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La Tunisie des peurs...et des espoirs...


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Zouhair LAHNA
Lundi 24 Janvier 2011

La Tunisie des peurs...et des espoirs...
La vie tout entière des humains peut se dérouler sous le signe de la peur. Peur des ennemis, des amis, des voisins, des dirigeants, des agents de sécurité, de l’insécurité, de Dieu, de l’absence de Dieu, de la mort ; peur du connu et surtout de l’inconnu. La ‘’réussite économique ’’ vantée du modèle tunisien et sa supposée stabilité ont été  fondées  en majeur partie sur la peur. Et le président Ben Ali et son épouse ont eu certainement peur que la révolte des laissés pour compte, les atteignent. Le souvenir du sort funeste et expéditif du couple Ceausescu n’est pas si loin.
Enfin, les tunisiens de l’intérieur qui se sont soulevés devraient avoir légitimement peur de la confiscation de leur révolte contre la tyrannie.

Les événements qui ont commencé le 17 décembre 2010, au centre du pays (la Tunisie oubliée) par un geste désespéré d’immolation d’un marchand ambulant et qui ont abouti par ricochets à la fuite du Président Ben Ali, sont riches d’enseignements. Les piliers du système et  quelques apparatchiks essayeront bien évidement  de récupérer ce mouvement  et feront en sorte, aussi bien avec leurs alliés régionaux qu’occidentaux,  que les tunisiens ratent leur rendez vous avec l’histoire. Les exemples récents d’espoirs déçus et d’espérances brisés sont légions.

Bien entendu, il y a de quoi se réjouir pour tous les défenseurs des dignités humaines, des libertés et de la justice. Cependant  il serait infantile de croire que le système  une fois décapité, mourra de lui-même. Ben Ali et  sa femme  ne gouvernaient pas seuls. Le totalitarisme est un système pyramidal qui nourri tous ceux qui le servent, et il y en avait pas mal en Tunisie et même en occident qui en profitaient.

Une gestion capitaliste sans âme,  encouragée et applaudie par les ‘’Dieux’’ du moment : FMI et Banque Mondiale, distribuant des bons points à leurs clients.  Quelques agences de l’ONU et des capitales occidentales jouent le jeu et la boucle est bouclée. On se souvient tous de la célèbre phrase du Président Chirac, dans son rôle néo-colonial, condescendant et paternaliste, déclarant lors d’une visite en Tunisie que la  première des démocraties serait de pouvoir manger. Vision pathétique d’un temps, qui est loin d’être révolu.

Il est opportun de souligner ici, que la révolte des tunisiens de l’intérieur, est loin d’être une révolte du pain. C’est bel et bien une révolution pour recouvrer une dignité. L’histoire du monde musulman a été rythmée par des mouvements de cette nature et ce depuis quatorze siècles. Les révoltes qui donnent de véritables changements viennent souvent du sud et des zones arides. Là où vivent des hommes et des femmes qui sont été préservés de la corruption des âmes, tout en gardant un sens élevé des valeurs. Cela ne veut pas dire que les grandes villes sont dénuées de personnes intègres et irréprochables. Mais ils ne peuvent pas se rassembler en un seul lieu avec un seul mot d’ordre. D’autant plus que les liens sociaux traditionnels ont été mis à mal et n’ont pas été remplacé par des liens dites modernes (associations, amicales, partis, etc.,) comme on pourrait le voir en occident. Par ailleurs,  le système mis en place dans les pays du sud, par ses travers, amène les individus, petit à petit, de compromis en compromis jusqu’à la compromission. Rester intègre, relèverai presque de la sainteté.

L’exemple de la Tunisie est à méditer à plus d’un titre. Pas seulement pour les pays arabes qui abritent pas mal de Ben Ali, mais pour les occidentaux  qui soutiennent aveuglement ces systèmes mafieux pensant que leurs intérêts sont défendus de la sorte. Les peuples arabo-musulmans héritiers d’une grande civilisation et d’une culture lumineuse ne méritent pas cela. Et le rempart contre une hypothétique violence dite islamiste ne peut être une violence contre des civils. Violence contre leur liberté de penser et leur dignité.

Pour que la révolution du ‘’ jasmin’’ ne tourne pas au vinaigre !!

