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L’étalage de force et l’escalade du Hezbollah, un bluff pour camoufler les effets possibles de l’accord sur le nucléaire


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Beaucoup d'encre continuera de couler, à l'évidence, au sujet des retombées sur la scène libanaise de l'accord sur le dossier nucléaire iranien conclu le 24 novembre à Genève entre l'Iran et le groupe 5 + 1. Cet accord aura-t-il pour conséquence de rogner les ailes au Hezbollah ou, au contraire, donnera-t-il des ailes au parti chiite ?


Philippe Abi-Akl
Vendredi 29 Novembre 2013

L’étalage de force et l’escalade du Hezbollah, un bluff pour camoufler les effets possibles de l’accord sur le nucléaire
Les pôles politiques du 14 Mars relèvent sur ce plan que le 8 Mars, et plus particulièrement le Hezbollah, s'emploie, dans ses discours et déclarations ainsi que dans les médias, à entretenir un climat dont il ressort que « l'axe de la résistance », en l'occurrence le tandem de la République islamique et du régime d'Assad, a remporté le bras de fer qui l'opposait au camp occidental et aux pays du Golfe, États-Unis et Arabie saoudite en tête. Les sources du 14 Mars soulignent que le directoire du Hezbollah mène une véritable guerre psychologique sur ce plan contre le camp opposé à l'axe Téhéran-Damas en affirmant haut et fort, et en tenant pour acquis, que le Hezbollah et ses parrains régionaux ont remporté la victoire et que le 14 Mars devrait, par conséquent, en tirer les leçons qui s'imposent. C'est ce qu'a affirmé plus précisément le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a déclaré dans son récent discours que son projet politique a gagné la partie et que les forces du 14 Mars devraient reconnaître leur défaite. Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, le député Mohammad Raad, abonde évidemment dans le même sens et va jusqu'à affirmer que le 14 Mars n'est plus en mesure d'imposer ses conditions au niveau de la formation du gouvernement et que, par conséquent, le triptyque armée-peuple-résistance est devenu incontournable dans le programme de toute nouvelle équipe ministérielle.


L'étalage de force auquel s'est livré le Hezbollah ces derniers jours dans le périmètre du campus des sciences sociales de l'Université Saint-Joseph de la rue Huvelin, à Achrafieh, s'inscrit, selon les sources du 14 Mars, dans le cadre de cette guerre psychologique à laquelle se livre le parti chiite pro-iranien pour entretenir l'illusion d'une « victoire » du 8 Mars et distiller cette illusion de « victoire » dans l'esprit des cadres et de l'opinion publique du 14 Mars.


Les allégations du 8 Mars sur ce plan sont réfutées par un député membre du bloc du courant du Futur qui souligne à ce propos que si le Hezbollah est tellement sûr de la « victoire » de l'axe Téhéran-Damas, pourquoi ne s'emploie-t-il pas à former, seul, le gouvernement avec ses alliés et pourquoi continue-t-il à vouloir associer le 14 Mars au prochain gouvernement ? De même source, on précise que la récente escalade verbale à laquelle s'est livré Hassan Nasrallah, affirmant que le Hezbollah est plus que jamais « incontournable », constitue en réalité un message adressé à certaines parties régionales, et plus particulièrement au courant iranien modéré conduit par le président Hassan Rohani, qui mène une vaste opération de changement visant à modifier profondément le positionnement de l'Iran afin de réinsérer Téhéran dans la communauté internationale.


La visite que vient d'effectuer en Iran le chef du législatif, Nabih Berry, s'inscrit dans ce cadre et revêt ainsi un caractère particulièrement significatif dans la mesure où M. Berry représente sur l'échiquier politique libanais le courant modéré chiite. Cette visite constitue en quelque sorte un indice du changement de cap qui s'amorce à Téhéran. Un changement de cap qui se manifesterait explicitement à la faveur de la conférence de Genève 2 consacrée à la mise en place d'un processus de règlement de la crise syrienne. Dans le sillage de cette conférence, le nouveau pouvoir iranien pourrait proclamer son soutien aux recommandations de la première conférence de Genève (Genève 1) qui prévoit notamment la formation d'un gouvernement syrien de transition bénéficiant de toutes les prérogatives du président et du pouvoir exécutif syriens, ce qui implique implicitement la mise à l'écart de Bachar el-Assad.


