Politique Nationale/Internationale

La Russie est dans le collimateur


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Dimanche 18 Février 2018 - 12:33 USA. Impérialisme contre ultra-impérialisme.



Paul Craig Roberts
Mardi 13 Février 2018

 

    Heather Nauert, porte-parole du département d'État, s’est référée à l’hitlérisme pour accuser la Syrie et l'Iran d'un acte d'agression manifestement israélien. En défendant la dernière série d'agressions US-israélienne contre la Syrie, et après le mensonge israéliens disant, « les actes malveillants de l'Iran… l'escalade calculée de sa pression et son ambition à projeter sa puissance et sa domination, menacent tous les peuples de la région, » elle a confirmé que « les États-Unis… soutiennent fermement le droit souverain d'Israël à se défendre. »
 

    Adolf Hiter a couvert sa projection de puissance et son invasion de la Pologne avec les mêmes mensonges flagrants qui servent à Washington et Israël pour couvrir leurs agressions. Hitler prétendait que les forces polonaises avaient franchi la frontière et attaqué l'Allemagne. C'est l'excuse utilisée par Israël et ses marionnettes à la Maison Blanche et au Pentagone, qui reprochent aux Iraniens d'avoir attaqué Israël depuis la Syrie. Bien que Washington et Israël mentent sans vergogne, pourquoi pense-t-on en Russie qu'ils sont des « partenaires » avec lesquels il est possible de conclure des accords ?
 

    Eric Zuesse note que seules la Syrie et la Russie se plaignent de l'occupation illégale du territoire syrien par Washington, occupation qui n'est pas autorisée par l'ONU et qui constitue une violation flagrante du droit international, avec de surcroît d’incessantes attaques d'Israël contre la Syrie. Le soutien persistant de Washington à la guerre contre le gouvernement légitime de Syrie et le soutien apporté aux attaques israéliennes et terroristes contre les forces syriennes et russes, minent les efforts russes visant à ramener la paix dans la région. Zuesse fait aussi remarquer que Washington et sa marionnette britannique bloquent toute action de l'ONU contre l'illégalité de Washington.
 

    Zuesse a raison. Mais la poursuite de la campagne de Washington contre la Syrie et la Russie n’est-elle pas en grande partie la faute des Russes ? Stephen Lendman met en évidence que c'est bien de leur faute.
 

    Pourquoi ? Il semble que le gouvernement russe s’inquiète tant de l'estime occidentale, qu'il arrête ses campagnes militaires bien venues avant leur achèvement complet. C'est Poutine lui-même qui, en déclarant « la victoire » en Syrie et en retirant partiellement les forces russes avant d’avoir débarrassée entièrement la Syrie de l'occupation étrangère et djihadiste, a laissé en place les têtes de pont étasuniennes qui ont permis de relancer le conflit.
 

    Il n'aurait pas fallu plus de deux semaines à la Russie et à la Syrie pour libérer entièrement la Syrie des djihadistes aidés par les États-Unis, mais apparemment la Russie avait peur d'énerver Washington et de risquer le contact avec le personnel étasunien, bien que la présence russe en Syrie se conforme au droit international, contrairement à la présence étasunienne.
 

    Faisant encore confiance au droit international, à l'ONU et à « leurs partenaires occidentaux, » les Russes sont partis prématurément. Comme dit Lendman, les plaintes de Zakharova, de Lavrov, des porte-parole du ministère russe de la Défense et de Poutine lui-même, s’appuient sur le droit suprême. Mais la question est de savoir quand la Russie apprendra, si cela arrive un jour, que Washington n’a rien à faire du droit et des lois. L'intérêt de Washington est dans son hégémonie sur le monde et dans l'hégémonie d'Israël au Moyen-Orient.
 

    Lendman met en évidence que « Tant que la Russie maintient le mythe du partenariat avec Washington, au lieu de lui donner un avant-goût de sa propre médecine… le conflit se poursuivra vraisemblablement en s'intensifiant. »
 

    Il se pourrait bien que Lendman ait raison, à en juger par les lourdes attaques israéliennes du 10 février contre la Syrie, après que les défenses aériennes syriennes ont endommagé l'image d'invincibilité d'Israël en abattant l'un de ses avions de guerre. Il rapporte aussi que le conflit pourrait s'intensifier et impliquer Iran. RT rapporte que le Kremlin craint que les zones de désescalade ne soient menacées et Poutine a téléphoné à Netanyahou pour insister sur la modération.
 

    Durant toute ma vie, les présidents étasuniens ont exhorté sans le moindre effet Israël à la modération. L’insistance de Poutine n'aura pas davantage d'effet, sauf si Poutine s’inspire du livre de Lendman et dit au criminel de guerre Netanyahou, dirigeant de l'État israélien illégal, fondé sur des terres palestiniennes volées à la pointe des baïonnettes, que pour tout cela et le reste la Russie va liquider Israël. Lendman pense qu'aucune autre façon de parler à l'État sioniste fou ou à Washington n'aura d’effet, et l'histoire semble lui donner raison.
 

    Soit la Russie n'est pas sûre de sa force, soit Poutine est empêchée d'utiliser la puissance russe par les traîtres russes en faveur de l’intégration atlantiste qui constituent la cinquième colonne de Washington dans le gouvernement et l'économie russes. Il est mystérieux que Poutine tolère une poignée de traîtres qui ont un soutien public infime, au moment où l'Occident et Israël deviennent chaque jour plus agressifs contre les intérêts nationaux russes.
 

