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La France n'en est pas à une catastrophe près... Finkielkraut à l'Académie française


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Djeha
Vendredi 11 Avril 2014

La France n'en est pas à une catastrophe près... Finkielkraut à l'Académie française
Alain Finkielkraut élu à l'Académie française
 
AFP le J. 10/04/2014 à 17:33
 
Victoire pour l'auteur de "La défaite de la pensée» : le philosophe Alain Finkielkraut a été élu jeudi à l'Académie française dès le premier tour, en dépit de la polémique précédant le scrutin, une consécration qui réjouit cet intellectuel médiatique, amoureux de la langue et de la littérature. A 64 ans, le nouvel académicien, qui succède au fauteuil 21 à Félicien Marceau, disparu en 2012, a été élu au premier tour par 16 voix sur 28 votants, a précisé l'Académie française.
 
Trois voix sont allées à Gérard de Cortanze, prix Renaudot 2002 pour "Assam", une à Athanase Vantchev de Thracy et huit bulletins blancs ont été marqués d'une croix. Les trois autres candidats n'ont obtenu aucun suffrage.
 
"Je ne peux pas bouder mon plaisir, même si je n'aurais jamais eu l'idée de me présenter de moi-même, j'ai trop conscience de mes limites", a déclaré Alain Finkielkraut au Point. "Des académiciens amicaux m'ont sollicité. Je me suis présenté incertain et tremblant. Je leur suis reconnaissant ainsi qu'à toute la compagnie. Je suis fier et heureux d'être membre de cette institution anachronique", s'exclame encore "Finkie".
 
La candidature de cet ardent polémiste, taxé de réactionnaire par ses détracteurs, habitué des plateaux de télévision, animateur de l'émission "Répliques" sur France Culture, avait agité le petit monde feutré du Quai de Conti : personnalité "trop clivante", jugeaient en coulisses certains habits verts, l'un d'eux allant jusqu'à évoquer l'entrée du FN à l'Académie.
 
"Intellectuel incontournable", rétorquaient ses partisans, parmi lesquels Jean d'Ormesson, Pierre Nora, Max Gallo ou Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'institution fondée en 1635 par Richelieu.
 
Adepte du refrain "c'était mieux avant", selon ses ennemis, ce pourfendeur du politiquement correct a suscité de vives controverses fin 2013 avec son essai à succès sur l'identité nationale et l'immigration, "L'identité malheureuse" (Stock). L'un de ses contradicteurs avait été le Premier ministre Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur.
 
- "Volonté aristocratique de déplaire" -
 
De tels remous n'ont guère ébranlé ce polémiste anticonformiste, réputé "soupe au lait" et "mu par la volonté aristocratique de déplaire", selon Pascal Bruckner, qui cosigna avec lui "Le Nouveau Désordre amoureux", succès en 1977 de deux brillants philosophes de 28 ans s'attaquant au mythe de la révolution sexuelle.
 
"Mes buts ne sont pas politiques", assure Alain Finkielkraut. "J'écris pour dévoiler ce qui m'apparaît comme une certaine vérité. Les nuances ne peuvent pas être l'alibi pour noyer le poisson".
 
Endossant déjà son futur habit vert d'académicien chargé de composer le Dictionnaire, il fustige "l'effondrement de la syntaxe" et "l'appauvrissement du vocabulaire" dans la France d'aujourd'hui, y compris parmi les élites. "L'Académie française, c'est la langue soutenue par la littérature". C'est pourquoi cet amoureux des lettres estime y avoir toute sa place.
 
Ce fauteuil 21 n'en est pas à sa première polémique. L'élection en 1976 de Félicien Marceau avait provoqué une tempête en Belgique, l'auteur de "Creezy", exilé en France, ayant été condamné par contumace à la Libération à 15 ans de prison dans son pays natal. Exercice délicat, Finkielkraut devra faire l'éloge de son prédécesseur, lors de la réception du nouvel immortel sous la Coupole.
 
Fils d'un déporté survivant d'Auschwitz, Alain Finkielkraut est né le 30 juin 1949 à Paris dans une famille juive d'origine polonaise. Normalien, agrégé de lettres et professeur de philosophie à l'Ecole polytechnique jusqu'à l'an dernier, il voue aux lois de la République un respect absolu et défend bec et ongles l'école républicaine.
 
