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La file d’attente derrière Moubarak


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Andreï Fediachine
Vendredi 4 Février 2011

La file d’attente derrière Moubarak

Après la Tunisie, des émeutes ont éclaté en Egypte et au Yémen. On dit que les suivants sont l’Algérie, le Maroc, la Jordanie, l’Iran, la Syrie, l’Arabie saoudite, le Soudan, la Corée du Nord, la Biélorussie, le Tadjikistan… Le nombre de dirigeants susceptibles de se retrouver dans la position de Moubarak, de pays sur le point d'imiter l’Egypte ou la Tunisie donne la chair de poule: tant de changements sont à venir. Et bien sûr avec les effusions de sang comme corollaire obligé. Surtout en Afrique (notamment de culture arabe).

Chaque année, quelqu’un, quelque part, établit la liste des autocrates, des tyrans, des dictateurs les plus endurcis qui seront déchus sous peu, demain ou dans six mois, qui seront renversés tôt ou tard. Tout ne se réalise pas. Mais ces listes sont tenues à jour régulièrement.

La dernière liste des "condamnés" au renversement a été publiée par le magazine américain Time.

Dix personnalités: Hosni Moubarak, le président yéménite Abdullah Saleh, le chef d’Etat nord-coréen Kim Jong Il, le président iranien Mahmud Ahmadinejad, le président soudanais Omar el-Béchir, le chef d’Etat zimbabwéen Robert Mugabe, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le roi saoudien Abdallah, le président biélorusse Alexandre Loukachenko et le président tadjik Emomalii Rahmon.

Arrêtez les "suspects habituels"

La méthode d'établissement de ces listes des "plus exécrables" évoque un épisode du magnifique classique du cinéma Casablanca avec Humphrey Bogart. A la fin, lorsque le chef de la police française, après le meurtre d’un commandant allemand, ordonne en soupirant: "Arrêtez les SUSPECTS HABITUELS."

Depuis longtemps, dans le monde il y a beaucoup de "suspects habituels." Leurs noms voyagent entre les listes. Et ce genre de listes de dictateurs subit très peu de changements. Globalement, la liste complète est laissée à la guise de l’expert (si c’en est un), elle dépend de ses opinions politiques, de l’époque politique et de l’origine de l’auteur. Mais dans l’ensemble, au cours des 5 dernières années elle a peu changé.

Désormais, tous les regards étant tournés vers l’Egypte, le Maghreb (tout ce qui est à l’Ouest de l’Egypte) et tout le Proche-Orient, il conviendrait de s’arrêter sur les "suspects" de la "ceinture islamique" de la région cités ci-dessus.

Le roi Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud est peu susceptible de connaître le sort du président tunisien Ben Ali (d’ailleurs, le roi saoudien a pris sous son aile l’exilé tunisien) ou le sort inévitable de Hosni Moubarak. Bien sûr, tout monarque, est par définition un autocrate avec un penchant pour la dictature, c'est un axiome. Mais compte tenu du niveau de vie au royaume (bien supérieur  à l’Egypte ou à la Tunisie), la mentalité de la population, l’autorité de la famille royale, la rigueur du régime et la stabilité, les "troubles égyptiens" sont peu susceptibles de survenir dans ce pays. Tout n’est pas rose en Arabie saoudite, les libertés et les droits sont restreints, mais pas à ce point.

Quant au président algérien (depuis 1999) Abdelaziz Bouteflika, il pourrait devoir faire face non pas à une révolte sociale égyptienne, mais à une insurrection islamiste. Quelques années auparavant, le pays était en état de guerre civile, et le gouvernement a dû annuler les résultats des élections générales, car les représentants des partis islamistes radicaux avaient remporté la victoire. Or leur arrivée au pouvoir aurait fait reculer le pays loin en arrière. Dans les pays du Maghreb (l’Algérie, la Mauritanie, le Maroc, la Tunisie) les groupes rebelles islamistes, qui luttent ouvertement contre les régimes laïcs, sont relativement puissants.

Le club des "amis américains"

Fait surprenant et souvent "oublié" ou délibérément passé sous silence: la guerre contre les régimes de ces pays, soutenus par les Etats-Unis, est menée par les mouvements qui ont quitté les groupes et les rangs des moujahids, créés, armés et financés par les Américains à l’époque de "l’expédition" soviétique en Afghanistan. Et Al-Qaïda elle-même en tire également son origine. En dépit de la tentation de blâmer la seule Maison Blanche pour l’apparition et la mise en place de tels dictateurs et mouvements islamistes radicaux, il faut reconnaître que ce phénomène aurait eu moins d'ampleur sans la "guerre en Afghanistan." Et bien que la responsabilité de l’URSS soit bien inférieure à celle des Etats-Unis, elle n’est pas totalement innocente pour autant: à l’époque, seulement deux pays suffisaient pour "danser le tango."

