Economie et pouvoir financier

L’aide à Chypre peut s’assimiler à une menace


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Darya Manina
Samedi 30 Mars 2013

L’aide à Chypre peut s’assimiler à une menace

L’opération de sauvetage de Chype restera-t-elle un cas particulier et unique ou les dirigeants de l’UE et l’Allemagne sont en train de mettre à l’essai un nouveau modèle de résolution des crises bancaires en Europe ? L’idée même de vouloir taxer les dépôts bancaires qui paraissait inconcevable il y a deux semaines et le débat sur la possibilité pour les autorités de confisquer une partie des dépôts, témoigne de la décrédibilisation accrue des banques. Indépendamment du dénouement « de l’expérience économique chypriote », personne ne peut être désormais sûre de l’inviolabilité de ses comptes bancaires.

Il est évident que la façon dont Chypre avait été traité n’ont rien d’un hasard et que ce traitement devait servir d’exemple, constate Léonid Grigoriev, directeur de la chaire d’économie internationale du haut collège d’économie :

Chypre a été choisi pour une punition solennelle et exemplaire. C’est la Grèce qui aurait dû être à sa place mais les milieux politiques et les contribuables allemands ont eu ras le bol de payer les factures grecques.

Il y avait cependant une autre façon de résoudre le problème chypriote parce qu’il s’agissait d’une somme qui était d’un ordre de grandeur inférieure à celle qui avait été allègrement attribuée à la Grèce, - estime Garegine Tossounian, président de l’Association des banques russes :

Il n’y aurait pas tout ce bruit si seul Laiki Bank passait à la trappe et le reste de la communauté bancaire chypriote était renflouée. Or, ils ont cru pouvoir donner une leçon aux autres sur une échelle ridiculement petite.

Ces agissements sapent la confiance des Européens dans le système bancaire dans son ensemble :

La probabilité des paniques bancaires à la moindre menace a augmenté d’un cran dans n’importe quel pays de l’UE. Si une nouvelle crise éclate quelque part en Europe, les capitaux commenceront à se morceler et à courir d’un pays à l’autre. Cette opération chypriote a ceci de mauvais qu’elle alourdit l’atmosphère bancaire générale en Europe. Mieux encore, les risques plus élevés et la nervosité généralisée empêchent la sortie de l’UE de la crise.

On se demande actuellement si Chypte finira par quitter la zone euro et si oui, qui il va entraîner à sa suite. D’une part, les mesures anti-crise ont été élaborées spécialement pour l’éviter mais, d’autres part, leur spécificité est telle que Chypre vit en ce moment dans une autre réalité financière et politique. C’est le premier pays de l’UE qui a limité le mouvement libre des capitaux, le principe jadis fondateur d’intégration européenne.

http://french.ruvr.ru



Samedi 30 Mars 2013


Commentaires

1.Posté par joszik le 01/04/2013 22:14 | Alerter
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C'est de la faute des allemands car au moment de la certification économique pour l'entrée dans l'EU de la Grêce et de Chypre, ils ont volontairement été léger, précipitant volontairement ces pays dans un piège dont ils disent aujourd'hui, "Ils n'avaient pas qu'à nous écouter"....Belle morale de l'histoire!

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