On retrouve chez le philosophe, à qui un lymphome a coûté la vision de l'œil droit, l'influence de Hannah Arendt, Emmanuel Lévinas, Charles Péguy ou encore de son ami Milan Kundera, qui dit de lui: "cet homme ne sait pas comment ne pas réagir". Il a ainsi été l'un des premiers intellectuels à prôner une intervention occidentale en ex-Yougoslavie.
 
Parmi ses oeuvres principales figurent des ouvrages sur la fin de la culture, la littérature, l'amour, la modernité, l'éducation ou la religion, dont "La Défaite de la pensée" (1987), "Internet, l'inquiétante extase" (2001), "La Querelle de l'école" (2007), "Un coeur intelligent", prix de l'essai de l'Académie française 2010, ou encore "Et si l'amour durait" (2011).
 
 
 
Quelques frasques de "Finkie" l'académicien... (Parions qu'il sera bientôt rejoint par la cohorte clanique et grégaire des BHL, Glucksmann, Adler (au pluriel), Kouchner (itou), Badinter, Attali, Lellouche...
 
 
 
La voix "très déviante" d'Alain Finkielkraut au quotidien "Haaretz"
 
Le Monde, mercredi 23. 11.05, 14h46
 
« On voudrait réduire les émeutes des banlieues à leur dimension sociale, y voir une révolte de jeunes contre la discrimination et le chômage. Le problème est que la plupart sont noirs ou arabes, avec une identité musulmane. En France, il y a d'autres émigrants en situation difficile. Ils ne participent pas aux émeutes. Il est clair que nous avons affaire à une révolte à caractère ethnico-religieux." Tel est le point de vue du philosophe Alain Finkielkraut, qu'il développe dans une longue interview au quotidien israélien Haaretz du 18 novembre.
 
Le journal le présente comme "une voix très déviante, d'abord parce que ces propos ne sortent pas de la bouche de Jean-Marie Le Pen". La crise des cités est-elle une réaction au racisme dont sont victimes les Arabes et les Noirs ?, lui demande le quotidien. "Je ne le pense pas, répond le philosophe. (...) On nous dit que l'équipe de France est admirée parce qu'elle est black-blanc-beur. (...) En fait, aujourd'hui, elle est black-black-black, ce qui fait ricaner toute l'Europe." Voir dans les émeutes "une réponse au racisme français, c'est être aveugle à une haine plus large : celle de l'Occident" qui anime, selon lui, les jeunes banlieusards. "On a peur du langage de vérité. Pour des raisons nobles, on préfère dire "jeunes" que "noirs" ou "arabes", dit-il. "Je n'ai pas parlé d'intifada des banlieues. J'ai pourtant découvert qu'eux aussi envoient en première ligne les plus jeunes. Vous, en Israël, connaissez cela : on envoie les jeunes devant parce qu'on ne peut pas les mettre en prison.(...) Il s'agit d'un pogrom antirépublicain : il y a en France des gens qui haïssent la République."
 
Pour quelle raison ? "Eux et ceux qui les justifient disent que cela provient de la fracture coloniale", répond M. Finkielkraut. "Le principal porte-parole de cette théologie, c'est Dieudonné, qui est le vrai patron de l'antisémitisme, et non le Front national. Mais au lieu de combattre son discours, on fait précisément ce qu'il demande : on change l'enseignement de l'histoire coloniale et de l'esclavage. Désormais, on enseigne qu'ils furent uniquement négatifs, et non que le projet colonial entendait éduquer et amener la culture aux sauvages." Rappelant que son père fut déporté de France à Auschwitz, il ajoute : "Qu'a fait ce pays aux Africains ? Que du bien. A mon père, il a fait subir cinq ans d'enfer. Pourtant, je n'ai jamais été éduqué dans la haine. Or celle des Noirs (contre la France) est pire encore que celle des Arabes."
 
