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La Norvège réexamine l’éthique de ses investissements en Israël


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La Norvège réexamine ses investissements dans plusieurs compagnies israéliennes, en particulier dans les Systèmes Elbit. Deux représentants du Conseil de l'Éthique du ministère des Finances norvégien se sont rendu en Israël début juin, suite à une augmentation des critiques d'Israël en Norvège après l'offensive israélienne de l'hiver dernier à Gaza.


Amira Hass
Mercredi 29 Juillet 2009

La Norvège réexamine l’éthique de ses investissements en Israël
Les représentants ont rencontré, entre autres, des groupes de Palestiniens et d'Israéliens qui affirment que la Norvège investit dans des entreprises directement impliquées dans l'occupation israélienne, qui, selon eux, contredit son engagement dans le respect des lois internationales et pour une solution juste dans la région.

Le Conseil d'Éthique a été établi pour garantir que les investissements étrangers du Fonds de Pension gouvernemental norvégien, Global, respecte ses directives étiques. Fin 2008, le fonds a investi dans environ 8.000 entreprises internationales, pour un montant de 2.275 milliards de Couronnes, soit environ 365 milliards de dollars, selon le taux de change de cette semaine.

Sur cette somme, l'investissement norvégien dans les compagnies israéliennes s’élevait à environ 2.67 milliards de Couronnes, soit environ 428 millions de dollars, ainsi que 627 millions de couronnes dans des obligations, soit environ 100 millions de couronnes.

Selon la Banque centrale de Norvège, l'investissement dans les Systèmes Elbit, qui fabriquent l'équipement électronique utilisé par les militaires et d'autres organes de sécurité, s’élevait à 35 millions de couronnes fin 2008, soit environ 5.75 millions de dollars, un peu moins d'un tiers de 1% du capital de la société. En 2008, le fonds de pension norvégien a augmenté de façon significative ses investissements dans les sociétés israéliennes, passant de 8 en janvier à 41 en décembre.

Près des deux tiers des 41 entreprises sont impliquées dans le développement et la construction dans les territoires occupés, y compris dans des parties qui ont été ajoutées à Jérusalem après la guerre de 1967. 11 autres entreprises internationales dans lesquelles les Norvégiens ont investi sont aussi impliquées dans les activités d’entreprises israéliennes basées de l'autre côté de la Ligne Verte, selon "Qui Profite de l'Occupation", le projet de la Coalition de Femmes pour la Paix.


Un précédent appel au Boycott

Le Conseil de l'Éthique ne confirme pas d'habitude ni ne nie les rapports sur les chèques qu'il émet. Mais l'examen des investissements israéliens a été rendu public parce que des représentants du conseil ont rencontré l'ambassadeur d’Israël en Norvège à Oslo avant leur visite en Israël. Selon les rapports de presse, le Ministre norvégien des Finances, Kristin Halverson, avait annoncé pendant l’Opération Plomb Durci à Gaza l'hiver dernier, que le Fonds de pension avait été obligé d’examiner ses investissements en Israël.

La présidente du fonds de pension, Gro Nystuen, a déclaré à Haaretz que le ministère des Finances norvégien avait lui-même annoncé publiquement que les investissements dans Elbit étaient sérieusement étudiés, des informations que les membres du conseil ne sont pas autorisés à fournir. Le ministre des Finances Halverson est membre du Parti de la Gauche Socialiste, un partenaire des partis du Centre et des Travaillistes dans le gouvernement de coalition.

En 2005, quand son parti se trouvait dans l’opposition, Halverson avait demandé le boycott d'Israël. Mais après avoir exprimé une déclaration semblable en tant que membre de la coalition du gouvernement au pouvoir, elle s'était alors rétractée, quand le gouvernement avait expliqué que ce n'était pas la politique officielle norvégienne vis-à-vis d'Israël. Le Parti de la Gauche Socialiste fait partie des forces politiques qui demandent avec le plus d’insistance l’application de directives étiques pour les investissements gouvernementaux.

La visite en Israël des représentants en juin n’était pas non plus une visite de routine. Selon Nystuen, en prenant en considération que la Norvège investit dans 8.000 sociétés dans le monde sur 80.000 offres, il n'est pas possible de visiter chaque pays. Elle a déclaré que de toute façon, l'un des représentants avait prévu de participer à une conférence en Israël et donc que l'étude, basée sur le matériel existant sous forme écrite, avait été associée à une visite sur-site.

