insolite, humour, conspiration...

L'arme du Banquier : le Ratio Cook 8%


Dans la même rubrique:
< >


Bernard Monnier
Vendredi 3 Décembre 2010

L'arme du Banquier :   le Ratio Cook 8%
Mais !  Comment ça marche ? 
En entrant dans une de ces innombrables succursales de banques,  pour y déposer son modeste chèque de fin de mois,  il peut arriver qu'un quidam,  constatant l’ampleur des moyens matériels et humains,  se pose la question :  « Mais !  Comment ça marche ? » 


Mais !  C'est simple ! 
- Grâce à tous les clients qui déposent à la banque leurs modestes chèques de fin de mois,  la banque prête de l'argent et,  avec les intérêts,  la banque paye ses employés. 

- Oui,  mais je consomme ma paye et de plus,  je constate qu'il y a autant de prêts élevés qu'il y a de modestes chèques de fin de mois ? 

- Il faut savoir qu'il y a des gens très riches qui placent leur argent à la banque pour toucher des intérêts. C'est grâce à l'argent de ces gens riches que la banque prête de l'argent,  et ... etc.  etc. 
- Ah !  Bon ! 

Mais,  en sortant de sa succursale bancaire,  il peut arriver que le quidam,  constatant l'immensité des villes dans lesquelles il évolue,  où tout,  absolument tout,  est construit et acheté à crédit,  et cela,  jusqu'à la dernière "caillasse",  se pose la question :  "Mais ?" 
- Soit,  les riches sont très riches,  très nombreux et très philanthropes ? 
- Soit,  le banquier n'a pas tout dit ? 





Le Ratio Cook 8% 



En effet,  un banquier fait légalement ce qui conduirait tout autre individu en prison. 
Il y a belle lurette que les Banques ne se posent plus la question.  À savoir si dans l’instant où elles accordent un prêt,  elles disposent ou ne disposent pas de l’argent disponible.  Elles prêtent ou elles ne prêtent pas. Point,  c’est tout ! 


L’avantage des chèques,  des cartes bancaires et des virements.
 
Les transactions ne s’effectuent plus en espèce mais en virement de toutes sortes.  Les Banques prêtent des chiffres sur du papier ordinaire.  Toutes les Banques pratiquant la même méthode,  personne ou presque n’y voit plus rien.  Et,  cela arrange tout le monde. 


Tout le monde est content. 
Cette inflation privée est pratiquement invisible.  Elle remplace avantageusement l’inflation publique.  Il est vrai que l’inflation publique a toujours donné la nausée aux économistes et aux politiques. 


Un garde-fou 
Néanmoins,  on imagine facilement que les dérapages sont possibles et qu’il a été nécessaire d’imposer des limites.  Le législateur nous a donc concocté une loi qui réglemente et est supposée nous protéger des abus des banquiers. 
Le "ratio Cook" 8 % impose à la banque de maintenir un rapport minimum de 8 % entre,  d'un côté son fonds propre et de l'autre son crédit à la clientèle. 
En clair,  lorsqu'un banquier possède 8 euros,  il a le droit de prêter 100 euros fictifs (de l'encre noire sur du papier ordinaire). 
En revanche,  le remboursement avec les intérêts font entrer 200 euros vrais (profit du travail). 
- Ah !  Je commence à comprendre ! 

Bien entendu,  lorsque l'on arrive légalement à une pareille situation,  il faut compter avec les aménagements,  les accommodements,  les tricheries,  les dérogations et  les tolérances admises. 
C'est ainsi, qu'en additionnant tout cela, certains banquiers parviennent,  paraît-il  (mais il ne faut pas le répéter),  à prêter jusqu'à 150 euros fictifs pour 1 euro de fonds propres. 
- Comme cela, j'ai tout compris ! 


Cela n'est pas suffisant,  on peut faire encore mieux. 
Avec 8 euros vrais,  prêter 100 euros fictifs pour recevoir 200 euros vrais,  cela peut donner l'impression d'un troc fructueux. 
C’est exact !  Mais cela prend beaucoup de temps,  trop de temps,  des années !  L'opération s'effectue sur un grand nombre d'années et il faut aussi compter avec l’inflation.  Que des soucis ! 


