Sciences et croyances

L’oscillation des glaciers du Groenland



Doug L. Hoffman
Samedi 4 Août 2012

L’oscillation des glaciers du Groenland


The Resilient Earth, Doug L. Hoffman, 31 juillet 2012


      La fonte des glaciers est encore une fois d’actualité, avec la menace associée à la montée des eaux. Des satellites de la NASA ayant rapporté la fonte généralisée des glaces dans tout le Groenland, les alarmistes ès changement climatique en sont tout excités. Mais les satellites de la NASA fournissent des données jamais disponibles auparavant, il est donc difficile de dire si la tendance à la fonte estivale est insolite. Entre temps, certaines données scientifiques âgées de 80 ans ont révélé que ce n'est pas la première période de recul des glaciers au Groenland. Ces anciennes données perdues montrent que de nombreux fronts de glaciers ont subi un recul plus rapide dans les années 1930 que dans les années 2000. Plus intéressant encore, deux périodes de recul ont été interrompues par une période d’avancée généralisée, de 1943 à 1972. Les glaciers du Groenland semblent osciller sur une durée d'environ un siècle.


      La réalité dépasse parfois la fiction. Une série de photos exposant en détail l’importance des glaciers du Groenland fut prise en 1932 et 1933, lors d’une expédition dirigée par l’explorateur Danois Rasmussen Knud. À l'époque, à cause d'un conflit politique entre Norvège et Danemark, la plupart de ces photos furent classées secrètes et effectivement perdues pendant 80 ans. Récemment redécouvertes, ces photos attestent de l’état des glaciers au début d'un précédant épisode de réchauffement, d'une ampleur comparable à l’actuel au sud-est du Groenland. Cette période chaude dura du début des années 1930 au début des années 1950, et présenta, tant dans l'air que dans l'océan, des températures anormalement élevées.


      Une équipe de chercheurs, dirigée par Anders A. Björk, de l'université de Copenhague, du Centre de GéoGénétique du Musée d'histoire naturelle du Danemark, a utilisé les photos retrouvées pour évaluer les réactions de chaque émissaire (fleuve de glace émis par la calotte glacière), à la fois ceux qui s’arrêtent sur terre et ceux qui finissent en mer. Décrits dans « Vue aérienne de 80 ans de fluctuations glacières liées au climat dans le sud du Groenland », publié dans la revue Nature Geoscience, les résultats sont édifiants :

      Les épisodes de recul des années 1930 et 2000 ont été associés à une hausse des températures très au-dessus de la moyenne, à la fois dans l’air et dans la mer. Ces deux périodes de retrait sont également considérées comme des pics de vêlage (libération d’icebergs par désagrégation de glacier) dans une étude des sédiments de fjords faite sur le Fjord Sermilik, là où se termine le glacier Helheim et où il a été attesté que les variations à l’échelle décennale des positions frontales sont liées aux variations à l’échelle décennale des températures à la fois dans l'air et dans la mer. Notamment, nos découvertes montrent que les variations des glaciers forcées par le climat à l'échelle décennale ne se limitent pas au grand Glacier Helheim, mais que la plupart des glaciers le long de la côte sud-est ont suivi une tendance au recul similaire. Parmi tous les glaciers, 35% présentent des vitesses de retrait plus élevées durant les années 1930, et 20% montrent des vitesses de recul similaires. Pour les glaciers se terminant sur terre, 42% étaient plus rapides au cours des années 1930 et 33% similaires.


      Cela indique que, dans les années 1930, les glaciers du Groenland se rétrécirent pratiquement à la vitesse « sans précédent » d’aujourd’hui. Bien qu'aujourd'hui les glaciers se terminant en mer se retirent plus vite que ceux qui finissent à terre, le message global est le même : la vitesse de la fonte des glaces était identique il y a presque 80 ans à la vitesse actuelle. C'était avant que ne survienne le réchauffement climatique maximum attribué au gaz carbonique des activités humaines. Les conclusions de l’article ne se limitent pas non plus à quelques glaciers privilégiés.


      « Nous analysons le comportement frontal de 132 glaciers le long de la côte sud-est du Groenland, sur plus de 600 km, entre les latitudes 61,5° N et 66,5° N », déclarent les auteurs. « En combinant les photographies aériennes (1931-1933, 1943, 1981-1985), les photographies terrestres (1933) et les images satellites (1965, 1972, 2000, 2010), nous déterminons les variations frontales sur une période de 80 ans. » Les résultats sont présentés dans la figure ci-dessous.



Variations moyennes des fronts de glaciers et relevés de la température. [Ndt : SST signifie Température de Surface de la Mer.] (Clique pour agrandir.)


      Les auteurs notent que davantage de glaciers ont reculé au cours des années 2000. Sur les sept glaciers ayant connu des vitesses de recul élevées durant les années 2000 (plus de 200 mètres en dix ans), tous sont des émissaires relativement importants aboutissant en mer, qui se sont avérées particulièrement sensibles aux variations de la température océanique. Il semble que l'air pouvait être plus chaud dans les années 1930, mais les eaux océaniques étaient restées relativement froides. Aujourd'hui, la situation est inversée, avec l'eau océanique chaude créant plus de vêlage dans la terminaison marine des glaciers, mais les glaciers terrestres se terminant à terre restant en grande partie intacts. Ce qui s'est passé après le réchauffement du début du XXe siècle est peut-être plus intéressant encore.