    Poutine évite raisonnablement d'envenimer la situation, mais on a l'impression qu'il n’est pas libre de résister à Washington. Le Saker pense que le problème vient des « intégrationnistes atlantistes » favorables à Washington, qui pour des raisons carriéristes et personnelles, et parce qu'ils sont soutenus par des ONG et des médias financés en Russie par Washington, ont vendu la souveraineté russe au mondialisme. Il semble que Poutine ne veuille ou ne puisse se débarrasser de ceux qui servent le contrôle de Washington contre le nationalisme russe, ceux qui empêchent toute véritable victoire russe. Si les « intégrationnistes atlantistes » à l’intérieur du gouvernement de Poutine sont capables de bloquer les ripostes les plus décisives, cette question se pose : Jusqu’à quel point Poutine a-t-il le pouvoir ? Poutine a-t-il gagné en Syrie seulement pour la perdre au profit de Washington et des Israéliens ? Comment imaginer Poutine, le dirigeant d'un puissant État, intercédant au téléphone auprès du criminel de guerre israélien à la tête d’un minuscule État ? Nous savons qu'Israël tient Washington ; Israël tiendrait-il aussi la Russie ?
 

    Combien de fois Poutine ayant annoncé la victoire en Syrie, s'est-il retiré et a dû revenir après le rétablissement des forces de Washington ? Pourquoi Poutine refuse-t-il de réintégrer les provinces russes séparatistes d’Ukraine ? Il a permis la réintégration de la Crimée à cause de la base navale russe, mais il l’a refusé aux provinces russes de Donetsk et Louhansk. Le résultat est que la population russe de ces provinces est continuellement attaquée, et Washington a maintenant armé son État nazi ukrainien pour qu’il reconquière les républiques séparatistes.
 

    Le conflit entier, avant qu’il ne s’intensifie, aurait pu être désamorcé par Poutine s’il avait reconnu, comme il l’a fait pour la Crimée, la même écrasante majorité de gens en faveur de la Russie et avait réintégré les provinces. Le gouvernement nazi de l'Ukraine, même appuyé par Washington et l'UE, n'est pas fou au point d’imaginer continuer à exister après avoir attaqué la Russie.
 

    Poutine peut faire complètement cesser le conflit en Ukraine en réintégrant en Russie les anciennes provinces russes. Nous pouvons imaginer que Poutine pense sur la durée, à la manière des dirigeants soviétiques qui installèrent des populations russes en Ukraine afin que l'Occident ne puisse pas complètement transformer cette partie historique de la Russie en État hostile très difficile à mater militairement. Il est évident que Poutine pense sa stratégie sur la durée, mais notre sort et celui de la Russie sera fixé à brève échéance.
 

    Nous pouvons aussi comprendre que Poutine, en ne cessant de mettre l'accent sur le droit international, essaie de faire comprendre à l'Europe que Washington agit en dehors et au-dessus de la légalité. Poutine perd son temps. Les dirigeants européens sont depuis des décennies soudoyés par Washington. Ils ne se fichent complètement de tout ce qui n’est pas sur leur compte bancaire.
 

    Les néocons qui gouvernent à Washington pensent que la révocation de Poutine rétablira l'hégémonie de Washington sur le monde. Ils pensent que la Chine acceptera le leadership étasunien en échange de richesses. Cette opinion du gouvernement chinois est vraisemblablement erronée, mais elle sert à concentrer l'attaque sur la Russie, au sein de laquelle le gouvernement de Washington a des alliés.
 

    Le gouvernement russe peut-il résister à Washington sans que Poutine ne se sépare des intégrationnistes atlantistes ?
 

    Je sais que les avis que j’exprime ici peuvent être faux. Zuesse, Lendman et le Saker ont peut-être tort. Et peut-être ai-je tort de me fier à eux. Personne ne devrait sous-estimer Poutine. Néanmoins, la Russie devrait savoir que les décideurs politiques néocons la prennent pour un État faible manquant de courage, que Washington et même le minuscule Israël sont capables de mener par le bout du nez, comme le fait Washington depuis l'effondrement de l'Union soviétique et comme le fait à présent Israël en Syrie. Tromper la Russie et noircir sa réputation n’a jamais rien coûté à Washington. Par sa passivité, la Russie s’expose à la guerre nucléaire ou à se rendre.
 

    Que la Russie veuille ou non le reconnaître, elle se bat pour sa survie. Des signes montrent que des principaux dirigeants russes n’en sont pas conscients. Sergei Chemezov dit que la Russie est prête à vendre l’armement antiaérien russe S-400 à Washington, afin qu’il puisse apprendre comment la vaincre et rattrape la technologie militaire russe. Sauf s’il plaisante, Chemezov a un problème de perception de la réalité.
 

    En rencontrant le criminel en chef de l'État israélien et en traitant Netanyahou comme un dirigeant mondial digne de la considération russe, Poutine s’est lui-même déconsidéré auprès des gens qui ont une conscience morale. Cette folie a dévalorisé sa réputation de dirigeant défenseur des solutions morales, au lieu des magouilles négociées et égoïstes.
 

    Le monde a besoin d'un dirigeant. Les espoirs se portaient sur Poutine.
 

    Les Intégrationistes atlantistes russes qui adorent les États-Unis, doivent singulièrement travailler du chapeau pour avoir envie d’appartenir à l’Occident perverti. Jugez sur pièce :

    
 

    
 

    
 

    
 


Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique, Paul Craig Roberts a aussi été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur chez Business Week, Scripps Howard News Service et Creators Syndicate, et il a été affecté à de nombreux postes universitaires.
 

Paul Craig Roberts, 11 février 2018

Original : www.paulcraigroberts.org/2018/02/11/russia-in-the-crosshairs/
Traduction Petrus Lombard



Mardi 13 Février 2018


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