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Il ne fait pas bon, dans la région la plus nucléarisée de France, avoir la libre opinion que le nucléaire tue. Il ne fait pas bon, entre Tricastin, le Teil, Marcoule et Cadarache, dire que le géant Areva fonde sa puissance sur une industrie de mort. Les membres de la Coordination antinucléaire du Sud-Est, dont la vaillance  est inversement proportionnelle aux moyens, en font l'amère expérience : quoique  ce Collectif qui se bat contre le lobbying du groupe et l'omerta qui en découle n'ait  pas de hiérarchie, un de ses membres est mis en examen par le juge Aïda Traoré  pour "diffamation publique envers un particulier" sur plainte d'Areva.

Le géant du nucléaire, qui voudrait figurer dans les cœurs entre Haribo et Disney tant au Japon ou au Niger qu'à l'ombre du Tricastin, démontre ainsi une fois de plus son amour de la transparence et de la liberté d'expression.

Sur_un_fil.jpg.jpg Une nouvelle fois, dans cette étape de la procédure traitant uniquement de la forme et non du fond, l'objectif constant de l'appareil judiciaire a été de trouver le "bouc émissaire", le responsable à clouer au pilori, l'otage a extraire du groupe.

Alors que lors de la précédente comparution la juge avait vainement tenté par ses questions de faire avouer à notre compagnon Jean qu'il était, contre la vérité, le Directeur de la publication de notre site internet, cette fois-çi elle a indiqué abandonner cette piste pour avancer la thèse de l'auteur de l'article (ce qu'elle n'était pas parvenu a démontrer non-plus lors de la première comparution).

Depuis le début, notre compagnon explique que la Coordination antinucléaire du sud-est est un collectif informel, sans chef ni structure, que le site internet est collaboratif et sans "Directeur de la publication" formel, plusieurs personnes peuvent mettre en ligne et publier des articles, que notre compagnon n'a seulement fait que déposer le "nom de domaine" auprès d'un hébergeur. Refusant de pratiquer la délation la Coordination antinucléaire du sud-est se bat contre cette atteinte à la liberté d'opinion et d'expression.
Surveillance policière et judiciaire contre les militants antinucléaires
La mise sous surveillance des connexions internet et téléphoniques de la ligne internet à partir de laquelle l'article a été mis en ligne a permis à la juge de se faire remettre, via la police judiciaire, par l'hébergeur de notre site internet (OVH) et par l'opérateur téléphonique/fournisseur d'accès internet (Orange) 2 documents : l'adresse IP à partir de laquelle l'article a été mis en ligne, à qui correspondait cette adresse IP.

Le_pire.jpg.jpg Le piège grossier tendu par la juge a conduit notre ami a expliciter le réel qui, visiblement, est loin d'être le point fort de cette enquête et procédure : une adresse IP n'est pas un humain mais un élément immatériel,  la box identifiée est un objet dont l'accès est publique par ses voix WiFi ouvertes, l'abonnement internet y correspondant n'est pas au nom de notre compagnon. Donc rien ne conduit vers une "personne physique" (notre compagnon ou quelqu'un d'autre), tout au plus à une "personne morale" associative (titulaire de l'abonnement internet) qui n'a aucun lien organique avec le site internet de la coordination ni avec l'article incriminé dans la plainte ni avec son auteur putatif.

Bien que la juge ne soit pas parvenue à démontrer et étayer sa thèse de l'auteur : elle met en examen la Coordination antinucléaire du sud-est ( en l'occurrence nommément notre compagnon) sur la base que pour elle il y aurait des éléments ou faits concordants permettant d'identifier l'auteur. Evidemment nous sommes là en pleine confusion entre celui/celle qui tient un propos, celui/celle qui le met en ligne ou le publie, celui/celle qui gère la modération, celui/celle qui est le-la directeur du site, celui/celle qui est titulaire d'un abonnement internet, celui/celle qui à un/des poste(s) informatique(s)  à partir  duquel/desquels chaque étape est réalisée, etc... Mais l'appareil judiciaire aux ordres de l'Etat et du lobby n'a que faire du réel et de l'équité de l'instruction ni de la vérité. Le caractère de "non-organisation", d'horizontalité et de non-verticalité, de "pas de chef" et de la responsabilité individuelle et collective va à l'encontre de leur système de pouvoir et de penser. La Coordination antinucléaire du sud-est doit être abattue, surtout qu'elle dénonce et combat le plus puissant lobby international de prédation et d'oppression qui contrôle l'appareil d'état et ses rouages. Bien mal en point il est vrai : en faillite financière, technique, commerciale, technologique, économique et sociale.

Notons au passage que dans cette procédure, depuis le début, notre compagnon n'a pas pu avoir accès au dossier d'accusation et a du réagir à chaud sans connaissance des "preuves" adverses. Seul l'avocat de la Coordination antinucléaire du sud-est a pu feuilleter le dossier, quelques minutes avant chaque audition, sur un coin de table dans un couloir étroit éloigné de là où notre compagnon se trouvait et sans possibilité d'en photocopier le contenu ni de lui en transmettre un contenu détaillé. L'avocat a donc du déployer sa capacité mémoriel pour communiquer à notre ami, rapidement et sous la pression du temps, l'essence des docs essentiels du jour. Vous avez dit "état de droit"?

La suite : le procès sera une tribune contre le crime nucléaire

La Coordination antinucléaire du sud-est est donc "mis en examen" (précisément notre compagnon otage) et amenée vers le procès. Ce que le Coordination antinucléaire du sud-est ne craint pas et qui permettra d'avoir une tribune publique d'accusation des criminels de la destruction atomique. Le timing devrait être le suivant : la juge d'instruction clos le dossier et le transmet au Procureur de la République qui, dans un délais maximum de 3 mois, fixera une date pour le procès (en 2016 certainement. Il faudra d'ici là que tous ceux-celles épris de liberté et du droit d'alerte, d'information et de critique se mobilisent...). Dans cet intervalle l'avocat de la Coordination antinucléaire du sud-est demandera officiellement communication des pièces du dossier d'instruction afin de savoir ce que Areva a dans les tripes et ce que la juge a mis dans ce foutu dossier, mais avec interdiction de les rendre publiques.

Close-up of a dead person's feet Sur le fond, la défense de la Coordination antinucléaire du sud-est face à la tentative d'Areva de baîllonner toute critique de ses agissements dans le monde et en France et de son implication dans la catastrophe nucléaire de Fukushima est , quant à elle opérationnelle. Les pièces à conviction sont prêtent : la nocivité sanitaire du nucléaire et des rejets quotidiens des installations d'Areva, son implication dans une catastrophe atomique, les atteintes à la santé et à la vie tout au long de la chaîne de production nucléaire depuis l'extraction de l'uranium jusqu'au traitement des produits radioactifs, etc... Cinq témoignages de personnalités scientifiques et médicales y compris issues du monde nucléaire et le témoignage d'un élu d'Avignon viennent renforcer la validité du contenu de l'article servant de prétexte à Areva pour son offensive contre la liberté d'expression.
Dans les semaines à venir la contre-offensive contre les liberticides va s'organiser...
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(1) - Avignon : les élus EELV se couchent devant Areva
(2) - Don d'Areva à la ville d'Avignon : il y avait bien des contres-parties. Les pièces à conviction.


http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2015/11/27/La-coordination-antinucl%C3%A9aire-du-sud-est-est-mise-en-examen-sur-plainte-d-Areva