D’ailleurs, à l’exception d’Ahmadinejad, la partie islamiste de la liste du Time n’inclut que des amis de Washington. Pas de Barack Obama personnellement, mais des Etats-Unis. Et il faut maintenant réfléchir au moyen de se débarrasser de ses amis en créant un minimum de dommages collatéraux. Les Etats-Unis se sont cassé les dents sur une telle amitié à maintes reprises (en Amérique centrale et latine, tous les dictateurs sans exception ont été formés par les Etats-Unis), mais l’expérience ne sert pas de leçon.

Le président soudanais Omar el-Béchir (depuis 1989) commence à rencontrer les mêmes problèmes qu’en Egypte. Il ne fait pas partie des amis américains. Du moins, aujourd'hui. De plus, il est le seul parmi les présidents actuels à être accusé de génocide dans la province soudanaise du Darfour et à être sous le coup d'un mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale. Mais le Soudan (en été, il s’apprête à se scinder en deux Etats, le Sud devient indépendant), après près de 40 ans de guerre civile continue, n’aura certainement pas assez de force pour une révolte.
Le président yéménite Abdullah Saleh (au pouvoir depuis 32 ans) a déjà tiré les conclusions des événements en Egypte, a libéré les opposants politiques, les journalistes et déclaré qu’il ne se présenterait pas à la présidentielle en 2012. L’opposition considère Saleh comme une marionnette de Washington. En effet, le Yémen remplit le rôle de puissante base de soutien des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme dans la région. A vrai dire, cela n’empêche pas Saleh de rester en contact avec les islamistes radicaux, dont Al-Qaïda.

L’opposition anti-Ahmadinejad croît également non pas sans le soutien de Washington. Les Iraniens sont clairement fatigués de la "gouvernance des ayatollahs" et de l’isolement international du pays. Mais le président iranien n’a pas à craindre une révolte populaire dans l’immédiat.

Etrangement, le Pakistan ne fait partie de la liste. Le pilier de soutien des Etats-Unis dans la guerre en Afghanistan et en Irak. Or, le Pakistan est actuellement le maillon le plus faible, et son régime est le premier candidat au renversement. Des régions toutes entières du Nord-Ouest du pays ne sont plus contrôlées par le gouvernement, elles appartiennent aux islamistes radicaux et aux partisans du mouvement taliban, qui, d’ailleurs, a été également armé et financé par les Etats-Unis. Le Pakistan est bien plus susceptible d’être frappé par les changements qu’Alexandre Loukachenko en Biélorussie. Après tout, pendant de longues années le pays a vécu sous la dictature militaire d’un "ami particulier" de la Maison Blanche, le président Pervez Musharraf.

Ainsi, la file d’attente derrière l’Egypte n’est, en fait, pas si longue. Et ce sont surtout des alliés des Américains qui en font partie.



Ce texte n’engage pas la responsabilité de RIA Novosti



Vendredi 4 Février 2011


Commentaires

1.Posté par Guide suprême iranien appelle à un régime islamique en Egpte le 04/02/2011 18:50 | Alerter
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TEHERAN - L'Iran a appelé vendredi les Egyptiens à poursuivre leur révolte jusqu'à l'instauration d'un régime islamique, estimant que les pays arabes étaient en train de suivre "le modèle iranien" qui a abouti à la révolution islamique de 1979.

Les événements actuels en Egypte et en Tunisie constituent un "signe du réveil islamique" dans le monde, a affirmé vendredi le guide suprême d'Iran, Ali Khamenei, dans un discours prononcé en persan puis en arabe à la prière du vendredi à l'université de Téhéran.

"Ne reculez pas avant l'instauration d'un régime populaire fondé sur la religion", a lancé l'ayatollah Khamenei en s'adressant, en arabe, au peuple égyptien.

Il a ajouté que "le clergé devrait jouer un rôle, notamment en soutenant la population lorsqu'elle vient dans les mosquée en criant des slogans" hostiles au pouvoir égyptien, à l'image de ce qui s'était passé en Iran lors de la révolution islamique de 1979 dont Téhéran célèbre cette semaine le 32eme anniversaire.

L'ayatollah Khamenei a également appelé l'armé égyptienne à "rejoindre le peuple". "L'ennemi principal de l'armée est le régime sioniste, pas le peuple", a-t-il affirmé.

"Notre révolution a réussi à devenir un modèle", a affirmé le numéro un iranien. "Cela fait 30 ans que, progressivement, cette idée s'est implantée dans l'esprit des nations, et on voit son apparition aujourd'hui dans ces pays du nord de l'Afrique".

Les mouvements actuels dans le monde arabe constituent "un vrai tremblement de terre", et pourraient entraîner "un échec irréversible de la politique américaine dans la région", a ajouté l'ayatollah Khamenei en attaquant violemment le président égyptien Hosni Moubarak, "valet des sionistes (...) et des Américains", et l'ex-président tunisien Ben Ali, "lié à la CIA".

C'est pourquoi "les Israéliens et les ennemis sionistes sont les plus inquiets de ce qui se passe (...) car ils savent que si l'Egypte cesse d'être leur alliée, ce sera un événement considérable dans la région", a-t-il souligné.

