RELIGIONS ET CROYANCES

LA JOUTE DU SARRASIN !



Zeinab Abdelaziz
Jeudi 23 Juin 2016

LA JOUTE DU SARRASIN !
 
Le 22 juin 2016, le pape a reçu le gagnant du tournoi intitulé "La Joute Du Sarrasin", qui a lieu chaque année dans la ville d’Arezzo, dans la région Toscane, en Italie. Une des principales villes étrusques fondée au Ve siècle av. J.-C. Elle fait partie du petit nombre des villes dont le nom de tous les évêques qui se sont succédés jusqu’à nos jours, est connu. Autrement dit : foncièrement attenante à l’Eglise.
"La Joute Du Sarrasin" est une reconstruction historique médiévale majeure en Toscane, et se déroule à Arezzo, l’avant dernier samedi de juin et le 1er dimanche de septembre, deux fois par an. Ce tournoi chevaleresque, qui oppose les 4 quartiers de la ville, est un tournoi qui remonte au Moyen-Age. Il est remis en vogue en 1931, sous forme de reconstitution historique du XIVe siècle. Tous les habitants de la ville s’habillent à l’ancienne pour y assister. Le tournoi est précédé d’un défilé historique, vivement coloré, qui groupe 350 figurants et 27 chevaux, qui traversent les rues de la ville.
La fête oppose les quatre quartiers de la ville, et la compétition consiste à planter sa lance dans l’écu d’un Sarrasin, représenté par le buste d’un mannequin tournant sur lui-même, muni d’un fléau à trois boules dans une main et d’un écu dans l’autre. Le gagnant remporte la lance d’or. L’événement débute à la cathédrale de la ville, et l’évêque d’Arezzo donne sa bénédiction aux participants sur le parvis du Dôme. À la fin de la compétition, le groupe des musiciens exécute "l’Hymne du Sarrasin", puis a lieu la remise de la lance d’or au gagnant, le quartier victorieux se rend à la cathédrale pour louer Dieu en chantant le Te Deum, pour louer Dieu d’avoir abattu un Sarrasin !
Cette fête, qui rappelle la lutte menée par la chrétienté occidentale afin de contrecarrer l’avancée musulmane, est une célébration qui périclita bien avant le XVIIIe siècle, et finit par disparaitre complètement, puis elle connait une fugace apparition en 1904, et elle est définitivement implantée en 1931.
Ce n’est point une nouveauté de dire que le mot Sarrasin ou Sarrazin, est un des noms donnés durant l’époque médiévale en Europe, aux peuples de confession musulmane. Si ce terme parait dans la chanson de Roland (1080), intentionnellement alourdi de sens négatifs à l’égard des musulmans, cela n’empêche que le sens et son emploi, finit par ne désigner que "l’ennemi musulman des Croisades et de l’Occident chrétien". Et c’est là que la question de cet article se pose, surtout que le pape François, surchargé de rencontres, qui remet certains à plus tard, ait trouvé le temps de recevoir le groupe de ces gagnants.
Il dit : "apprécier la diffusion d’un « message de paix » et « de dialogue », dans l’esprit de saint François d’Assise, à travers la Joute du Sarrasin à Arezzo"… Il a salué les "protagonistes" de l’événement lors de l’audience générale de ce mercredi 22 juin, Place Saint-Pierre en disant :
"Je salue avec affection les protagonistes de la Giostra del Saracino à Arezzo, consacrée cette année au thème de la Miséricorde, et je vous exprime ma vive appréciation des efforts visant à rappeler les événements historiques en diffusant un message de paix, de dialogue et de comparaison des cultures au nom de saint François. Merci" !
Peut-on être plus fourbe ou double-face ? Il est ridicule, pour ne pas dire méprisable, de voir le pape trouver "un message de paix et de dialogue, dans l’esprit de François d’Assise", ce grand missionnaire, dans une festivité qui célèbre la défaite du Sarrasin, du musulman, et trouver dans cette défaite une occasion pour l’évangéliser. Exprimer sa vive appréciation des efforts visant à rappeler la défaite des musulmans ne porte atteinte qu’à cette même personne. Quelles comparaisons de cultures peut-on trouver dans des affrontements inégalés, où plusieurs armées occidentales durent s’unir pour faire face aux musulmans ? Que vient faire cet évènement dans une année dite de Miséricorde, qui ne cesse de voir et d’imposer l’extirpation de l’Islam par tous les moyens ?
On a beau laver les pieds d’un ou d’une musulmane, parler de dialogue interreligieux, abriter quelques immigrés, faire le clown pour attirer ses pauvres adeptes, le fond d’une telle attitude, d’une âme pareille, ne peut qu’être répulsif. La haine que l’Eglise ne cesse d’ingurgiter à ses disciples et à ses guérilleros, depuis l’expansion de l’Islam jusqu’à nos jours, prouve que les moyens varient, mais la Haine ecclésiastique demeure la même.
Est-il lieu de rappeler à sa sainteté que l’Islam et les musulmans ne sont point "l’ennemi de l’Occident chrétien". Ce sont vos frères aînés et votre propre Institution qui l’imposèrent au monde. L’Islam n’a été Révélé que parce que les deux révélations précédentes ont été falsifiées. Le nombre incommensurable d’écrits qui mettent à nu tous les mensonges et les artifices commis, ne fait que se développer, et tous les artifices clownesques ne sauront jamais les réduire au silence, ni éliminer Islam et musulmans.



