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LA POULE ET LES 3 SAGES


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Djeha
Samedi 15 Octobre 2011

LA POULE ET LES 3 SAGES

De l’herméneutique culinaire aux temps obscures…

Djeha se promène dans les champs et trouve au bord du chemin une poule morte, apparemment très récemment. Il décide alors de lui tâter le derrière pour voir si elle n'avait pas d'œuf. A son grand contentement il en trouve un et le récupère. Il rentre chez lui avec l'œuf, le cuit en omelette et le mange. C'est après avoir terminé de se sustenter qu'un terrible doute l'envahit: manger un œuf d'une poule morte, est-ce islamiquement licite ou illicite ? (Sachant que la chair des animaux morts non sacrifiés est frappée de tabou alimentaire pour le croyant).
 
            Il décide donc d'aller consulter un imam du village pour lui poser la question.
 
            "Malheur à toi ! lui répond l’imam, tu as commis là un péché horrible, car l'œuf était une partie de la poule, et tu as donc consommé la chair d'un animal mort ! Repens-toi donc !"
 
            Djeha s'en va tout penaud et honteux. Cependant, la fatwa délivrée n'ayant pas l'heur de le satisfaire entièrement, il décide d'aller voir un autre imam, deux avis valant mieux qu'un.
 
            "N'aie crainte, ô Djeha ! L’œuf ne fait pas partie de la poule, tu n'as donc pas commis de péché ! " lui répond le second imam.
 
            Djeha se sent alors soulagé d'un grand poids, cet avis là lui plaisant bien plus que le premier.
 
            Cependant, d’ordinaire scrupuleux, Djeha n'est pas tout à fait satisfait et il décide d'aller voir un troisième imam à qui il expose son cas.
 
            "Tu as trouvé la poule morte ?
            - Oui, ya cheikh.
            - Et tu lui as mis la main dans le derrière pour récupérer l'œuf ?
            - Oui c'est ça."
 
            Le troisième imam réfléchit longuement, dubitatif, perplexe et circonspect, en faisant les 100 pas, et au bout de plusieurs longues minutes, se retourne vers Djeha et lui déclare d'un air mi désolé mi réprobateur :
 
            "Ouech eddek !"
 
 
 
Morale de l’histoire.
 
Nos Anciens ne sont pas des cabalistes férus de numérologie ou obsédés par les signes qui renvoient aux signes et qui renvoient… à un sens. Ils n’avaient qu’une confiance limitée dans les axiomatisations juridiques. Ils savaient bien au fond que les lois sont des indications qui testent la clairvoyance des hommes, pas des prescriptions déontiques intangibles.
 
Dès lors que nous ne disposons pas d’une théorie valide et complète de l’univers (nos collègues physiciens du LHC au CERN, en quête acharnée d’unification, à la recherche du boson de Higgs le confirmeraient sans doute), le mieux est de se replier sur une sagesse, certes contingente, mais qui a fait ses preuves tout au long d’une expérience pluriséculaire dont le troisième imam est l’héritier.
 
            Par sa sagesse et sa réserve, il exprime la reconnaissance des limites intrinsèques de son savoir. Ce monde aléatoire à information incomplète n’a empêché Djeha ni de choisir ni de décider.
 
            Il y a la loi, il y a les règles et les usages. Et beaucoup de sociétés souffrent de ne pas les voir observées. Nombre d’entre nous déplorent fréquemment leur inexistence ou la défaillance de ceux qui sont chargés de les faire respecter.
 
            Mais il est vain de croire que les lois compensent une absence de discernement et de vision politique. Bien au contraire : le plus souvent l’inflation législative et la logorrhée déclamatoire témoignent de l’impuissance politique.
 
La loi protège (presque) de tout, mais pas de la bêtise et de la pusillanimité.
 
            Il est tout aussi vain d’attendre de la verticalité ce à quoi nous renonçons dans notre très commune socialité.
 
            Ni Dieux, ni lois, ni pouvoirs immanents ou transcendants ne parviendront à couvrir notre responsabilité individuelle et collective.
 
Nous portons peu ou prou le poids de ce qui nous advient. Les ordres politiques sont le reflet spéculaire de ce que ce à quoi nous consentons ou renoncé à entreprendre, pas les ordonnateurs.
 
            Nous sommes, à tout instant, à l’épreuve de notre liberté.
 
Djeha


Samedi 15 Octobre 2011


Commentaires

1.Posté par Columbo le 15/10/2011 14:49 | Alerter
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Le " "Ouech eddek !" m'a bien fait rire .. (Qu'est qui t'as pris )
Qui aurait pu etre remplacé par 'rah halik Hal ?" (L' Esprit s'est éloigné de toi ? )
Il n'est pas dans l'obligation de tout savoir , maintenant , tout de suite , mais il est bon ""d'aller chercher le savoir jusqu'en chine , s'il le faut.""

2.Posté par Saber le 15/10/2011 15:48 | Alerter
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Ouech eddek takoul min el-djaja el-meyta ? La réponse c'est etmaâ yakhasser tbaâ.
Qu'est-ce qui t'a pris à manger de la poule morte ? La réponse c'est : la convoitise altère les usages .

3.Posté par STOFA le 15/10/2011 22:41 | Alerter
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oueh eddêni,ou3lach emchit
ghir nedhra men e3younou bêche eblêni,rahh kouèni,
gharrou bia rejlia ,zêdou 3aynia
houma s'babi fi hadh el kia

A TRADUIRE!!!!!!!!

4.Posté par Saber le 16/10/2011 03:18 | Alerter
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mqadra âla el-djaj yamout. c'est dans le destin des poules que de mourir .

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