Cette visite du leader du mouvement Amal à Téhéran dans le contexte présent constitue un indice d'autant plus significatif que nul n'ignore que les positions de M. Berry et du Hezbollah concernant un certain nombre de dossiers vitaux n'étaient pas totalement en phase ces derniers temps. Cela est apparu notamment au sujet de la déclaration de Baabda appuyée ouvertement par le leader d'Amal, alors que le Hezbollah y est ouvertement opposé et la tourne même en dérision. La « distanciation » entre M. Berry et le Hezbollah est également perceptible au niveau des positions affichées sur la guerre syrienne. M. Berry et les responsables d'Amal se sont constamment montrés prudents lorsqu'ils abordaient la situation en Syrie, et les miliciens d'Amal ne se sont à aucun moment impliqués dans les combats en Syrie aux côtés des forces de Bachar el-Assad, comme c'est le cas du Hezbollah. Cette dissonance évidente pourrait se traduire par une nouvelle initiative locale de M. Berry visant à débloquer la situation en sortant le pays de l'impasse politique et institutionnelle dans laquelle il se débat.


Voyant sans doute venir ce changement de cap à Téhéran, le Hezbollah se livre donc à une escalade verbale et à toutes sortes de fanfaronnades et de manœuvres d'intimidation pour rappeler à qui de droit qu'il est incontournable sur l'échiquier local, et qu'il entend exploiter au maximum l'impact politique de son arsenal militaire et de l'infrastructure qu'il a mise en place dans le pays pour renforcer sa position au niveau du partage du pouvoir.


Il reste que les milieux du 14 Mars soulignent que les gesticulations politico-médiatiques et la guerre psychologique du Hezbollah ne changeront pas la nouvelle donne apparue en Iran. Pour les milieux en question, l'accord sur le nucléaire conclu à Genève constitue l'amorce d'un processus qui a pour finalité de faire passer l'Iran du stade d'une puissance guerrière, parrainant l'extrémisme et le fondamentalisme, au stade d'un pays moderne, ouvert sur le monde, prônant la modération, et exploitant son programme nucléaire à des fins exclusivement civiles et pacifiques. La grande question est de savoir si le Hezbollah pourra s'adapter à un tel changement de cap en direction de l'Occident ...



Vendredi 29 Novembre 2013


Commentaires

1.Posté par Depositaire le 29/11/2013 09:45 | Alerter
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Voila un article vraiment spécieux ! De plus avec quelques contre vérités notoires. Comme on dit, plus le mensonge est gros, plus facilement il passe !

Alors reprenons un peu cet article. Tout d'abord, manifestement l'auteur appartient au mouvement du 14 Mars, dont on rappellera sa tendance pro saoudienne, ceci expliquant cela. D'autre part, outre que l'on connait la responsabilité de l'Arabie saoudite dans la crise syrienne, et une responsabilité plus que criminelle, elle est d'ordre terroriste et infamante à tous les niveaux, on notera de l'affirmation de l'auteur que la conférence de Genève prochaine n'a absolument pas pour objectif de mettre un gouvernement de transition en Syrie et donc d'écarter M. Bachar el Assad du pouvoir. Cet objectif est celui de l'Arabie soudite , des USA et de la France, ce qui est normal, puisque ce sont précisément les pays qui sont responsables du chaos syrien. Ce qu'ils n'ont pas pu obtenir par les armes, ils cherchent à l'obtenir par la diplomatie. Mais on ne voit pas pourquoi ça marcherait mieux.

D'ailleurs, il faudrait dénoncer avec une extrême fermeté l'action de ces pays qui, avec quelques autres, se sont rendus coupables de terrorisme par salafistes interposés, de meurtres à grande échelle sur une population civile désarmée, de destruction du patrimoine culturel et industriel de la Syrie, et de bien d'autres exactions. Et ce sont ces gens là qui veulent donner des leçons sur le droit et la démocratie ? C'est vraiment se moquer du monde.

Autre contre vérité dans cet article :" L'Iran puissance guerrière qui prône l’extrémisme "! Il est assez amusant que ce soit un représentant du courant libanais politique pro saoudien qui a notoirement permis le passage des bandes de mercenaires salafistes du Liban en Syrie pour aller semer le chaos et, précisément l'extrémisme, qui dise cela. L'Iran ne prône pas l'extrémisme et n'a jamais agressé ses voisins.

On remarquera aussi que l'auteur de l'article reste étrangement silencieux à propos d'un autre voisin de la Syrie et qui est particulièrement belliqueux : israël. Pourtant son rôle est bien connu, tant dans la situation syrienne, que dans la surenchère vis à vis de l'Iran...Est-il utile d'en dire plus ?

Pour le reste ce ne sont que des spéculations politiciennes qui n'ont aucune consistance. elles ne reflètent que le point de vue de l'auteur et surtout de ce courant pro saoudien qui enrage de ne pas pouvoir détruire la Syrie et installer au pouvoir son hérésie dans ce pays.

2.Posté par onin le 30/11/2013 14:53 | Alerter
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En bref palestine tchad syrie mali republique centre afrique les deux congos et peut etre bientot l algerie ...à suivre
La polemique sert a la parresse est n'evolue seul les actes valent dans leurs action.

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