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La Francophonie contre le Peuple Africain


Dès la première année de ce qui est appelé école, l'enfant africain doit rompre avec sa langue maternelle. Il est ainsi, avec une violence inouïe, largué dans un univers tout à fait étranger qu'il doit assimiler au plus vite s'il veut poursuivre sa scolarité. Laquelle scolarité est en réalité un tuyau vers la déprogrammation mentale puis la soumission. Il doit rompre avec son histoire. Il doit haïr les langues africaines qu'il est appelé à enterré. En substitution, on lui fournit un package linguistique avec lequel il doit désormais fonctionner. Quel pays africain n’a pas connu ce qu’on appelle le SIGNAL: ces objets qu’un élève doit s’attacher au cou en guise d'humiliation s’il commet le crime de parler sa langue maternelle.


Rodrigue KPOGLI
Samedi 23 Octobre 2010

La Francophonie contre le Peuple Africain
Comment les langues et les cultures africaines sont asphyxiées.

La Suisse accueille du 20 au 24 octobre 2010 le XIIIème sommet de la
sulfureuse Francophonie, organisation néo-coloniale tenue d’une main de fer
par la France et certains de ses amis notamment le Canada, une partie de la
Belgique et une partie de la Suisse. Malgré un climat de crise chronique
qu'ils ont installé en Afrique, cette rencontre, à laquelle d’ailleurs les
valets africains participent comme toujours, confirme que la clientèle
africaine, quelle que soit la situation du marché, reste fidèle aux galéjades
francophones. La présence d’immenses délégations africaines à ce sommet
démontre à merveille que les vassaux africains se foutent royalement de ce
dont l’Afrique a besoin, surtout en ces temps de grands dangers où la logique
aurait voulu la rupture avec les différents instruments de domination au
service des pays occidentaux. Que dire encore de la présence du gouvernement du
Ghana, pays d’héritage colonial anglophone, qui se présente aussi parmi les
canailles francophones africaines ! Sinon, que la faune s’étend bien!

Tout ceci se passe dans une ambiance d'immense satisfaction d'Abdou Diouf,
grand serviteur des maîtres. Secrétaire général de la Francophonie,
l'ex-président du Sénégal sait parfaitement que tous ces clients africains
sont des voleurs de suffrages démocratiques et des assassins. Il a également
conscience que lui-même, à l’époque de sa présidence au Sénégal, avait
fait partie de cette bande de guignols assoiffés de sang et de gadgets. Cette
bande, toujours prompt à servir plus le maître que ses sujets. On aurait
espérer qu'avec l'âge et la retraite, Diouf ait du recul et cesse de combler
les maîtres au détriment des Africains. Hélas!  

Voilà que des «nègres», incapables de promouvoir leurs propres langues et
leur propre culture - qu’ils ne connaissent d’ailleurs même pas – font la
queue et se bousculent pour porter la langue et la culture de leurs maîtres.
Ces jongleurs maléfiques, véritables instruments alternatifs de colonisation,
trépignent de joie dans leur participation à la dévastation de la société
africaine. L’œuvre coloniale est ainsi gaillardement assurée.  

Sarkozy le «roi des français», ne se donne pas toute cette peine pour
promouvoir la langue et la culture françaises. Les «nègres» se chargent de
cette tâche promotionnelle. Aussi le font-ils avec diligence et efficacité.
Les chiens étant toujours prompts à prendre des initiatives de chasse pour
ramener les proies à leur maître. C'est à ce prix, entre autres, qu'ils
sont conservés au pouvoir contre la volonté populaire en Afrique.

On peut virevolter dans tous les sens, on peut inventer les thèmes les plus
actuels lors de ces sinistres carnavals, et surtout on peut engager des
milliards d’euros pour polir l’image de la Francophonie. On peut utiliser
des tonnes de savon pour laver cette machine, son odeur nauséabonde reste et
demeurera dans la conscience africaine, car elle ne fait que soutenir via ses
missions d’observateurs électorales, les mascarades électorales en Afrique
et les massacres qui s’en suivent. La Suisse, en accueillant ses tyrans qui
d'ailleurs pour la plupart y disposent de comptes bancaires secrets et bien
garnis, se moque royalement des Africains. En déroulant le tapis rouge à ces
voleurs patentés, la Suisse ne peut pas ne pas savoir qu'elle fait partie du
complot. Car, la Francophonie n'a jamais été au côté des peuples. En tous
les cas, pas en Afrique.

Culturellement, la francophonie étouffe et tue les langues négro-africaines
au quotidien. Dans les pays africains, il est interdit de parler sa langue
maternelle à l’école, et le délit est sévèrement sanctionné. Dès la
première année de ce qui est appelé école, l'enfant africain doit rompre
avec sa langue maternelle. Il est ainsi, avec une violence inouïe, largué dans
un univers tout à fait étranger qu'il doit assimiler au plus vite s'il veut
poursuivre sa scolarité. Laquelle scolarité est en réalité un tuyau vers la
déprogrammation mentale puis la soumission. Il doit rompre avec son histoire.
Il doit haïr les langues africaines qu'il est appelé à enterré. En
substitution, on lui fournit un package linguistique avec lequel il doit
désormais fonctionner. Quel pays africain n’a pas connu ce qu’on appelle le
SIGNAL: ces objets qu’un élève doit s’attacher au cou en guise
d'humiliation s’il commet le crime de parler sa langue maternelle. Qui a
oublié les raclées et les fessées pour avoir osé parler sa langue
maternelle?  
La Francophonie a tué la littérature africaine. Les auteurs africains sont
quasiment absents du marché littéraire européen francophone. A l’inverse,
les livres français pullulent en Afrique.  