Les personnes qui ont rencontré les représentants du conseil pendant leur visite dans le pays ont déclaré que deux produits importants d’Elbit - les systèmes de surveillance pour la barrière de séparation et les véhicules aériens sans pilotes (drones), deux produits qui ont causé cette ré-étude - étaient sous surveillance spéciale approfondie, bien que les drones ne fassent pas partie de la catégorie des armes interdites en Norvège.

Erik Hagen, qui travaille pour l'agence de presse indépendante Norwatch, suppose que d'autres entreprises israéliennes sont aussi sous surveillance approfondie. Norwatch surveille si les investissements de la Norvège dans les entreprises étrangères correspondent à ses critères pour les droits de l'homme, les droits des ouvriers et la protection de l'environnement. Les précédents reportages d'Hagen dans Norwatch avaient mené à la première exclusion recommandée par le Conseil de l'Éthique – celle de la société américaine de prospection pétrolière Kerr-McGee, qui opérait dans le Sahara, dans un territoire occupé par le Maroc.

Le Fonds de Pension gouvernemental, Globale, à l'origine le Fonds Pétrolier Gouvernemental, a pour but de s'assurer que les revenus du pétrole de la Norvège seront disponibles pour le bien-être des générations futures ; il a commencé à fonctionner pendant les années 1990.

Le Conseil de l'Éthique a été établi en 2004, quand on a appris que le fonds de pension avait investi dans une entreprise à Singapour qui fabriquait des mines - bien que la Norvège fasse partie de l’appel international pour une interdiction des mines terrestres - et le sujet est devenu un débat public en Norvège.

Le Conseil comprend deux avocats, un économiste, un biologiste et un philosophe. Les directives étiques du Conseil n'excluent pas les investissements dans des compagnies qui produisent des armes. Cependant, il existe une interdiction qui concerne les producteurs d'armes chimiques ou nucléaires, de bombes à fragmentation, de mines terrestres et les armes incendiaires de tous types, comme le napalm.

Selon les directives, le fonds de pension ne peut pas investir dans des entreprises qui "constituent un risque inacceptable pour le Fonds de pension contribuant à des violations graves ou systématiques des droits de l'homme, comme le meurtre, la torture, la privation de liberté, le travail forcé, les pires formes de travail d'enfant et d'autres formes d'exploitation d'enfants, les violations graves des droits des individus dans les situations de guerre ou de conflit, les dommages sévères à l'environnement, la corruption ou autres violations particulièrement sérieuses des normes étiques de base."

Le Conseil inspecte la nature des produits des entreprises et n'examine pas la politique des gouvernements dans les pays où le Fonds investit. Depuis sa création, le Conseil a recommandé l’exclusion d’environ 30 entreprises et le ministère des Finances norvégien a adopté la majorité de ces recommandations.

Le Conseil a déjà examiné ses participations en Israël à deux reprises : en 2006, quand le fonds de pension avait investi dans seulement cinq entreprises israéliennes, et en 2008 et 2009, quand les investissements en obligations de la Compagnie d’Electricité israélienne se sont retrouvés sous surveillance.

A cette époque-là, le conseil avait décidé qu'il n'y avait aucune raison de retirer ses investissements, car il n'avait trouvé aucune preuve que la Compagnie d’Electricité était impliquée dans la suspension de la fourniture d’électricité à la Bande de Gaza.

Le processus d’examen et de recommandation prendra probablement de nombreux mois ; parfois cela peut prendre un an. Si la recommandation est d’exclure une entreprise et que le ministère des Finances norvégien l'adopte, la décision ne sera communiquée qu’après la vente des obligations.

Source : http://www.haaretz.com/  
  Traduction : MG pour ISM



Mercredi 29 Juillet 2009


Commentaires

1.Posté par Nicole le 29/07/2009 13:26 | Alerter
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Je suis restée sciée -et donc bien heureuse à la lecture de cet article- devant le culot d'Israël Valley qui fait sa page de marketing pour les PME françaises. Synthèse

2.Posté par Virgile le 29/07/2009 15:13 | Alerter
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Merci Nicole, toujours aussi pertinente !

Plusieurs pays "occidentaux" commencent à bouger (Norvège, Suède, Afrique du Sud, vénézuéla...). La Suisse a le cul entre deux chaises (elle a déjà subit comme la France des attentats sionistes sur du matériel d'entreprises sensibles, etc.). Cela reste maigre d'autant plus que les média affidés sionistes sont particulièrement discrets.

La coupe n'est pas encore pleine bien que le "fruit" soit plus que pourri. Patience.

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