                                                                                                                Zeinab Abdelaziz
                                                                                                              Le jeudi 23 juin 2016

LA JOUTE DU SARRASIN !


Jeudi 23 Juin 2016


Commentaires

1.Posté par njama le 28/06/2016 11:13 | Alerter
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Bonjour Zeinab

"Je salue avec affection les protagonistes de la Giostra del Saracino à Arezzo, consacrée cette année au thème de la Miséricorde, et je vous exprime ma vive appréciation des efforts visant à rappeler les événements historiques en diffusant un message de paix, de dialogue et de comparaison des cultures au nom de saint François. Merci" !

Effectivement cette déclaration est très surprenante, car comment peut-on prêcher d'une main l'amour du prochain, la paix, le pardon, le dialogue inter-religieux, l’œcuménisme, et tenir de l'autre l'épée. Si le pape ne peut empêcher ce genre de manifestations populaires, folkloriques, historiques, ressuscitée dans l'Italie fasciste en 1931, peu après les Accords de Latran de 1929, en raison de l'inertie des traditions, il pourrait au minimum pour rester cohérent avec lui-même de se garder de manifester son "affection" pour une telle célébration, qui, je pense n'a rien d'une reconstitution historique. Une forgerie de plus ?

Arezzo est une ville de Toscane au nord ouest de l'Italie, légèrement au sud de Florence, et sauf erreur la Toscane, si elle a connu des guerres entre factions rivales (les guelfes et les gibelins), n'aurait pas subi d'attaques de Sarrazins sous cette latitude septentrionale.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Toscane#L.27.C3.A9poque_m.C3.A9di.C3.A9vale

Par contre à cette époque les commanderies templières en Italie, faisaient florès et pullulent un peu partout ...

"Au nom de saint François" ! c'est bien là ce qui est le plus surprenant !
surtout quand on connait l'histoire de la rencontre entre François d'Assise et le sultan El Kamil ... telle que rapportée par Saint Bonaventure qui a écrit sur la vie de François, et approuvé en 1266 par l'Ordre des Frères mineurs.

[.....] El-Kamil était un chef de guerre, un homme politique et un fin diplomate. Quand tous les dignitaires, conseillers ou théologiens eurent pris place de chaque côté du prince, on amena François et Illuminé. Les bures rapiécées et décolorées des deux frères contrastaient avec le luxe oriental de cette salle d'audience. S'adressant alors aux deux inconnus, le sultan leur demanda qui les envoyait, pourquoi et à quel titre, et comment ils avaient fait pour venir. Avec une belle assurance François lui répondit qu'il avait été envoyé d'au-delà des mers, non par un homme, mais par le Dieu très haut pour lui indiquer, à lui et à son peuple, la voie du salut et leur annoncer l'évangile. Il se mit tout simplement à prêcher au sultan Dieu-Trinité et Jésus, sauveur du monde. Ce n'était pas un théologien qui défendait une thèse, ni un prédicateur qui exhortait une foule. C'était un poète, un troubadour en proie à la plus sublime inspiration. Avec des mots simples de tous les jours, il disait l'amour éternel de Dieu, il recréait l'univers avec sa lumière, ses couleurs, sa vie et son mystère.