Les journalistes notent que beaucoup d'enfants d'immigrés ne se sentent pas respectés comme français. Réponse : "Ils disent : "Je ne suis pas français, je vis en France et en plus ma situation économique est difficile." Mais personne ne les retient ici de force." Quant aux motivations des jeunes des cités, elles n'ont aucun lien avec l'emploi, selon lui. Que veulent-ils? "C'est simple : l'argent, les marques et, parfois, les filles." Certes, reconnaît-il, "il existe des Français racistes, qui n'aiment pas les Arabes et les Noirs". "Ils les aimeront encore moins en prenant conscience de combien ceux-ci les haïssent (...) Imaginons que vous gérez un restaurant. Un jeune vous demande un emploi. Il a l'accent des banlieues. C'est simple : vous ne l'engagerez pas, c'est impossible." Voilà, se désole-t-il, "des propos de bon sens", mais, dans la France actuelle, "on leur préfère le mythe du "racisme français"". Et de conclure : "L'antiracisme sera au XXIe siècle ce que fut le communisme au XXe."
 
Sylvain Cypel
Article paru dans l'édition du 24.11.05
 
Ces "illuminations" ont provoqué quelques réactions dont celles que je vous joins ci-après.
Je propose que nous passions notre chemin. Il n'y a plus de place pour le débat: tous les médias sont verrouillés et les espaces de liberté ouverts seulement au "totalitarisme démocratique" dominé par des machineries qui ne tolèrent qu'elles-mêmes.
Un "Finkie" de plus ou de moins, dans un paysage où toutes les institutions (publiques et privées, politiques, sociales, économiques, financières...) sont "coiffées" par des Finkie, admettons-le, cela ne change pas grand chose. Que nos "amis" Gaulois y trouvent leur compte ou pas, c'est une autre affaire. Sûrement pas la nôtre.
Toutefois, sans dédaigner l'information, sans cesser de garder un oeil attentif à ce qui se passe chez nos voisins, tout en ayant une compassion attendrie pour ce qu'ils sont devenus et ce qui leur arrive, essayons plutôt de mettre un peu d'ordre et de dignitié dans le f... qui nous tient lieu de République. Même si j'adore les bananes.
 
Djeha,
J. 10 avril 2015.
 
 
 
RAPHAËL CONSTANT REPOND A ALAIN FINKIELKRAUT

http://www.bondamanjak.com/?p=41 , 02 avril 2005
 
 
 
Depuis quelques semaines, le philosophe Alain Finkielkraut se répand dans tous les médias, en particulier sur les radios juives, pour stigmatiser les Antillais, en particulier les Martiniquais, au motif que ces derniers seraient tout à la fois des «assistés» et des anti-sémites, adeptes de Louis Farakhan. Mieux (ou pire) : la créolité serait une idéologie haineuse distillant un discours anti-blanc et francophobe. Profitant des différents procès intentés à l’humoriste Dieudonné et des bagarres provoquées par des «casseurs noirs», venus des banlieues, à l’encontre des «lycéens blancs et juifs» lors des dernières manifestations contre la loi Fillon, il enfonce le clou en lançant une pétition nationale qui se révèle être un véritable appel à la haine anti-Noirs, un manifeste de ce qu’on pourrait appeler la «mélanophobie».
 
Sans doute Alain Finkielkraut ignore-t-il ce qu’est exactement la Martinique (à moins qu’il ne feigne de l’ignorer). Pour sa gouverne et celle de ceux qui le soutiennent dans sa croisade anti-nègre, il me semble important de rappeler un certains nombre de faits historiques :
 
- en 1635, les Français débarquent dans une île peuplée depuis des millénaires par les Caraïbes, île que ces derniers nommaient « Matinino » ou « Jouanakaéra ». En moins de trente ans, ils massacrent ceux-ci jusqu’au dernier, continuant ainsi le génocide des Amérindiens entamé avant eux par les Espagnols et les Portugais.
 
- vers 1660, et cela jusqu’en 1830, ils importent des centaines de milliers d’Africains qu’ils transforment en esclaves dans des plantations de canne à sucre lesquelles contribueront pendant trois siècles à faire la fortune des ports de Bordeaux, Nantes, La Rochelle etc…et plus généralement de la France, participant ainsi, aux côtés des autres puissances européennes, à l’esclavage des Nègres.
 
- en 1853, l’esclavage aboli car désormais non rentable, ils importent, et cela jusqu’en 1880, des dizaines de milliers d’Hindous du Sud de l’Inde qu’ils installent sur les plantations, en partie désertées par les anciens esclaves noirs, et leur imposent un système d’asservissement et de travail forcé qui n’a rien à envier à l’esclavage.
 
