RELIGIONS ET CROYANCES

L'islam et la Loi : La quadrature légitimiste.


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Il est impératif de bien saisir que la sortie de ce sombre tunnel dans lequel les musulmans errent tout ce temps, nécessite réhabilitation de la centralité du rapport à la Loi dans la pensée et la pratique musulmanes. Et tous ceux qui promeuvent éthique, renouveau ou même reforme ne font que verser dans la sempiternelle esquive de la dangereuse question légale. Tandis que tout doit être repris depuis le début pour la résolution de la quadrature légitimiste et trouver réponses à : Qui gouverne? Comment ? Au nom de qui ou de quoi ?


Cide
Jeudi 14 Juillet 2016

La question de la Loi est centrale dans l'histoire de l'islam. Et par Loi, j'entends tout corpus, de quelque nature soit-il, qui fait consensus [1].

Et bien qu'elle fut, et elle est encore, origine de tant d'avaries civilisationnelles elle n'a jamais pour autant pris toute l'importance qui, normalement, devait lui revenir.

Et ceci s'explique aisément par la tutelle politique qui, depuis la bataille de Siffin[2], jeta de son ombre sur la norme légale, supposant que tout référent juridique sous entend forcement une contestation légitimiste vis-à-vis de son pouvoir né au forceps.

Et c'est ainsi que, tout le long de l'histoire musulmane, cette problématique s'est vue confiée à ses pires défenseurs , à savoir les dissidents d'un camps œuvrant souvent pour la restauration d'un autre.

Au point que sa simple évocation est devenue synonyme de faction ou de rébellion, condamnée de ce fait souvent par la mise à mort au nom du très permissif sacro-saint principe d'«ensevelissement de la discorde »[3].

Et c'est ainsi que, de bonne foi ou non, certains Lettrés musulmans ont intériorisé subtilement une ingénieuse mécanique de l'esquive censée leur prodiguer, en plus d'une assurance, bonne conscience.

Or, huilée par la crainte des uns et la cupidité des autres, cette mécanique ne s'est pas seulement contentée de l' assujettissement des musulmans mais pire elle est allée jusqu'à produire toute une juridiction complaisante dans laquelle le devoir envers Dieu est carrément substitué par l’allégeance aveugle et absolue pour le tyran d'une contrée, d'un pays ou d'une époque.

Tout un retour en somme à ces mêmes chaînes de l'idolâtrie que l'islam est venu rompre. Et c'est ainsi que, sur 14 siècles, on a dégringolés de l'exigence légitimiste d'une femme sommant le Calife Omar de s’expliquer sur le surplus de sa tunique à l'opulence extravagante et démesurée des rois, princes et autres commandeurs des croyants sévissant tous, comble de l'ironie, au nom de l'islam.

Et face à ce passé qui ne passe pas, il est désormais impératif de bien saisir aujourd’hui que la sortie de ce long et sombre tunnel dans lequel les musulmans errent tout ce temps, exige d'abord un effort intellectuel conséquent réhabilitant la centralité du rapport à la Loi dans la pensée, la pratique et la tradition musulmanes. Sans cela rien en effet de solide, ni durable ne verra le jour dans le monde musulman.

Autant dire que tous ceux qui, nombreux de nos jours, promeuvent éthique, renouveau ou même reforme ne font en réalité que verser, certes ingénieusement, dans la sempiternelle esquive de la dangereuse mais inévitable question légale.

Tandis que tout doit être repris depuis le début pour reposer les mêmes questions de la bataille de Siffine. Créer en somme des conditions favorables pour la résolution de cette quadrature légitimiste, assez solides de surcroît pour remonter l'histoire afin de la reprendre de son bon coté. Autrement dit trouver réponses claires et simples  à : Qui gouverne? Comment ? Et au nom de qui ou de quoi ?










[1] لا تجتمع أمتي على ضلالة

[2]Bataille qui s'est déroulée en Juillet 657, au Raqqaa en Syrie, entre le Calife Ali et Mouawiya.

[3] وأد الفتنة

 


Jeudi 14 Juillet 2016


Commentaires

1.Posté par Cide le 15/07/2016 17:50 | Alerter
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Correction :

Ce n'est pas une femme qui a sommé le Calife Omar de s’expliquer sur le surplus de sa tunique, c'est le compagnon du prophète Selman le Perse.
Cide

2.Posté par Zaheer le 15/07/2016 19:34 | Alerter
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Il serait plus important d'écrire une thèse sur le téléphone dit arabe et l'insouciance caractérisée de ceux qui s'y adonnent.

3.Posté par Zaheer le 17/07/2016 06:39 | Alerter
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Suite : Je connais pleins d'histoires sur le compagnon et calife Omar ibn Khattab, qu'Allâh l'agrée et parlant de tunique(s), mais aucune d'entre elles ne fait mention d'une tunique trop longue qu'il aurait porté et dont le compagnon Salman le Perse,qu'Allah (swt) l'agrée aussi, lui aurait demandé l'explication de ce surplus. J'imagine que trop bien la source d'où tu es allé prendre ce mensonge.
Le téléphone arabe définissait en premier l'efficacité de la transmission rapide du bouche à oreille parmi eux avant que cette expression tombe en raillerie qu'en beaucoup s'y sont essayé. Mais là il ne s'agit pas d'altération d'informations.

4.Posté par Cide le 17/07/2016 13:23 | Alerter
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[4] http://www.islamtoday.net/salman/services/saveart-41-147425.htm


[5] http://archive.aawsat.com/details.asp?section=17&article=605316&issueno=11746#.V4tnxqLga0c

[6] https://saaid.net/Doat/hamesabadr/66.htm

[7]https://www.youtube.com/watch?v=0rMCBMi1zrE

[8] http://islamport.com/w/amm/Web/2572/9662.htm

5.Posté par Zaheer le 17/07/2016 16:29 | Alerter
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Ces réponses rendent encore plus incompréhensibles le choix de ce parallèle entre la tunique de son père qu'il portait en plus du sien, raa, et l'opulence des dirigeants actuels qui se servent dans les caisses publiques et qui n'est pas seulement une pratique exclusive des rois et princes arabes...d'autant plus que d'après cette histoire, Salman le perse, raa; après avoir reçu la réponse c'est ravisé.

Il faut miser sur le fond d'un texte avant sa forme...


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