L'Amour n'est pas aimé.
Le sultan avait entendu parler de la religion chrétienne. Pourtant une objection le pressait. Il ne put la retenir :Pourquoi les chrétiens qui croient en un Dieu-Amour et qui ont toujours le mot charité à la bouche, s'acharnent-ils à nous faire la guerre ? Leurs mœurs ne sont pas douces. Ils veulent et Jérusalem et l’Égypte. Pourquoi ce désir brutal de domination ? Qu'ils lèvent le siège devant Damiette et nous croirons à leur volonté de paix. Le sultan s'était animé en parlant. Mais déjà il regrettait la vivacité de son langage. François avait baissé les yeux, le visage assombri, triste. Il sentait peser sur lui en cet instant comme un poids énorme. Là-bas, devant Damiette, il y avait toute cette machine de guerre des chrétiens, ce cercle de fer dans lequel ils s'efforçaient jour après jour d'étrangler la ville La guerre a beau être juste et sainte, elle réveille dans le cœur de l'homme tous ses démons. François se borna à répondre humblement, gravement : Sire, l'Amour n'est pas aimé. L'Amour en ce monde est toujours crucifié.

http://orient.chretien.free.fr/francois_01.htm
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L'institution d'Al-Azhar, la plus haute autorité de l'Islam sunnite, espère entretenir de meilleures relations avec le Vatican sous le nouveau pape, que sous Benoît XVI. « Nous espérons de meilleures relations avec le Vatican après l'élection du nouveau pape, pour le bien de l'humanité toute entière », a déclaré, à l'AFP, Mahmoud Azab, conseiller du grand imam d'Al-Azhar, Ahmad al-Tayyeb, pour le dialogue interreligieux.

Dans Témoignage chrétien, hebdomadaire français, Philippe Clanché, journaliste chargé des questions religieuses, revenait sur le choix du nom de François, par le nouveau pape, rappelant que François d'assise est, notamment, le symbole du dialogue avec l'Islam. Il a été le premier personnage occidental à aller rencontrer le sultan. A l'époque où l'Occident chrétien était en guerre avec l'Islam.

(source: Le nouveau pape François : Une rupture salutaire avec la monarchie papale ? par chems eddine Chitour, lundi 18 mars 2013).

bref, encore une belle bourde de Jorge Mario Bergoglio !

2.Posté par njama le 28/06/2016 13:39 | Alerter
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b[« Ceux qui perdent leur temps à dénoncer le « péril oriental », alors que les Orientaux ne menacent personne, ne font aucun prosélytisme et demandent simplement qu’on les laisse tranquilles chez eux, ce qui est assez légitime, ceux-là, dis-je, devraient bien se rendre compte que le vrai péril, pour l’Occident moderne, est celui qui vient de ses propres défauts. »]b
René Guénon, Les Appels de l’Orient, Les Cahiers du Mois, 9/10, Paris, 1925

Malheureusement l'Église ne sait pas se débarrasser de ses vieux oripeaux, de ses défroques de jadis qui l'entravent, et se retrouve prisonnière de son passé dans une toile d'araignée qu'elle avait elle-même tissée pour sa gloire, qui, au fil de l'usure du temps, s'étiole, se révèle bien relative et fort fragile.

Comment expliquer par exemple qu'à la fin du XIX° siècle on commémora le HUITIÈME CENTENAIRE de la Première Croisade !
En vertu de quoi rester amarré dans ces vielles querelles médiévales comme si elles pouvaient être une référence du christianisme ? au nom de quoi, une telle ardeur commémorative, davantage propre à entretenir le fanatisme par son extrême simplisme, que la réalité historique ?

La statue, œuvre du sculpteur Henri Gourgouillon, représente le pape Urbain II, qui a prononcé l'appel de Clermont le 27 novembre 1095, un appel à la croisade, lors du Concile de Clermont. Il fait face à la cathédrale et désigne de la main droite la direction de la Terre Sainte.
La fontaine est inscrite aux monuments historiques depuis 1994


https://fr.wikipedia.org/wiki/Fontaine_d%27Urbain_II

Comment expliquer la survivance de ces vieux Ordres de Chevalerie, aussi anecdotiques qu' anachroniques, qui adoubent encore aujourd'hui par brassées de temps à autres ?
http://plunkett.hautetfort.com/archive/2007/05/13/marseille-12-mai-adoubement-des-nouveaux-chevaliers-du-saint.html
http://www.notredamedeparis.fr/spip.php?article1351

C'est là que l'on constate que la doctrine de l'Église est quand même bien pétrie également en arrière-plan d'une logique de stratégie militaire, qui établit une ligne de fortifications, qu'elle rive à son identité (Nostra Aetate comme pour se rassurer elle-même. Le Vatican, organisation politique unique au monde dans son genre, a d'ailleurs largement inspiré tous les stratèges, au point que toutes les armées fonctionnent sur le même modèle d'organisation hiérarchique, de soumission et d'abnégation mystique.

