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LE RÊVE DES PEUPLES ÉPRIS DE JUSTICE : Un Etat palestinien


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«Nous reviendrons l’année prochaine avec un accord qui amènera un nouvel Etat membre aux Nations unies, un Etat palestinien indépendant et souverain, qui vivra en paix avec Israël».

Discours d’Obama le 24 septembre 2010, à l’Assemblée générale des Nations unies.


Professeur Chems Eddine Chitour
Mardi 3 Mai 2011

LE RÊVE DES PEUPLES ÉPRIS DE JUSTICE : Un Etat palestinien
C’est par ces mots que le président Obama avait pris date avec l’histoire.
Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et beaucoup de sang a coulé.
Les négociations ayant échoué, Après onze mois de blocage du processus de
paix, les Palestiniens ont annoncé dimanche, dans l’espoir de sortir de
l’impasse, qu’ils demanderaient au Conseil de sécurité de l’ONU de
reconnaître leur indépendance dans les frontières de 1967..

Pour rappel, chacun a en tête la kermesse des discussions de septembre 2010
qui ont avorté trois semaines après : Israël ayant déclaré qu’elle ne
freinerait pas l’extension des colonies malgré des promesses importantes en
argent et en armes (une escadrille de F35) rien n’y fit. Israël persiste et
signe : aucune concession. Obama déclare en décembre 2010 qu’il ne peut rien
faire. Mieux, il bloque toutes les résolutions pouvant porter préjudice à
Israël, notamment celle de l’enquête du juge Goldstone empêchant à ce
jour, le rapport du juge d’être examiné par le Conseil de sécurité.
L’administration Obama a tenté en effet, avec insistance, de bloquer
l’enquête des Nations unies sur l’opération israélienne «Plomb durci»,
contre la bande de Ghaza en décembre 2008 et janvier 2009. C’est ce que
démontrent des télégrammes diplomatiques américains, obtenus par WikiLeaks
et communiqués au site de la revue Foreign Policy. Les télégrammes montrent
que la diplomatie américaine n’a pas attendu le rapport Goldstone pour entrer
en action mais qu’elle a tenté, dès le printemps 2009, d’empêcher les
Nations unies de procéder au recensement et à l’évaluation des dommages
occasionnés à leurs propres installations par l’armée israélienne. Susan
Rice estime alors qu’une telle enquête n’est «pas nécessaire» et que
l’affaire doit être «classée».(1)

Les effets collatéraux des révoltes arabes

On sait que les révoltes arabes, à des degrés divers, et sans exclure la
catalyse des mouvements par des ingérences externes, eurent lieu car les
peuples étaient saturés par des pouvoirs rétrogrades installés dans les
temps morts se contentant de gérer leur fortune et distribuant des miettes aux
classes dangereuses. L’un des effets collatéraux justement et, pour une fois
positive est non prévue dans le logiciel occidental de manipulation d’une
façon ou d’une autre des jeunesses arabes contre leurs dirigeants et la
contagion à la jeunesse palestinienne qui elle aussi est sortie dans la rue
(grâce à la mobilisation sur Facebook) à Ghaza et Ramallah pour amener
d’une façon ou d’une autre les frères ennemis du Fatah et du Hamas à se
mettre autour d’une table et à s’entendre sur l’avenir de la Palestine.
Ce que n’avait pas pu imposer Omar Souleiman le patron des renseignements sous
Moubarak a été réalisé au Caire mais dans une nouvelle ambiance. Un Comité
national des forces armées qui gère sous le regard vigilant de la jeunesse
égyptienne. Dans la foulée, il annonce l’ouverture prochaine du terminal de
Rafah véritable poumon qui permet d’éviter l’asphyxie totale de Ghaza et
la remise à plat de la coopération énergétique avec Israël.