Comme on a pu le vivre, la marmite a débordé. Tout le monde croyait que la Tunisie est tenue par une main de Fer. Bonne élève des décideurs économiques et bonne machine sécuritaire qui terrorise aussi bien les barbus que ceux qui utilisent des rasoirs. La pensée n’était pas permise.  De là tous les excès ont été commis. Et petit à petit, c’est un étau qui a étouffé la population, à l’image de tout se qui se déroule avec plus ou moins d’acuité dans la plupart des dictatures arabes. La Tunisie de Bourguiba et Ben Ali se voulait laïque, coupée de son passé musulman et ottoman. Allant chercher quelque héritage carthaginois de l’antiquité afin de se faire accepter de la modernité vieillissante du nord de la méditerranée. C’est pour cela que les biens pensant en France applaudissaient des deux mains ce régime inique et oppressant. Pétris de préjugés coloniaux condescendants d’une part et cultivant une phobie de l’Islam politique, somme toute injustifiée. Le mot d’ordre répété ad nauséum : il vaut mieux un régime qui tiens les gens (traduisez les indigènes) qu’une véritable liberté qui laisserait la place à une islamisation de la société.

 Ces faiseurs d’opinion, pétri d’une islamophobie constitutionnelle, ont renié les principes dont ils se réclamaient, de la révolution française à la déclaration des droits de l’homme. L’islam en Tunisie a été amené à sa plus faible expression, à peine toléré par le régime et ses sbires. Quand à sa représentation politique, elle a été décimée. Depuis  la fuite nocturne du dictateur  ‘’démocrate’’, quelques figures de l’opposition,  surtout de gauche, ont des idées progressistes pour le salut des tunisiens, mais ils n’auront pas droit au chapitre tant que le parti du président n’a pas été dissous et ses hommes éloignés des affaires. Les administrations occidentales seraient elles prêtes à aider ces mouvements. Ou du moins arrêter la capacité de nuisance des profiteurs du système déchu. Les puissants qui sont restés aux commandes de la Tunisie (ses administrations, ses banques, ses entreprises, son tourisme, etc.)  Ont tous des intérêts en Occident et surtout en France, et il serait facile de les mettre hors état de nuire d’avantage.

 Les tunisiens devraient maintenir la pression pour que tout le système dictatoriale s’écroule. Pour cela, ils leurs fraudrai, des leaders charismatiques qui puissent incarner le changement. Les différentes personnalités qui  n’étaient pas aux affaires ni de près ni de loin et qui ne s’étaient pas préparés au pouvoir pourraient s’organiser, rassurer et montrer qu’ils peuvent gouverner le pays. Les puissances du moment les laisseront ils faire ? Les tunisiens auront-ils la force et la volonté d’en La vie tout entière des humains peut se dérouler sous le signe de la peur. Peur des ennemis, des amis, des voisins, des dirigeants, des agents de sécurité, de l’insécurité, de Dieu, de l’absence de Dieu, de la mort ; peur du connu et surtout de l’inconnu. La ‘’réussite économique ’’ vantée du modèle tunisien et sa supposée stabilité ont été  fondées  en majeur partie sur la peur. Et le président Ben Ali et son épouse ont eu certainement peur que la révolte des laissés pour compte, les atteignent. Le souvenir du sort funeste et expéditif du couple Ceausescu n’est pas si loin.

Enfin, les tunisiens de l’intérieur qui se sont soulevés devraient avoir légitimement peur de la confiscation de leur révolte  contre la tyrannie.

Les événements qui ont commencé le 17 décembre 2010, au centre du pays (la Tunisie oubliée) par un geste désespéré d’immolation d’un marchand ambulant et qui ont abouti par ricochets à la fuite du Président Ben Ali, sont riches d’enseignements. Les piliers du système et  quelques apparatchiks essayeront bien évidement  de récupérer ce mouvement  et feront en sorte, aussi bien avec leurs alliés régionaux qu’occidentaux,  que les tunisiens ratent leur rendez vous avec l’histoire. Les exemples récents d’espoirs déçus et d’espérances brisés sont légions.

Bien entendu, il y a de quoi se réjouir pour tous les défenseurs des dignités humaines, des libertés et de la justice. Cependant  il serait infantile de croire que le système  une fois décapité, mourra de lui-même. Ben Ali et  sa femme  ne gouvernaient pas seuls. Le totalitarisme est un système pyramidal qui nourri tous ceux qui le servent, et il y en avait pas mal en Tunisie et même en occident qui en profitaient.