Encore très récemment, à Santiago (Saint-Jacques de Compostelle, Espagne) dans la cathédrale, au dessus de la représentation de Santiago Matamoros* que l’on aperçoit derrière la grille se trouvent les bustes de ces deux papes très contemporains, Benoît XVI à gauche, et Jean-Paul II à droite.
http://vicedi.com/wp-content/uploads/2013/11/Saint-Jacques-de-Compostelle-049.jpg

ça ne s'invente pas ! vieilleries ? Et "L'Europe s'est faite grâce au pèlerinage à Compostelle" peut-on lire gravé en différentes langues sur un trottoir, à l'entrée de la vieille ville de Santiago. Nous avons bien sûr toutes raisons de douter de cette paternité politique et spirituelle surgie d'une sacristie vraisemblablement.

* saint-Jacques, il s’agit de la vision du Saint qui permit de vaincre les Maures lors de la Bataille de Clavijo en 844. En effet, le Saint, monté sur un cheval blanc, aurait tué de nombreux ennemis musulmans de Ramire Ier, roi chrétien des Asturies, d’où son nom de Matamoros, tueur de Maures.
Tout un symbole ? ou, si cela n'en est pas un, c'est très chargé d’ambiguïtés assez malsaines concernant une volonté de dialogue inter-religieux apaisé.

La polémique est donc bien facile d'accuser l'Islam d'être resté au VII° siècle, et "guerrier", quand de tels symboles attestent que l'Église se croit encore au Moyen-Âge !

C'est donc l'occasion de rappeler à notre bon souvenir le pape Benoît XVI qui citait en septembre 2006 dans son Discours de Ratisbonne les propos tenus par l'empereur byzantin Manuel II Paléologue au XIVème siècle. S'adressant à "un Persan cultivé," nous dit le souverain pontif, l'empereur s'exclame : "Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait."

Pour les questions d'épée, et faits d'armes, effectivement nous ne pouvons que constater que l'Église n'a de leçons à recevoir de personne ! En aurait-elle oublié son catéchisme, la parabole de la paille et de la poutre (Matthieu 7/3-5)?

Non, l'histoire n'est pas si simple, qu'elle se partagerait entre une opposition des chrétiens et des musulmans, qu'elle relèverait de ce manichéisme de bas étage, avec d'un coté les bons et de l'autre les méchants alias les barbares.

« Il y eut ainsi dans les XII° et XIII° siècles, une suite de dévastations non interrompue dans tout l'hémisphère. Les nations se précipitèrent les unes contre les autres par des émigrations prodigieuses, qui ont établi peu à peu de grands empires. Car tandis que les croisés fondaient sur la Syrie, les Turcs minaient les Arabes; et les Tartares parurent enfin, qui tombèrent sur les Turcs, sur les Arabes, sur les Indiens, sur les Chinois. Ces Tartares, conduits par Gengis et par son fils, changèrent la face de toute le Grande Asie, tandis que l'Asie Mineure et la Syrie étaient le tombeau des Francs et des Sarrasins.»

i[« On ne peut guère compter moins de cent mille personnes sacrifiées dans les deux expéditions de saint Louis. Joignez les cent cinquante mille qui suivirent Frédéric Barberousse, les trois cent mille de le croisade de Philippe Auguste et de Richard, deux cent mille au moins au temps de Jean de Brienne; comptez les cent mille croisés qui avaient déjà passé en Asie, et n'oubliez pas ce qui périt dans l'expédition de Constantinople, et dans les guerres qui suivirent cette révolution, sans parler de la Croisade du Nord et de celle des Albigeois, on trouvera que l'Orient fut le tombeau de plus de deux millions d'Européens.

Plusieurs pays en furent dépeuplés. et appauvris. [...]
Le seul bien que ces entreprises procurèrent, ce fut la liberté que plusieurs bourgades achetèrent de leurs seigneurs. ... »]i
Voltaire, Histoire des croisades, in Essai sur les mœurs ch. 53 à 58

Sur ces deux millions de personnes qui y trouvèrent leur tombeau, la plupart étaient des chrétiens qui s'entretuèrent, car à l'époque ce n'était pas le grand Amour entre Rome et Constantinople que la plupart de ces croisés ne dépassèrent pas. De limiter ces pages d'Histoire, à la seule opposition caricaturale des chrétiens aux musulmans relève purement et simplement de la fable.
Pour une poignée ou douze, ou dix fois douze, de chrétiens à "sauver", but affiché de la Croisade, combien donc périrent des mains de leurs propres coreligionnaires ?

