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La fissure entre la Russie et l'Occident ne pourra que s'agrandir (Gazeta)


Le revirement à l'Est est le principal vecteur de la politique étrangère de Moscou. Il a été provoqué davantage par le pétrole et le gaz que par de nouvelles inclinations géopolitiques. Le mot de passe de la nouvelle politique a été révélé par Vladimir Poutine à Riyad: la Russie et l'Arabie saoudite sont des "partenaires stratégiques".


Gazeta
Mercredi 14 Février 2007

Une déclaration d'importance fondamentale, qui indique l'existence de priorités nouvelles qui récemment encore auraient été considérées comme des gestes démonstratifs de menace à l'adresse de l'Occident. Il semble bien que maintenant il s'agit de quelque chose de bien plus sérieux qu'une démonstration.

Jusqu'à présent l'Arabie saoudite ne figurait pas parmi les partenaires stratégiques de la Russie. Ce pays avait contribué à l'effondrement de l'URSS, un événement que Vladimir Poutine a qualifié de principale tragédie du XXe siècle. En 1982, sur la demande des Etats-Unis, Riyad avait accru sa production et ses livraisons de brut sur le marché mondial. Le résultat est connu: à partir du milieu des années 1980, les prix du pétrole ont dégringolé. Ce qui pour l'URSS a été un coup quasi mortel.

Maintenant une nouvelle configuration se met en place: un "partenariat stratégique" avec l'Arabie saoudite, une "OPEP du gaz" toujours plus perceptible regroupant les plus grands producteurs de ce combustible: Russie, Turkménie, Iran et Qatar. Bien sûr, il n'est pas question de la constitution formelle d'un cartel, mais les livraisons et les prix seront assez étroitement concertés.

La fissure évidente qui s'est produite dans les rapports de la Russie et de l'Occident ne pourra que s'agrandir. Pour Moscou, le fait que les consommateurs de son gaz et autres produits énergétiques sont contraints de passer par lui devrait contenir le développement de la crise patente. Ce pourrait être effectivement le cas, seulement le jeu pourrait se terminer plus tôt qu'on ne le pense à Moscou. Car il est évident que dans sa politique énergétique l'Arabie saoudite est autosuffisante et que par dessus le marché elle entretient de longue date des liens diversifiés (y compris militaires et personnels au niveau des dynasties au pouvoir) avec les Etats-Unis et l'Occident. Si l'Arabie saoudite est aussi un partenaire stratégique pour la Russie, il est douteux que l'inverse soit valable. Parmi les membres d'une OPEP du gaz on voit prédominer des pays proscrits et la fraternisation avec eux ternira l'image de la Russie en tant que partenaire sûr, et pas seulement en qualité de fournisseur de produits énergétiques.


Mercredi 14 Février 2007

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