      Alors que le réchauffement du début du XXe siècle s’affaiblissait, commença dans les années 1950 une période de refroidissement qui dura jusqu'à début des années 1970. La réaction au refroidissement des glaciers fut d’avancer, surtout les glaciers à terminaison marine. Chose surprenante, une grande partie (60%) de nos glaciers avançaient beaucoup déjà au début de la période, tandis que 12% des autres étaient stationnaires au cours de la période. Cela montre que les glaciers de cette région sont plus sensibles au changement climatique et réagissent plus rapidement à un refroidissement que ne l’indiquent à la fois les études antérieures et les études plus récentes, à partir de 1972, sur les émissaires aboutissant en mer. En étudiant en détail les données de température de surface océanique, nous constatons qu'une période de températures plus froides que d'habitude a touché la côte sud-est du Groenland dans les années 1960. Cependant, l'influence de l'eau froide sur le front marin des émissaires n'explique pas entièrement l’avancée, car de nombreux glaciers à terminaison terrestre progressaient dans la période 1943-1981.


      Globalement, les auteurs ont constaté que, à l'échelle décennale, les glaciers du sud-est du Groenland réagirent « vigoureusement » à la fois au réchauffement et au refroidissement. En outre, la période de réchauffement récente n'est pas le seul épisode attesté de fonte notable des glaciers ; un recul de ce genre a suivi le réchauffement du début du XXe siècle, à une époque où les températures atmosphériques et océaniques étaient semblables à celles d’aujourd’hui. En d'autres termes, tout cela est arrivé auparavant, et il n’y a pas si longtemps.


      Cela n'a pas tempéré le besoin des alarmistes ès climat de prétendre « sans précédent » chaque nouvelle observation de fonte des glaciers. En juillet 2012, lors d’un événement bizarre qui a étonné les scientifiques, pratiquement toute l’énorme calotte glacière du Groenland a soudainement commencé à fondre. Trois satellites de la NASA ont montré ce que l'agence spatiale a qualifié de « fonte sans précédent » de la calotte glaciaire. Alors que la glace fond habituellement en été, bizarrement, la fonte a pris un départ canon le 8 juillet, et a duré quatre jours. « Littéralement, vous avez eu cette vague de chaleur balayant la calotte glaciaire du Groenland, et la faisant fondre », a déclaré Tom Wagner, spécialiste ès glacier à la NASA.



Les satellites de la NASA ont détecté la fonte généralisée en juillet 2012. (Clique pour agrandir.)


      Selon la NASA, en quatre jours, la superficie de fonte des glaces est passée de 40% à 97% de la calotte glaciaire. Mais ce n'est pas aussi épouvantable qu'il n'y paraît à première vue. La fonte ne touche que la surface exposée des glaciers, la glace épaisse sous-jacente est restée intacte. La fonte la plus étendue détectée auparavant par satellite faisait environ 55%, mais les observations satellites ne sont disponibles que depuis 30 ans. Les données des carottes de glace montrent que ce genre de fusion s’est produit la dernière fois en 1889, avec des épisodes antérieurs survenant tous les 150 ans environ. Pour le climatologue, à l’évidence, « sans précédent » veut dire « pas récemment » ou « pas de son vivant ».


      À présent, au lieu d’avoir à compter exclusivement sur les données de l’ère spatiale (en gros, de 1970 à nos jours), un éclairage plus précis, plus ancien est disponible. Quelques photographies historiques ont transformé une simple tendance de 30 ans de fonte des glaces en un long cycle d’un siècle d’avancée/recul, qui confirme les comptes-rendus plus anciens sur les cycles glaciaires du Groenland. Imagine maintenant ce qui arriverait si était publiée une précieuse collection de photos du Maximum climatique de l’Holocène (il y a environ 6000 ans), à une époque où les températures étaient bien plus chaudes qu'aujourd'hui.


      Ou pense à un événement encore plus ancien et prends l’interglaciaire Eémien (il y a environ 125.000 ans), quand les choses étaient encore plus chaudes et le niveau des mers encore plus haut. Tout le battage médiatique et l'hyperbole [*] se dissiperaient, comme l’ont fait dans le passé à plusieurs reprises les glaciers du Groenland et comme ils le referont dans l'avenir. Malheureusement, aucune photo du passé préhistorique ne peut exister, mais le bon côté des choses est que nous savons désormais qu'il n'y a rien de sans précédent dans la fonte des glaciers observée aujourd'hui au Groenland.
[* Ndt : Sûrement la courbe du réchauffement en crosse de hockey (hyperbolique) pondue par le savant de Marseille Michael Mann.]



      Ne te fais pas écraser en traversant la rue, profite bien de la période interglaciaire et reste sceptique.



Original : theresilientearth.com/?q=content/greenlands-oscillating-glaciers
Traduction copyleft de Pétrus Lombard




Samedi 4 Août 2012


Commentaires

1.Posté par loup le 06/08/2012 13:22 | Alerter
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Pourquoi seulement et maintenant pour nous donner ces informations!

C'est de l'intox et de la diversion! . Personne ne croit maintenant aux instatitutions américaines.

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