Une gestion capitaliste sans âme,  encouragée et applaudie par les ‘’Dieux’’ du moment : FMI et Banque Mondiale, distribuant des bons points à leurs clients.  Quelques agences de l’ONU et des capitales occidentales jouent le jeu et la boucle est bouclée. On se souvient tous de la célèbre phrase du Président Chirac, dans son rôle néo-colonial, condescendant et paternaliste, déclarant lors d’une visite en Tunisie que la  première des démocraties serait de pouvoir manger. Vision pathétique d’un temps, qui est loin d’être révolu.

Il est opportun de souligner ici, que la révolte des tunisiens de l’intérieur, est loin d’être une révolte du pain. C’est bel et bien une révolution pour recouvrer une dignité. L’histoire du monde musulman a été rythmée par des mouvements de cette nature et ce depuis quatorze siècles. Les révoltes qui donnent de véritables changements viennent souvent du sud et des zones arides. Là où vivent des hommes et des femmes qui sont été préservés de la corruption des âmes, tout en gardant un sens élevé des valeurs. Cela ne veut pas dire que les grandes villes sont dénuées de personnes intègres et irréprochables. Mais ils ne peuvent pas se rassembler en un seul lieu avec un seul mot d’ordre. D’autant plus que les liens sociaux traditionnels ont été mis à mal et n’ont pas été remplacé par des liens dites modernes (associations, amicales, partis, etc.,) comme on pourrait le voir en occident. Par ailleurs,  le système mis en place dans les pays du sud, par ses travers, amène les individus, petit à petit, de compromis en compromis jusqu’à la compromission. Rester intègre, relèverai presque de la sainteté.

L’exemple de la Tunisie est à méditer à plus d’un titre. Pas seulement pour les pays arabes qui abritent pas mal de Ben Ali, mais pour les occidentaux  qui soutiennent aveuglement ces systèmes mafieux pensant que leurs intérêts sont défendus de la sorte. Les peuples arabo-musulmans héritiers d’une grande civilisation et d’une culture lumineuse ne méritent pas cela. Et le rempart contre une hypothétique violence dite islamiste ne peut être une violence contre des civils. Violence contre leur liberté de penser et leur dignité.

Pour que la révolution du ‘’ jasmin’’ ne tourne pas au vinaigre !!

Comme on a pu le vivre, la marmite a débordé. Tout le monde croyait que la Tunisie est tenue par une main de Fer. Bonne élève des décideurs économiques et bonne machine sécuritaire qui terrorise aussi bien les barbus que ceux qui utilisent des rasoirs. La pensée n’était pas permise.  De là tous les excès ont été commis. Et petit à petit, c’est un étau qui a étouffé la population, à l’image de tout se qui se déroule avec plus ou moins d’acuité dans la plupart des dictatures arabes. La Tunisie de Bourguiba et Ben Ali se voulait laïque, coupée de son passé musulman et ottoman. Allant chercher quelque héritage carthaginois de l’antiquité afin de se faire accepter de la modernité vieillissante du nord de la méditerranée. C’est pour cela que les biens pensant en France applaudissaient des deux mains ce régime inique et oppressant. Pétris de préjugés coloniaux condescendants d’une part et cultivant une phobie de l’Islam politique, somme toute injustifiée. Le mot d’ordre répété ad nauséum : il vaut mieux un régime qui tiens les gens (traduisez les indigènes) qu’une véritable liberté qui laisserait la place à une islamisation de la société.

 Ces faiseurs d’opinion, pétri d’une islamophobie constitutionnelle, ont renié les principes dont ils se réclamaient, de la révolution française à la déclaration des droits de l’homme. L’islam en Tunisie a été amené à sa plus faible expression, à peine toléré par le régime et ses sbires. Quand à sa représentation politique, elle a été décimée. Depuis  la fuite nocturne du dictateur  ‘’démocrate’’, quelques figures de l’opposition,  surtout de gauche, ont des idées progressistes pour le salut des tunisiens, mais ils n’auront pas droit au chapitre tant que le parti du président n’a pas été dissous et ses hommes éloignés des affaires. Les administrations occidentales seraient elles prêtes à aider ces mouvements. Ou du moins arrêter la capacité de nuisance des profiteurs du système déchu. Les puissants qui sont restés aux commandes de la Tunisie (ses administrations, ses banques, ses entreprises, son tourisme, etc.)  Ont tous des intérêts en Occident et surtout en France, et il serait facile de les mettre hors état de nuire d’avantage.