On sait que le Conseil National Palestinien, corps législatif de l’OLP, a
proclamé l’indépendance d’un État de Palestine le 15 novembre 1988. A ce
jour, l’État de Palestine revendiqué par la Déclaration d’Alger est
reconnu par 94 pays membres de l’ONU sur 192. Fin 2010, 5 États
sud-américains avec à leur tête le Brésil reconnaissent l’«État de
Palestine avec les frontières de 1967». Les Palestiniens sont 10 millions et
connaissent une importante diaspora. Plus de 4 millions d’entre eux ont le
statut de réfugiés, suite à l’exode palestinien de 1948 et à la guerre des
Six-Jours. L’Autorité palestinienne avait demandé aux Etats-Unis de prendre
«une position claire sur l’Etat palestinien et sur les frontières de 1967
(avant la guerre des Six-Jours, Ndlr) avec Jérusalem-Est pour capitale». A
l’occasion de la visite de Mahmoud Abbas à Paris, la France a rappelé
qu’elle considérait les Palestiniens «plus que jamais prêts à établir un
Etat et à le gérer d’une façon crédible et pacifique», selon une
déclaration du ministère des Affaires étrangères. Devant la nouvelle
tectonique des plaques euro-méditerranéennes, un nouveau modus vivendi est en
train de se mettre en place.

Même si on peut dénoncer çà et là une manipulation externe, les peuples
arabes et principalement les jeunesses relèvent leur tête et interrogent
l’avenir et se veulent les acteurs de leur destin en boutant dehors leurs
anciens dirigeants qui n’ont pas su ou pu leur proposer un projet d’une
société libre fascinée par l’avenir où chacun pourra et devra donner la
dimension de ce qu’il sait faire en dehors de tout népotisme. où ils peuvent
donner. Le Proche-Orient n’échappera pas à ce reshaping endogène des
peuples. Le Proche-Orient est plus que jamais à la croisée des chemins.

C’est le sens de l’appel pour un Etat palestinien : «La poursuite de la
colonisation israélienne de la Palestine a conduit les négociations de paix
dans l’impasse. Le désespoir risque de provoquer l’éclatement d’une
troisième Intifada. A l’heure où les peuples arabes reprennent en mains leur
destin, seule une reconnaissance généralisée de l’Etat de Palestine dans
les frontières d’avant la guerre de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale,
peut ouvrir une perspective nouvelle. Depuis, la plupart des Etats
latino-américains ont reconnu cet Etat de Palestine. Le 21 avril, le président
de la République Nicolas Sarkozy a fait part au président palestinien Mahmoud
Abbas de son «soutien très clair aux efforts visant la création d’un Etat
palestinien». (...) Ce moment est venu. Le président Mahmoud Abbas a entamé
une tournée afin d’obtenir la reconnaissance de l’Etat de Palestine. (...)
La France et l’Union européenne doivent prendre l’initiative en
reconnaissant sans attendre l’Etat palestinien dans les frontières d’avant
la guerre de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale et en appelant l’ONU à en
faire de même sans délai. Pour que la paix l’emporte sur la guerre. Pour
empêcher de nouvelles tragédies. Pour assurer l’avenir des deux peuples sur
cette même terre». (2)

Du côté israélien nous rapportons la position courageuse et symbolique de
l’ancien collaborateur d’Itzhak Rabin, Ofer Bronchtein, qui s’est vu
remettre un passeport palestinien des mains de Mahmoud Abbas. Il en parle :
«Abou Mazen (Mahmoud Abbas, Ndlr) m’a proposé de recevoir un passeport
palestinien en octobre dernier. (...) Je pense être le seul Israélien au monde
à avoir à la fois un passeport français, israélien et palestinien. Je suis
la preuve que c’est tout à fait complémentaire. C’est aussi une façon de
démontrer qu’il faut oeuvrer très rapidement pour la création d’un Etat
palestinien. Etre à la fois Palestinien et Israélien n’est pas une
contradiction. J’espère que cela va encourager les uns et les autres à faire
le nécessaire pour que l’Etat palestinien soit créé cette année. (....)
Surtout aujourd’hui, à l’heure où un vent de liberté souffle sur le Monde
arabe. Ce vent doit aboutir non seulement à ériger des régimes démocratique,
à rétablir la liberté et la dignité des peuples de la région mais aussi à
construire un espace arabo-méditerranéen avec des personnes, des marchandises,
de l’information qui peuvent circuler librement ».(3)