S'il faut tirer un enseignement de l'Histoire, c'est, me paraît-il, celui de ne pas tomber dans le même chausse-trappe à nigauds, et de ne pas se laisser embarquer dans ce genre de rhétorique fratricide seulement digne de l'imbécilité du mythe de St Georges de Lydda.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_de_Lydda

3.Posté par zeinab abdelaziz le 29/06/2016 14:19 | Alerter
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@ njama

Bonjour njama,

Merci pour votre intéressante intervention qui soulève, en fait, plusieurs points à développer, je me tiendrai à quelques-uns :

* Je commence par votre première interrogation concernant le fameux Bergoglio : « Comment peut-on prêcher d’une main l’amour du prochain, la paix, le pardon, le dialogue interreligieux, l’œcuménisme, et tenir de l’autre l’épée ? » ! Citation à laquelle j’ajouterai : et un poignard qu’il enfonce dans le dos… Suffit de comparer son attitude face au prétendu génocide de ses « frères aînés », dont le respect est imposé par un tribunal, son attitude toute récente à l’égard d’une guerre qui eut lieu entre turcs et arméniens, qui causa des morts des deux côtés, dont le terme « génocide » a été politiquement et vaticanement imposé, et comparer son silence répugnant à l’égard du génocide en cours des Palestiniens…

Si vous aviez l’habitude de suivre ses discours et ses déclarations, comme je le fais, hélas, la question ne se poserait même pas. C’est un pyromane expérimenté, qui joue admirablement et piètrement le rôle qui lui est assigné. En tant que pape postconciliaire, qui est là pour mettre en pratique les décrets de Vatican II, qui insistent malignement et honteusement sur l’éradication de l’Islam. En tant que membre et lige de la clique qui dirige la déstabilisation du monde, il a foncièrement participé à la diabolisation de l’Islam. Donc, rien d’étonnant à ce qu’il joue sur toutes les cordes, qu’il fasse le clown, du moment que cela mène à déraciner l’Islam.

Je relève la réponse du sultan Al-Kamel, qui résume simplement l’attitude du Vatican, de l’Occident chrétien raciste et double-face. S’ils se demandaient tous, « pourquoi ce désir brutal de domination ? », pourquoi ce sentiment infecte de supériorité, alors qu’en réalité ils ne cherchent, d’un côté, qu’à usurper les matières premières des pays arabes et musulmans, de l’autre, qu’à détruire une Religion qui, dans tous ses dits, gêne et met en cause toutes les falsifications commises et tous ces massacres, ces millions de personnes décimés à travers le temps pour imposer un christianisme, tissé à travers les papes et les Conciles. Les deux religions n’ont aucune commune mesure : l’une est falsifié, maniable à volonté, même de nos jours, l’autre est Divinement Révélée.

* La déclaration d’Al-Azhar et son désir de reprendre le dialogue avec le Vatican est une autre farce vaticane. Lorsque cette diabolique institution désir quelque chose, elle ne le demande pas, elle fait le détour de se le faire demander par l’autre interlocuteur ! Feu Mahmoud Azab est une des liges de la France. Il a été remercié de ses efforts en prenant la défense de Jacques Berque et sa traduction malintentionnée du Qu’ān, en obtenant un poste dans une des facultés, délégué de Al-Azhar, là où il travaillait.

* Que le nom de François, choisi par le nouveau pape, rappele que François d'Assise est, le symbole du dialogue avec l'Islam, c’est encore une autre farce bergoglienne. Le titre ou la qualification de « missionnaire » accolée à François d’Assise se trouve dans tous les textes anciens et surtout sa rencontre avec le sultan Al-Kamel pour le christianiser. Comme le dit très justement Abdelwahed Yehya (ex-René Guénon), « le vrai péril, pour l’Occident moderne, est celui qui vient de ses propres défauts ». Voilà un exemple vivant du racisme de la Fille Aînée de l’Eglise :

Guénon avait adopté l’Islam, est venu en Egypte, se maria avec une égyptienne musulmane, fonda un foyer musulman, consacra tout son temps à écrire, à faire connaitre l’Islam à cette Europe raciste, et des années après sa mort, ses œuvres qui étaient éditées de son vivant, ont commencé à être réédités. Un journaliste dit : il est temps de nous récupérer René Guénon, et toutes les nouvelles éditions paraissent sous le nom de René Guénon, il n’y a pas la moindre mention même entre parenthèse, du nom de Abdelwahed Yehya. La question se pose normalement : Pourquoi son fils accepte-t-il une telle distorsion ou blasphème pareil à la mémoire de son père ? Réponse : s’il n’accepte pas, pas d’édition !!

