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L’Otan en guerre contre les migrants


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Le 11 avril 2012, après plus de dix mois de recueil de témoignages, de travail et de collaboration inter-associative, une plainte, mettant en cause l’armée française pour non-assistance à personne en danger, a été déposée auprès du Parquet de Paris. Elle émanait de quatre survivants d’un terrible périple en Méditerranée, appuyés par une coalition d’ONG dont le Gisti [1]. Retour sur une odyssée tragique dans un contexte de véritable guerre aux migrants.


Gisti
Lundi 11 Juin 2012

L’Otan en guerre contre les migrants

« Vieillesse immigrée, vieillesse harcelée »

Au début de l’année 2011, le chaos résultant de la guerre civile en Libye a provoqué un exode massif des ressortissants étrangers, le plus souvent pris en charge par leurs autorités consulaires. Mais pour celles et ceux qui, depuis des mois ou des années, avaient fui le Darfour, l’Érythrée, la Somalie, l’Éthiopie ou la Côte d’Ivoire, aucun retour n’était envisageable. Piégés dans la Libye en guerre, ils étaient la cible des rebelles qui les présentaient comme des mercenaires du régime. De son côté, le colonel Kadhafi les utilisait comme une arme contre les pays de l’UE qu’il menaçait d’« invasion ». Plusieurs centaines de ces exilés ont ainsi été embarqués de force depuis Tripoli sur de véritables épaves poussées vers les côtes italiennes. Dans le même temps, plusieurs milliers d’autres Subsahariens tentaient de leur propre chef de rejoindre l’Europe dans des conditions tout aussi périlleuses. Dans la nuit du 26 au 27 mars 2011, un zodiac quittait ainsi Tripoli à destination de l’Italie avec à son bord 72 personnes, dont 20 femmes et deux nourrissons. Quelques heures après son départ, il était survolé et photographié par un avion, avant d’être signalé aux gardecôtes italiens [2 ].

L’Italie, comme la France, était engagée depuis une dizaine de jours dans l’opération militaire internationale menée en Libye en application de « la responsabilité de protéger » les populations menacées par le régime libyen. Ce contexte spécifique et l’application des principes élémentaires du droit de la mer auraient dû permettre que soit immédiatement porté secours à ces boat people en perdition.
Il n’en a rien été. Pourtant, dès le 27 mars, les migrants avaient multiplié les appels depuis un téléphone satellitaire. Les garde-côtes italiens ont alors envoyé un appel de détresse à l’ensemble des navires circulant dans le canal de Sicile. Ce message a ensuite été retransmis toutes les 4 heures, jusqu’au 6 avril, et a été relayé notamment auprès du quartier général de l’Otan à Naples. Dans la soirée, l’embarcation en difficulté a de nouveau été survolée, cette fois par un hélicoptère militaire. Certain d’être secouru et craignant d’être poursuivi comme « passeur », le pilote du bateau a alors jeté par-dessus bord les moyens de communication et de navigation. Peu de temps après, un hélicoptère, sans doute le même que précédemment, larguait des bouteilles d’eau et des biscuits.
Le 28 mars au matin, en panne de carburant (la traversée était prévue pour durer moins de 24 heures), le zodiac a commencé à dériver. Le 29 mars, puis à plusieurs reprises, il a croisé des navires qui ne se sont pas déroutés. Après cinq jours de dérive, les premiers décès se sont produits. Cinq jours plus tard, plus de la moitié des occupants du bateau avaient péri. C’est à ce moment que les survivants ont été approchés à quelques dizaines de mètres par un grand navire avec deux hélicoptères et des personnes en uniforme à bord : les boat people ont montré les corps des deux nourrissons décédés et brandi des jerricans vides. Apparemment insensible à cette détresse, le capitaine du bâtiment s’est contenté de faire plusieurs fois le tour du zodiac. Le bateau s’est éloigné après que des photographies ont été prises. Les jours suivants, dans une Méditerranée quadrillée comme jamais par les forces de la coalition internationale, l’agence Frontex et les divers dispositifs nationaux de répression anti-migratoire, aucun secours n’a été apporté à ce bateau qui, parmi tant d’autres, cherchait à échapper au chaos Libyen.
Le 10 avril, une tempête a rejeté le zodiac à la dérive sur la plage de Zliten, en Libye. Une passagère est décédée lors du débarquement, une autre peu de temps après, au cours de son incarcération. Car c’est en détention que les dix survivants ont été placés à leur arrivée en Libye [3 ]… Encore une fois, la logique de criminalisation des migrants et d’externalisation des frontières européennes a primé sur toute autre considération, que ce soit les plus élémentaires sentiments d’humanité ou les textes internationaux qui organisent le secours en mer, l’assistance à personne en danger et le droit d’asile.
A minima, l’armée française ainsi que les autres bâtiments militaires présents en Méditerranée ont été les témoins d’un drame sur lequel ils ont fermé les yeux. Selon le HCR, au cours de cette année 2011, ce sont 1 500 migrants et migrantes qui sont décédés dans le canal de Sicile, une des zones maritimes les plus surveillées au monde. Les actions juridiques intentées en France, mais aussi en Italie, visent à ce que soient mises au jour les responsabilités étatiques et communautaires qui favorisent cette hécatombe. Au-delà des victimes directes, cette véritable guerre aux migrants symbolise le naufrage des valeurs et des principes aux fondements de la « responsabilité de protéger » et d’un ordre international qui ne soit pas marqué par la souveraineté sans limite d’États insensibles aux droits humains.

