ANALYSES

La fin prochaîne de l'électronucléaire



Oskar Lafontaine
Lundi 26 Mai 2014

La fin prochaîne de l'électronucléaire

Les réalités financières et technologiques abattent l'électronucléaire

La simple observation de ce qui se déroule actuellement sur le front (chaud) de la production d'électricité dans le monde, démontre amplement que le nucléaire, ou plutôt l'électronucléaire, c'est-à-dire la production d'électricité à partir de la fission ou même de la fusion du noyau atomique, n'a plus aucun avenir, car non concurrentielle face au photovoltaïque surtout.
Pars ailleurs l'évolution technologique conduit inexorablement, toujours pour des raisons financières, à l'abandon des réseaux électriques, smart (intelligents) ou non.
Le nucléaire ancien, donc amorti financièrement, peut encore faire illusion quelques années de plus, mais les coûts très élevés de ses indispensables replâtrages et rafistolages l'ont déjà condamné, et même en France, cette réalité financière s'impose, la déclaration officielle et récente, d'un Directeur de l'Energie, au ministère de l'Ecologie, annonçant l'arrêt possible d'une vingtaine de réacteurs d'EDF d'ici 2020-2022, pour éviter les coûts de leur restauration, déclaration largement passée inaperçue, sauf dans la presse économique, est tombée comme une condamnation. EDF avait annoncé 1 milliard d'€ de travaux indispensables par réacteur, et il y en a 58, mais d'autres estimations avancent plutôt des coûts de 1 à 3 milliards d'€, sinon 4. Et plus les réacteurs tournent, plus ils produisent de déchets, dont la gestion, l'enfouissement, ont un coût élevé, 35 milliards d'€ pour le trou de Bure par exemple, qui sera vite insuffisant....si on parvient à l'achever un jour !
Le nucléaire neuf pour sa part est d'un coût tellement élevé, plus de 8 milliards par réacteur, sinon plutôt 9, qu'il n'est plus concurrentiel du tout, ni avec l'éolien terrestre, voire offshore, ni surtout avec le photovoltaïque, déjà dans les zones ensoleillées, Italie, Espagne, Portugal, Provence en France, et avant dix ans, par ses prix en baisse, il aura monté vers le nord, dans notre hémisphère, au moins jusqu'à Stockholm.
L'autoconsommation se développe, en Allemagne et Japon notamment, et elle permet d'éviter de lourds investissements pour renforcer les réseaux. Car du montant de la facture pour un particulier, le transport de l'électricité c'est 50% du prix et les taxes, que l'on évite en autoconsommation, c'est 20% de plus en France. Pratiquement cela signifie que si le stockage d'une vingtaine de kilowattheures issus du photovoltaïque, n'en double pas le prix de revient, stocker devient automatiquement plus avantageux que l'usage permanent du réseau....Or on y est parvenu et les prix du stockage individuel ne cessent de baisser, d'où l'inévitable condamnation à terme des réseaux.
Un seul chiffre, jamais communiqué, permet déjà une comparaison électronucléaire-photovoltaïque parlante, c'est celui du watt de production installé, c'est-à-dire le prix d'investissement de base nécessaire, avant les frais de fonctionnement, combustible notamment, et l'amortissement du capital, pour pouvoir produire un watt de puissance.
Pour l'EPR en fin 2016 au mieux, ce sera exactement 5,1 €, si le prix de la construction n'augmente pas encore d'ici là, ce qui est assez probable, et pour le photovoltaïque, à la même date ce sera, selon la CRE, l'organisme public officiel en charge de conseiller le gouvernement sur les questions énergétiques et les prix de l'électricité et du gaz, 1,72 €. C'est-à dire trois fois moins, rien qu'en prix d'investissement de départ. Comme le fonctionnement du réacteur nécessite de l'uranium, intégralement importé, et beaucoup de personnel sur place, plus bien entendu un plus gros montant d'investissements, trois fois plus qu'en photovoltaïque, à amortir et sur une période bien plus longue, dix ans au lieu de 2 seulement ou même moins pour une ferme solaire, il n'y a plus photo, l'électronucléaire a perdu, même en produisant, sur une même période de temps, jusqu'à 4 fois plus d'électricité que le photovoltaïque pour la même puissance installée.
Et surtout l'électronucléaire n'a aucune perspective d'amélioration de ses coûts de production pour au moins 20 ans encore avec l'actuelle technologie, alors que le photovoltaïque, qui a vu ses prix divisés par cinq en sept ans, prévoit encore de diviser par deux ce qui reste d'ici cinq à dix ans.
Je crois que bientôt je pourrai sabler le champagne !


Lundi 26 Mai 2014


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