Sciences et croyances

La comète Lovejoy s’épanouit


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Stephen Smith
Mercredi 14 Janvier 2015

La comète Lovejoy s’épanouit

Trajectoire de la comète Lovejoy sur fond de Voie Lactée.
Agrandissement.


Thunderbolts, Stephen Smith, 9 janvier 2015


    L'activité récente de la comète Lovejoy écorne un peu plus la théorie cométaire classique. Il faudrait laisser tomber la théorie de la « boule de neige sale » au profit de l'activité électrique.


    Selon un récent communiqué de presse, les astronomes s’étonnent de l’« épanouissement inattendu » de la comète Lovejoy. Le 17 août 2014, depuis Brisbane, en Australie, Edwin Lovejoy a découvert C/2014 Q2. Ces dernières années, il est banal chez les astronomes de qualifier quasiment à l’unanimité les comètes d’« étonnantes » ou de « bizarres ». Raison de la persistance de la confusion, la plupart des scientifiques imaginent les comètes sous la forme d'astres glacés, avec seulement un petit pourcentage de constitution rocheuse.


    Les comètes passent le plus clair de leur temps loin du Soleil, là où la densité de charge électrique est faible. Se déplaçant lentement, leur charge électrique parvient à s'équilibrer avec le faible champ solaire radial. Mais, en se rapprochant du Soleil, leur noyau fonce en des lieux où la densité de charge s’accroît et où varie le flux électrique. Les caractéristiques de polarité et de charge réagissent à l’intensification des forces solaires, de sorte que des chevelures (enveloppes chargées électriquement) se forment autour d'elles. Des projections de décharges se déclenchent et se déplacent sur la surface comme les panaches de Io, la lune de Jupiter. Si le déséquilibre de charge devient trop important, explosant comme un condensateur surchargé, le noyau peut se briser en morceaux ou disparaître à jamais.


    Dans un article antérieur de notre chronique Picture of the Day, il a été noté au sujet du morcellement de la comète West, en 1976, que les comètes ont tendance à se cliver ou à passer par des manifestations anormales en s’approchant de leur point le plus éloigné du Soleil (ou aphélie). Puisque les théories classiques sur le Système solaire comptent exclusivement sur la gravité, ces dissociations ne devraient se produire qu’aux points les plus proches du Soleil. Le cas de la comète West fut donc surprenant.


    La comète Linear fut tout aussi « mystérieuse ». En juillet 2000, elle éclata tout bonnement en morceaux. Chose plus qu’étrange, son morcellement survint à une distance de plus de 100 millions de kilomètres du Soleil et pas au passage à son périhélie. Au point où en sont les observations, la majorité des dissociations de comètes surviennent quand elles sont loin du Soleil. Autre remarque allant à l’encontre de l’intuition, les fameuses comètes qui font du rase-mottes sur le Soleil (sungrazer), ne se désagrègent pas, bien qu’elles s’approchent à moins de 150.000 kilomètres de sa surface.


    Hale-Bopp, la grande comète, a traité par-dessus la jambe la loi standard sur l'activité cométaire. Quatre ans après sa rencontre avec le Soleil, dans une région au-delà de l'orbite de Jupiter, elle étalait une queue ionique, plusieurs projections de matière brillante jaillissant dans l'espace et une chevelure rayonnante. La théorie de la « boule de neige crasseuse » ne peut expliquer ce genre d’activité à des distances où les émanations d'énergie solaire sont si faibles que la glace ne fondra pas.


    Si l’énergie solaire était à l’origine des dégagements des comètes à de telles distances, toutes les lunes glacées de Jupiter seraient aussi sèches que des déserts, et ressembleraient plus à notre propre Lune qu’aux astres glacés qu'elles se montrent être. Si la chaleur du Soleil n’a pas impulsé la démonstration de Hale-Bopp, qu'est-ce qui a bien pu fournir l'énergie des expulsions supersoniques de poussière et de glace quand elle était très éloignée du Soleil ?


    Si Lovejoy continue à s’épanouir, il se pourrait qu’elle explose comme la comète Linear, ou bien se fragmente comme la comète Schwassman-Wachmann 3, et devienne une autre victime de l'activité des décharges électriques dans le Système solaire. S’écartant de devant la constellation Lepus en début janvier, Lovejoy enveloppera Andromède avant la fin du mois. Son maximum devant culminer aux environs de la magnitude 4, elle sera suffisamment brillante pour être contemplée aisément avec des jumelles.



Original : https://www.thunderbolts.info/wp/2015/01/09/comet-lovejoy-brightens/
Traduction Petrus Lombard



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Le raisonnement circulaire de Descartes : Par quel mécanisme physique planètes et lunes tournent-elles en orbite autour de leurs grands hôtes ?




Mardi 13 Janvier 2015


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