Coup de gueule

La Grâce royale au Maroc ou l' abus sans vergogne du pouvoir


Dans la même rubrique:
< >

Vendredi 29 Juillet 2016 - 14:18 Le Père Hamel était musulman!


La dernière grâce royale octroyée à un pédophile espagnol notoire, coupable de plusieurs crimes avérés aussi abominables qu'imprescriptibles sur des enfants de bas âge, est un exemple de ce rapport d'iniquité plaçant, de fait, la figure du monarque au-dessus de la plèbe, corvéable à merci et malléable à l'infini, et de ses dédaigneuses législations terrestres.


Mohamed El mokhtar Ould Sidi Haiba
Dimanche 4 Août 2013

 La Grâce royale au Maroc ou l' abus sans  vergogne du pouvoir
Dans le contexte marocain le pardon royal s'inscrit simplement dans la logique de l'absolutisme monarchique en vigueur au pays du Crépuscule Couchant depuis la naissance du despotisme d'ordre divin sous les cimes enneigées des montagnes de l'Atlas. Lequel pèse, pour ainsi dire, depuis la nuit des temps, et de tout son poids, sur les têtes pliées de force des sujets du royaume.

Les sentiments d'humiliation que cristallise, ainsi, cet assujettissement collectif des citoyens puise sa substantifique moelle dans cette aberration des origines: la sacralisation de la fonction royale. C'est , en effet, la sanctification même de cette institution politique séculière qui participe de l'avilissement public et de l'asservissement continu du commun des citoyens.

La dernière grâce royale octroyée à un pédophile espagnol notoire, coupable de plusieurs crimes avérés aussi abominables qu'imprescriptibles sur des enfants de bas âge, est un exemple de ce rapport d'iniquité plaçant, de fait, la figure du monarque au-dessus de la plèbe, corvéable à merci et malléable à l'infini, et de ses dédaigneuses législations terrestres.

Pourtant, le concept de grâce royale n'avait pas pour vocation initiale d'être une gomme d'effacement des crimes commis sur des personnes tierces; lesquelles demeurent les seuls ayant-droits habilités à excuser, ou pas, les forfaitures de leurs agresseurs.

En revanche, sa raison d'être résiderait, d'abord et surtout, dans la possibilité légale pour un souverain de pardonner les crimes de lèse-majesté visant directement sa personne ou l'entité qu'il incarne personnellement, à savoir l'institution royale.

En démocratie, l'institution légale de la prérogative de la grâce, fut-elle gubernatoriale, présidentielle ou royale, a pour objet de tempérer, non d'effacer, la sévérité de certaines charges pénales dont l'application peut paraitre excessive aux yeux des mœurs en vigueur.

Un exemple d'un usage intelligent et compréhensible de cette prérogative est la mutation d'une sentence de peine capitale en une condamnation à la prison à perpétuité ou la libération d'une personne souffrant d'un mal terminal etc.

Mohamed El mokhtar Ould Sidi Haiba
Universitaire


Dimanche 4 Août 2013


Nouveau commentaire :

Coup de gueule | Croyances et société | Reflexion | insolite, humour, conspiration...


Publicité

Brèves



Commentaires