On peut envisager un profit plus rapide et plus sûr. 
Le fin-du-fin,  pour un Banquier,  c’est de faire le contraire de ce que l’on attend de lui.  C’est de prêter de l'argent : 
- soit à un client dont il sait par avance que son projet n'est pas viable et qu'il va à la faillite ; 
- soit à un client qu’il devine vulnérable et que l'on pourra artificiellement contraindre,  par un « coup tordu »,  à la faillite lui aussi. 

L'important dans les deux cas,  c’est de s'assurer que les investissements seront bien effectués et qu’ils seront récupérables (tout ou partie,  récupérables). 
En effet,  même si la banque,  dans un mauvais cas,  ne récupère que 50% du prêt,  la chose s'effectue sur une courte durée et cela reste néanmoins une excellente opération. 

Gagner en peu de temps 50 euros vrais pour un prêt de 100 euros fictifs reste un bon coup.  La banque installe dans sa comptabilité les 50 euros vrais,  passe un coup de gomme sur les 100 euros fictifs perdus,  et peut relancer immédiatement plusieurs opérations similaires. 




Le piège du mythe de la réussite « Bernard TAPIE » 


Des PME promises au meilleur avenir,  mais créées par des “jeunes” non-aguerris aux embrouilles financières,  peuvent êtres ruinées en quelques semaines par des manipulations bancaires. 
Une traite impayée,  un artifice transforme le crédit en dette.  La PEM est contrainte à rembourser illico presto un prêt prévu sur plusieurs années.  C'est la liquidation judiciaire. 

Tout bénéfice 
La banque gomme un prêt fictif et alimente ainsi son fonds propre en argent vrai.  Un « copain » à l'affût s'empare à bon compte de l'entreprise ou de seulement ses brevets et s’en va les faire fructifier ailleurs. 
Bref !  Lorsque l’on se lance dans les affaires,  il vaut mieux être en bon terme avec un Dieu protecteur.
 





Le PIB est heureux ! 
Tout cela,  ce sont des factures,  des frais de justice,  des frais d’huissiers,  des transactions financières profitables au PIB. 
Le PIB,  c’est de la croissance.  La croissance,  c’est le pays qui s’enrichi.  Quand le pays s’enrichit,  c’est de l’argent pour ceux qui en ont besoin.  Va sans dire,  de l’argent pour les riches !  Pour être pauvre,  on n’a pas besoin d’argent. 

On comprend mieux la raison pour laquelle les riches accusent les pauvres de ne jamais faire d’effort pour dépenser plus.  « Salauds de pauvres ! » 


Le « trou » du Crédit Lyonnais,  une bonne affaire qui en arrange plus d’un. 
Un trou de 260 milliards de Francs.  L’équivalent au produit d’une année d’impôt sur le revenu. 
Sans prendre en compte les profiteurs directs de cette gigantesque arnaque,  l’embrouille arrange beaucoup de monde. 

Dans les milieux bancaires,  personne n’est dupe.  Chacun sait ouvertement que les transactions entre Banques ne sont plus que « de l’encre sur du papier ordinaire » qui repose sur le trou du Crédit Lyonnais. 

Pour cela,  il aura suffi que le Gouvernement annonce que le trou du Crédit Lyonnais sera couvert par l’État.  Rien d’autre ! 

Sans doute pour service rendu,  le grand superviseur de cette gigantesque arnaque financière s’est retrouvé propulsé à la tête de la Banque européenne.  Bon courage ! 

Texte rédigé en juillet 1996.  Seules certaines conversions en euros ont été effectuées. 

 



L’argent dette 
http://www.vimeo.com/1711304?pg=embed&sec=1711304 


Vendredi 3 Décembre 2010


Nouveau commentaire :

Coup de gueule | Croyances et société | Reflexion | insolite, humour, conspiration...


Publicité

Brèves



Commentaires