 Les tunisiens devraient maintenir la pression pour que tout le système dictatoriale s’écroule. Pour cela, ils leurs fraudrai, des leaders charismatiques qui puissent incarner le changement. Les différentes personnalités qui  n’étaient pas aux affaires ni de près ni de loin et qui ne s’étaient pas préparés au pouvoir pourraient s’organiser, rassurer et montrer qu’ils peuvent gouverner le pays. Les puissances du moment les laisseront ils faire ? Les tunisiens auront-ils la force et la volonté d’en finir avec cette peur viscérale distillée depuis des décennies ? Seront-ils rétablir une fraternité et une confiance les uns envers les autres ? Deux qualités de vivre ensemble mis à mal aussi bien par le régime policier (des mouchards) que par le capitalisme sauvage qui a aiguisé le sentiment d’égoïsme dans la société.

Ben Ali est parti, il finira peut être riche mais dépité, craignant, la peur au ventre, un procès au Tribunal Pénal International. Déjà, la plus grande détresse pour un dictateur est la perte d’un pouvoir qu’il croyait éternel.

L’oppression, l’arbitraire, les coups de boutoirs acculant l’individu à perdre sa dignité finissent un jour par lui retirer la peur du danger et le pousser à braver les injustices. Ceux qui regardent les peuples du sud avec condescendance et pensent qu’ils ne sont pas assez inscrits dans l’histoire,  devraient être désormais mieux inspirés.

 

finir avec cette peur viscérale distillée depuis des décennies ? Seront-ils rétablir une fraternité et une confiance les uns envers les autres ? Deux qualités de vivre ensemble mis à mal aussi bien par le régime policier (des mouchards) que par le capitalisme sauvage qui a aiguisé le sentiment d’égoïsme dans la société.

Ben Ali est parti, il finira peut être riche mais dépité, craignant, la peur au ventre, un procès au Tribunal Pénal International. Déjà, la plus grande détresse pour un dictateur est la perte d’un pouvoir qu’il croyait éternel.

L’oppression, l’arbitraire, les coups de boutoirs acculant l’individu à perdre sa dignité finissent un jour par lui retirer la peur du danger et le pousser à braver les injustices. Ceux qui regardent les peuples du sud avec condescendance et pensent qu’ils ne sont pas assez inscrits dans l’histoire,  devraient être désormais mieux inspirés.


Lundi 24 Janvier 2011


Commentaires

1.Posté par Allal le 24/01/2011 17:26 | Alerter
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Beaucoup craignent que la Tunisie revienne aussi bien à son islamité qu'à l'islamisme.
Outre méditérranée,on essaie par tous les moyens de conserver les acquis liberticides de l'ancien régime.Pour ce faire, des voix s'élèvent comme le sous traitant Fadela amara et autres Serge Moati ,Michel Boujenah qui ?lui, est allé directement aux larmes;
Tous redoutent la perdition du navire aux profit des pirates tunisiens.
Hier,ils se servent sans vergogne.............................aujourd'hui, ils versent des larmes sur le sort improbable de ce pays,longtemps abandonné aux profiteurs nationaux et surtout juifs français.

2.Posté par roland le 24/01/2011 20:00 | Alerter
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je me souviens avoir lu autrefois un article disant que plusieurs années après le départ de Pinochet les chiliens vivaient toujours marquées et paralysés par la peur, qu'elle imbibait la société.

3.Posté par Zoun le 24/01/2011 23:24 (depuis mobile) | Alerter
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Nommons médiateurs: Enrico macias et Faudel au maghreb; Doc Gynéco en Côte d'Ivoire. Il est temps d'abattre nos dernières cartes!

4.Posté par ANTAR le 25/01/2011 02:12 | Alerter
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La guenon de service veut faire peur.

5.Posté par Allal le 25/01/2011 08:36 | Alerter
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@ Antar :
C'est ce que l'on fait croire aux tunisiens depuis la chute du régime.
El kabach est dans cette droite ligne ,un opportunisto-sioniste qui, en Algérie,durant la guerre, faisait l'éloge d'une troupe d'indigènes, passée en revue par le général De Gaulle.

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