Bonne journée

4.Posté par njama le 08/07/2016 19:11 | Alerter
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Bonjour Zeinab

Je reviens sur différents points qui me paraissent incohérents dans cette histoire de JOUTE DU SARRASIN.

1. Les traditions d'habilité au combat, aux armes, de luttes et joutes martiales, de jeux ou d'art militaire, étaient communes partout depuis l'antiquité. Les tournois de chevalerie, et jeux d'armes, combats à l'épée, ou entre cavaliers apparaissent au X° siècle, dont avant la 1° croisade 1094-1099, et se développèrent sur les siècles suivants malgré les interdits
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tournoi_(Moyen_%C3%82ge-.

Il n'était bien sûr nullement question à l'époque d'affronter un Sarrasin, même virtuel, et la position de l'Église était clairement hostile à ces "divertissements" (souvent meurtriers) au point qu'elle les interdit à plusieurs reprises:
1130 : au concile de Clermont d’Auvergne, le pape Innocent II interdit énergiquement la pratique du tournoi. La chevalerie française ne tient aucun compte de cette interdiction.
1179 : au IIIe concile du Latran, (canon 20), le pape Alexandre III condamne la pratique du tournoi.
Juin 1245 : le concile de Lyon condamne la pratique du tournoi
1260 : le roi de France saint Louis interdit la pratique du tournoi

Il est donc très improbable que cette JOUTE DU SARRASIN puise ses origines dans les traditions du moyen-âge


2. Concernant l'histoire de la rencontre de François d'Assise et du sultan el kemil, je vous ai donné la version "chrétien d'orient", celle indiquée par Chems Eddine Chitour qui renvoie vers le site franciscain.org est nettement édulcorée, limite romantique !

"Témoin en effet de cette ardeur et de ce courage, le sultan l’écoutait avec plaisir et le pressait de prolonger son séjour auprès de lui. Il offrit à François de nombreux et riches cadeaux que l’homme de Dieu méprisa comme de la boue: ce n’était pas des richesses du monde qu’il était avide, mais du salut des âmes.
Le sultan n’en conçut que plus de dévotion encore pour lui, à constater chez le saint un si parfait mépris des biens d’ici-bas.
François quitta le pays du sultan escorté par ses soldats.
"


http://www.franciscain.org/saint-francois-dassise/francois-dassise-rencontre-sultan

On retrouve bien évidemment le même décalage concernant les Croisades, selon comment elles sont vues ici, récit hagiographique s'il en est, et vues par les arabes comme les rapporte Amin Maalouf.
https://www.amazon.fr/Croisades-vues-par-Arabes/dp/2290119164

3. Il est intéressant de noter qu'avoir complétement périclité avant le XVIIIe siècle cette célébration resurgit en 1904. Pour quelle(s) raison(s) ? Et que quelques années avant, en 1895 la ville de Clermont-Ferrand commémorait le HUITIÈME CENTENAIRE de la Première Croisade et celui qui avait lancé avaec sa férule papape cette guerre (pas si) sainte, fratricide, le pape Urbain II.
Sans constituer un faisceau de présomptions, il y a de troublantes coïncidences ...

Pour ce qui concerne les interactions belliqueuses entre l'Occident et l'Orient, celles du XIX° et début du XX° siècle sont assez significatives, et symptomatiques de l'entreprise de démembrement progressif de l'empire ottoman initiée (je pense) par la campagne d'Égypte sous Napoléon I°.

Comme le fait remarquer le Dr Nadia Khost, écrivaine syrienne damascène dans son magnifique article "LA CHRÉTIENTÉ, FILLE AUTHENTIQUE de BILAD EL CHAM", "L’Occident n’est donc pas laïque respectant le tissu humain qui accepte toutes les confessions et les ethnies ! Il n’est pas non plus chrétien soucieux du sort des chrétiens. Il revêt ce qui convient à son projet colonialiste : au 19eme siècle, il a prétexté la protection des chrétiens pour voiler son intervention colonialiste (18), ..."

(Cette affirmation est bien sûr étayée par de longues notes et liens qui peuvent permettre à chacun de vérifier ces faits.) pour plus détails >> http://www.agoravox.fr/commentaire4518040

Il fallait donc semble-t-il pour l'Occident réveiller l'antique querelle médiévale pour servir ses intérêts colonialistes ...

