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L'immigration: le NPA et le MEDEF


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ROBERT GIL
Samedi 14 Avril 2012

L'immigration: le NPA et le MEDEF
Comme je l’entends parfois à l’atelier ou à la buvette du self, certains prétendent que les partis d’extrême gauche, et en particulier le NPA, sont à la solde du Medef, car eux aussi soutiennent l’immigration. Ne riez pas, je n’invente rien, de tel propos sont tenus, souvent par des militants du FN ou des sympathisants perméables à leurs idées, qui profitent du manque de repères et de références politiques et historiques de leurs interlocuteurs pour véhiculer leurs absurdités.

Depuis les grandes révolutions industrielles, le patronat n’a toujours eu qu’une seule idée, payer la main d’œuvre le moins cher possible afin de faire le plus de profit possible : c’est une constante ! Ce n’est pas l’immigration qui tire les salaires à la baisse, c’est la capitulation des salariés devant le discours patronal, car toutes les conquêtes sociales ont toujours été obtenues par des luttes. Il est trop facile de justifier sa lâcheté et sa résignation en faisant porter le poids de sa soumission par d’autres ! Si demain il n’y avait plus d’immigrés, ne croyez pas que le patronat vous augmenterait automatiquement, vous n’aurez que ce que vous prendrez ! Cela s’appelle la lutte des classes, elle n’a pas de frontière ni de préférence nationale !

Pour le Medef l’immigration est un des leviers pour diviser le monde du travail, et de tirer effectivement les salaires à la baisse. Mais s’il n’y avait pas d’immigrés le Medef s’appuierait alors sur la population la plus fragile et la plus pauvre pour exercer son chantage à l’emploi, pour le patronat il n’est pas question de couleur de peau, le capital considère seulement les ouvriers comme un réservoir de main d’œuvre, rien de plus ! Mais la mise en concurrence de la main d’œuvre n’est pas le seul moyen dont il dispose, la TVA sociale, le non payement des cotisations sur les heures sup et tous les allégements divers et variés sur les profits sont tous à terme un moyen d’appauvrir et de précariser les travailleurs. L’immigration n’est qu’une arme parmi d’autre entre les mains du Medef, mais c’est le renoncement collectif qui est la cause de la détérioration des salaires et des conditions de travail.

Pour obtenir les avancées sociales dont nous avons profitées jusqu’à aujourd’hui, nos anciens ont lutté main dans la main, travailleurs nationaux et travailleurs immigrés, unis contre le patronat. Si nos conditions de travail et nos salaires sont remis en cause, ce n’est pas à cause des immigrés, mais parce que nous avons abandonné le combat.

Le NPA n’est pas « POUR » l’immigration, le NPA est pour que toute personne soit libre de circuler, vivre et s’installer où elle le désire. Par contre le NPA n’est pas pour la libre circulation des capitaux, pierre angulaire de tout le système marchand et de la mondialisation, défendus par le Medef. Le NPA n’est pas non plus pour la libre circulation anarchique des marchandises qui est une aberration écologique. Le NPA est pour un développement des circuits courts afin de favoriser la « consommation » des marchandises le plus prés possible de leur lieu de production. Ces décisions auraient comme conséquences une répartition plus homogène des zones de fabrication et de consommation de manière que ceux qui veulent vivre au « Pays » puissent le faire.

Le NPA est aussi pour l’auto-organisation et l’autogestion des travailleurs, il est également pour l’interdiction des licenciements, pour la réquisition des groupes qui délocalisent, pour l’expropriation des banques et le non payement de la dette qui est le résultat des cadeaux fiscaux faits aux plus riches et aux grosses entreprises du CAC40. Alors celui qui pense que le NPA fait le jeu du MEDEF, celui-ci est mal informé, ou alors il est manipulé, mais il serait quand même bien qu’il lise ce qu’est le Medef, ce que veut le NPA et qu’il en tire ses conclusions. Il ne faut pas écouter, le matin à la machine à café, des personnes qui n’ont jamais bougé de leur vie, qui se sont toujours aplaties devant la direction et qui ont toujours laissé les autres « aller au charbon ». Ceux qui ont profité de toutes les avancées qui ont été obtenues par les luttes de leurs collègues, mais qui, lorsque les revendications n’ont pas abouti, ont sans cesse répété : « je te l’avais bien dit que ça ne servirait à rien, c’est pour ça que je n’ai pas fait grève »

http://2ccr.unblog.fr/2012/04/04/immigration-npa-medef-meme-combat/


Samedi 14 Avril 2012


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