Des débats houleux ont éclaté cette semaine dans le parlement roumain au sujet du budget 2014 dit « anticrise ».

Le FMI se garde pour le moment d’intervenir mais il a déjà fait comprendre que toute tentative de revenir sur les paramètres de la politique budgétaire avalisée par cette institution, générerait un rapport au Conseil des gouverneurs du FMI négatif pour Bucarest. La création du fonds anticrise géré par le gouvernement, suscite des mécontements sérieux de la part des dirigeants de l’UE et du FMI qui appliquent une politique concertée à l’égard de l’Europe de l’Est. Auparavant, les deux organisations ont déjà fait comprendre à Budapest qu’il ne pouvait pas compter sur une nouvelle tranche de crédits s’il ne suivait pas rigoureusement des revendications des créanciers. Maintenant le FMI brandit ouvertement la même menace à l’égard de la Roumanie.

Le calcul est bien simple : s’assurer l’accord inconditionnel de Budapest, de Bucarest et d’autres capitales d’Europe de l’Est pour les paramètres budgétaires léonins. Il s’ensuivrait l’aggravation des problèmes socio-économiques et de nouvelles demandes de crédits occidentaux. L’UE avait d’ailleurs imposée les mêmes conditions à l’Ukraine pour la signature de l’accord d’association et de la zone de libre échange. On exigeait de Kiev d’ouvrir ses marchés aux produits européens sans prévoir aucun mécanisme de compensation destiné à protéger l’économie ukrainienne, a fait remarquer dans l’entretien avec La Voix de la Russie Boris Kagarlitski, directeur de l’Institut de globalisation et des mouvements sociaux :

La liberté de commerce est sacrifiée à la liberté pour les sociétés transnationales qui manipulent les prix et les flots de marchandises. Dans cette situation, la population de la majorité des pays est perdante et les transnationales sont, naturellement, gagnantes.

Au cas où les pressions visant à imposer les modèles commerciaux et économiques correspondants s’avèrent inefficaces, on fait usage d’autres scénarios. Les experts des pays qui ont déjà senti les effets des « révolutions colorées » sont là pour témoigner que l’Occident applique une politique subversive à l’égard d’Ukraine et d’autres pays d’Europe de l’Est.