- en 1960, l’Etat français crée le BUMIDOM (Bureau des Migrations des Départements d’Outre-Mer) et importe des dizaines de milliers de postiers, filles de salles et infirmières, ouvriers d’usine et autres agents de police antillais qui, aux côtés des travailleurs immigrés maghrébins, contribueront pour une large part à ce qu’il est convenu d’appeler les « trente glorieuses ».
 
Telle est, en raccourci, l’histoire de la Martinique. On est loin des plages de sable blanc, des cocotiers et des belles « doudous », n’est-ce pas ? Mais sans doute est-il bon de rappeler deux autres points à Alain Finkielkraut :
A l’abolition de l’esclavage des Noirs (1848), pas un arpent de terre, pas un sou de dédommagement n’a été accordé aux anciens esclaves lesquels n’avaient d’autre ressource que de défricher les mornes (collines) de nos îles pour tenter de survivre grâce à des jardins créoles ou de retourner travailler, en tant qu’ouvriers agricoles sous-payés, sur les mêmes plantations où leurs ancêtres et eux avaient été réduits en esclavage.
 
Même les Etats-Unis, accusés pourtant d’être, dans le Sud profond (Mississipi, Alabama etc.), un enfer pour les Nègres, l’Etat s’est fait un devoir d’accorder à chaque ancien esclave « twenty-two acres and a mule » (vingt-deux acres de terre et un mulet). C’est d’ailleurs là, très symboliquement, le nom de la compagnie cinématographique du cinéaste noir américain Spike Lee.
 
Aux Antilles, une fois les chaînes ôtées, le nègre s’est retrouvé Gros-Jean comme devant.
 
Pas rancunier pour deux sous, le Nègre antillais a participé à toutes les guerres qu’a lancé ou qu’a subi la France : guerre de conquête du Mexique en1860 au cours de laquelle le « bataillon créole », de son nom officiel, fit preuve d’une bravoure extrême comme le reconnurent elles-mêmes les autorités militaires françaises ; guerre de 1870 contre l’Allemagne ; guerre de 14-18 au cours de laquelle de nombreux soldats martiniquais furent décorés pour leur vaillance lors de la fameuse bataille des Dardanelles ; guerre de 39-45 au cours de laquelle 8.000 volontaires Martiniquais et Guadeloupéens gagnèrent, au péril de leur vie, les îles anglaises voisines d’où ils purent rejoindre les Forces Françaises Libres du Général De Gaulle et participer ainsi aux combats, alors même que nos îles étaient dirigées par deux gouverneurs vychistes, les amiraux Robert et Sorin, guerre d’Indochine où périrent de nombreux Antillais (notamment à Dien Bien Phu) ; guerre d’Algérie au cours de laquelle, pour un Frantz Fanon, un Daniel Boukman ou un Sonny Rupaire qui rallièrent le FLN, des centaines de soldats antillais participèrent sans état d’âme à cette « sale guerre » ; guerre du Tchad dans les années 80 etc…etc…
 
Alors, anti-blancs et francophobes les Martiniquais ? Assistés les Antillais alors que pendant trois siècles, ils ont travaillé sans salaire, sous le fouet et le crachat, pour enrichir et des planteurs blancs et l’Etat français ? Que pèsent, effet, ces cinquante dernières années de « départementalisation » et de juste remboursement de la dette de l’esclavage face à ces trois siècles d’exploitation sans merci ? Sans doute faudrait-il aussi rappeler à Alain Finkielkraut qu’au XVIIIè siècle, la France faisait les trois-quarts de son commerce extérieur avec Saint-Domingue (devenue Haïti), la Martinique et la Guadeloupe et qu’entre ces « quelques arpents de neige du Canada » comme l’écrivait Voltaire et les Antilles, elle n’hésita pas une seconde.
 
Aux Anglais, le Canada peu rentable à l’époque (d’où le lâche abandon des Canadiens français, subitement redécouverts par De Gaulle en 1960). Aux Français, les riches terres à sucre de canne, café, tabac et cacao des Antilles.
 
