Les délégations de l’opposition et du gouvernement syriens engageront les pourparlers directs au quartier général de l’ONU : le Palais des nations. Le premier tour se déroulera pendant 7-10 jours. Or, les in imitateurs espèrent que l’« atmosphère peu hâtive » de Genève permettra de faire traîner en longueur le forum et il ne se terminera pas brusquement. Il importe de transformer Genève 2 en une plateforme vers laquelle on pourra entraîner les autres groupes de l’opposition.

Personne ne saurait présager aujourd’hui le bilan de la conférence et du règlement syrien. Selon plusieurs experts, il est possible que le processus dure une année et plus.

Le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov a dit le 21 janvier à une conférence de presse qu’« un dialogue direct, concret et difficile qui devait commencer entre les Syriens prendrait quelque temps ».

« La crise syrienne a mis à jour les contradictions dans la région, notamment au sein des islamistes. Nous signalons constamment l’inadmissibilité de la scission dans le monde islamique lourde de conséquences catastrophiques. Or, d’aucuns sont disposés à approfondir la scission. Dans ce contexte l’absence d’Iran sera loin de stimuler les efforts en vue de garantir l’unité du monde musulman, en particulier dans la lutte contre le terrorisme qui menace tout le monde, notamment les musulmans. »

Les initiateurs de Genève 2 ont réussi à contraindre les représentants des parties au conflit à se mettre à la table de négociation. Le mandat de la Coalition nationale des forces de l’opposition et de révolution syriennes est réduit de moitié vu le refus de plusieurs groupes de l’opposition de se rendre à Genève. Or, la présence même incomplète de l’opposition au forum, c’est mieux que rien.

Il faut faire en sorte que l’opposition ne puisse pas faire à la conférence du lobbying des intérêts des superpuissances régionales, c’est là le danger le plus sérieux, estiment les experts russes. Ce sont en premier lieu l’Arabie saoudite et le Qatar qui financent et livrent les armes aux commandos liés, en particulier, à Al-Qaïda.

L’opposition modérée se distingue de l’opposition intransigeante par l’attitude envers l’avenir de la Syrie, dit le professeur de l’Ecole supérieure d’économie Oleg Matveitchev. La première souhaite conserver le pays, la seconde cherche à en faire table rase.

« Ceux qui prennent conscience de la nécessité de conserver la Syrie comme un Etat uni, qui voudraient participer à l’administration du pays dont ils ont été éloignés procèderont sans aucun doute au marchandage avec le régime d’Assad. Ils lui proposeront plusieurs variantes (de règlement). Ceux qui se prononcent pour démembrer la Syrie et renverser Assad – ce sont les commandos – avanceront les exigences inadmissibles pour Assad. »