Notes

[1 ] C’est le journal britannique The Guardian (8 mai 2011) qui, le premier, a alerté sur les conditions de décès de cette soixantaine de migrants.
[2 ] Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Vies perdues en Méditerranée : qui est responsable, mars 2012.
[3 ] Sur les faits, voir Mare deserto, film documentaire d’E. Bos et P. Nicol, la RSI-Radiotelevisione Svizzera.


Lundi 11 Juin 2012


Commentaires

1.Posté par djameleddine le 11/06/2012 12:43 | Alerter
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URGENT
L’OTAN prépare une vaste opération d’intoxication

par Thierry Meyssan
Des États membres de l’OTAN et du CCG préparent un coup d’État et un génocide sectaire en Syrie. Si vous voulez vous opposer à ces crimes, agissez dès maintenant : faites circuler cet article sur le Net et alertez vos élus.

RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 10 JUIN 2012
ESPAÑOL


Dans quelques jours, peut-être dès vendredi 15 juin à midi, les Syriens qui voudront regarder les chaînes nationales verront celles-ci remplacées sur leurs écrans par des télévisions créées par la CIA. Des images réalisées en studio montreront des massacres imputés au gouvernement, des manifestations populaires, des ministres et des généraux donnant leur démission, le président el-Assad prenant la fuite, les rebelles se rassemblant au cœur des grandes villes, et un nouveau gouvernement s’installant au palais présidentiel.

Cette opération, directement pilotée depuis Washington par Ben Rhodes, conseiller adjoint de sécurité nationale des États-Unis, vise à démoraliser les Syriens et à permettre un coup d’État. L’OTAN, qui se heurte au double veto de la Russie et de la Chine, parviendrait ainsi à conquérir la Syrie sans avoir à l’attaquer illégalement. Quel que soit le jugement que l’on porte sur les événements actuels en Syrie, un coup d’État mettrait fin à tout espoir de démocratisation.

Très officiellement, la Ligue arabe a demandé aux opérateurs satellitaires Arabsat et Nilesat de cesser la retransmission des médias syriens, publics et privés (Syria TV, Al-Ekbariya, Ad-Dounia, Cham TV etc.). Il existe un précédent, puisque la Ligue avait déjà œuvré à la censure de la télévision libyenne pour empêcher les dirigeants de la Jamahiriya de communiquer avec leur peuple. Il n’y a pas de réseau hertzien en Syrie où les télévisions sont exclusivement captées par satellite. Mais cette coupure ne laissera pas les écrans noirs.

En effet, cette décision publique n’est que la partie émergée de l’iceberg. Selon nos informations plusieurs réunions internationales ont été organisées cette semaine pour coordonner l’opération d’intoxication. Les deux premières, d’ordre technique, se sont tenues à Doha (Qatar), la troisième, politique, s’est tenue à Riyad (Arabie saoudite).

Une première réunion a rassemblé les officiers de guerre psychologique « embedded » dans quelques chaînes satellitaires, dont Al-Arabiya, Al-Jazeera, BBC, CNN, Fox, France 24, Future TV, MTV — On sait que depuis 1998 des officiers de l’United States Army’s Psychological Operations Unit (PSYOP) ont été incorporés dans la rédaction de CNN ; depuis, cette pratique a été étendue par l’OTAN à d’autres stations stratégiques—. Ils ont rédigé à l’avance de fausses informations, selon un « storytelling » élaboré par l’équipe de Ben Rhodes à la Maison-Blanche. Une procédure de validation réciproque a été mise au point, chaque média devant citer les mensonges des autres pour les rendre crédibles aux yeux des téléspectateurs. Les participants ont également décidé de ne pas uniquement réquisitionner les chaînes de la CIA pour la Syrie et le Liban (Barada, Future TV, MTV, Orient News, Syria Chaab, Syria Alghad), mais aussi une quarantaine de chaînes religieuses wahhabites qui appelleront au massacre confessionnel au cri de « Les chrétiens à Beyrouth, les alaouites au tombeau ! »