Toute personne qui fait fi des données historiques et sociologiques présentées plus haut (et je n’ai même pas parlé de l’idéologie raciste et anti-nègre qui a sévi dans nos pays pendant trois siècles !) ferait preuve soit de malhonnêteté intellectuelle soit d’ignorance. Je préfère accorder le bénéfice du doute à Alain Finkielkraut et croire qu’il ignorait tout cela avant de traiter les Antillais d’assistés. Mais venons-en maintenant à la question de l’anti-sémitisme des Antillais. Et là, que l’on me permette d’énoncer une vérité d’évidence : la Shoah est un crime occidental ! Comme l’a été le génocide des Amérindiens, comme l’a été l’esclavage des Noirs, comme l’a été la déportation des Hindous, comme l’a été l’extermination des Aborigènes australiens etc…Le ter! me de « crime contre l’humanité » est une hypocrisie. Un faux-semblant. Une imposture.
 
En effet, quand un individu commet un crime, personne ne songerait à taire son nom. Guy Georges (Antillais) et Patrice Allègre (Français) sont des « serial killers ». Fort bien. Mais alors qu’on m’explique pourquoi, quand il s’agit d’un crime commis par un peuple, un état ou une civilisation bien particulière, on s’acharne à en dissimuler le nom ? Pourquoi ? Non, monsieur Finkielkraut, si la Shoah est bien une abomination, elle n’a été mise en œuvre ni par les Nègres, ni par les Amérindiens, ni par les Chinois, ni par les Hindous, ni par les Arabes. Elle a été mise en œuvre par l’Occident. Ce même Occident qui n’a cessé de pourrir la vie des Juifs depuis 2.000 ans.
 
Citons :
- destruction du Temple de Jérusalem par les Romains en l’an 70 et dispersion du peuple Juif.
- inquisition au Moyen-âge par les Espagnols.
- pogroms au XIXè siècle par les Russes et les Polonais.
- chambres à gaz par les Allemands au XXè siècle.
- rafle du Vel d’Hiv’ par les Français au même siècle etc.…etc.…
 
Et puis, deux petites précisions à nouveau et là, Alain Finkielkraut ne peut feindre l’ignorance : « Le Protocole des Sages de Sion » n’a été rédigé ni en hindi, ni an quechua, ni en swahili, ni en chinois, ni en arabe. C’est un faux grossier, un chef d’œuvre d’anti-sémitisme, concocté par la police tsariste et écrit en russe, langue européenne si je ne m’abuse.
 
Ce ne sont pas les Juifs vivant dans les pays arabes, les Séfarades, qui ont dû fuir comme des dératés pour s’en aller construire un état où ils seraient enfin libres mais bien les Juifs d’Europe, les Ashkénazes, parce qu’ils avaient compris qu’il ne pouvaient plus vivre sur ce continent. Quand la France arrive, par exemple, en Algérie, en 1830, elle découvre trois populations vivant en relative harmonie, les Arabes, les Berbères et les Juifs. Certes, en terre musulmane, le Juif avait un statut inférieur, dit « de protégé » car peuple du Livre, mais on n’a jamais entendu parler, ni au Maroc, ni en Tunisie, ni au Yémen d’entreprise scientifiquement élaborée d’extermination du peuple juif.
 
Ma question à Alain Finkielkraut est donc simple, naïve même : pourquoi après avoir subi tant d’avanies de la part de l’Occident vous considérez-vous quand même comme des Occidentaux ? Pourquoi un ministre des affaires étrangères d’Israël s’est-il permis de déclarer récemment : « Nous autres, Occidentaux, nous ne nous entendrons jamais avec les Arabes car ce sont des barbares ». Toute la presse bien-pensante d’Europe s’est émue du mot « barbares ». Moi, ce qui m’a choqué par contre, c’est le terme « Occidentaux ». Comment, monsieur Finkielkraut, peut-on se réclamer de l’Occident après avoir subi l’Inquisition, les pogroms, les chambres à gaz et la rafle du Vel d’Hiv’ ? Oui, comment ?
 
Quand vous aurez répondu à cette question, le vrai débat pourra commencer…
 
Un ultime point tout de même : quand vous déclarez, sur Radio Communauté Juive, que nous détesterions Israël « parce que ce n’est pas un pays métissé », je préfère croire que vous voulez rire. Quel pays est plus muticulturel et plus multilingue qu’Israël avec ses blonds aux yeux bleus russophones, ses Noirs d’Ethiopie (Falashas) parlant l’amharique, ses Séfarades au type sémite et souvent arabophones et même ses Juifs hindous et chinois ?
 
