RELIGIONS ET CROYANCES

L’islam n’est pas une théocratie



Sayyed Chinqiti
Mardi 30 Juillet 2013

L’islam n’est pas une théocratie
Je commence par le nom de Dieu, le Tout-Clément, le Tout-Miséricordieux

D’aucuns commettent une grossière erreur d'appréciation en concluant systématiquement par extrapolation. Ce faisant, ils émettent des jugements globalisants tous azimuts. C'est le cas de ceux qui ont tendance à mettre toutes les religions dans le même sac, par pure méconnaissance de l'islam. En quoi donc l'islam est-il spécifique ?

L'islam se distingue aussi bien des religions que des idéologies du fait qu'il couvre harmonieusement toutes les dimensions humaines : ses articles de foi et ses pratiques cultuelles déterminent le rapport de l'homme à Dieu ; ses préceptes relatifs à la nourriture, à la tenue vestimentaire et aux règles morales régissent le rapport de l'homme à lui-même ; ses prescriptions en matière d'échanges et de peines organisent le rapport de l'homme à autrui. Quelle autre religion ou idéologie gère-t-elle les problèmes humains de façon aussi exhaustive ?

« […] C’est à toi que Nous avons révélé ce Livre où toute chose se trouve expliquée, et qui est aussi un guide sûr, une miséricorde et une annonce heureuse pour les croyants. » (Cf. Coran 16.89).

Son origine divine rend l’islam universel et spécifique tout à la fois : une idéologie politico-spirituelle. Car il s’agit de la Religion de Dieu qui forme un tout homogène où l’esprit et la matière ne font qu’un, un système original qui a pour finalité de régir la vie individuelle et collective des hommes dans ses moindres détails :

« La vraie Religion, pour Dieu, c’est l’islam […]. Quiconque recherche une religion autre que l’islam, celle-ci ne sera point agréée de lui, et il sera dans l’au-delà au nombre des perdants. » (Cf. Coran 3.19/85).

Ainsi, l’islam n'est pas une théocratie, mais une idéologie à part entière et entièrement à part. La théocratie – comme celle de l'Église au Moyen Âge européen – gouverne au nom de Dieu et exerce l'autorité au nom de la religion. L'islam, lui, institue un État humain, non un État divin.

Dans cet État humain appelé Khalifat, le pouvoir est fondé sur quatre règles fondamentales :

1. La souveraineté appartient à la loi islamique (seule source légale) ;

2. L'autorité appartient à la nation (c'est elle et elle seule qui choisit ses gouvernants) ;

3. Les musulmans doivent désigner un seul Khalife à l'échelle de toute la nation (le pouvoir est centralisé, tandis que l'Administration est décentralisée) ;

4. Le Khalife seul a le droit d'adopter les lois et de mettre la Constitution en vigueur (du fait qu'il est mandaté par la nation).

Telles sont les quatre règles sur lesquelles repose le Khalifat en tant que système de pouvoir. Ce système ne ressemble à aucun de ceux qui sont en vigueur dans le monde ; il est tout à fait différent de la démocratie, de la théocratie, de la monarchie et bien évidemment du régime impérial. Le Khalifat ne peut être examiné que sous deux angles. D'une part, il doit être considéré en tant que système distinct de tout autre. Il correspond à la réalité du pouvoir, mais pas de n'importe quel pouvoir ; il s'agit d'un système pour gouverner les hommes de façon réaliste et humaine, tout en se situant au plus haut niveau des valeurs. D'autre part, le Khalifat doit être vu à travers les preuves textuelles à partir desquelles ces idées concernant le pouvoir ont été déduites.

Ces règles relatives au pouvoir sont des prescriptions de loi qui émanent de la foi en Dieu, Créateur de tous les êtres et Ordonnateur de toutes choses. Or, en islam, la foi provient d'un credo fondé sur une évidence première pour tout être sensé : tout ce qui existe témoigne de l'existence du Créateur. Ainsi, l'univers, la vie, l'homme, limités, vulnérables et dépendants, sont créés par une puissance extérieure à l'espace et au temps : Dieu, dont l'existence est tangible, à travers celle de ses créatures, même si Son essence reste inaccessible (d'ailleurs, si elle ne l'était pas, Il ne serait pas absolu).