Le second meeting réunissait des ingénieurs et des réalisateurs pour planifier la fabrication d’images de fiction, mêlant une partie en studio à ciel ouvert et une partie d’images de synthèse. Des studios ont été aménagés durant les dernières semaines en Arabie saoudite pour reconstituer les deux palais présidentiels syriens et les principales places de Damas, Alep et Homs. Il existait déjà des studios de ce type à Doha, mais ils étaient insuffisants.

La troisième réunion regroupait le général James B. Smith, ambassadeur des États-Unis, un représentant du Royaume-Uni, et le prince Bandar Bin Sultan (que le président George Bush père désignait comme son fils adoptif, au point que la presse états-unienne l’a surnommé « Bandar Bush »). Il s’agissait de coordonner l’action des médias et celle de « l’Armée syrienne libre » dont les mercenaires du prince Bandar forment le gros des effectifs.

L’opération qui était en gestation depuis des mois a été précipitée par le Conseil de sécurité nationale des États-Unis après que le président Poutine ait notifié à la Maison-Blanche que la Russie s’opposerait par la force à toute intervention militaire illégale de l’OTAN en Syrie.

Cette opération comprend deux volets simultanés : d’une part déverser de fausses informations et d’autre part censurer toute possibilité d’y répondre.

Le fait d’interdire des TV satellitaires pour conduire une guerre n’est pas nouveau. Ainsi, sous la pression d’Israël, les États-Unis et l’Union européenne ont successivement interdit des chaînes libanaise, palestiniennes, irakiennes, libyennes, et iraniennes. Aucune censure n’a été effectuée envers des chaînes satellitaires provenant d’autres régions du monde.

La diffusion de fausses nouvelles, n’est pas non plus une première. Cependant, quatre pas significatifs ont été franchis dans l’art de la propagande au cours de la dernière décennie.
• En 1994, une station de musique pop, la Radio libre des Mille Collines (RTML) a donné le signal du génocide rwandais en appelant à « Tuer les cafards ! ».
• En 2001, l’OTAN a utilisé des médias pour imposer une interprétation des attentats du 11-Septembre et justifier les attaques de l’Afghanistan et de l’Irak. À l’époque déjà, c’est Ben Rhodes qui avait été chargé par l’administration Bush de rédiger le rapport de la Commission Kean/Hamilton sur les attentats.
• En 2002, la CIA a utilisé cinq chaînes, Televen, Globovision, Meridiano, ValeTV et CMT, pour faire accroire que des manifestations monstres avaient contraint le président élu du Venezuela, Hugo Chavez, à démissionner, alors qu’il venait d’être victime d’un coup d’État militaire.
• En 2011, France 24 faisait de facto office de ministère de l’Information du Conseil national libyen, avec qui il était lié par contrat. Lors de la bataille de Tripoli, l’OTAN a fait réaliser en studio et diffuser par Al-Jazeera et Al-Arabiya des images des rebelles libyens entrant sur la place centrale de la capitale, alors qu’ils étaient encore loin de la ville, de sorte que les habitants, persuadés que la guerre était perdue, cessèrent toute résistance.

Désormais, des médias ne se contentent plus de soutenir la guerre, ils la font.

Ce dispositif viole des principes de base du droit international, à commencer par l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme relatif au fait « de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ». Surtout, il viole les résolutions de l’Assemblée générale des Nations-Unies, adoptées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour prévenir les guerres. Les résolutions 110, 381 et 819 interdisent « les obstacles au libre-échange des informations et des idées » (en l’occurrence la coupures des chaînes syriennes) et « la propagande de nature à provoquer ou encourager toute menace à la paix, rupture de la paix, ou tout acte d’agression ». En droit, la propagande de guerre est un crime contre la paix, le plus grave des crimes, puisqu’il rend possible les crimes de guerre et les génocides.

Thierry Meyssan

2.Posté par Lelapin le 12/06/2012 12:46 (depuis mobile) | Alerter
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Ils sont devenus Fous usa otan ,
Ils sement la mort le desordre et le cahos .Qatar ,Prince Bandar des traitres,
Ou est la sagesse ! Le droit des peuples. ?

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