Raphaël Confiant Ecrivain martiniquais
 
De la peur de penser à l'imbécillité politique
 
Ce qu'il y a de plus intolérable dans les déclarations de Finkielkraut à Haaretz, c'est cette phrase où il oppose le mal que la France a fait à ses parents déportés au bien que la France a fait aux Noirs. Au fond, il se comporte comme un vulgaire Dieudonné qui joue la concurrence des victimes.
 
Apparaissent ici deux points de la pensée de Finkielkraut.
 
D'une part, ce que j'appellerai son nationalisme juif qui l'amène à considérer que les Juifs sont les premières victimes de l'Occident, ce qui ne laisse aucune place aux autres victimes de l'Occident, à commencer par les Arabes et les Noirs. D'autre part, son appel hystérique aux Lumières qu'il considère aujourd'hui bien plus comme une bouée de sauvetage que comme un moyen de penser le monde, en cela Finkielkraut est devenu l'un des pires représentants des anti-Lumières. Des violences ont eu lieu en France, des violences qui posent problèmes, des violences liées à la misère, au chômage et à la ghettoïsation d'une partie de la population qui vit en France, et dont une grande part est française. Que répond à cela notre philosophe anti-Lumière :
 
"En France on voudrait bien réduire les émeutes à leur niveau social. Voir en elles une révolte de jeunes de banlieues contre leur situation, la discrimination dont ils souffrent et contre le chômage. Le problème est que la plupart de ces jeunes sont Noirs ou Arabes et s’identifient à l’Islam. Il y a en effet en France d’autres émigrants en situation difficile, chinois, vietnamiens,  portugais, et ils ne participent pas aux émeutes. Il est donc clair qu’il s’agit d’une révolte à caractère ethnico-religieux."
 
Ainsi tout revient pour Finkielkraut à mettre l'accent sur le caractère ethnico-religieux des auteurs de violence, en oubliant leurs conditions de vie, en oubliant que ces conditions de vie, parce qu'elle résultent d'une violence sociale contre laquelle se heurtent les habitants des banlieues mis à l'écart de la société française, ne peuvent que conduire à des contre-violences qui sont peut-être plus des exutoires que de véritables luttes, mais qui nous rappellent les discriminations qui continuent d'exister dans un pays comme la France.
 
Tout cela Finkielkraut, enfermé dans se vision européocentrique du monde, vision à laquelle s'ajoute son nationalisme juif, ne veut pas le voir. Il veut que les pauvres soient dignes, c'est-à-dire acceptent leur pauvreté et leur mise à l'écart. Les pauvres n'ont pas à réclamer ce qui ne leur est pas dû ; tout au plus doivent-ils se contenter d'accepter ce que les civilisés de l'Europe consentent à leur donner.
 
Tout cela apparaît dans la vision du monde qui rejoint ici l'idéologie du choc des civilisations chère à Huntington. Les peuples colonisés par l'Europe, une fois libérés du carcan colonial, ne peuvent que haïr leurs anciens oppresseurs et, bien que libérés, ils viennent en France réclamer leur dû. C'est pour cela que l'école, cédant à leur pression, est obligée de transformer ses programmes en montrant l'histoire de la colonisation sous son seul jour négatif, oubliant "que le projet colonial voulait aussi éduquer, apporter la civilisation aux sauvages ". Une façon peut-être de régler ses comptes avec Dieudonné, mais une imposture. Finkielkraut oublie l'article 4 d'une loi votée le 23 février dernier par l'Assemblé Nationale qui stipule :
 
"Les programmes de recherche universitaire accordent à l'histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu'elle mérite.
 
Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente auxquels ils ont droit"
 
texte provocateur s'il en est qui a été critiqué par nombre d'historiens des universités françaises autant par son caractère unilatéral et par la volonté du législateur de donner des directives concernant l'enseignement de l'histoire.
 