4. Concernant le "génocide arménien", après l'hommage au sioniste Herzl, Bergoglio nous sert cette autre bourde (?), le déplacement à Erevan, et, le mot "génocide" qui ne figurait pas dans son texte comme nous l'indique le Journal La Croix :
http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Vatican/A-Erevan-le-pape-Francois-denonce-explicitement-le-genocide-armenien-2016-06-24-1200771303

On pourrait pardonner au "pape latino" de méconnaître cette tranche d'histoire qui aboutit à refaçonner le visage de l'Orient avec les scalpels de Sykes & Picot, toujours est-il qu'il aurait pu s'abstenir, car son incontinence verbale ô combien équivoque tant elle fait l'impasse, et sur la responsabilité des arméniens eux-mêmes, et sur la responsabilités des puissances impériales de l'époque, Russie, France, Angleterre dans cette immense tragédie humaine.

Le Dachnak dans l'empire ottoman, Fédération révolutionnaire arménienne fondé en 1890, était un parti nationaliste, indépendantiste, qui s'était allié avec les puissances étrangères et n'hésitait pas à utiliser la lutte armée (comme Daech aujourd'hui) et de méthodes terroristes dont il se vantait même...

FRA Fédération révolutionnaire arménienne
La FRA-Dachnak dans l’Empire ottoman (1890-1919)


Le Dachnak fut fondé en 1890 à Tiflis (actuelle Tbilissi en Géorgie), en tant qu’organisation socialiste1. Ses fondateurs étaient le marxiste Christapor Mikaelian, le populiste Stepan Zorian (dit Rostom) et le bakouniniste Simon Zavarian. Leur objectif est l’émancipation de l’Arménie ottomane. Le Dachnak n’appelait pas à l’indépendance, mais à des réformes. C’était néanmoins une organisation révolutionnaire, qui organisa des actions armées. La plus connue est la prise d’otages à la Banque impériale ottomane à Constantinople en 1896. D’autres actions ont lieu contre la politique ottomane, comme celles menées par le commandant Vardan. Cette même année, le Dachnak participe comme observateur au quatrième Congrès de la Deuxième Internationale socialiste et y présente son programme.

Mikael Varandian, ancien dirigeant de la FRA-Dachnak, écrit :

i[«b[ Il n’y a peut-être jamais eu de parti révolutionnaire qui ait une aussi riche expérience des méthodes terroristes que la FRA. […] Le Dachnak a produit les caractères les plus forcenés du terrorisme, et formé plusieurs centaines de maîtres du pistolet, de la bombe et du poignard2. ]b»]i

Toutefois, « La stratégie insurrectionnelle ou subversive utilisée par les deux partis révolutionnaires arméniens [Dachnak et Hintchak] au cours des années 1890-1896 débouche sur la répression, non sur l’intervention souhaitée des Puissances comme ce fut le cas naguère pour la Bulgarie (1878). Les partis révolutionnaires arméniens mesurent mal les paramètres de la politique d’équilibre entre les Puissances (rivalité anglo-russe) et la situation géopolitique des communautés arméniennes3. » La FRA subit de nouveaux échecs en 1905 : son principal fondateur, Christapor Mikaelian, se tue en manipulant une bombe destinée à tuer le sultan4, une deuxième tentative d’assassinat échoue à son tour (non sans tuer une quarantaine de passants) et les « dépôts de dynamite destinés à faire sauter les édifices gouvernementaux » sont découverts à Izmir ; puis, en 1908, une trahison conduit à la saisie d’« un millier de nos fusils, un million de cartouches et une quantité considérable de matières explosibles5. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_r%C3%A9volutionnaire_arm%C3%A9nienne

Il va sans dire, que toutes ces armes avaient été fournies par des puissances étrangères ...

5.Posté par njama le 08/07/2016 20:28 | Alerter
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pour plus de clarté dans mon précédent commentaire, point 3.

"au 19eme siècle, il [l'Occident] a prétexté la protection des chrétiens pour voiler son intervention colonialiste (18)" Dr Nadia Khost


C'était en 1860, or, les causes étaient toutes autres ... c'est un point historique assez capital
la propagande n'avait pas attendu Hermann Goering, ministre du Reich pour "l’éducation du public et la propagande", l'argument était dans le droit fil de la pensée colonialiste française du XIX° siècle ...

