans ce qui nous unit, respectons nos divergences et que les uns portent aux autres un amour fraternel.

http://havredesavoir.fr/



Vendredi 21 Mars 2014


Commentaires

1.Posté par Depositaire le 22/03/2014 11:24 | Alerter
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Voici un texte qui arrive au bon moment et qui est d'un rappel très salutaire. Tous les musulman(e)s sont frères (et sœurs). Alors tous ces massacres en Irak, en Somalie, en Libye, en Syrie, entre musulmans, quelques soient les prétextes invoqués, ne sont que de la fitna ! Prétendre qu'il faut massacrer d'autres musulmans parce que leurs rites et modalités de pratique religieuse ne sont pas conformes aux nôtres n'a rien à voir, ni de près, ni de loin, avec l'Islam !

Maintenant, je voudrais rectifier un point qui est une traduction d'un terme, qui même si elle est communément admise , n'est pas vraiment conforme au sens du mot. Il s'agit du terme "croyant".

Ce mot traduit le terme arabe : "mu'min". Or si on dit que le mu'min est un "croyant", on devra alors admettre que le "muslim", ne l'est pas !?

Muslim, traduit par "musulman", ce qui n'est pas une traduction mais une transcription francisée de "muslim", signifie "soumis à Dieu". Un muslim n'est pas un mu'min. Mais néanmoins, il pratique les cinq piliers de l'Islam.

Alors question : s'il pratique ces cinq piliers, c'est que forcément il croit en Dieu, sinon on ne comprendrait pas pourquoi il le fait. Alors on peut sans hésiter le qualifier de "croyant".

Dans ce cas, comment traduire "mu'min" ? Très simplement par "celui qui a la foi". Et on rappellera en passant, que la foi n'est pas la simple croyance. C'est beaucoup plus que cela.

Le Coran dit clairement en s'adressant aux bédouins : ô vous les bédouins ne dites pas que vous êtes "mu'minun" ! Dites : "nous sommes muslimun", car la foi n'a pas encore atteint vos cœurs !

Rappelons les définitions de base : La Soumission à Dieu (Islam) c'est le fait d'obéir à Dieu en ce qu'Il a ordonné, interdit et voulu. La Foi (Imân) c'est le fait d'avoir foi en Dieu, en Ses Anges, Ses livres, Ses envoyés, au Jour du Jugement et à la prédestination. Et enfin, l'Excellence, (Ihsan) c'est le fait d'adorer Dieu comme si on le voyait et que si on ne le voit pas, certes Lui, Il nous voit. (Ce qui implique une certitude).

De ce fait, on voit bien les différents degrés qualitatifs dans le culte à Dieu. Mais en même temps, comment un muslim peut-il bien appliquer les bases de l'islam s'il ne croit pas ? C'est absurde !

Donc, conclusion, on ne peut pas continuer à traduire mu'min par "croyant. C'est une restriction. Ce n'est pas parce que des ignorants ont institutionnalisé cette traduction qu'elle est juste.

Il y aurait, en ce sens, toute une traduction du Coran qui serait à refaire, tellement les traductions existantes sont mauvaises, et parfois certains versets sont traduits dans un véritable contre sens.

Exemple : Denise Masson traduit les mots suivants : "En-naby el ummiy" par : "le prophète des incrédules". Ce qui est un contre sens. Ces mots signifient exactement : le prophète ummi, qui est vierge de tout savoir , de toute connaissance autre que celle de Dieu. On traduit plus généralement par "prophète illettré". mais cette notion est péjorative et de plus, c'est pris dans le sens de quelqu'un qui est vierge de tout savoir. Et si le Prophète (SSP) ne savait ni lire et écrire, ou en tout cas très difficilement, c'était une chose assez courante à son époque. Donc le sens est plutôt à chercher dans l'idée qu'il n'avait de savoir et de connaissance que par Dieu. Ce qui rehausse sa valeur.

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