Sur la base de ce credo rationnel, l'islam définit les idées que l'homme doit faire siennes, tout en donnant libre cours à sa raison ; il détermine aussi, par rapport à cette représentation de l'existence, le comportement que l'on doit avoir dans la vie, mais sans entraver aucunement l'homme lui-même.





Sayyed Chinqiti



Lundi 29 Juillet 2013


Commentaires

1.Posté par Idem le 30/07/2013 21:11 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler



Mon frere,

J'ai deux questions a te poser qui me taraude l'esprit :

1/. Je voudrais savoir la signification de toute chose dans ce verset : "C’est à toi que Nous avons révélé ce Livre où toute chose se trouve expliquée"

Car a ma connaissance dans le Quran il n'est pas mentionne l'ordinateur par ex, donc quel est le contexte, explication de cela ?

2/. L'Etat Humain, Divin : A mon sens Al Khilafah est un etat divin, puisqu'il met en avant, la Parole de Dieu et elle fait figure egalement de constitution legale. Eclaire moi sur cela aussi, jazaka Allah khayr.

2.Posté par Sayyed Chinqiti le 30/07/2013 23:25 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Jazâka l-Lâhou khayran pour tes interrogations, qui reflètent ton intérêt pour cette grande question qu'est le Khalifat (al-Khilâfah) que beaucoup de musulmans négligent malgré son importance.
1. S'agissant du verset (Coran 16.89), il est question de la législalation, en ce sens que tout évènement, tout problème inédit trouve une solution dans la Révélation (Coran et Sounna). Révélation dont la force est précisément de présenter des principes généraux et des règles globales qui couvrent tous les problèmes humains. C'est au moyen de l'interprétation juridique (ijtihâd) que les oulémas arrivent, à partir des preuves textuelles, à déduire des avis juridiques pour remédier aux problèmes sans cesse renouvelés. Ces avis juridiques, une fois adoptés par le Khalife (Imâm ou encore Commandeur des croyants) deviennent des prescriptions de loi dont l'observation est légalement obligatoire.
Le verset se réfère donc à la dimension juridique de l'islam en tant que mode de vie individuel et modèle de société, non à l'aspect technique, car l'islam est un credo et un système, non un traité d'agronomie ou d'informatique. C'est là toute la différence entre la civilisation culturelle (hadârah) et la civilisation matérielle (madaniyyah). C'est pourquoi les musulmans ne doivent prendre de lois qu'à l'islam seul, alors qu'ils peuvent et doivent tirer profit des sciences et techniques quelle qu'en soit la provenance. C'est d'ailleurs ce qu'a fait le Khalife 'Oumar en adoptant le système de chancellerie de Perse (c'est-à-dire les techniques administratives), en prenant soin d'éviter l'aspect juridique.
2. L'Etat islamique ou Khalifat se réfère certes exclusivement à la législation divine. En effet, le credo islamique ('aqîdah) est la base sur laquelle l’État est érigé dans toutes ses structures, son organisation, son système, son économie et ses finances. Tout découle de l'islam. Le credo islamique, et lui seul, est à la base de la Constitution et de toutes les lois. Mais c'est un Etat humain en ce sens qu'il ne gouverne pas au nom du droit divin comme les rois d'Europe au Moyen Âge.
D'abord parce que l'autorité (soultân) appartient à la Nation ('Oummah) : c'est elle et elle seule qui choisit ses gouvernants. La charge de Khalife est un contrat basé sur l'acceptation volontaire. On ne peut obliger personne à accepter cette charge, comme on ne peut obliger personne à choisir un candidat à ce poste. Nul ne peut être Khalife si cette charge ne lui a pas été conférée par les musulmans. Nul ne peut assumer les pouvoirs du chef de l’État s'il n'a pas accédé à cette charge dans les formes légales, comme pour tout type de contrat en islam, ces formes légales de désignation du Khalife étant l'acte d'allégeance (bay'ah).
Ensuite, parce que le Khalife n'est qu'un homme qui peut se tromper dans l'adoption des lois comme dans leur exécution. C'est d'ailleurs pourquoi il existe un Conseil de la Nation pour le contrôle des gouvernants, y compris le Khalife. Car le contrôle des gouvernants par les musulmans est leur droit ; c'est aussi un devoir solidaire (fard 'ayn).