6.Posté par zeinab abdelaziz le 10/07/2016 16:07 | Alerter
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@ njama 4 et 5

Bonjour njama,
Ce n’est pas seulement cette histoire de Joute du Sarrasin qui est bourrée de points incohérents, mais toute l’histoire de la chrétienté : En 313 le christianisme est toléré parmi les autres religions ; en 380 il est imposé comme religion unique pour l’empire romain, en décrétant en même temps la démolition de tous les temples, vestiges, bibliothèques de toutes les autres religions. Sur ce massacre inouï, qui fait une première sans pareille dans l’Histoire du monde, commence l’édification du christianisme. Au IVe siècle toujours, Jésus est Déifié en 325, en 381 la Trinité est inventée et imposée ; commence alors la formation d’une variété de vestiges, de reliques, pour faire ingurgiter cette nouvelle religion à tout l’empire. L’Eglise commença par des données que même Jésus ignorait, à ne citer que les mots « église » et « christianisme », qui n’existaient pas dans la langue.

Je ne cite même pas les évangiles, copiés et recopiés pendant des siècles, et qui n’ont même pas d’origine ou d’originaux, les premiers textes qui existent sont en grecs, Jésus et ses apôtres l’ignoraient. Le codex Sinaïticus, du IVe siècle révèle 14000 contradictions avec les évangiles actuels. L’Encyclopédie Britannique mentionne 150000 contradictions dans la Bible.

Si je commence à dénommer ces fraudes, ces textes manipulés, ces vestiges ou ces reliques, créés et imposés, l’espace du site, ici, ne suffirait point. A commencer par le tombeau de Jésus ou la croix qui n’existait point à l’époque, évangiles et Actes parlent de poteau ! Cela n’empêche que la mère de Constantin trouva la croix entière, intacte, après quatre siècles, avec celles des deux larrons ! Transportées à Rome, elle se trouvent pieusement dans toutes les églises, presque. On vendait des morceaux, le bois poussait, et repoussait encore. Exactement comme le Saint Prépuce de Jésus, il y en avait 21 en France et à Rome ; à Calcata, un village en Italie, maintenait la procession annuelle de cette sacrée relique jusqu’au XXe siècle. Un des docteurs de l’église eut la géniale idée de prouver au XVIe ou XVII e siècle, je ne me souviens plus, qu’il (le Saint Prépuce) monta avec Jésus pour former le cercle qui entoure Saturne ! Astronomie vaticane.

Du fameux Saint Suaire, ou le Suaire de Turin il y en avait 43, et ça continue jusqu’à nos jours. Les fameuses donations sont un autre chapitre : la Donation de Constantin, les Décrétales d’Isidore, celles de Gélase, la Constitution de Sylvestre, le Décret de Gratien, du faux sur du faux, mais la Trésorerie vaticane se remplissait… Pour ne rien dire de la fabrication des saints et des saintes ! Après avoir réuni le concile de Macon pour voir si la femme avait une âme, après avoir persécuté toutes les femmes lettrées le long des siècles, sous prétexte de sorcellerie, à commencer par Hypatie, l’Eglise fabrique des Saintes ! J’ai oublié la sainte Catherine, pieusement mariée à Jésus !

Je laisse tomber les croisades, les guerres de religions, la très Sainte Inquisition, les drames du Moyen-Age, les grandes querelles, à ne citer que celle du Modernisme et du Fondamentalisme, au cours de laquelle l’Eglise faillit sombrer, les histoires de pédophilies, cette machine à scandales qui n’en finit point, pour ne rien dire de la Banque IOR, ses fraudes, son commerce avec la maffia, oh ! ça n’en finit plus, j’arrête.

Je ne dis point que tous les chrétiens sont des avales-bêtises, car dès les primes débuts, il y eut ceux qui contestaient, bien avant Arius. Mais cette haine qui ronge le fond de cette Institution est diaboliquement enracinée dans ses petits replis. C’est une HONTE, de voir une Institution pareille, qui s’élève sur un socle incommensurable de tromperies, de mensonges, de tartufferies, de falsifications et d’artifices, diaboliser l’Islam ad nauseam, et en même temps imposer à tous ses chrétiens, sans exception, et à toutes ses églises, même locales dans d’autres pays, d’évangéliser le monde !!

Emile Zola, je cite de mémoire, avait sans doute raison de dire quelque part dans « Les 4 évangiles » que « la Civilisation n’atteindra sa pleine formation que si la dernière pierre de la dernière église ne tombe sur le dernier prêtre » !

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