Les médias français, notamment RFI et TV5, sont largement diffusés en
Afrique pour assurer le Service Après Vente. Ainsi, ces médias inondent
l’Afrique d’idées et d’images destinées à écraser la culture africaine
et à la dénigrer. De ce fait, pour s’informer sur l’Afrique, des millions
d’africains sont obligés d’écouter Radio France Internationale et de se
référer à des agences comme l’Agence France Presse, l'ATS et autres. Ce
sont les seuls canaux disponibles. Mieux, ce sont les seuls qu’on crédite.
C’est ainsi que, dans une logique purement idéologique, les informations sont
«traitées et masterisées» avant d’être retransmises aux Africains, qui,
dans une large proportion, ne savent pas encore qu’ils consomment
gloutonnement des produits hautement toxiques.  

Tel un cancer qu’on ne peut combattre, la francophonie se propage et atteint
la jeunesse africaine de plein fouet, à travers des associations et des
organisations dites de la société civile. Le comble, c’est que ce sont ces
jeunes qui assurent la pérennité de ce qu’on peut appeler le bras
politico-culturel de cette para-ONU Françafricaine, en acceptant des miettes de
financements en échange de la promotion de la «démocratie, du dialogue et du
développement», concepts nébuleux dont se sert la machine francophone pour
brouiller les esprits. Elle réussit même à noyauter la jeunesse africaine en
instituant les Conseils nationaux de jeunesse (CNJ) comme seul interlocuteur de
la jeunesse auprès des dictateurs africains. Ces CNJ sont les seuls
regroupements que la Francophonie promulgue comme unique organisation de la
jeunesse africaine. L’objectif de ces CNJ est en réalité double. Il s'agit
d'abord de fondre tous les mouvements de jeunesse dans un creuset en vue de
casser une contestation juvénile sans cesse croissante en Afrique
aujourd’hui. Ensuite, il s'agit de contrôler la jeunesse africaine et la
mouliner afin qu'elle soit aliénée à la Francophonie et à ses
représentants locaux.

Pendant que les pions-gouvernants africains promeuvent activement les langues
d’autrui, les langues africaines, elles - décrétées vernaculaires, ou
patois, ou encore dialectes - ne sont en aucun cas reconnues dans les pays
occidentaux, membres de la francophonie. On s’indigne lorsque les Africains
parlent leurs langues dans les rues des pays occidentaux. La presse ne manque
d’ailleurs pas de relayer la frustration des populations locales qui se font
casser les tympans avec les «langues de singes» qui les inondent. La
francophonie est-elle active contre ce genre de choses? Non! Etrange « voix de
la diversité » donc!

Quant aux satrapes africains, ils n'ont jamais pensé à une langue africaine
qui doit porter l’unité africaine qu’ils prétendent construire. Quand on
les voit si actifs dans le soutien du français ou de l’anglais, on ne peut
s’empêcher de leur demander à quand un sommet sur le swahili ou le bambara!!
Ils n’y penseront jamais, ces cancres démagogues qui adorent pourtant les
sommets et les réunions spectacles où ils se livrent à de véritables
défilés de modes. A quand un sommet africain avec pour invités les dirigeants
occidentaux pour la promotion des langues africaines dans le monde? Et dire que
la colonisation a pris fin?!

Consciente d’ailleurs des puanteurs de la Francophonie, la
communication-propagande multiplie les gros mots. Lors ce XIIIè sommet en
Suisse, on lie la promotion de la langue française à la gouvernance et la
démocratie, à la solidarité ainsi qu’à la sécurité alimentaire et du
climat. Ça fait neuf et propre, l’environnement et du développement durable,
n’est-ce pas?  

Mais la réalité est loin de toute cette propagande. Il y a les maîtres
(France, Belgique, Canada, Suisse) et leurs aficionados d'un côté et les
Africains soi-disant francophones de l'autre. Peu importe le temps que cela
prendra. La maison francophone est appelée à disparaître pour une véritable
renaissance de l’Afrique, aujourd’hui encore engluée dans les marécages du
néocolonialisme, infestés de caïmans et de tyrannosaures. Mais en attendant
ces temps-là, commençons à conscientiser, à nous mobiliser, à nous
organiser et à révéler aux yeux de nos populations la vraie nature vampirique
de cette machine qu’est la francophonie.

Rodrigue KPOGLI
Web. http://lajuda.blogspot.com


Samedi 23 Octobre 2010


Commentaires

1.Posté par lazar le 23/10/2010 22:10 | Alerter
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les africains doivent casser le cercle vicieux de la dépendance culturelle; en écrivant leurs langues respectives avec les lettres de la langue des pharaons, et en s'inspirant de la révolution culturelle chinoise

2.Posté par dik le 06/11/2010 17:03 | Alerter
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Un bon article en bon français. M. Rodrigue KPOGLI est sûrement un africain et, de surcroît, un francophone, comme moi-même. Nous sommes atteints par le même syndrome alors que les français eux-mêmes commencent à s'angliciser : Dans une multinationale où l'anglais est en principe la langue de travail, mon correspondant en France m'a reproché une fois de lui écrire en français!

Un fait tout de même indéniable est que même en "perdant" la langue maternelle, on reste lié à son patrimoine génétique puisque celui-ci est indélébile. J'ai pour ami un berbère qui ne parle pas un mot de berbère bien qu'il le comprend, mais c'est un authentique berbère pour tout le reste.

Finalement, je ne crois pas que l'adoption d'une langue étrangère soit une fatalité. Si cette adoption du français devait se faire par la force (je ne parle pas de la force des choses), le sujet se rebellera contre cette langue et en bon français!

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