Fraternellement

3.Posté par Saber le 31/07/2013 03:27 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

En somme ce qui est mis en avant dans cet article c'est la reconstitution d'un khalifat par le haut grâce à la promotion d'une élite sensée être éclairée pour gérer les affaires de tous les musulmans en matière de droit et de justice; ça laisse rêveur tellement le sujet est vaste.

Dommage que le sujet des pauvres ( travailleurs à faible revenus) et des miséreux (personnes sans ressources, tels que les malades, les orphelins, les veuves et les personnes âgées ) n'est point abordé, pourtant, c'est par là que le droit musulman doit commencer pour réparer l'injustice des hommes de pouvoir.

L'autre problème qui ronge la oumma c'est de savoir où se situe la limite entre le bien commun et le bien privé et ce que doit-être une oumma instruite, cultivée qui vit dignement dans une sphère de prospérité pour tous.

Un autre sujet doit être éclairci qui consiste à savoir comment éviter les luttes internes pour le pouvoir et de savoir aussi comment faire que le droit musulman soit applicable aussi envers les dirigeants peu importe leur rang et ainsi se passer de la fitnah des complots et autres intrigues qui sont à l'origine de la destruction du califat mais aussi de la chute des gouvernants musulmans qu'ils soient juste ou pas, là n'est pas la question.

Existe-t-il un traité sérieux sur l'économie et la finance selon la vision islamique des choses ?

4.Posté par Idem le 31/07/2013 04:04 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Jazaka Allahu khayr pour tes explications, c'est plus clair pour moi maintenant. Je n'ai rien d'autre a ajouter, si ce n'est de poster plus souvent.

Je lirais tes postes avec plaisir.

Mabrouk ce mois, qu'Allah nous y fasse gagner la nuit du destin.

Salam alaykum,

5.Posté par Sayyed Chinqiti le 31/07/2013 06:37 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

@ Idem

Erratum : devoir solidaire correspond à "fard kifâyah" et devoir strict à "fard 'ayn".

6.Posté par Sayyed Chinqiti le 01/08/2013 01:58 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

