« Lorsqu’on parle des imprimantes 3D « qui font tout », il faut se rendre compte que c’est une perspective lointaine », explique Iouri Karach, le membre de l’Académie russe de l’aéronautique. « On peur livrer une telle imprimante sur l’ISS. Mais que va-t-il fabriquer là-bas ? Pour fabriquer des pinces, il faut que l’imprimante possède du métal. Si l’on a besoin d’une brosse à dents, il lui faudra du plastic. Tous ces matériaux devraient être déjà livrés sur l’ISS. Peut-être qu’il plus facile de livrer à l'ISS un tournevis que l'imprimante qui en fabriquerait un ».

Cependant, l'impression en trois dimensions dans l'espace offre de grandes perspectives, ajoute l’expert. La société Mars One, qui envisage d'établir une colonie sur Mars au début des années 2020, va envoyer une imprimante 3D là-bas. Les Européens mettent au point une base lunaire. Des A cellules hexagonales seront fabriquées sur cette imprimante et elles seront remplies de poussière lunaire. On construira avec ces blocs des carcasses, qui protège de la radioactivité. Les hommes se trouveront à l’intérieur comme dans un module gonflable. Toutefois, selon Iouri Karach une base lunaire – c’est également dans un avenir lointain.

«Lorsque j'ai entendu que l'imprimante qu'ils veulent imprimer « une base lunaire », je me suis rappelé comment au début des années 1950 on pensait aux Etats-Unis pensaient que les hélicoptères seront aussi répandus que les vélos. Que chaque famille sera en mesure d'acheter un aéronef à voilure tournante et de voler vers le magasin ou pour faire une promenade. Même chose pour l'énergie nucléaire. On supposait qu’une voiture nucléaire pourra être créée, ou une montre. Mais ces projets n’ont pas pu être réalisés, vu leur difficulté ».

Une imprimante spatiale pourra jouer un rôle de chef cuisinier pour nourrir les membres de l'équipage, est persuadé Iouri Karach. Chacun pourra commander un plat de la base des données, et l’appareil cuisinera ces plats à partir des ingrédients. La version « alimentaire » de l'appareil est actuellement construite à l'Université Cornell. L'académicien de l’Académie de l’aéronautique Alexandre Jelezniakov ne voit pas l'intérêt dans un tel dispositif.

« On peut constituer ces nutriments à partir d'un mélange de substances lyophilisées. A quoi servirait cette imprimante ? Prenez une substance concentrée, diluez avec de l'eau, et tout est prêt ».

La première imprimante 3D était fabriquée en 1984. Il s’agit d’une machine qui fabrique des pièces en plastique d’une forme précise. Mais dernièrement, les technologies en trois dimensions se sont développées particulièrement rapidement. Des armes à feu « imprimées » sont apparues. C’est au tour des « pièces de rechange » pour l’homme, les cellules souches. L’étape spatiale, semble donc assez logique pour le développent technologique de ce procédé.