« Ce conflit, qui date depuis presque cent ans, empoisonne le Moyen-Orient et
entrave ce souffle de liberté. Pourtant, il est très facile à résoudre. On
en connaît parfaitement les paramètres de sortie : la création d’un Etat
palestinien, Jérusalem comme capitale de la Palestine et d’Israël, une
solution équitable, juste et négociée sur les réfugiés, des frontières
entre les deux pays franchissables. Ce qu’il manque aujourd’hui, et c’est
ce qu’il faut encourager, pousser voire imposer, c’est du courage politique
de la part de l’actuel gouvernement israélien. (...) Si les Américains,
suite au discours de Barack Obama au Caire, il y a plus de deux ans, veulent
jouer un rôle dans, avec le monde arabo-musulman, ils vont être obligés
d’avoir une position claire, nette et courageuse».(3)

Les militants pour un Etat palestinien

On apprend aussi que l’idée fait son chemin même en Israël. Près de 50%
des Israéliens estiment qu’Israël doit «reconnaître un Etat palestinien à
condition de préserver en Cisjordanie des blocs de colonies», selon un sondage
publié, vendredi 29 avril, par le quotidien israélien Yediot Aharonot du 28
avril. 48% des personnes interrogées sont en faveur d’une telle
reconnaissance. Par ailleurs, plus de soixante personnalités israéliennes,
parmi lesquelles 17 lauréats du Prix Israël - la plus haute distinction
nationale dans le domaine des arts, des sciences et des lettres - s’apprêtent
à lancer demain après-midi à Tel-Aviv un appel à la création d’un Etat
palestinien dans les frontières d’avant la guerre de 1967. «La terre
d’Israël est le berceau du peuple juif, où son identité a été formée. La
terre de Palestine est le berceau du peuple palestinien où son identité a pris
forme», indique le texte de la pétition, qui reprend plusieurs phrases de la
Déclaration d’Indépendance d’Israël et qui souligne que «la fin
complète de l’occupation est une condition essentielle pour la libération
des deux peuples, israélien et palestinien». «Nous appelons à saluer
l’indépendance escomptée d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël,
selon les frontières de notre indépendance fixées lors de l’armistice de
1949». «Nous avons regardé autour de nous, constaté ce qui se passe dans les
pays voisins et nous nous sommes dits qu’il est temps pour les Israéliens de
faire entendre leur voix, eux aussi, avait alors expliqué Danny Yatom, avant
d’ajouter : nous pensons qu’une telle initiative peut rassembler un grand
nombre d’Israéliens».(4)

Pour le député communiste européen, Patrick Le Hyaric «c’est une très
bonne nouvelle qui nous parvient du Caire. Les responsables palestiniens du
Fatah et du Hamas ont décidé de s’entendre et de former ensemble un
gouvernement provisoire, chargé de gérer la Palestine et d’organiser les
élections législatives et présidentielle, prévues à l’automne prochain.
Comme dans d’autres pays arabes, la jeunesse a été à la pointe de la
demande d’unité particulièrement à Ghaza. En dénonçant ce projet
d’accord, la direction israélienne montre qu’elle veut que rien ne change
dans cette région du monde. Elle s’en trouvera encore davantage isolée sur
ses positions injustifiables. (...) L’occupation des Territoires palestiniens,
devenu pays souverain, ferait automatiquement encourir à Israël des sanctions
internationales effectives. D’autre part, un rapport des Nations unies
considère que, désormais, les conditions économiques d’un Etat viable en
Palestine sont réunies. Cette évolution est partie intégrante du «Printemps
arabe». Elle est aussi peut-être l’une des conditions de sa réussite».(5)

Les réserves des Etats Unis d’Israël

Dans ce concert de voix pour l’espérance, aussi que le gouvernement
israélien est contre, Benyamin Netanyahu admoneste Mahmoud Abbas et lui demande
de choisir entre la paix avec Israël et la paix avec le Hamas. Les Etats-Unis
ne veulent pas en entendre parler malgré la promesse du président Obama le 24
septembre 2010. Ces derniers assujettissent cela à des négociations qui ont
lamentablement échoué du fait de la colonisation à marche forcée
d’Israël, notamment pour judaïser la partie Est de Jérusalem. Les
réactions n’ont pas tardé, outre Israël, les États-Unis se sont opposés,
lundi 25 avril, à la proclamation unilatérale d’un État palestinien. Le
meilleur moyen de parvenir à sa création reste la «négociation» avec
Israël. L’Autorité palestinienne n’a pas contacté les Etats-Unis ni
demandé leur «approbation», a déclaré M.Kelly porte-parole de la
Maison-Blanche, refusant d’indiquer si les Etats-Unis opposeraient leur veto
à cette initiative.