@ Saber

Il ne s'agit pas d'une "reconstitution d'un khalifat par le haut". Bien au contaire, le rétablissement du Khalifat est tout un programme qui doit naturrellement commencer par la base. Ce, à travers trois grandes étapes, toutes issues du cheminement du Prophète (SA'WS) dont la méthode est indissociable de l’idée islamique elle-même : (1) l'étape d'instruction pour former des hommes convaincus et sur lesquels on peut compter ; (2) l'étape d'interaction avec la société ; (3) l'étape de la prise de pouvoir avec le soutien d'instances influentes (comparables au Partisans médinois ou 'Ansâr). En plus du fait qu'il s'agit-là de la méthode légale suivie par le Prophète (SA'WS), cette démarche qui consiste à commencer par la base pour atteindre naturellement le sommet est une des lois cosmiques voulues par Dieu : toutes les grandes révolutions qui ont changé la face du monde (comme la révolution française ou la révolution bolchévique) ont respecté ces trois phases.
Par ailleurs, vous soulevez plusieurs autres questions qu'il aurait été impossible de traiter dans un article conçu pour ne pas dépasser 1000 mots.
Pour ce qui est de la "fitnah" et des luttes internes, c'est un problème humain universel engendré par l'instinct de survie qui se manifeste, entre autres, par un désir de domination. A l'échelle du Khalifat, l'islam offre des dispositifs efficaces pour maîtriser ce danger. Il y a d'abord le Conseil de la Nation (appelé indifféremment "Majlis ach-choûrah" ou ""Ahl la-hall wa l-'aqd"), dont les membres sont élus par les citoyens, pour la consultation et le contrôle des gouvernants, à tous les niveaux. Le Conseil de la Nation a le droit de demander compte au Khalife de toutes les actions et affaires ayant lieu dans l’État, qu'elles fassent partie des affaires intérieures, extérieures, financières, des questions militaires ou autres. Son opinion doit être respectée pour tout ce qui relève de la consultation obligatoire en terme de majorité. Il y a ensuite le Cour suprême, qui statue dans les litiges entre les personnes et l'Etat. Tout litige survenant entre le Conseil de la Nation et le Khalife au sujet de la légalité d’une action doit être résolu par la Cour suprême, dont l’avis sera obligatoirement suivi. De plus, la Cour suprême dispose du pouvoir de destituer n'importe quel fonctionnaire ou n'importe quel gouvernant, y compris le Khalife lui-même.
La question de la pauvreté est au coeur des préoccupations de l'islam. Mais le Khalifat s'avère indispensable pour l'éradiquer et non pas seulement la colmanter, comme le fait le capitalisme. Comment ? D'un côté, l’État doit assurer à chacun, musulman ou non, la pleine satisfaction de ses besoins fondamentaux ainsi que la possibilité de satisfaire le mieux possible ses besoins complémentaires. De l'autre, il se charge de collecter les fonds de la zakat et de les distribuer uniquement aux huit catégories de personnes mentionnées dans le Coran.
Quant à la prospérité des citoyens, le Khalifat doit légalement redistribuer les revenus de la propriété publique (qui est différente de la propriété étatique) : pétrole, minerais, produits de la pêches doivent profiter aux citoyens, le rôle de l'Etat consistant uniquement à les gérer et à les redistribuer équitablement.

Pour ce qui est des ouvrages d'économie et finance, il en existe d'excellents en arabe et en anglais. En voici deux que je vous recommande en particulier :
- Taqî ad-Dîn an-NABHÂNÎ, an-Nidhâm al-iqtisâdî fî l-'islâm (Système économique de l'islam), Dâr al-'Oummah, Beyrouth
- 'Abd-al-Qadîm ZALLOÛM, al-'amwâl fî dawlat al-Khilâfah (Les Richesses au sein du Khalifat), Dâr al-'ilm li l-malâyîn, Beyrouth

Fraternellement

7.Posté par Sayyed Chinqiti le 01/08/2013 02:00 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

@ Idem



Wa 'alaykoum as-salâm wa rahmatou l-Lâhi wa barakâtouh

Je ferai de mon mieux, inch'Allah.

Bon ramadan également, et plût à Dieu d'accepter nos oeuvres !

Fraternellement

8.Posté par Idem le 01/08/2013 02:04 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

@Sayyed Chinqiti

Oui jazaka Allah khayr effectivement, je me posais la question, Fard kifayah : il suffit que quelques Musulmans fasses ce devoir, le reste en est exempte. Comme l'enseignement de la Religion, si le nombre des Ulemas est suffisant.

9.Posté par Sayyed Chinqiti le 01/08/2013 04:50 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

@ Idem

C'est tout à fait cela. En fait, la division des obligations légales en devoirs stricts et devoirs solidaires est purement technique puisqu'un devoir reste un devoir tant qu'il n'est pas accompli, comme l'expliquent les fondamentalistes ('oulamâ' al-'ousoûl). La définition du devoir strict ("fard al-'ayn") est tout devoir dont l'accomplissement incombe à tout un chacun, individuellement, comme la prière, par exemple. Le devoir solidaire (fard al-kifâyah) est tout devoir qui, s'il est effectivement accompli par une partie des musulmans, les autres en sont dispensés, comme la quête de la science. On remarque donc que, tant qu'il n'est pas réalisé, un devoir solidaire s'impose à tous, au même titre qu'un devoir strict.