Finkielkraut réduit alors l'histoire de l'esclavage à celle des Occidentaux qui ont lutté pour son abolition, mais il ne saurait être question d'insister sur le rôle joué par l'Europe et les Etats-Unis dans la pratique du commerce négrier. D'aucuns diraient qu'un tel discours est raciste et il faut le dire.
 
Mais il est vrai que Finkielkraut a décidé une fois pour toutes que les plus grandes victimes du racisme sont les Juifs et que les autres formes de racisme n'ont pas la même ampleur que l'antisémitisme. C'est faire injure aux victimes du racisme quelles qu'elles soient. La dénonciation du racisme ne se divise pas et tout propos qui tend à jouer la concurrence des victimes est inacceptable, quel que soit celui qui les prononce.
 
Si Finkielkraut a raison de dire que l'Ecole ne joue plus son rôle intégrateur, il oublie de dire les conditions qui ont conduit à cette dégradation de l'Ecole, en particulier les raisons d'ordre social. Mais il aurait fallu que Finkielkraut s'intéresse aux questions économiques et sociales, au rôle délétère que joue la mondialisation du marché qui réduit les individus à n'être que des rouages de la machine économique.
 
Cela Finkielkraut ne le peut pas, tant il est pris dans sa conception ethnique des problèmes sociaux. S'il sait se réclamer, quand nécessaire, de Condorcet, il devient incapable de comprendre les problèmes de société lorsque ceux-ci ne correspondent pas à ses conceptions.
 
C'est ainsi qu'il ne veut pas comprendre les propos de ces jeunes Français d'origine étrangère, qui ne sont pas des immigrés puisqu'ils sont Français, mais qui ne comprennent pas que la France continue à les considérer comme des immigrés de la seconde ou de la troisième génération comme on dit, expression qui n'a aucun sens. Finkielkraut préfère dénoncer le fait qu'ils n'ont pas le sentiment d'être Français, renvoyant à leurs origines ethniques ou religieuses et oubliant, comme il le dit au début de son interview, de considérer la signification sociale de leur révolte, révolte que l'on ne saurait réduire à la seule violence. Mais beaucoup pensent comme Finkielkraut et les propos de ce dernier, "l'un des plus célèbres intellectuels français" comme le présente Haaretz, ne peuvent que les conforter.
 
Finkielkraut oublie pourtant un point fondamental du débat, et en cela il s'est placé hors de l'héritage des Lumières. Les deux siècles qui nous ont précédés ont conduit à transformer l'idée de révolte en la belle idée de révolution, c'est-à-dire en l'idée de transformer le monde. Aujourd'hui où l'idée de révolution semble morte, ne reste que la révolte ou la jacquerie pour s'exprimer, les récentes violences en France nous le rappellent. Il est alors nécessaire de rappeler que ces violences sont la réponse à une violence plus forte, qui n'est plus la seule violence d'Etat, mais qui est la violence du capitalisme mondialisé. C'est alors l'idée de révolution qu'il faut reconstruire. C'est en cela que l'on peut retrouver la tradition libératrice des Lumières.
 
Rudolf Bkouche
Membre du Bureau national de l’UJFP
(Union juive française pour la paix)
21/11/05
 


Vendredi 11 Avril 2014


Commentaires

1.Posté par Aldamir le 11/04/2014 13:57 | Alerter
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Il faut reconnaître que le CRIF tient la France par tous les bouts et que les citoyens n'en ont même pas conscience. Adieu veaux, vaches et cochons comme disaient le pauvre paysan.

2.Posté par Sister KHÂ le 15/04/2014 01:26 | Alerter
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J'ai "rencontré" pour la première fois cet homme illustré dans cet article.
Sur l'instant, j'ai tenté de lire, mais je n'ai retenue que "l'aspect singulier bruyant". Depuis, je me suis documentée.
J'ai fait un terrible constant : ce messieur est "agité" pour un philosophe : Je n'avais pas conçu la philosophie Socratienne de la sorte telle que l'on m'a enseignée dans des écoles séculaires.
Je suis choquée, et conséquemment, terrifiée que les messages de ce messieur soient portés au sommet de ce que j'avais cru croire comme étant "le peuple de la nation du monde" : "la France".
J'ai peine, mais je veux croire ne pas être la seule à penser que ce messieur ne devrait pas être là. Sauf, à son corps-âme défendant : être possédé par le malin.

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