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L'affaire Flynn met en lumière la corruption politique au sein des services de sécurité US


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Philip M. Giraldi
Mardi 12 Décembre 2017

L'affaire Flynn met en lumière la corruption politique au sein des services de sécurité US
 

    Michael Flynn, l'ancien conseiller à la sécurité nationale de l’administration Trump, coopère avec l’avocat spécial Robert Mueller. Mueller enquête pour déterminer si des associés de Donald Trump se sont entendus avec les autorités russes pendant la campagne électorale de 2016 et deux mois avant que Trump n’endosse la fonction de président élu, le 20 janvier. Flynn a reconnu qu’en niant avoir eu en fin décembre deux échanges téléphoniques avec Sergey Kislyak, l’ancien ambassadeur de Russie aux États-Unis, il avait menti aux agents spéciaux du Federal Bureau of Investigation (FBI).
 

    Initié à la demande de Jared Kushner, le gendre de Trump, le premier appel portait sur l'éventuel recours des Russes à leur droit de veto au Conseil de sécurité des Nations Unies, afin de faire capoter la résolution condamnant les implantations israéliennes illégales, sur l’initiative de l’administration Obama voulant éviter d’envoyer un message de désapprobation à Tel-Aviv. Si la Russie avait accepté, ce qui n’a pas été le cas, cela aurait signifié une connivence avec Moscou pour obtenir une chose voulue par Israël, et s'opposer ainsi au gouvernement élu toujours en place à Washington.
 

    Le deuxième appel, probablement demandé par Donald Trump lui-même, a eu lieu à l’époque où Flynn était allongé sur une plage en République dominicaine. Il demandait aux Russes leur accord pour ne pas aggraver les choses quant aux expulsions de diplomates faites par l'administration sortante. Ayant retardé leur riposte, les Russes ont mis finalement en œuvre leurs propres expulsions de diplomates après que l'administration Trump s'est révélée incapable d'assouplir les autres sanctions instaurées par Obama. Les deux appels téléphoniques ont eu lieu après les élections étasuniennes. Ni l'une, ni l'autre n’était lié à une quelconque collusion concernant l'élection.
 

    Vraisemblablement en accord avec Mueller, afin d’éviter la prison et n’avoir qu’une simple amende, Flynn a avoué avoir menti. Mueller recherchera sans aucun doute des preuves confirmant que Flynn, Kushner et Trump ont transgressé la Loi Logan de 1799, loi qu’ils ne connaissaient sans doute pas et qui interdit au simple quidam de négocier au nom des États-Unis avec les gouvernements étrangers. À l’époque des appels téléphoniques, ni Flynn, ni Kushner, ni Trump n’étaient encore au pouvoir, mais il faut aussi faire remarquer que jamais personne n'est tombé sous le coup de la Loi Logan et que le statut de nouvelle administration a créé de facto un précédent jamais envisagé de collaboration avec puissance étrangère.
 

    Loi Logan mise à part, le véritable but de l'enquête est d’« atteindre » la Russie et son Président Vladimir Poutine. S'il en était autrement, Mueller jetterait un coup d’œil sur la connexion israélienne, puisque d’après la chronologie, il est évident qu'Israël a fait des propositions à Kushner, qui a ensuite demandé à Flynn de passer le coup de fil. Selon The New York Times, « Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a demandé à l'équipe de transition de Trump de faire pression sur d'autres pays pour aider Israël... » Les avances israéliennes étaient un cas manifeste d'ingérence gouvernementale étrangère dans la politique étasunienne, sauf que l'ingérence était israélienne et non pas russe.
 

    L'affaire Flynn est aussi un excellent exemple de corruption politique au sein des services de sécurité étasuniens, mais il est peu probable que Mueller a quelque intérêt dans cet aspect de l'affaire, puisque l'enquête n'est plus qu'une chasse aux sorcières politique menée par l'establishment Washingtonnien-New-yorkais, pour servir à expliquer pourquoi sa candidate a perdu en novembre. Flynn a été interrogé par le FBI au sujet de ses deux conversations téléphoniques le 24 janvier, peu de temps après avoir été chargé du poste de conseiller à la sécurité nationale. Au cours de son interrogatoire, on ne lui a pas dit que le Bureau avait déjà les enregistrements et les transcriptions de ses conversations téléphoniques, de sorte que d'une certaine manière, il s’agissait d’un coup monté visant à le piéger. S’il se méprenait, oubliait ou tentait d'éviter d'impliquer d’autres membres de l'administration, cela serait inévitablement tenu pour mensonger, puisque le FBI savait précisément ce qui avait été dit.
 

    L'argument utilisé pour justifier l’éventuel coup monté du FBI contre Flynn, à savoir qu'il y avait des contacts illégaux avec un fonctionnaire étranger, est en soi curieux, puisque ce genre de contact n'est pas en soi illicite. Et cela ouvre aussi la voie à ce genre d’enquêtes du Bureau sur d'autres personnes irréprochables mais incapables de se rappeler le détail d’appels téléphoniques qu’elles ont passés et qui étaient enregistrés par le gouvernement. Cela peut facilement être tenu pour du « mensonge » ou du « parjure », avec des conséquences incluant éventuellement la prison.
 

Strategic Culture Foundation, Philip M. Giraldi, 7 décembre 2017

Original : www.strategic-culture.org/news/2017/12/07/flynn-case-highlights-deep-political-corruption-us-security-services.html
Traduction Petrus Lombard



Mardi 12 Décembre 2017


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