L’administration Obama a déclaré vendredi 29 avril qu’il lui faudra
réexaminer sa politique d’aide à l’Autorité palestinienne si un
gouvernement issu de la réconciliation entre le Fatah et le mouvement islamiste
Hamas devait voir le jour. «Si un nouveau gouvernement palestinien est formé,
nous allons devoir évaluer ses principes politiques et décider ensuite quelles
seront les conséquences sur notre aide définie par la loi américaine»,
a-t-il ajouté. «Nous soutenons la réconciliation palestinienne à partir du
moment où elle encourage la paix», a-t-il précisé, estimant que «le nouveau
gouvernement palestinien quel qu’il soit devra respecter les principes du
Quartette». Les membres du Quartette (Etats-Unis, UE, Russie et ONU) ont fixé
plusieurs conditions jusqu’ici refusées par le Hamas : cessation des
violences, reconnaissance des accords signés précédemment par Israël et
l’OLP, et reconnaissance du droit à exister d’Israël.

Dans ce sens, l’ancien ambassadeur israélien Dr Zvi Tenney pense que
l’initiative palestinienne de faire voter en septembre prochain par
l’Assemblée générale de l’ONU la reconnaissance d’un Etat palestinien
dont les frontières seraient les lignes de cessez-le-feu qui prévalaient avant
la guerre des Six-Jours de juin 1967, suscite un certain nombre de remarques
qu’il convient de souligner.(...) Elle ne pourrait avoir aucune valeur
juridique et serait manifestement défectueuse à plusieurs égards. En premier
lieu, l’Assemblée générale de l’ONU n’a aucune compétence en la
matière. Seul le Conseil de sécurité dispose d’un pouvoir de décision de
cet ordre et celui-ci ne risque pas de prendre une telle résolution car elle
serait très probablement contrée par un veto américain. Une telle
reconnaissance serait de toute façon illégale par l’absence de frontières
de cet Etat ainsi proclamé car la ligne de cessez-le-feu de 1949 entre Israël
et la Jordanie (dite Ligne verte de 1967) n’a pas valeur de frontière. (...)
De plus, selon la juridiction internationale, une telle déclaration
d’indépendance unilatérale constituerait une violation flagrante des Accords
d’Oslo qui spécifiaient «que toute solution du conflit palestino- israélien
devrait être le fruit de négociations entre Israël et l’Autorité
palestinienne». Rappelons que cette résolution 242 prévoit le retrait
israélien from territories, autrement dit de certains territoires occupés et
non pas de tous les territoires occupés lors du conflit de 1967».(6)

On le voit, ce n’est pas gagné. Évidemment, une telle proclamation aurait
avant tout valeur politique puisqu’elle ne mettrait pas fin à l’occupation
israélienne. Les Etats-Unis seront amenés à moins d’un miracle, à faire
barrage par un veto dont on peut s’interroger avec le temps et les mutations
rapides du monde sur sa pertinence. C’est une occasion unique de rendre
justice à ce peuple palestinien qui n’a connu que la guerre depuis près
d’un siècle et qui accepte de vivre sur moins de 20% de la Palestine
originelle.

1. Comment Washington a tenté de faire obstacle. Plomb durci Nouvel Obs.
22.04.2011

2. L’Etat palestinien, c’est maintenant! appel Le Monde 29 avril 2011.

3. Sarah Diffalah Interview d’Ofer Bronchtein, Nouvelobs.com 22 avril 2011

4. Etat palestinien : l’appel des intellectuels israéliens Nouvel Obs
20.04.2011

5. Patrick. Le Hyaric http://humanite.fr/
28_04_2011-un-pas-historique-pour-la-palestine-471029

6. Dr Zvi Tenney : http://www.terredisrael. com/infos/?p=34379 28 avril 2011

Pr Chems Eddine CHITOUR

Ecole Polytechnique enp-edu.dz


Mardi 3 Mai 2011


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