"Les autres peuples nous regardent, et pour eux (l'acquis) le plus important (de la révolution iranienne) est notre indépendance politique et notre résistance face aux ennemis", a-t-il encore estimé.

"Les ennemis ont fait des erreurs qui nous ont aidés, notamment en disant dans l'affaire nucléaire que l'Iran devait reculer", a-t-il poursuivi dans une allusion au bras de fer entre les grandes puissances et l'Iran à propos du programme nucléaire iranien controversé.

"Cela fait sept ans qu'ils font pression, mais deux choses sont devenues claires pour tous les peuples: l'Iran a fait des progrès sans retour (dans le domaine nucléaire, ndlr), et malgré toutes les pressions des Etats-Unis et des autres, l'Iran n'a pas reculé", a-t-il ajouté en évoquant les sanctions internationales sévères frappant le pays.

L'ayatollah Khamenei a également estimé que la nation iranienne était devenue un "modèle" en raison de son "attachement à la démocratie", à la "justice sociale" et à la "lutte contre l'oppression" (ndlr: les Etats-Unis) partout dans le monde musulman.


2.Posté par leila le 04/02/2011 20:28 | Alerter
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Le guide suprême d'Iran, Ali Khamenei, a accusé vendredi le président égyptien Hosni Moubarak, confronté à une contestation populaire sans précédent, d'être «le valet des sionistes et des Etats-Unis», dans un discours en arabe consacré aux révoltes en Egypte et en Tunisie. L'Egypte a «été pendant 30 ans aux mains de quelqu'un qui a été l'ennemi de la liberté le valet des sionistes», a affirmé le numéro un iranien.


3.Posté par malek le 06/02/2011 23:13 | Alerter
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Khamenei me fait rire quand il parle de liberté.autant je soutiens l'Iran dans sa lutte pour ses droits nucleaires ,autant je trouve ridicules les dirigeants de Teheran quand ils parlent de liberté.ce pays est geré par des tyrans.

4.Posté par gjingis le 06/02/2011 23:00 | Alerter
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nous avons vévu les deux régimes communiste et capitaliste les deux ont fait un echec total .l un a été investit par une dictature militaire surveillée par la garde ouvriere
l autre qui est le capitaliste mort et enterré par madolf et Cnie en 2008

certainnement ni les européens ni les autres ne courent derriere ces régime surtout pas l escroc capilaliste.
donc si les peuples se rapprochent de l islame ,c est ligitime et le plus naturel du monde.

il est preferable de vivre sous un régime islamique que d etre empoisonné par les chemtrails pharmacies,grandes surfaces etc..........
sans ajouter la speculation comme plat de resistance

5.Posté par padre - pardone le 09/02/2011 00:32 | Alerter
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la monarchie alaouite sanguinaire et criminele au maroc activement sutenue par les sionistes et la france le trafic de résine de canabis rapporte plusieurs milliard de dollars par an au regime des tyrans alaouites avec les services secrets francais complices. d´innombrable cas de torture avérés, des prisons en sous-sol avec traitement inhumain. un taux d´alphabétisation trés bas, une pauvreté affligente,un trafic d´enfants en recrudescence un arrosage constant de la classe politique francaise qui masque mal une démocratie de facade. quant au rôle des conseillers sionistes de m6 qui ne merite pas le nom de mohamed. il faut savoir que le sultan bâtard ne sait ni parler, ni lire ni écrire...! toutes les décisions et les discours lui sont directement ou indirectement préparés par le sioniste azoulay.

6.Posté par PeaceForce le 09/02/2011 00:44 | Alerter
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Cet article n'est que du vent, allez oser mettre l'Iran dans ce qui passe actuellement montre une stratégie de manipulation profonde. L'Iran n'a absolument rien à voir les autres pays Arabes. L'Iran ayant une avance considérable par rapport aux pays Arabes.

Cet article veut classer l'Iran comme un pays Arabe, et dans la lignée des dirigeants actuels des despotes Arabes corrompu jusque dans leur âme. Bien sûr que l'Iran est de loin un pays exemplaire, mais que dire des pays Arabes encore arriérés ?

Je n'irai pas le commenter plus, sauf rappeler que l'on sait que les dernières élections en Iran n'étaient en aucun cas truqué, les élections se sont déroulés en bonne et due forme. Les Sionistes ont tout fait pour fausser les résultats des élections. Enfin, les quelques signes de protestations de la soit-disant jeunesse Iranienne était un plan de la CIA, destiné à renverser le pays par une révolte populaire, astuce dont ils restent les maîtres incontestés (cf. Amérique Latine, Afrique Noire).

7.Posté par Hijack le 13/02/2011 23:48 | Alerter
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L'Iran d'Ahmadinejad ... je ne vois aucun rapport avec les autres ...

L'Iran n'est pas soumis au sionisme, ni au diktat US. IL y a quelques opposants on sait qui les pousse, mais la majorité soutient son gouvernement. IL ne faut pas tomber dans les pièges ... notamment celui tendu par BHL.

Une révolution en Iran ... serait la bienvenue pour Israël et viendrait détruire les révolutions egypto/tunisienne.

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