Fraternellement

10.Posté par Sir Conflexe le 01/08/2013 05:21 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

@Sayyed Chinqiti
****Il ne s'agit pas d'une "reconstitution d'un khalifat par le haut". Bien au contaire, le rétablissement du Khalifat est tout un programme qui doit naturrellement commencer par la base.****
Salamou aleykoum,
C'est,on ne peut plus ,vrai et est une condition sine qua none pour l'instauration/rétablissement d'un califat.Si la base ( qui,à mon avis, reste la grande majorité)n'est pas instruite et formée dans ce sens ,toute entreprise est vouée à l'échec.Aucun pays musulman,via tous ses outils d'information (il serait indécent et hypocrite d'utiliser le terme propagande) n'a osé faire cette approche et préparer la société musulmane aux préceptes et lois de notre noble religion.On ne peut instaurer un califat par le fer et le sang,en faisant abstraction des restes des populations vivant dans tous les états ou pays du monde musulman qui, elles-mêmes (populations) sont musulmanes,sans pour autant être au fait des lois et des règles qui régissent la vie du musulman.Il ne suffit pas de dire à quelqu'un (ceci est un exemple parmi tant d'autres):la Loi de l'Islam dit que "si tu voles on te coupe la main",si on lui explique pas qu'il y a des conditions pour que cette main soit coupée,loin des clichés stéréotypés que nous distillent ceux qui veulent faire passer l'Islam comme une religion liberticide,rétrograde,et moyenâgeuse.Nous n'avons jamais été d'accord avec ceux qui disent que le choc des civilisations est un faux débat,car il n'a jamais été autant question,surtout en ces moments de grands troubles.
Nous sommes honorés de votre présence sur le site et espérons tirer profit de vos interventions.

11.Posté par Sayyed Chinqiti le 02/08/2013 01:04 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

@ Sir Conflexe

Tout l'honneur est pour moi !
S'agissant de ce nécessaire processus d'instruction, il faudrait avoir et la capacité et la volonté de l'entreprendre. Or, si les Etats qui existent aujourd'hui dans le monde islamique ont la capacité (matérielle, s'entend, vu les diverses richesses dont Dieu a pourvu ces pays), je doute qu'ils en aient la volonté, car ils sont tout simplement dépourvus d'autonomie. Comment s'en étonner quand on sait que ces Etats ne sont que les fruits amers des accords Sykes-Picot et du néocolonialisme ?!

Fraternellement

12.Posté par Saber le 06/08/2013 02:46 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

L'islam, lui, institue un État humain, non un État divin ?

@Sayyed Chinqiti, salam

Qu'entendez-vous par un État humain et un État Divin ?

Cordialement.

13.Posté par Sayyed Chinqiti le 06/08/2013 20:36 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

@ Saber

La question a déjà été abordée par Idem, et j'ai essayé d'y répondre (commentaire 2).
J'ai employé ces deux termes pour essayer de montrer qu'il n'y a pas de théocratie en islam. En substance, disons que l'Etat divin dirige au nom de Dieu et détient son autorité au nom de la religion. C'était le cas au Moyen Âge où les rois d'Europe et les tsars de Russie régnaient au nom de leur caractère sacré (ils étaient supposés élus de Dieu pour gouverner le peuple dont ils se différenciaient parce qu'is "avaient le sang bleu"). Ils se servaient de la religion chrétienne pour exploiter les peuples, les tyranniser et les déposséder de leurs biens. Pour ce faire, ils utilisaient le clergé comme tremplin, travaillant ainsi main dans la main avec l'Eglise. C'est ce que les politologues appellent le droit divin.
L'Etat humain, lui, n'est pas fondé sur la sacralité de l'autorité : le gouvernant n'est pas choisi par Dieu, mais par le peuple. C'est le cas du système du Khalifat en islam dans lequel le gouvernant est mandaté par le peuple. De plus, le Khalife n'est qu'un être humain qui peut commettre des erreurs dans l'adoption des prescriptions de loi ou dans leur application, d'où la nécessité qu'il soit contrôlé par le peuple via différents dispositifs.

Fraternellement

Nouveau commentaire :

Actualité nationale | EUROPE | FRANCE | Proche et Moyen-Orient | Palestine occupée | RELIGIONS ET CROYANCES


Publicité

Brèves



Commentaires